http://naturellement.typepad.fr/franck_naturellement/2006/01/lillusionniste.html
e vous ai parlé dans une précédente note du dernier livre de
Hari Kunzru,
Leela. Pour rappel,
Hari Kunzru est un (jeune, il a mon âge !) auteur britannique, issu d'un mariage mixte. Je le précise car les questions d'identité semblent être essentielles pour Hari Kunzu. C'était le cas dans
Leela, plutôt en filigrane ; dans
L'illusionniste, c'est le coeur même de l'intrigue.
Je me suis régalé à la lecture de ce roman. Hari Kunzu s'y révèle le fils spirituel de Gabriel
Garcia-Marqués (ou
Rushdie !) et de Céline. De l'un, il a la verve picaresque. Les aventures s'enfilent, les personnages se multiplient, aux identités remarquables. Comme chez l'autre, le héros se laisse ballotter par les flots du cours du monde, sans les contester, et s'y adaptant dans un réflexe de survie.
Je ne suis pas certain qu'un psychologue aurait une lecture aussi paisible que moi dans ce livre... mais je ne peux pas m'empêcher de penser que le complexe de "négritude" du héros reflète le vécu de Hari Kunzu. C'est l'aspect le plus opaque du bouquin, les seuls moments où le héros assume sa personnalité.
Hari Kunzu est considéré en Grande-Bretagne comme un des espoirs de la littérature. Pour autant, à part quelques critiques dans les Inrocks ou le Monde, qui en a parlé ? (...)