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ISBN : 2070378314
Éditeur : Gallimard (25/05/1987)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 568 notes)
Résumé :
'Le livre du rire et de l'oubli' est un roman en forme de variations. Les différentes parties se suivent comme les différentes étapes d'un voyage qui conduit à l'intérieur d'un thème, à l'intérieur d'une pensée, à l'intérieur d'une seule et unique situation dont la compréhension se perd dans l'immensité.
C'est un roman sur Tamina et, à l'instant où Tamina sort de la scène, c'est un roman pour Tamina. Elle est le principal personnage et le principal auditeur ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
ahasverus
05 octobre 2013
★★★★★
★★★★★
Le lecteur qui attend d'un livre de Kundera qu'il lui raconte une histoire sera certainement déçu. Pourtant l'univers de Kundera existe : je l'ai rencontré !
Il y a 7 chapitres au Livre du Rire et de l'Oubli. Malgré ce que je viens d'écrire, je vais en résumer les sujets :
chapitre 1.- Les lettres perdues : Mirek a eu voici 25 ans une liaison avec Sdena. Il reprend contact avec elle en vue de récupérer et de détruire ses vieilles lettres d'amour car il a honte de cette relation. Obsédé par cette idée futile, il néglige de se débarrasser de documents politiques compromettants, ce qui amène son arrestation et son emprisonnement par la dictature tchèque des années 70.
chapitre 2.- Maman : Karel et Markéla supportent mal Maman, mais ils décident de l'inviter une semaine à la condition qu'elle parte samedi pour ne pas compromettre leurs jeux libertins avec Eva. Mais Maman feint d'oublier le jour du départ.
chapitre 3.- Les Anges : Michèle et Gabrielle, étudiantes préférées de Madame Raphaël, doivent analyser devant sa classe le Rhinocéros de Ionesco. Elles axent leur intervention sur l'effet comique de la pièce et sont tournées en ridicule par Sarah, une rivale. Michèle et Gabrièle sortiront victorieuses de cette situation grâce au soutien de Madame Raphaël.
Nous suivons en parallèle l'histoire de la jeune R. qui soutient l'écrivain Kundera, dissident, en lui permettant d'écrire des horoscopes alimentaires dans le journal où elle travaille. Il en profite pour tourner en ridicule le directeur de ce quotidien.
chapitre 4.- Les lettres perdues : Tamina a fui la république tchèque avec son mari, décédé quelques mois après. Elle souhaite récupérer des carnets intimes abandonnés dans sa fuite afin de reconstituer son passé.
chapitre 5.- Littost : le soir où il doit recevoir à Prague sa maîtresse, l'étudiant est invité par son ami Voltaire à une soirée à laquelle participe le Grand Poête.
chapitre 6.- Les Anges : Raphaël vient chercher Tamina pour la conduire sur une île ou elle se retrouve au milieu d'enfants. Elle sera acceptée, adorée, puis traquée avant de quitter l'île à la nage et de se noyer.
En parallèle Kundera évoque l'agonie de son père.
chapitre 7.- La Frontière : Jan oscille entre des aventures sexuelles décevantes et des conversations aux amis. Comme il s'apprête à quitter définitivement la ville, il consent à aller à une orgie organisée par Barbara. Il assiste également à l'enterrement de Passer, qu'un incident rend drolatique.
Voici pour les histoires.
S'agit-il de nouvelles ? Dans son "chapitre 6 les Anges" , Kundera s'explique : "tout ce livre est un roman en forme de variations." - "C'est un roman sur le rire et sur l'oubli, sur l'oubli et sur Prague, sur Prague et sur les anges."
Un roman sur le rire, sur l'oubli, sur Prague, sur les Anges ? Pas seulement bien sûr. Mais c'est ça, et surtout ça.
Qu'est ce qu'une variation ?
Les variations sont un voyage, nous dit-il. "Le voyage des variations conduit au dedans de l'infinie diversité du monde intérieur qui dissimule toute chose."
C'est donc à travers l'infinie complexité du rire et de ses significations que le livre nous conduit. Car le rire peut être fédérateur ou discriminatoire, fait du diable ou fait des anges. Les anges peuvent ils être parfois plus cruels que le diable lui-même ? Toutes ces histoires m'amènent à le penser.
C'est à travers l'infinie déclinaison de l'oubli que nous emmène Kundera . L'oubli qui conduit Tamina à sa perte. L'oubli qui désinhibe Karel, Markéla et Eva. L'oubli qui détruit le peuple tchèque ou l'oubli qui chasse la culpabilité, ou l'oubli de circonstance de Maman. Et d'autres oublis que j'ai oublié - oui je sais, c'est facile.
Je pourrais poursuivre encore pour vous faire remarquer que toutes les scènes de sexe sont tristes alors que la scène de l'enterrement est gaie. Je pourrais attirer votre attention sur le fait que Litost, qui m'évoque le Banquet de Platon, est la seule histoire dont les chapitres n'ont pas de numéros , (si quelqu'un a compris pourquoi, je suis preneur). Je pourrais relever tous les paradoxes, tel le comportement paradoxal de Mirek qui milite contre l'oubli du passé historique en cherchant à faire disparaître son passé privé. Je pourrais affirmer, car j'en suis certain, que Raphaël est l'ange qui accompagne les voyageurs et que le récit de Tamina sur l'île est celui de son agonie. Alors je vous ferais remarquer que dans le premier récit des anges la professeure s'appelle Madame Raphaël, et moi aussi je dirais que ce n'est pas par hasard.
Je pourrais vous dire cent autre choses sur cet univers si riche, si vos yeux restent ouverts et si vous prenez votre temps.
Car l'oeuvre de Kundera est un univers, comme l'est celle de Kafka, l'autre Tchèque. Un univers de variations qui peut vous apporter un plaisir immense -et varié - si vous n'oubliez pas que la poire est plus importante que le tank, que l'invasion des villes par le merle est plus historique que l'invasion de Prague par les Russes, et que les choses ne sont pas toujours aussi simples qu'elles le paraissent.
Les variations sont plus importantes que les histoires.
Il appartient à chacun d'oublier la ronde et de rejoindre les rangs des inconditionnels de Kundera.
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KrisPy
26 juin 2014
★★★★★
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Lire du Kundera, c'est comme écouter la musique de Grieg : variations autour d'un thème.
Les émotions, les ressenties, les pensées intimes des personnages, qui vivent souvent une situation similaire, mais avec de nombreuses variations autour du même thème, se croisent et s'entrecroisent.
Sont abordés les thèmes de l'oubli, l'oubli de ce qui fait mal, l'oubli des choses qu'on ne devraient pas oublier ; le rire, le rire de la dérision,le rire cruel de la moquerie, mais aussi le rire salvateur, qui soulage, quand la culpabilité s'envole et vous laisse l'âme légère... Et rire, c'est commencé à dédramatiser, à porter un regard compatissant sur soi aussi, à pardonner, à oublier...
Milan Kundera écrit en finesse ; il suggère, il tisse une trame légère d'histoires, qui devient dense, de par notre vécu, notre ressenti. Pour ce livre en particulier, il y aura autant de niveaux de lectures qu'il y aura de lecteurs. Et chaque relecture apporte une nouvelle vision, de nouvelles idées.
Du très bon Kundera.
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Kittiwake
17 mars 2012
★★★★★
★★★★★
Rédiger cette chronique n'a pas été facile. Je ne sais que dire de cet écrit dont l'auteur affirme qu'il s'agit d'un roman : je n'y ai trouvé qu'une succession d'histoires, qui certes ont un unité de temps (après-guerre et arrivée des communistes dans l'ex Tchécoslovaquie) et plus ou moins de lieu, mais j'ai plus l'impression d'avoir parcouru un recueil de nouvelles.
Différents thèmes sont évoqués et jetés pèle-mêle : les traques, les trahisons, l'exil et la nostalgie du paradis perdu, abordés aussi bien dans des récits fictifs que dans les confidences personnelles de l'auteur.
Les lettres perdues
Le premier récit met en scène un ancien scientifique dissident à la recherche de lettres qu'il avait adressé à une femme qu'il avait aimée 20 ans plutôt. Traqué par la police, il rencontre cette femme, qui refuse de lui rendre les lettres. Il sera arrêté à son retour chez lui
Maman
Intrusion de Maman, la mère de Karel, invitée à passer quelques jours chez son fils et sa belle fille, dans la vie du couple, soucieux de lui cacher leurs secrets d'alcôve. Ils comptent pour cela sur sa vue basse et ses troubles de mémoire.
Les anges
Récit complexe, mêlant fiction et biographie, ainsi qu'une réflexion sur le rire.
Les lettres perdues
C'est sans doute le récit qui m'a le plus intéressée. Tamina voudrait récupérer des poèmes et des lettres qui sont restées à Prague chez sa belle-mère. Il lui est impossible d'y retourner elle-même. Elle devra y renoncer.
Litost
Les déboires d'un abstinent sexuel involontaire, déchiré entre une groupe de poètes éméchés et une femme de garagiste adultère
Les anges 2
c'est le texte le plus obscur et le plus complexe. On y retrouve une Tamina désabusée, qui disparaît sans laisser de traces. Suit un délire onirique, où Tamina se retrouve sur une île peuplée par des enfants démoniaques.
Kundera y mêle des observations sur la musique contemporaines. Il y parle aussi de son père que la vieillesse a isolé dans un monde sans mots
J'aurai vraiment souhaité faire partie de ce voyage littéraire, rédigé par quelqu'un qui fût, brièvement rennais, ce qu'il évoque au cours du récit, mais j'ai l'impression d'être passée à côté

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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sebbys
27 janvier 2014
Milan Kundera, j'en ai fait quasiment le tour. Commencer par l'insoutenable légèreté de l'être, et finir par celui-ci, le livre du rire et l'oubli. Là encore, on retrouve l'humour de Kundera. Un humour du 20e siècle. Mais il n'y a pas que ça chez Kundera, il y a aussi ces notes d'histoire, ces notes de culture qu'il arrive à partager. Pour ça, Kundera est très fort. Des chapitres courts, qui mettent en scène quelques personnages, des histoires qu'on croit sans intérêt mais pourtant, tellement passionnantes, tellement intéressantes. Kundera est un grand. Personne ne sait où il s'arrêtera parce qu'on a vraiment l'impression que sa plume ne demande que ça, écrire encore et toujours.
Il est simplement unique.
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Lepasgrandchose
24 février 2017
Je n'avais pas mis les pieds dehors depuis une dizaine de jours. J'avais deux cartouches de clopes et du tabac à rouler. Et l'alcool ne manquait pas. Je suis un ermite organisé, à tel point que la dernière fois que j'étais sorti j'avais fait le plein de BD et de livres. Bien évidemment, la plupart des livres m'ont emmerdé. La branlette intellectuelle contre la légèreté crétine. Ça finissait toujours pareil, j'arrêtais ma lecture, je buvais, je fumais, je me branlais et je reprenais. Une vie de tueur en série, en somme. À ceci près que la dernière fois que j'ai voulu tuer une mouche, je me suis coupé avec un bout de verre qui demeurait au sol. Il fallait me voir, à quatre pattes, essayant de venir à bout de cette putain de mouche. Bref, tout ça pour dire que, pour un pauvre type dans mon genre, ma folie ne me poussera jamais plus loin que l'ermitage ou la clochardisation. Ce soir là, donc, alors que je buvais mon Whisky et fumais mes clopes, j'ai reçu un coup de téléphone. Au bout de la ligne, on m'a rappelé que c'était l'anniversaire de Yann, un type même pas breton, et que j'avais dit que l'on pouvait compter sur ma présence. On s'était vus à la soirée de Nouvel an, j'avais du le faire marrer ce con. C'est le cousin d'une fille que j'ai envie de sauter depuis l'adolescence et que je ne sauterais jamais. Ou alors quand elle sera vieille et qu'elle donnera tout pour un coup de bite, fut-ce t'elle petite.
Je suis arrivé, déjà bien amoché, et j'ai vu les regards perplexes et attentistes des convives. Qui pouvait bien être ce type pas coiffé en pull Jacquard et bien bourré qui entre une clope au bec en se dirigeant illico vers la table où se trouvent les boissons ? J'ai bu trois verres de vodka puis j'ai été à sa recherche, histoire de lui souhaiter son anniversaire. Même dans l'ivresse, je n'oublie pas les convenances.
- Dis-moi petit Breton, tu n'aurais pas vu Gwenaëlle ( sa cousine même pas Bretonne ) ?
- Elle était à côté de toi mais tu étais absorbé par les jambes de ma soeur, enculé.
Cette fille était donc sa soeur. Mais comment ce type au physique de boulanger pouvait-il avoir une telle famille ? Il y a des mystères. Je me suis rabattu sur la cousine. Au lycée c'était souvent elle qui faisait découvrir aux types les plaisirs de la pipe et de la pénétration vaginale. Comme toutes les salopes, elle couchait avec tout le monde sauf moi.
- Dis-moi petite Bretonne, ne voudrais-tu pas aller me servir un coup ?
- Tu peux arrêter de me cracher ta fumée à la figure ?
La soirée s'annonçait longue, c'est pourquoi je me suis mis en tête de m'occuper de la programmation musicale. Brassens, refusé ! Renaud, refusé ! Souchon, refusé ! Qui était ces gens ? Au lieu de quoi on a eu droit aux merdes habituels, M. Jackson, Pink Floyd ( toujours la même ), les Beatles et des trucs modernes inconnus au bataillon. Très vite et comme toujours, je me suis ennuyé et senti seul. Je pouvais rester des jours et des jours chez moi sans voir personne mais en une heure et en compagnie, voilà que la solitude devînt étouffante. J'ai continué à boire sans dire un mot. Il suffisait de les entendre pour savoir que nous n'avions rien en commun sinon, peut-être, le besoin d'argent. Petit à petit, les gens sont partis. Demeurait le groupe très serré des amis et de la famille et MOI. Je caressais vaguement la cuisse de Gwenaëlle, à l'abri des regards mais celle-ci me rendait toujours ma main. Je ne connais que des filles chatouilleuses. Une énième chanson des Beatles est passée. J'ai gueulé et commencé mon numéro sur ce groupe de pédérastes. Puis je n'ai cessé de parler. Les 6 personnes restantes riaient et plus elles riaient, plus je parlais. Bientôt, j'étais debout, en roue libre. Comme un con qui oublie qu'il n'a rien à foutre là. L'hôte nous a dit de rester dormir sur place, c'était plus prudent. Ils se sont vites endormis. Gwenaëlle était sur le canapé à côté de moi. J'aurais voulu lui toucher la chatte mais, pleutre, je n'en fis rien. Je me suis levé avec difficulté puis j'ai tenté une branlette aux chiottes. Évidemment rien ne sortit de ma queue. Il y aurait eu fort à parier que mon sperme eût alors un goût de larmes. J'ai laissé un mot sur la table et je suis parti. Il faisait froid et il me tardait de rentrer. Je les avais fait marrer mais ces rires me donnaient envie de gerber, bien plus que tout l'alcool ingurgité. C'est comme ça que le clown triste est rentré chez lui. Il a mis Brassens, il a bu un dernier verre, il a songé au suicide ( encore ) mais il a préféré s'endormir.
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Citations & extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
KrisPyKrisPy26 juin 2014
Qu'est-ce que la litost ?
Litost est un mot tchèque intraduisible en d'autres langues. Sa première syllabe, qui se prononce longue et accentuée, rappelle la plainte d'un chien abandonné. Pour le sens de ce mot je cherche vainement un équivalent dans d'autres langues, bien que j'aie peine à imaginer qu'on puisse comprendre l'âme humaine sans lui.
Je vais donner un exemple : l'étudiant se baignait avec son amie étudiante dans la rivière. La jeune fille était sportive, mais lui, il nageait très mal. Il ne savait pas respirer sous l'eau, il nageait lentement, la tête nerveusement dressée au-dessus de la surface. L'étudiante était irraisonnablement amoureuse de lui et tellement délicate qu'elle nageait aussi lentement que lui. Mais comme la baignade était sur le point de prendre fin, elle voulut donner un instant libre cours à sont instinct sportif et elle se dirigea, d'un crawl rapide, vers la rive opposée. L'étudiant fit un effort pour nager plus vite, mais il avala de l'eau. Il se sentit diminué, mis à nu dans son infériorité physique, et il éprouva la litost. Il se représenta son enfance maladive sans exercices physiques et sans camarades sous le regard trop affectueux de sa mère et il désespéra de lui-même et de sa vie. En rentrant tous deux par un chemin de campagne ils se taisaient. Blessé et humilié, il éprouvait une irrésistible envie de la battre. Qu'est-ce qui te prend ? lui demanda-t-elle, et il lui fit des reproches ; elle savait bien qu'il y avait du courant près de l'autre rive, il lui avait défendu de nager de ce côté-là, parce qu'elle risquait de se noyer - et il la frappa au visage. La jeune fille se mit à pleurer, et lui, à la vue des larmes sur ses joues, il ressentit de la compassion pour elle, il la prit dans ses bras et sa litost se dissipa.
[...]
La litost est un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte.
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KittiwakeKittiwake17 mars 2012
Je disais à ma soeur, ou elle me disait, tu viens, on joue à rire? On s'allongeait côte à côte sur un lit et on commençait. Pour faire semblant, bien sûr. Rires forcés. Rires ridicules. Rires si ridicules qu'ils nous faisaient rire. Alors il venait, le vrai rire, le rire entier, nous emporter dans son déferlement immense. Rires éclatés, repris, bousculés, déchainés,rires magnifiques, somptueux et fous...Et nous riions à l'infini du rire de nos rires....
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OwlyOwly21 mars 2011
Toute relation amoureuse repose sur des conventions non écrites que ceux qui s’aiment concluent inconsidérément dans les premières semaines de leur amour. Ils sont dans une sorte de rêve, mais en même temps, sans le savoir, ils rédigent, en juristes intraitables, les clauses détaillées de leur contrat.
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KittiwakeKittiwake17 mars 2012
L'irrésistible prolifération de la graphomanie parmi les hommes politiques, les chauffeurs de taxi, les parturientes, les amantes, les assassins, les voleurs, les prostitués, les préfets, les médecins et les malades, me démontrent que tout homme sans exception porte en lui sa virtualité d'écrivain en sorte que toute l'espèce humaine pourrait à bon droit descendre dans la rue et crier : Nous sommes tous des écrivains!
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KittiwakeKittiwake17 mars 2012
La graphomanie (manie d'écrire des livres) prend finalement les proportions d'une épidémie lorsque le développement de la société réalise trois conditions fondamentales :
1) un niveau élevé de bien-être général qui permet aux gens de se consacrer à une activité inutile
2) un haut degré d'atomisation de la vie sociale et, par conséquent, d'isolement général des individus
3) le manque radical de grands changements sociaux dans la vie interne de la nation (de ce point de vue, il me paraît symptomatique qu'en France où il ne se passe pratiquement rien, le pourcentage d'écrivains soit vingt et une fois plus élevé qu'en Israël)
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