> François Ricard (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
> François Kérel (Traducteur)

ISBN : 207038165X
Éditeur : Gallimard (1990)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 513 notes) Ajouter à mes livres
Tomas et Teresa sont les deux pôles du roman. Faut-il choisir de porter le poids du passé sur ses épaules, comme Teresa qui ne peut se passer de la Tchécoslovaquie, qu'elle a pourtant fuie après le Printemps de Prague, de même qu'elle ne pe... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 décembre 2011

    brigittelascombe
    Chassé croisé de deux couples faits d'art et de science, Téréza, photographe qui dénude,grande rêveuse freudienne, femme dévoilée et jalouse des nombreuses aventures de Tomas (tour à tour libertin et romantique) son mari chirurgien qui décortique l'autre pour en capter la substantifique moelle.
    Sabina, peintre qui crée le vide autour d'elle en se débarrassant des encombrants, Tomas, son amant, tout d'abord, puis Frantz dont la vérité bonne à dire pour lui, pèse pour elle comme une chappe entravant sa liberté.
    On nait et on n'est plus.
    "Quoi que tu veuilles, fais en sorte d'en vouloir l'éternel retour" affirmait Nietzsche.Mais tout retour est-il bon?
    En cette deuxième partie du XX° siècle Milan Kundera (auteur tchèque naturalisé français en 1980, membre de l'académie française et grand prix de la littérature française en 2001), situe l'action de son roman sur fond de régime totalitaire et de révolte contre le goulag à "la fosse septique" débordante, or, il y a des choses à liquider définitivement.
    Tel un peintre cubiste, il tourne autour d'un être et le démultiplie, il nous donne à voir toutes les facettes de l'amour et d'une relation, il étudie l'image,l'effet miroir.
    Tel un télépathe, il pénètre dans l'esprit de ses personnages, les sonde.
    Tel un psychanlyste, il analyse, décortique, remonte dans le passé et incorpore ses explications au récit (on se dirait parfois dans un cours de fac).
    J'aime le style original de Kundera et les portes ouvertes de réflexions offertes : L'amour se doit-il d'être romantique comme celui de Tereza et Tomas qui resteront unis dans la mort? le fantasme?La fidélité,la trahison,le rôle de l'artiste dans un pays communiste, l'identité tchèque,la beauté d'une création intentionnelle ou non,la patrie,les paroles à double sens,la force et la faiblesse,l'indépendance,le moi, la folie,l'emprise,l'idéal, et ...bien d'autres encore.
    L'Insoutenable légèreté de l'être est un roman passionnant lourd d'implications qui, à l'instar de l'oeuvre de Milan Kundera, évoque la fascination pour l'idylle dont le désir de paix pioche son bonheur dans une fusion sans limite.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
  • Par petitepom, le 07 février 2012

    petitepom
    Voila un livre simple et complet : l'histoire et l'écriture sont agréables avec une analyse des différentes situations, tout au long du récit, très détaillée ; j'ai bien aimé cette lecture.
    Deux couples sont en scène : Tomas et Téréza comme personnages principaux et Franz et Sabina sont en second plan ; Ami, conjoint, amant, tout s'enchaîne.
    Nous faisons d'abord connaissance avec Tomas, puis vient Téréza qui s'impose, suite à six hasards..
    Tout en analysant leur sentiment, l'auteur nous raconte leurs histoires, leurs rencontres, leurs passés et parfois leurs futurs. le récit fait des sauts dans le temps au gré des personnages qui nous sont relaté.
    Tout cela peut paraître complexe mais il n'en est rien, la fluidité de l'écriture et sa richesse rend tout cela simple à lire.
    La vie à Prague dans ses années 60/70, occupée par les Russes est succinctement relaté, j'ai bien aimé la partie où on parle des problèmes que rencontre Tomas suite à une lettre qui a osé publié et qui est interprété comme une critique du régime communiste.
    Ce roman est plus que le récit d'une histoire, c'est une réflexion sur l'humain et sa complexité et c'est cette différence que j'ai aimée.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Melisende, le 08 décembre 2011

    Melisende
    On m'a offert L'Insoutenable légèreté de l'être il y a quelques semaines, me vantant grandement les mérites de ce livre. Comme je suis curieuse et obéissante, je me suis vite lancée dans la lecture, pressée de me faire mon propre avis sur ce titre qui semble séduire la majorité…
    Difficile de rédiger cet avis un mois après ma lecture (il FAUT que je cesse de faire autant traîner les choses !) car mes souvenirs sont vraiment minces (pour ne pas dire inexistants… hhhmmm hhhmmm). Je sais juste que je suis sortie de ma découverte assez mitigée mais plutôt positivement intriguée puisqu'avec l'intention de relire ce titre dans quelques années, après avec « vécu » un peu plus.
    Je pense qu'il s'agit effectivement d'un titre qu'il est bon d'avoir lu au moins une fois dans sa vie (pour sa culture générale, pour se poser quelques questions ou juste si vous vous ennuyez) mais je ne suis en revanche pas persuadée qu'il mérite tous les éloges que j'ai pu entendre/lire jusque là…
    Bien incapable de vous faire un résumé construit et intelligent, il faudra vous contenter de celui trouvé au hasard d'internet. Retenez surtout que l'on suit les aventures de quatre personnages : les deux principaux - Tomas et sa femme Tereza - et deux autres qui viennent se greffer aux premiers - Sabina la maîtresse de Tomas et Franz son amant -.
    Surfant entre le roman (lorsqu'il nous fait le récit des aventures des quatre figures précédemment citées) et l'essai philosophique (lorsque le narrateur prend la parole et expose des théories générales), Kundera revient sur le thème de l'Amour perçut comme quelque chose d'obligatoirement « lourd » par certains (Tereza et Franz) ou au contraire emprunt de légèreté (Tomas et Sabina). Grâce à ses quatre personnages, l'auteur offre quatre approches différentes : Tomas le libertin profondément amoureux de Tereza, Tereza la jalouse possessive, Sabina l'artiste tenant trop à sa liberté et Franz le mari qui, ayant une aventure avec Sabina, renonce à tout pour elle…
    Si j'ai apprécié suivre l'histoire du couple principal (Tomas/Tereza) et les réflexions de Kundera sur le sujet, je n'ai en revanche, pas du tout été intéressée par les aventures du second couple (Sabina/Franz) que j'ai bien vite oubliées.
    De cette lecture, je retiens quelques réflexions et passages qui m'ont paru pertinents : par exemple lorsque le narrateur annonce que l'homme (Tomas) peut coucher avec plusieurs femmes (il est libertin) mais ne peut dormir qu'avec une seule (Tereza, l'unique femme qu'il aime) car ce qui compte c'est le sommeil partagé ; ou encore les remarques sur les hasards de la vie comparée à une partition de musique et le côté cyclique de l'existence (et non linéaire)… Quelques petites choses comme ça, intercalées entre deux chapitres de pur récit (souvent là pour illustrer les idées avancées dans les chapitres plus « philosophiques »).
    En revanche, le délire de l'auteur sur le « Kitsch » et la « Merde », je n'ai absolument rien compris et ça ne m'a pas intéressée le moins du monde… Je sais que d'autres ont adhéré à ces passages, donc ne vous fiez pas - uniquement - à mon jugement.
    De toute façon, je ne suis pas très bon juge lorsqu'il s'agit de textes plus « savants » car personnellement, j'aime lire pour me détendre et ne lis quasiment que des fictions. Dès qu'un texte se veut plus philosophique (et souvent pédant, il faut l'avouer), ça me gonfle et je décroche. Honte à moi d'opter ce comportement et de me contenter de lire la littérature dire de « divertissement », mais j'assume.
    Cela dit, il faut reconnaître que même si certains passages m'ont carrément ennuyée (ou m'ont paru incompréhensibles, cf quelques lignes plus haut au sujet du « Kitsch »), j'ai trouvé l'ensemble relativement abordable. La lecture demande parfois un petit effort de réflexion mais ce n'est pas non plus imbuvable, comme je pouvais le redouter ; vous pouvez y aller.
    Autre petite précision qui m'a aidée à avoir un rythme de lecture soutenu : les chapitres sont généralement excessivement courts (parfois une seule page) ce qui permet des pauses régulières, une lecture rapide et qui évite donc au lecteur de se noyer dans des réflexions philosophiques de 20 pages sans interruptions ou alinéas…
    Outre le thème de l'Amour, du Kitsch et de l'Existence, Kundera offre également, avec L'Insoutenable légèreté de l'être, une vision de la République Tchèque à un moment clef de son Histoire (aux alentours de 1968/1969), alors qu‘elle se fait envahir par la Russie. Bon, personnellement, je ne connais absolument rien à l'Histoire des pays de l'Est donc suis bien incapable de vous dire si le titre de Kundera a un quelconque intérêt de ce côté-là. A part m'apprendre que la République Tchèque a connu quelques « vagues » à ce moment-là, je ne retiens rien d'autre. Mais j'avoue que j'étais plutôt dissipée pendant cette lecture…
    Que dire de plus ? Je ne sais pas. Mon avis est déstructuré et n'apporte pas grand-chose, et je m'en excuse. Retenez simplement que certaines réflexions apportées par Kundera valent le coup et que l'ensemble est plutôt abordable pour les lecteurs qui, comme moi, n'ont pas l'habitude de lire des « essais philosophiques » (l'avantage de l'alternance des chapitres - courts -, tantôt dédiés au récit des aventures des quatre personnages principaux, tantôt dédiés aux remarques plus générales du narrateur).
    J'ai cru comprendre qu'une adaptation (avec Juliette Binoche) avait vu le jour il y a quelques années ; quelqu'un l'a vu ? Vous me la conseillez ?

    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/l-insoutenable-legerete-de..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 16 février 2011

    zohar
    Que peut-on dire de plus par rapport aux nombreuses critiques sur ce roman ? (surement le plus connu de Kundera).
    Pour ma part, je m'attarderai sur l'analyse du titre que je trouve, paradoxalement, beau.
    L'auteur étudie dans ce livre le mythe Nietzschéen de l'éternel retour de l'homme : on ne vit qu'une fois et comme la vie ne se répète pas, on ne peut donc pas corriger ses erreurs !
    Et puisqu'elle est unique, autant la vivre dans la LEGERETE : entendu comme un manque absolu de responsabilités. D'où cela est INSOUTENABLE !
    A bon entendeur !
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Relecture surprenante. J'avais tout oublié, sinon quelques détails, amplifiés par mon souvenir. le passage sur le kitsch (la négation de la merde) prenait 200 pages dans mon esprit, une dizaine en réalité. D'abord, la relecture a été agaçante. Que de théories... Verbeux... Bavard... Ensuite, la sauce a repris, grâce aux personnages, à leurs rapports complexes, à l'incommunicabilité qui les fait se quitter, revenir, s'aimer sans le dire, à leur originalité. le jeu des points de vue souligne les malentendus et les communions (vraies ou fausses). Pour chacun, un drame se joue, pas le même, un petit drame léger qui est toute sa vie, faire correspondre son âme à son corps. A la fin, le bavardage, dont on comprend qu'il est badinage, séduit. On s'y attarde comme Tomas s'attache à ses maîtresses d'une nuit. On retient quelques formules frappantes ('L'homme est un parasite de la vache'), on pense comprendre un peu mieux la vie sous le système communiste, on se dit que quand même, intituler ce bouquin 'L'Insoutenable légèreté de l'être', c'est peut-être abuser dans le verbeux.
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Citations et extraits

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  • Par Celia23, le 05 février 2012

    Tout au début de la Genèse, il est écrit que Dieu a crée l'homme pour qu'il règne sur les oiseaux, les poissons et le bétail. Bien entendu, la Genèse a été composée par un homme et pas par un cheval.
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  • Par Marium, le 05 février 2012

    "Il se souvint du mythe célèbre du Banquet de Platon: autrefois, les humains étaient hermaphrodites et Dieu les a séparés en deux moitiés qui errent depuis lors à travers le monde et se cherchent. L'amour, c'est le désir de cette moitié perdue de nous-mêmes."
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  • Par Marium, le 05 février 2012

    "L'optimiste c'est celui qui se figure que l'histoire humaine sera moins sanglante sur la planète numéro cinq. Le pessimiste, c'est celui qui ne le croit pas."
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par chartel, le 18 août 2008

    Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne car il n'existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans avoir jamais répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est la vie même? C'est ce qui fait que la vie ressemble toujours à une esquisse. Mais même "esquisse" n'est pas le mot juste, car une esquisse est toujours l'ébauche de quelque chose, la préparation d'un tableau, tandis que l'esquisse qu'est notre vie est une esquisse de rien, une ébauche sans tableau.
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    Citation de qualité ? (29 votes positifs)
  • Par Nadael, le 01 juin 2010

    Mais n'affirme-t-on pas qu'un auteur ne peut parler d'autre chose que de lui-même? Regarder, impuissant, dans la cour et ne pas arriver à prendre de décision ; entendre le gargouillement obstiné de son propre ventre dans un instant d'exaltation amoureuse ; trahir et ne pas savoir s'arrêter sur la route si belle des trahisons ; lever le poing dans le cortège de la Grande Marche ; exhiber son humour devant les micros dissimulés par la police : j'ai connu et j'ai moi-même vécu toutes ces situations ; d'aucune, pourtant, n'est issu le personnage que je suis moi-même dans mon curriculume vitae. Les personnages de mon roman sont mes propres possibilités qui ne sont pas réalisées. C'est ce qui fait que je les aime tous et que tous m'effraient pareillement. Ils ont, les uns et les autres, franchi une frontière que je n'ai fait que contourner. C'est cette frontière franchie ( la frontière au-delà de laquelle finit mon moi) qui m'attire. Et c'est de l'autre côté seulement que commence le mystère qu'interroge le roman. Le roman n'est pas une confession de l'auteur, mais une exploration de ce qu'est la vie humaine dans le piège qu'est devenu le monde.
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