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François Kérel (Autre)
ISBN : 2070377024
Éditeur : Gallimard (1986)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 530 notes)
Résumé :
"Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?" Son frère se taisait, et Edouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es t... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
colimasson26 octobre 2015
  • Livres 2.00/5
Quand on a lu L'Insoutenable légèreté de l'être, ces nouvelles semblent presque affligeantes. Et pourtant, il y a quelques bonnes phrases, quelques bonnes idées, malheureusement présentées au lecteur comme un éventail de prostituées à Amsterdam. Considérons ces nouvelles comme un exercice de préparation effectué une quinzaine d'années avant le grand roman de Milan Kundera, et réconfortons-nous avec l'Insoutenable légèreté contre l'insoutenable platitude.
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Chrys
Chrys14 février 2012
  • Livres 4.00/5
Le texte est composé de sept nouvelles. Toutes pour moi n'ont pas la même saveur, j'ai préféré certaines mais toutes posent des questions autour du mensonge (à soi, aux autres), du jeu de dupe (envers soi, envers les autres), etc.... Des questionnements très intéressants car qu'est-ce que la sincérité, l'honnêteté? Qu'est-ce que le mensonge? Quel(s) rôle(s) joue-t-on en société, adapte-t-on ce rôle en fonction des personnes rencontrées?
Parmi les histoires:

Personne ne va rire: Comment un jour, par manque de courage, de franchise, ou par jeu (allez savoir?) un professeur voit sa vie (ses projets, ses amours, ses espoirs) brisée. Un simple refus (ou plutôt un refus qui ne dit pas son nom) face à un homme qui venait vers lui chercher un soutien éditorial transforme jour après jour sa place dans la société, transforme sa relation amoureuse, transforme ce qu'il projetait. On assiste à la chute du narrateur. Il faut ajouter que la situation prend place dans un pays "communiste".
Le jeu de l'auto-stop: Un couple part en vacances. Elle est plutôt timide, rougissante, réservée, il s'en amuse. Mais après une "pause-pipi", alors qu'il est au volant, qu'il l'attend, elle le rejoint, monte dans la voiture... Et s'installe alors un jeu entre eux. Elle joue le rôle de l'auto-stoppeuse. Un autre dialogue se glisse, il ne la connaissait pas ainsi, femme "libérée", femme prête à l'accompagner à l'hôtel, à coucher avec cet homme "inconnu"? Jusqu'où peut-elle jouer ce rôle? Quand le jeu va-t-il s'arrêter? Qui voudra le stopper?
Lien : http://lejournaldechrys.blog..
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MissSugarTown
MissSugarTown29 mars 2014
  • Livres 5.00/5
Tout d'abord, ce recueil de nouvelles porte bien son nom ! En effet, Risibles amours nous présente un ensemble de sept nouvelles, toutes portées sur les relations amoureuses et la conception de Kundera sur le sujet est plutôt déroutante... disons qu'il ne se gêne pas pour pointer du doigt les relations humaines au sein d'un couple et à en souligner l'aspect parfois ridicule, se foutant ouvertement de la gueule des amoureux et nous certifiant presque que les relations amoureuses sont souvent le résultat d'un ensemble de malentendus...
J'aime aussi la couverture en anglais qui représente bien l'atmosphère des sept histoires.

Parce que si ces différentes histoires sont racontées avec un certain humour, ceci n'empêche pas le lecteur d'avoir également envie de s'arracher les cheveux et de verser quelques larmes de désespoir. A la fin de ma lecture je me suis dit que si j'avais réussi à comprendre jusque là un tant soit peu les mécanismes, un minimum complexes admettons-le, des relations de couple, Kundera vient de me prouver le contraire, en effet je ne sais plus quoi en penser ! C'est à nous demander si une relation amoureuse "logique" et "saine" puisse exister, mais l'amour n'a jamais été une question de logique, et disons que Kundera a quand même poussé un peu sur la caricature.
Cet ouvrage fait partie des premières publications romanesques de Kundera, nous y retrouvons encore une fois cette question d'identité au sein d'un couple, qui peut soudainement basculer en l'espace d'une seconde et tout chambouler... Kundera est aussi un grand macho il me semble, l'image qu'il donne de la femme dans ses récits n'est pas des plus reluisantes, elle y occupe souvent un statut d'objet et disons que ça m'a bien énervée plus d'une fois !
Comme dans les romans de tout philosophe talentueux, nous y retrouvons des réflexions sur une infinité de sujets plus intéressants les uns que les autres et la plume de Kundera est un réel délice, on n'en a jamais assez et la fin arrive toujours trop vite.
Lien : http://laculturehajarienne.b..
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CLAVIE
CLAVIE17 août 2012
  • Livres 3.00/5
J'ai attendu volontairement avant d'en écrire la critique. Je suis restée indécise après avoir fermé ce livre.
Une chose reste certaine. le style de Kundera est plaisant : il nous entraîne toujours dans une histoire dont la fin reste un secret, étonnante. Les sentiments sont toujours exprimés de manière indirecte, par les actes de ses personnages. On s'imagine toujours les non-dits à travers des images que les mots forment dans notre tête. Une belle écriture.
En revanche, le fond ne m'a guère marqué, contrairement à l'Insoutenable Légèreté de l'Etre. L'essentiel demeure dans le non-dit, l'histoire devrait commencer quand justement la Nouvelle s'arrête. En fait, il s'attache à la séduction, et non au thème de l'Amour. D'ailleurs, l'une d'elles se conclut par désormais ils leur reste 13 jours pour s'aimer. L'intérêt du livre est sûrement là, le mensonge vient de la confusion entre séduction et Amour....
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zohar
zohar22 février 2011
  • Livres 4.00/5
Kundera dresse dans ce recueil de nouvelles, des histoires d'amours loufoques à travers une galerie de personnages qui ont une vision grave de l'amour.
Tout le récit tourne autour du jeu de la duperie, ce qui est d'ailleurs l'origine des difficultés dans les relations humaines à cause (justement) du dysfonctionnement de la parole ou plus simplement, de problèmes de communication !
Or, le narrateur pose un regard « désabusé » sur les personnages et le sérieux avec lequel ils abordent leurs situations pathético-comiques.
De ce décalage, Kundera prendra comme prétexte pour jeter un regard « lucide » sur la société en y analysant les thèmes de l'identité, de l'authenticité, mais aussi et surtout, du paraître et de l'illusion (comment les faits changent de manière insaisissable en leur contraire).
« Risibles amours » est une oeuvre sur la difficulté à saisir et de comprendre et de contrôler la réalité. On peut retrouver cette même idée dans "La Plaisanterie" (1967).
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Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
NoushaNousha11 février 2009
Je crois qu'un homme et une femme s'aiment davantage quand ils ne vivent pas ensemble et quand ils ne savent l'un de l'autre qu'une seule chose, qu'ils existent, et quand ils sont reconnaissants l'un envers l'autre parce qu'ils existent et parce qu'ils savent qu'ils existent. Et ça leur suffit pour être heureux. Je te remercie (...), je te remercie d'exister
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colimassoncolimasson06 novembre 2015
Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question : Pourquoi dire la vérité ? Qu'est-ce qui nous y oblige ? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu ? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Eh bien, dis-moi !" Son frère se taisait, et Édouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou.
+ Lire la suite
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AlixoneAlixone05 janvier 2015
« Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question : Pourquoi dire la vérité ? Qu'est-ce qui nous y oblige ? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu ? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui ? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires ? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ? Eh bien, dis-moi !" Son frère se taisait, et Édouard poursuivit : "Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. »
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mandarine43mandarine4301 août 2011
[ Incipit ]

« Verse-moi encore un verre de slivovice », me dit KIara, et je ne fus pas contre. Nous avions trouvé pour ouvrir la bouteille un prétexte qui n'avait rien d'extraordinaire, mais qui tenait : je venais de toucher ce jour-là une assez jolie somme pour une longue étude parue dans une revue d'histoire de l'art.
Si mon étude avait fini par être publiée, ça n'avait pas été sans mal. Ce que j'avais écrit n 'était qu'épines et polémiques. C'est pourquoi la revue La Pensée plastique, avec sa rédaction grisonnante et circonspecte, avait refusé ce texte que j'avais finalement confié à une revue concurrente, moins importante il est vrai, mais dont les rédacteurs sont plus jeunes et plus irréfléchis.
Le facteur m'avait apporté le mandat à la faculté, ainsi qu'une lettre. Lettre sans importance et que je parcourus à peine le matin, frais émoulu de ma toute nouvelle grandeur. Mais une fois de retour à la maison, tandis que l'on approchait de minuit et que le niveau baissait dans la bouteille, pour nous amuser je pris cette lettre sur mon bureau et la lus à Klara :
« Cher camarade - et si je peux me permettre d'user de ce terme - cher collègue - pardonnez à un homme auquel vous n'avez jamais parlé de votre vie de prendre la liberté de vous écrire. Je m'adresse à vous pour vous prier de bien vouloir lire l'article ci-joint. Je ne vous connais pas personnellement mais je vous estime, car vous êtes à mes yeux l'homme dont les opinions, le raisonnement, les conclusions m'ont toujours paru corroborer de manière surprenante les résultats de mes propres recherches... » Suivaient de grands éloges de mes mérites et une requête : il me demandait d'avoir l'obligeance de rédiger une note de lecture à l'intention de la revue La Pensée plastique qui, depuis six mois, refusait et dénigrait son article. On lui avait dit que mon avis serait décisif, de sorte que j'étais désormais son seul espoir, la seule lueur dans ses ténèbres têtues.
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colimassoncolimasson01 novembre 2015
Il faut bien comprendre que les divertissements charnels laissés à leur mutisme sont d’une maussade monotonie, une femme imite l’autre dans le plaisir et toutes y sont oubliées dans toutes. Et pourtant, si nous nous précipitons dans les plaisirs de l’amour, c’est pour nous en souvenir. Pour que leurs points lumineux joignent d’un ruban radieux notre jeunesse à notre grand âge. Pour qu’ils entretiennent notre mémoire dans une flamme éternelle !
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