Après Stirner, Proudhon et Bakounine, Pierre Kropotkine poursuit le grand rêve libertaire : ce prince russe devenu géographe de renom se fait le généalogiste d'une morale anarchiste qui dénonce les fausses morales imposées depuis des lustres par " le prêtre, le juge, le... > voir plus
Un essai assez court, mais convainquant. Kropotkine nous décrit sa version de la morale, de la différence entre le bien et le mal : l'explication est très terre-à-terre, et prend en compte deux considérations : d'une part, l'empathie, qui devrait nous éviter de commettre des actes qui nous déplairaient ("fais aux autres ce que tu voudrais qu'ils te fassent si tu te trouvais dans la même situation"). Et d'autre part, notre statut d'"animal social" : l'homme était peu adapté pour vivre en solitaire, la solidarité est indispensable pour la survie de l'espèce. Ce trait de caractère s'est ancré en nous au fil des siècles. Tous les autres sytèmes qui prétendent détenir la vraie morale (la religion, la Loi, l'Etat) ne font finalement que tordre et déformer les notions de bien et de mal qui sont pourtant déjà présentes en nous. Au final, les questions à se poser sont assez simples : "Est-ce utile à la société ? Alors c'est bon. - Est-ce nuisible ? Alors c'est mauvais."
Ce livre est très court. Il contient néanmoins toutes les bases de La Morale anarchiste sur laquelle vous avez un a priori inculqué si vous riez en coin à la lecture de cette critique.
A lire absolument pour retrouver le bon sens ancestral.
Agir, travailler, est devenu un besoin pour l'immense majorité des hommes ; si bien que lorsque des conditions absurdes éloignent l'homme ou la femme du travail utile, ils inventent des travaux, des obligations futiles pour ouvrir un champ quelconque à leur force d'action. Ils inventent n'importe quoi - une théorie, une religion, un "devoir social", pour se persuader qu'ils font quelque chose d'utile. Quand ils dansent, c'est pour la charité ; quand ils se ruinent par les toilettes, c'est pour maintenir l'aristocratie à sa hauteur ; quand ils ne font rien du tout, c'est par principe.
Lutter, affronter le danger ; se jeter à l'eau pour sauver, non seulement un homme, mais un simple chat ; se nourrir de pain sec pour mettre fin aux iniquités qui vous révoltent ; se sentir d'accord avec ceux qui méritent d'être aimés, se sentir aimé par eux - pour un philosophe infirme, tout cela est peut-être un sacrifice, mais pour l'homme et la femme pleins d'énergie, de force, de vigueur, de jeunesse, c'est le plaisir de se sentir vivre.
De nos jours, on entend dire souvent que l'on se moque de l'idéal. Cela se comprend. On a si souvent confondu l'idéal avec la mutilation bouddhiste ou chrétienne, on a si souvent employé ce mot pour tromper les naïfs, que la réaction est nécessaire et salutaire. Nous aussi, nous aimerions remplacer ce mot "idéal", couvert de tant de souillures, par un mot nouveau plus conforme aux idées nouvelles.
C'est aussi tout ce que nous pouvons faire en matière de morale. Nous n'avons que le droit de donner un conseil ; auquel nous devons ajouter : «suis-le si tu le trouves bon».
Les anarchistes de Merlieu dévoilent une plaque en hommage à Botul . Les anarchistes du groupe Kropotkine, installé à Merlieu (Aisne) dévoilent une plaque en hommage à Botul, le philosophe imaginaire créé par Frédéric Pagès, le samedi 28 mai 2011.