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ISBN : 2070136132
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 267 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?" Son frère ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Chrys, le 14 février 2012

    Chrys
    Le texte est composé de sept nouvelles. Toutes pour moi n'ont pas la même saveur, j'ai préféré certaines mais toutes posent des questions autour du mensonge (à soi, aux autres), du jeu de dupe (envers soi, envers les autres), etc.... Des questionnements très intéressants car qu'est-ce que la sincérité, l'honnêteté? Qu'est-ce que le mensonge? Quel(s) rôle(s) joue-t-on en société, adapte-t-on ce rôle en fonction des personnes rencontrées?
    Parmi les histoires:

    Personne ne va rire: Comment un jour, par manque de courage, de franchise, ou par jeu (allez savoir?) un professeur voit sa vie (ses projets, ses amours, ses espoirs) brisée. Un simple refus (ou plutôt un refus qui ne dit pas son nom) face à un homme qui venait vers lui chercher un soutien éditorial transforme jour après jour sa place dans la société, transforme sa relation amoureuse, transforme ce qu'il projetait. On assiste à la chute du narrateur. Il faut ajouter que la situation prend place dans un pays "communiste".
    Le jeu de l'auto-stop: Un couple part en vacances. Elle est plutôt timide, rougissante, réservée, il s'en amuse. Mais après une "pause-pipi", alors qu'il est au volant, qu'il l'attend, elle le rejoint, monte dans la voiture... Et s'installe alors un jeu entre eux. Elle joue le rôle de l'auto-stoppeuse. Un autre dialogue se glisse, il ne la connaissait pas ainsi, femme "libérée", femme prête à l'accompagner à l'hôtel, à coucher avec cet homme "inconnu"? Jusqu'où peut-elle jouer ce rôle? Quand le jeu va-t-il s'arrêter? Qui voudra le stopper?

    Lien : http://lejournaldechrys.blogspot.com/2012/02/risibles-amours.html
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 22 février 2011

    zohar
    Kundera dresse dans ce recueil de nouvelles, des histoires d'amours loufoques à travers une galerie de personnages qui ont une vision grave de l'amour.
    Tout le récit tourne autour du jeu de la duperie, ce qui est d'ailleurs l'origine des difficultés dans les relations humaines à cause (justement) du dysfonctionnement de la parole ou plus simplement, de problèmes de communication !
    Or, le narrateur pose un regard « désabusé » sur les personnages et le sérieux avec lequel ils abordent leurs situations pathético-comiques.
    De ce décalage, Kundera prendra comme prétexte pour jeter un regard « lucide » sur la société en y analysant les thèmes de l'identité, de l'authenticité, mais aussi et surtout, du paraître et de l'illusion (comment les faits changent de manière insaisissable en leur contraire).
    « Risibles amours » est une œuvre sur la difficulté à saisir et de comprendre et de contrôler la réalité. On peut retrouver cette même idée dans "La plaisanterie" (1967).
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    • Livres 3.00/5
    Par CLAVIE, le 17 août 2012

    CLAVIE
    J'ai attendu volontairement avant d'en écrire la critique. Je suis restée indécise après avoir fermé ce livre.
    Une chose reste certaine. le style de Kundera est plaisant : il nous entraîne toujours dans une histoire dont la fin reste un secret, étonnante. Les sentiments sont toujours exprimés de manière indirecte, par les actes de ses personnages. On s'imagine toujours les non-dits à travers des images que les mots forment dans notre tête. Une belle écriture.
    En revanche, le fond ne m'a guère marqué, contrairement à l'Insoutenable Légèreté de l'Etre. L'essentiel demeure dans le non-dit, l'histoire devrait commencer quand justement la Nouvelle s'arrête. En fait, il s'attache à la séduction, et non au thème de l'Amour. D'ailleurs, l'une d'elles se conclut par désormais ils leur reste 13 jours pour s'aimer. L'intérêt du livre est sûrement là, le mensonge vient de la confusion entre séduction et Amour....
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    • Livres 3.00/5
    Par Sarahcarabin, le 16 août 2008

    Sarahcarabin
    J'avais déjà lu plusieurs Kundera et je voulais avoir confirmation que je n'arrivais pas à apprécier son oeuvre à sa juste valeur : et c'est totalement vrai ! J'arrive pas à adhérer à son style trop limpide, simple car je ne peux alors pas m'empêcher de lire très vite. le fait est, et c'est bien dommage, que j'ai trouvé la Postface plus intéressante que les nouvelles en elles-mêmes. Il faudrait sûrement relire le livre à la lumière de cette analyse. Mais les thèmes abordés par Kundera m'énervent peut-être parce qu'ils sont terriblement humains : la désillusion, le dégoût, l'incompréhension, le ridicule. Il rend ces thèmes si risibles, pitoyables, "non-sérieux" ! Et je crois que je préfère largement le cynisme à la dérision.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ecrits-slaves, le 29 juin 2008

    Ecrits-slaves
    Ma critique étant un peu longue, je vous propose d'aller directement sur mon blog pour découvrir ce roman
    http://ecritsslaves.canalblog.com/archives/amour/index.html

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Citations et extraits

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  • Par Nousha, le 11 février 2009

    Je crois qu'un homme et une femme s'aiment davantage quand ils ne vivent pas ensemble et quand ils ne savent l'un de l'autre qu'une seule chose, qu'ils existent, et quand ils sont reconnaissants l'un envers l'autre parce qu'ils existent et parce qu'ils savent qu'ils existent. Et ça leur suffit pour être heureux. Je te remercie (...), je te remercie d'exister

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  • Par mandarine43, le 01 août 2011

    [ Incipit ]

    « Verse-moi encore un verre de slivovice », me dit KIara, et je ne fus pas contre. Nous avions trouvé pour ouvrir la bouteille un prétexte qui n'avait rien d'extraordinaire, mais qui tenait : je venais de toucher ce jour-là une assez jolie somme pour une longue étude parue dans une revue d'histoire de l'art.
    Si mon étude avait fini par être publiée, ça n'avait pas été sans mal. Ce que j'avais écrit n 'était qu'épines et polémiques. C'est pourquoi la revue La Pensée plastique, avec sa rédaction grisonnante et circonspecte, avait refusé ce texte que j'avais finalement confié à une revue concurrente, moins importante il est vrai, mais dont les rédacteurs sont plus jeunes et plus irréfléchis.
    Le facteur m'avait apporté le mandat à la faculté, ainsi qu'une lettre. Lettre sans importance et que je parcourus à peine le matin, frais émoulu de ma toute nouvelle grandeur. Mais une fois de retour à la maison, tandis que l'on approchait de minuit et que le niveau baissait dans la bouteille, pour nous amuser je pris cette lettre sur mon bureau et la lus à Klara :
    « Cher camarade - et si je peux me permettre d'user de ce terme - cher collègue - pardonnez à un homme auquel vous n'avez jamais parlé de votre vie de prendre la liberté de vous écrire. Je m'adresse à vous pour vous prier de bien vouloir lire l'article ci-joint. Je ne vous connais pas personnellement mais je vous estime, car vous êtes à mes yeux l'homme dont les opinions, le raisonnement, les conclusions m'ont toujours paru corroborer de manière surprenante les résultats de mes propres recherches... » Suivaient de grands éloges de mes mérites et une requête : il me demandait d'avoir l'obligeance de rédiger une note de lecture à l'intention de la revue La Pensée plastique qui, depuis six mois, refusait et dénigrait son article. On lui avait dit que mon avis serait décisif, de sorte que j'étais désormais son seul espoir, la seule lueur dans ses ténèbres têtues.
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  • Par Sarahcarabin, le 16 août 2008

    Why in fact should one tell the truth? What obliges us to do it? And why do we consider telling the truth to be a virtue? Imagine that you meet a madman, who claims that he is a fish and that we are all fish. Are you going to argue with him? Are you going to undress in front of him and show him that you don't have fins? Are you going to say to his face what you think?...If you told him the whole truth and nothing but the truth, only what you thought, you would enter into a serious conversation with a madman and you yourself would become mad. And it is the same way with the world that surrounds us. If I obstinately told the truth to its face, it would mean that I was taking it seriously. And to take seriously something so unserious means to lose all one's own seriousness. I have to lie, if I don't want to take madmen seriously and become a madman myself.
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  • Par liberliger, le 20 octobre 2012

    Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?
    Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou.
    C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir fou.
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  • Par Sarahcarabin, le 16 août 2008

    Tu t'imagines qu'un mensonge en vaut un autre, mais tu as tort. Je peux inventer n'importe quoi, me payer la tête des gens, monter toutes sortes de mystifications, faire toutes sortes de blagues, je n'ai pas l'impression d'être un menteur ; ces mensonges-là, si tu veux appeler cela des mensonges, c'est moi, tel que je suis ; avec ces mensonges-là, je ne dissimule rien, avec ces mensonges-là je dis en fait la vérité. Mais il y a des choses à propos desquelles je ne peux pas mentir. IL y a des choses que je connais à fond, dont j'ai compris le sens, et que j'aime. Je ne plaisante pas avec ces choses-là. Mentir là-dessus, ce serait m'abaisser moi-même, et je ne le peux pas, n'exige pas ça de moi, je ne le ferai.
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