> Marcel Aymonin (Traducteur)
> Louis Aragon (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070366383
Éditeur : Gallimard (1975)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 128 notes) Ajouter à mes livres
"L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie. Vive Trotski !" : première plaisanterie de Ludvik, qui lui vaut d'être exclu du Parti Communiste à l'unanimité. Seconde plaisanterie, de la vie cette fois :... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par zohar, le 27 février 2011

    zohar
    Le contenu de l'intrigue s'inspire de l'histoire de la Tchécoslovaquie de l'après-guerre : la révolution communiste est évoquée à travers les destins croisés de cinq personnages dont Ludvik est le héros.
    Le passé est irrévocable : comme les actes (mêmes les plus anodins) ! C'est là un fait indiscutable auquel on y échappe pas, pas même Ludvik, un jeune intellectuel engagé (dans le mouvement communiste étudiant), qui s'est retrouvé du jour au lendemain pieds et poings liés après avoir voulu tourner en dérision des propos de Marx : (« L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie ! Vive Trotski ! »).
    Cette plaisanterie, qui était destinée à une jeune étudiante qu'il courtisait, s'est retournée contre lui en le condamnant : exclu du Parti et renvoyé de l'Université. On ne plaisante pas avec l'idéal communiste dans les années 50 !
    A cause de cette blague (idiote), origine de son exclusion, Ludvik s'éloignera de ses amis et son histoire d'amour restera inachevée. Blessé dans son orgueil et humilié (une exclusion faite à l'unanimité de ses camarades). Des sentiments, de colère et d'incompréhension, émanent de Ludvik qui voudrait pourtant que les autres le regardent différemment, et que les choses changent : nuancer l'image que ses amis se font de lui et surtout revenir en arrière. Or, ce qui est fait est fait !
    «La plaisanterie» est une œuvre sur la difficulté d'être, sur les incompréhensions (toute la narration est basée sur une (mauvaise) plaisanterie, en fin de compte ! D'où le titre…), les problèmes liés à la communication ; et surtout, sur l'irréversibilité des actes !
    Alors il faut savoir consumer le présent !
    Par extension, ce roman peut être perçu comme un messager de l'anti-totalitarisme, à l'instar de « Risibles amours ».
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    • Livres 4.00/5
    Par babebibobu, le 25 mai 2010

    babebibobu
    Excellent ! A lire et à relire, mais Kundera aurait peut-être dû s'en tenir là… Et oui c'est parfois le problème, après un aussi bon roman, on se sent pousser des ailes, et on en arrive à écrire de véritables merdes (n'ayons pas peur des mots, avec L'Ignorance par exemple on atteint les sommets de la philosophie de comptoir)…
    Bon à ce stade je tiens à préciser que je n'ai pas lu L'Insoutenable légèreté de l'être, qui a l'air de faire l'unanimité (enfin quand on ne gratte pas trop…). Dois-je ouvrir ce livre ? Y retrouve-t-on le très bon Kundera de La plaisanterie ? Pardon aux fans en tout cas.
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    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes, le 25 décembre 2009

    Pchabannes
    Lecture de La plaisanterie, écrite en 1965, en sa version définitive de 1985 avec la traduction du tchèque revue par l'auteur apportant à la version française une simplicité et un dépouillement illuminant de ce très beau texte.
    L'œuvre est une histoire d'amour sur fond de l'histoire tchèque. Histoire d'amour, de vengeance, de haine et de lâcheté. Les principaux protagonistes d'objets deviennent narrateur au fil des sept parties. Cette figure de style, utilisée par Sandor Maraï dans Métamorphose d'un mariage, fait toujours mes délices et fera le votre.
    La vie de Ludvik, étudiant révolutionnaire, bascule quand, après une simple plaisanterie sur une carte postale libellée ainsi “L'optimisme est l'opium du peuple ! L'esprit sain pue la connerie. Vive Trostki !”, en 48, il est exclu du Parti, de l'Université et envoyé en camp de rééducation. Il y fabriquera ses ressentiments pendant cinq années. Réintégré dans la vie tchèque, en 53 il revient accomplir dans sa ville natale sa vengeance. Les destins croisés de Ludvik, Lucie, Pavel, Ksotka, Helena servent à la fois le roman d'amour et de sentiments comme la Mittel Europa semble savoir produire avec tant de talent et une description de la société tchèque du coup d'Etat de 1948, puis la désillusion jusqu'à l'invasion russe de 1968. .
    Une réflexion sur l'humour. La liberté dans une société se mesure selon son degré d'acceptation de La plaisanterie, de la dérision. du politiquement correct, règne de l'autocensure, aux tribunaux de salut public, testez la société à sa capacité à accepter l'humour, celui qui met en cause ses fondements, celui qui d'une pirouette pose les questions dérangeante sur les valeurs. Ne confondons pas avec l'humour gras, facile servi par des bouffons esclaves de ces mêmes sociétés.

    Lectori salutem, Nathan


    Lien : http://www.quidhodieagisti.fr
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    • Livres 1.00/5
    Par Aklarielle, le 30 avril 2010

    Aklarielle
    Un bouquin très éloigné de mes lectures habituelles, mais Festival du Livre du Cercle des Huit oblige... me voilà contrainte et forcée de découvrir un tout autre univers que celui de la fantasy dans lequel je baigne souvent. Qu'en ressort-il ? J'ai lu La plaisanterie d'une traite, me demandant bien où l'auteur voulait en venir. Réponse : nulle part, en fait ! Il s'agit simplement d'une chronique humaine dans la société communiste des années 50. Certes, on ne s'évade pas vraiment avec ce genre de lecture, pas de dépaysement féérique ni rien. Pourtant, des personnages somme toute attachants et un intérêt tout historique pour ce qui se passait là bas à cette époque. Pas si mal !
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    • Livres 4.00/5
    Par folivier, le 17 mars 2011

    folivier
    Magnifique livre de Milan Kundera. Au-delà de l'analyse politique et historique que l'on peut faire du roman, il s'agit d'une analyse du monde tragiquement comique ! Ludwik qui cherche à se venger d'avoir eu sa vie détruite lorsqu'il était étudiant à cause de la rédaction d'un billet humoristique découvrira le pathétique et le ridicule de sa quête quinze ans après en séduisant la femme, Héléna, de son juge d'alors, Zemanek. Comme l'analyse si bien François Ricard dans la postface du livre, Milan Kundera nous parle d'un monde de la destruction et comment vivre dans ce monde après avoir réalisé sa dévastation.
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Citations et extraits

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  • Par Pchabannes, le 25 décembre 2009

    De la jeune communiste “J’ai toujours pensé que la créature humaine était indivisible, seul le bourgeois dans son imposture se partage en un être public et un homme privé, tel est mon credo.”

    “Naturellement ! L’appareil chargé de la propagande veille au bon ordre dans la galerie des grands morts. Parmi les héros, il faut un héros chef.”

    Ecrit en 1965 ! ”Depuis des siècles le scepticisme rationaliste corrode le christianisme. Il le corrode mais il ne le détruira pas. Mais quant à la théorie communiste, pourtant son œuvre à lui, il la détruira d’ici quelques décennies. En vous, Ludvik, il l’a déjà détruite. Et vous le savez bien.”

    “Mais justement chez Zemanek je ne l’attendais pas ; dans ma mémoire il était demeuré pétrifié sous la forme où je l’avais vu la dernière fois et je lui déniais maintenant le droit d’être autre que je ne n’avais connu.”
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  • Par mandarine43, le 01 août 2011

    [ Incipit ]

    Ainsi, après bien des années, je me retrouvais chez moi. Debout sur la grand-place (qu'enfant, puis gamin, puis jeune homme, j'avais mille fois traversée), je ne ressentais nulle émotion ; au contraire, je pensais que cet espace dont le beffroi (semblable à un reître sous son heaume) surplombe les toits rappelait le vaste terrain d'exercice d'une caserne, et que le passé militaire de cette ville de Moravie, jadis rempart contre les raids des Magyars et des Turcs, avait imprimé sur sa face la marque d'une irrévocable hideur.
    Des années durant, rien ne m'avait attiré vers ma ville natale ; je me disais qu'elle m'était devenue indifférente, et cela me paraissait naturel : depuis quinze ans déjà je vis ailleurs, je n'ai plus ici que quelques connaissances, voire des copains (que je préfère du reste éviter), ma mère est enterrée dans une tombe étrangère dont je ne m'occupe pas. Mais je m'abusais : ce que j'appelais indifférence était en fait de la rancune ; les raisons m'en échappaient, car il m'était arrivé des choses bonnes ou mauvaises dans cette ville comme dans toutes les autres, en tout cas cette rancune était là ; j'en avais pris conscience à l'occasion de mon voyage : la tâche qui m'amenait ici, j'aurais pu, tout compte fait, l'accomplir aussi bien à Prague, mais j'avais été soudain irrésistiblement attiré par l'occasion offerte de l'exécuter dans ma ville natale justement parce qu'il s'agissait d'une tâche cynique et terre à terre qui, avec dérision, m'acquittait du soupçon de revenir ici sous l'effet d'un mièvre attendrissement sur le temps perdu.
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  • Par ophrys, le 27 août 2011

    Il est extrêmement rare que l’amour physique se confonde avec l’amour de l’âme. Que fait-elle au juste, l’âme, pendant que le corps s’unit (de ce mouvement si immémorial, universel et invariable) à l’autre corps ? Tout ce qu’elle s’ingénie à inventer pendant ce temps-là, réaffirmant ainsi sa supériorité sur la monotonie de la vie corporelle ! De quel mépris est-elle capable à l’égard de son corps qui ne lui sert (comme le corps de l’autre) que de prétexte à l’imagination mille fois plus charnelle que les deux chairs réunies ! Ou bien inversement : combien est-elle habile à le rabaisser en l’abandonnant à son petit va-et-vient pendulaire, tandis qu’elle s’éloigne avec ses pensées (déjà lasses des caprices du corps) tout à fait ailleurs : vers une partie d’échecs, vers le souvenir d’un déjeuner, ou vers une lecture.
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  • Par Jeannequebec, le 11 août 2011

    Les histoires personnelles, outre qu’elles se passent, disent-elles aussi quelque chose ? Malgré tout mon scepticisme, il m’est resté un peu de superstition irrationnelle, telle cette curieuse conviction que tout évènement qui m’advient comporte en plus un sens, qu’il signifie quelque chose; que par sa propre aventure la vie nous parle, nous révèle graduellement un secret, qu’elle s’offre comme un rébus à déchiffrer, que les histoires que nous vivons forment en même temps un une mythologie de notre vie et que cette mythologie détient la clé de la vérité et du mystère. Est-ce une illusion ? C’est possible, c’est même vraisemblable, mais je ne peux réprimer ce besoin de continuellement déchiffrer ma propre vie.
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  • Par ophrys, le 27 août 2011

    L’enivrement que nous vivions est appelé d’ordinaire griserie du pouvoir, cependant (avec un grain de bonne volonté) je pourrais choisir des mots moins sévères : nous étions envoûtés par l’Histoire ; nous étions ivres d’avoir monté le cheval de l’Histoire, ivres d’avoir senti son corps sous nos fesses ; dans la plupart des cas, ça finissait par tourner à une vilaine soif de puissance, mais (de même que toutes les affaires humaines sont ambiguës) il y avait en même temps là-dedans (notamment pour nous, jeunots) la belle illusion que nous inaugurions, nous, cette époque où l’homme (chacun des hommes) ne serait plus en dehors de l’Histoire ni sous le talon de l’Histoire, mais la conduirait et la façonnerait.
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