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ISBN : 2070378314
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 342 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
'Le livre du rire et de l'oubli' est un roman en forme de variations. Les différentes parties se suivent comme les différentes étapes d'un voyage qui conduit à l'intérieur d'un thème, à l'intérieur d'une pensée, à l'intérieur d'une seule et unique situation dont la comp... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ahasverus, le 05 octobre 2013

    ahasverus
    Le lecteur qui attend d'un livre de Kundera qu'il lui raconte une histoire sera certainement déçu. Pourtant l'univers de Kundera existe : je l'ai rencontré !
    Il y a 7 chapitres au Livre du Rire et de l'Oubli. Malgré ce que je viens d'écrire, je vais en résumer les sujets :
    chapitre 1.- Les Lettres perdues : Mirek a eu voici 25 ans une liaison avec Sdena. Il reprend contact avec elle en vue de récupérer et de détruire ses vieilles Lettres d'amour car il a honte de cette relation. Obsédé par cette idée futile, il néglige de se débarrasser de documents politiques compromettants, ce qui amène son arrestation et son emprisonnement par la dictature tchèque des années 70.
    chapitre 2.- Maman : Karel et Markéla supportent mal Maman, mais ils décident de l'inviter une semaine à la condition qu'elle parte samedi pour ne pas compromettre leurs jeux libertins avec Eva. Mais Maman feint d'oublier le jour du départ.
    chapitre 3.- Les Anges : Michèle et Gabrielle, étudiantes préférées de Madame Raphaël, doivent analyser devant sa classe le Rhinocéros de Ionesco. Elles axent leur intervention sur l'effet comique de la pièce et sont tournées en ridicule par Sarah, une rivale. Michèle et Gabrièle sortiront victorieuses de cette situation grâce au soutien de Madame Raphaël.
    Nous suivons en parallèle l'histoire de la jeune R. qui soutient l'écrivain Kundera, dissident, en lui permettant d'écrire des horoscopes alimentaires dans le journal où elle travaille. Il en profite pour tourner en ridicule le directeur de ce quotidien.
    chapitre 4.- Les Lettres perdues : Tamina a fui La République tchèque avec son mari, décédé quelques mois après. Elle souhaite récupérer des carnets intimes abandonnés dans sa fuite afin de reconstituer son passé.
    chapitre 5.- Littost : le soir où il doit recevoir à Prague sa maîtresse, l'étudiant est invité par son ami Voltaire à une soirée à laquelle participe le Grand Poête.
    chapitre 6.- Les Anges : Raphaël vient chercher Tamina pour la conduire sur une île ou elle se retrouve au milieu d'enfants. Elle sera acceptée, adorée, puis traquée avant de quitter l'île à la nage et de se noyer.
    En parallèle Kundera évoque l'agonie de son père.
    chapitre 7.- La Frontière : Jan oscille entre des aventures sexuelles décevantes et des conversations aux amis. Comme il s'apprête à quitter définitivement la ville, il consent à aller à une orgie organisée par Barbara. Il assiste également à l'enterrement de Passer, qu'un incident rend drolatique.
    Voici pour les histoires.
    S'agit-il de nouvelles ? Dans son "chapitre 6 les Anges" , Kundera s'explique : "tout ce livre est un roman en forme de variations." - "C'est un roman sur le rire et sur l'oubli, sur l'oubli et sur Prague, sur Prague et sur les anges."
    Un roman sur le rire, sur l'oubli, sur Prague, sur les Anges ? Pas seulement bien sûr. Mais c'est ça, et surtout ça.
    Qu'est ce qu'une variation ?
    Les variations sont un voyage, nous dit-il. "Le voyage des variations conduit au dedans de l'infinie diversité du monde intérieur qui dissimule toute chose."
    C'est donc à travers l'infinie complexité du rire et de ses significations que le livre nous conduit. Car le rire peut être fédérateur ou discriminatoire, fait du diable ou fait des anges. Les anges peuvent ils être parfois plus cruels que le diable lui-même ? Toutes ces histoires m'amènent à le penser.
    C'est à travers l'infinie déclinaison de l'oubli que nous emmène Kundera . L'oubli qui conduit Tamina à sa perte. L'oubli qui désinhibe Karel, Markéla et Eva. L'oubli qui détruit le peuple tchèque ou l'oubli qui chasse la culpabilité, ou l'oubli de circonstance de Maman. Et d'autres oublis que j'ai oublié - oui je sais, c'est facile.
    Je pourrais poursuivre encore pour vous faire remarquer que toutes les scènes de sexe sont tristes alors que la scène de l'enterrement est gaie. Je pourrais attirer votre attention sur le fait que Litost, qui m'évoque Le banquet de Platon, est la seule histoire dont les chapitres n'ont pas de numéros , (si quelqu'un a compris pourquoi, je suis preneur). Je pourrais relever tous les paradoxes, tel le comportement paradoxal de Mirek qui milite contre l'oubli du passé historique en cherchant à faire disparaître son passé privé. Je pourrais affirmer, car j'en suis certain, que Raphaël est l'ange qui accompagne les voyageurs et que le récit de Tamina sur l'île est celui de son agonie. Alors je vous ferais remarquer que dans le premier récit des anges la professeure s'appelle Madame Raphaël, et moi aussi je dirais que ce n'est pas par hasard.
    Je pourrais vous dire cent autre choses sur cet univers si riche, si vos yeux restent ouverts et si vous prenez votre temps.
    Car l'oeuvre de Kundera est un univers, comme l'est celle de Kafka, l'autre Tchèque. Un univers de variations qui peut vous apporter un plaisir immense -et varié - si vous n'oubliez pas que la poire est plus importante que le tank, que l'invasion des villes par le merle est plus historique que l'invasion de Prague par les Russes, et que les choses ne sont pas toujours aussi simples qu'elles le paraissent.
    Les variations sont plus importantes que les histoires.
    Il appartient à chacun d'oublier la ronde et de rejoindre les rangs des inconditionnels de Kundera.
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    • Livres 2.00/5
    Par Kittiwake, le 17 mars 2012

    Kittiwake
    Rédiger cette chronique n'a pas été facile. Je ne sais que dire de cet écrit dont l'auteur affirme qu'il s'agit d'un roman : je n'y ai trouvé qu'une succession d'histoires, qui certes ont un unité de temps (après-guerre et arrivée des communistes dans l'ex Tchécoslovaquie) et plus ou moins de lieu, mais j'ai plus l'impression d'avoir parcouru un recueil de nouvelles.
    Différents thèmes sont évoqués et jetés pèle-mêle : les traques, les trahisons, l'exil et la nostalgie du paradis perdu, abordés aussi bien dans des récits fictifs que dans les confidences personnelles de l'auteur.
    Les lettres perdues
    Le premier récit met en scène un ancien scientifique dissident à la recherche de lettres qu'il avait adressé à une femme qu'il avait aimée 20 ans plutôt. Traqué par la police, il rencontre cette femme, qui refuse de lui rendre les lettres. Il sera arrêté à son retour chez lui
    Maman
    Intrusion de Maman, la mère de Karel, invitée à passer quelques jours chez son fils et sa belle fille, dans la vie du couple, soucieux de lui cacher leurs secrets d'alcôve. Ils comptent pour cela sur sa vue basse et ses troubles de mémoire.
    Les anges
    Récit complexe, mêlant fiction et biographie, ainsi qu'une réflexion sur le rire.
    Les lettres perdues
    C'est sans doute le récit qui m'a le plus intéressée. Tamina voudrait récupérer des poèmes et des lettres qui sont restées à Prague chez sa belle-mère. Il lui est impossible d'y retourner elle-même. Elle devra y renoncer.
    Litost
    Les déboires d'un abstinent sexuel involontaire, déchiré entre une groupe de poètes éméchés et une femme de garagiste adultère
    Les anges 2
    c'est le texte le plus obscur et le plus complexe. On y retrouve une Tamina désabusée, qui disparaît sans laisser de traces. Suit un délire onirique, où Tamina se retrouve sur une île peuplée par des enfants démoniaques.
    Kundera y mêle des observations sur la musique contemporaines. Il y parle aussi de son père que la vieillesse a isolé dans un monde sans mots
    J'aurai vraiment souhaité faire partie de ce voyage littéraire, rédigé par quelqu'un qui fût, brièvement rennais, ce qu'il évoque au cours du récit, mais j'ai l'impression d'être passée à côté


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/03/le-livre-du-rire-et-de-lou..
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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 02 décembre 2012

    sentinelle
    Variations sur la complexité du rire et les méandres de l'oubli, Kundera nous offre une belle panoplie à travers sept récits qui se rejoignent sur les thématiques abordées. J'ai été particulièrement sensible à celui de l'oubli ou l'évaporation de la mémoire, que l'auteur aborde du point de vue historique et politique (principalement la Tchécoslovaquie après 1968) mais également sous l'angle de l'intime et de l'identité. Comme par exemple la vieillesse d'une mère qui pose la question du processus de rétrécissement progressif lorsque la vie entame son long voyage vers le néant. Beaucoup de variations également sur les rapports amoureux triangulaires, un thème que j'imagine bien volontiers récurrent chez cet auteur.
    Un livre qui se lit avec beaucoup de plaisir mais qui ne va sans doute pas me laisser un souvenir impérissable de par la fugacité et la multiplicité des histoires. Peu importe, la balade était agréable et m'a donnée envie d'aller voir plus loin en compagnie de l'auteur tant cette première lecture était stimulante.
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  • Par sebbys, le 27 janvier 2014

    sebbys
    Milan Kundera, j'en ai fait quasiment le tour. Commencer par L'insoutenable légèreté de l'être, et finir par celui-ci, le livre du rire et l'oubli. Là encore, on retrouve l'humour de Kundera. Un humour du 20e siècle. Mais il n'y a pas que ça chez Kundera, il y a aussi ces notes d'histoire, ces notes de culture qu'il arrive à partager. Pour ça, Kundera est très fort. Des chapitres courts, qui mettent en scène quelques personnages, des histoires qu'on croit sans intérêt mais pourtant, tellement passionnantes, tellement intéressantes. Kundera est un grand. Personne ne sait où il s'arrêtera parce qu'on a vraiment l'impression que sa plume ne demande que ça, écrire encore et toujours.
    Il est simplement unique.
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    • Livres 5.00/5
    Par HenriMoufettal, le 29 mai 2012

    HenriMoufettal
    Extrait d'un graal de mes dernières lectures sur laquelle je reviens tellement j'ai écorné de pages, il y en a tant que j'en relate quelques unes. Moment de zen, instant patchwork :
    « Il avait appris qu'elle n'était pas satisfaite de la façon dont ils s'étaient aimés. Elle disait qu'il lui avait fait l'amour comme un intellectuel »
    « On ne veut être maitre de l'avenir que pour pouvoir changer le passé. »
    « Elle était la meilleure, mais seulement faute de mieux. »
    « (Il) est encore empli de la beauté de la nuit. Il sait bien que sur mille ou trois mille actes d'amours () il n'en reste que deux ou trois qui sont vraiment essentiels et inoubliables, tandis que les autres ne sont que des retours, des imitations, des répétitions ou des évocations. »
    « Rire, se soucie-t-on jamais de rire ? Je veux dire vraiment rire, au-delà de La plaisanterie, de la moquerie, du ridicule. Rire, jouissance immense et délicieuse, toute jouissance. … » Annie Leclerc, Parole de femme, 1976
    « C'est alors que j'ai compris la signification magique du cercle. Quand on s'est éloigné du rang, on peut encore y rentrer. le rang est une formation ouverte. Mais le cercle se referme et on le quitte sans retour »
    Et la valse continue, continue, encore et toujours. miam
    Voila, j'ai donc trouvé le calice de l'humanisme, et j'y reviendrai encore et toujours.
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Citations et extraits

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  • Par Sepo, le 20 avril 2014

    A une époque où l'Histoire cheminait encore lentement, ses évènements peu nombreux s'inscrivaient aisément dans la mémoire et tissaient une toile de fond connue de tous devant laquelle la vie privée déroulait le spectacle captivant de ses aventures. Aujourd'hui, le temps avance à grands pas. L'évènement historique, oublié en une nuit, scintille dès le lendemain de la rosée du nouveau et n'est donc plus une toile de fond dans le récit du narrateur, mais une surprenante aventure qui se joue sur l'arrière-plan de la trop familière banalité de la vie privée.
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  • Par Sepo, le 20 avril 2014

    "Les femmes ne recherchent pas le bel homme. Les femmes recherchent l'homme qui a eu de belles femmes."

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  • Par Kittiwake, le 17 mars 2012

    Je disais à ma soeur, ou elle me disait, tu viens, on joue à rire? On s'allongeait côte à côte sur un lit et on commençait. Pour faire semblant, bien sûr. Rires forcés. Rires ridicules. Rires si ridicules qu'ils nous faisaient rire. Alors il venait, le vrai rire, le rire entier, nous emporter dans son déferlement immense. Rires éclatés, repris, bousculés, déchainés,rires magnifiques, somptueux et fous...Et nous riions à l'infini du rire de nos rires....
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  • Par Kittiwake, le 17 mars 2012

    La graphomanie (manie d'écrire des livres) prend finalement les proportions d'une épidémie lorsque le développement de la société réalise trois conditions fondamentales :
    1) un niveau élevé de bien-être général qui permet aux gens de se consacrer à une activité inutile
    2) un haut degré d'atomisation de la vie sociale et, par conséquent, d'isolement général des individus
    3) le manque radical de grands changements sociaux dans la vie interne de la nation (de ce point de vue, il me paraît symptomatique qu'en France où il ne se passe pratiquement rien, le pourcentage d'écrivains soit vingt et une fois plus élevé qu'en Israël)
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  • Par Kittiwake, le 17 mars 2012

    L'irrésistible prolifération de la graphomanie parmi les hommes politiques, les chauffeurs de taxi, les parturientes, les amantes, les assassins, les voleurs, les prostitués, les préfets, les médecins et les malades, me démontrent que tout homme sans exception porte en lui sa virtualité d'écrivain en sorte que toute l'espèce humaine pourrait à bon droit descendre dans la rue et crier : Nous sommes tous des écrivains!
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