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Magali Girault (Traducteur)
ISBN : 2021011399
Éditeur : Editions du Seuil (2011)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Dans la 2ème enquête du commissaire Gereon Rath, Volker
Kutscher poursuit sa captivante exploration du Berlin des années 30. Nous partons cette fois-ci à découverte des studios de cinéma de Babelsberg sur fond d’agitation politique et sociale.

Berlin. Mars 1930. L’enquête nous conduit dans le milieu du cinéma qui est en train d’opérer sa mutation du muet vers le parlant. Pendant un tournage dans les studios de la UFA à Babelsberg, une actrice m... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Taraxacum
Taraxacum13 février 2016
  • Livres 3.00/5
Dans le Berlin de l'entre deux guerres, le commissaire Gereon Rath est appelé sur un tournage: un projecteur détaché vient d'écrabouiller la malheureuse actrice principale, qui tournait ici son premier film parlant. Et voilà justement qu'une connaissance lui demande de, discrètement, rechercher une autre actrice qui a disparu au seuil de la gloire. Pour le commissaire,c'est l'occasion d'une plongée dans le milieu du cinéma en train de se déchirer entre muet et parlant. le prix de l'équipement fait reculer les exploitants, le problème des droits et des brevets tient du casse-tête, et certains acteurs à la gueule d'ange ne sont pas fichus d'articuler...
Le parlant, avenir du cinéma ou tocade?
Étrangement, malgré l'époque, la montée du nazisme et les tensions que connaissaient l'Allemagne sont à peine évoquées et Gereon n'en semble pas plus préoccupé que cela, trop occupé à mentir à ses supérieurs, traiter sa petite amie comme un accessoire encombrant sous prétexte qu'il veut récupérer la précédente et faire, en règles générales, n'importe quoi.
Contrairement apparemment à d'autres lecteurs, j'ai trouvé le commissaire un point faible dans cette oeuvre. le flic solitaire pas suivi par sa hiérarchie, avec un secret familial, des problèmes avec les femmes, et la manie de trop taper dans le cognac, je l'ai rencontré dans 90% des polars écrits ces dernières années.
Pas que la figure ne puisse être intéressante, mais elle n'a rien de très originale!
Le polar en lui-même d'ailleurs souffre un chouïa de ce défaut d'originalité: victimes féminines, quasi que des hommes dans les rôles parlants, les femmes y sont assistantes ou mères ou maîtresses, malgré 20 pages où la petite amie redresse la situation, mais sur quasi 700, disons que c'est une ambiance qu'on retrouve presque systématiquement, sauvée dans certains romans par une intrigue de génie ou une plume affolante, qui manque un peu ici. On pourrait citer le Dahlia noir par exemple, qui malgré certains prémices identiques sait les transcender pour devenir un classique du genre, plutôt qu'un cliché.
L'intrigue en elle-même est solide, sans plus, souffre de quelques longueurs et se trouve pourvue d'un dénouement un peu décevant. Avec cent cinquante pages de moins, cela aurait pu être plus percutant.
Cela peut se révéler un bon polar de vacances, mais pas plus.
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Eric75
Eric7523 mai 2011
  • Livres 3.00/5
Berlin, 1930, trois ans avant la fin de la République de Weimar et l'arrivée d'Hitler au pouvoir. le commissaire Gereon Rath, incontrôlable aux yeux de sa hiérarchie, enquête avec ses méthodes borderline bien à lui et arrondit ses fins de mois en acceptant sans rechigner des missions d'ordre privé, flirtant avec le conflit d'intérêt. On pense immédiatement à Bernard Gunther, le flic berlinois iconoclaste de Philip Kerr, alternant au gré des romans les rôles de commissaire et de détective privé (cf. La Trilogie Berlinoise). Même lieu, même époque, même ambiance.
Brièvement esquissée, la toile de fond historique est cependant peu exploitée. Les nazis et les communistes sont évoqués comme deux partis d'opposition, extrémistes et minoritaires, à renvoyer dos à dos et à surveiller lors des manifestations. le chômage frappe durement après la crise de 29, mais les usines Ford embauchent et l'industrie du cinéma allemand, l'une des meilleures au monde, est en plein essor. le modèle américain semble avoir le vent en poupe : Gereon Rath roule en Buick et écoute du jazz de la Nouvelle Orléans.
Certes, nous sommes en 1930, personne ne peut encore prévoir l'ascension d'Hitler et l'arrivée de la barbarie nazie, semble nous dire Volker Kutscher. Les citoyens allemands, du magnat au concierge d'immeuble, du flic au voyou, sont des êtres policés et extrêmement courtois, tout juste laisse-t-on échapper ça et là le mot juif dans une saute d'humeur. le seul personnage dangereux de l'histoire est un malade mental assassinant les actrices et qui se fera justice lui-même !
Il sera donc intéressant de voir l'évolution des personnages dans les prochains romans. En 1933, qui se ralliera aux thèses hitlériennes ?
Dans ce deuxième roman situé en 1930, les personnages récurrents sont installés : Gereon Rath, son père, son copain, sa petite amie, ses supérieurs, ses collègues et ses sources. Les 667 pages de la Mort muette sont émaillées de références au Poisson mouillé, premier roman de Volker Kutscher. L'idéal serait de lire en premier celui-ci, susceptible d'éclairer certains comportements. La trajectoire de Gereon Rath est en effet dictée par ses amitiés et ses inimitiés, il n'hésite pas à larguer sa petite amie, à tenter de récupérer la précédente, à négliger les ordres de ses supérieurs, à envoyer l'un de ses collègues au tapis, à divulguer des informations à la presse, à cacher certains éléments de l'enquête, à copiner avec les suspects, à utiliser ses relations maffieuses, et contre toute attente, à adopter un chien pour tromper sa solitude. Gereon Rath est un personnage complexe. Tout ceci m'incite donc à lire prochainement le poisson mouillé (depuis hier dans ma PAL).
L'intrigue policière de la mort muette est classique et sans réelles surprises. Tueur en série, chapitres intermédiaires dédiés au criminel, enquête poussive et minutieuse. L'enquête évoluant dans le milieu du cinéma qui aborde son passage du muet au parlant, on pourra regretter l'absence de références aux maîtres allemands des années 20 (Fritz Lang, Murnau, Pabst) qui ont inévitablement marqué cette époque. Volker Kutscher choisit de nous dévoiler l'identité de l'assassin à mi-parcours, donnant ainsi un avantage inutile au lecteur, revendiquant peut-être un style plus mankellien qu'agatha-christien (si j'ose dire) et favorisant le poids de l'ambiance à la profondeur du mystère. Lorsque le rythme s'accélère enfin, dans les toutes dernières pages, Gereon est curieusement mis hors circuit et ne peut participer au dénouement final qui lui sera raconté sur son lit d'hôpital, parachevant ainsi son image d'antihéros non conventionnel.
Malgré une intrigue plutôt faiblarde dans un pourtant volumineux polar, on parvient facilement au bout du récit, avec l'envie d'en savoir plus sur les réactions et l'avenir des différents protagonistes, car ceux-ci seront bientôt confrontés (peut-être dès le prochain roman) à la montée du nazisme et à la seconde guerre mondiale. Auteur et série à suivre, donc.
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sassenach
sassenach27 juin 2011
  • Livres 4.00/5
Fin février 1930, à Berlin, une actrice montante, en passe de percer dans les nouveaux films parlants, meurt sur le plateau lors du tournage de son prochain film, alors qu'elle donnait la réplique à son époux, acteur lui aussi. Mais le commissaire Gereon Rath, mis sur l'affaire, découvre que cet accident n'est pas peut-être pas si innocent que ça et, quand une de ses connaissances travaillant pour un studio concurrent, lui demande de retrouver une de ses actrices fétiches qui n'a pas donné signe de vie depuis quelque temps, il n'en faut pas beaucoup plus pour imaginer qu'un tueur en série sévit dans le milieu du cinéma …
J'avais lu le premier roman mettant en scène le commissaire Gereon Rath et j'avais énormément aimé alors quand j'ai vu que le second opus était enfin paru, j'étais très contente de me le voir attribué dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio ! Et je n'ai pas été déçue par cette lecture, même si je l'ai peut-être un peu moins aimé que le précédent. En fait, j'ai adoré le fait que l'histoire mêle Histoire (avec le contexte de fond du Berlin du début des années 30), milieu du cinéma (et plus particulièrement les débuts du cinéma parlant) et enquêtes policières (j'utilise un pluriel car il y en a effectivement plusieurs, même si on peut penser que certaines peuvent être finalement liées entre elles). Par contre, j'ai peut-être trouvé l'histoire proprement dite plus « banale », plus classique (et avec donc moins de surprises) par rapport au premier titre, avec un contexte historique moindre. Et bien sûr, on connait déjà Gereon Rath et si j'ai eu le plaisir des retrouvailles, ce n'était plus le plaisir tout neuf de la découverte. En fait, c'est parfois dans la vie privée de Gereon que j'ai eu du mal à m'y retrouver, mes souvenirs du premier opus étant un peu flous sur les détails et ce roman s'enchaine à la suite du premier, faisant nombre de références à ce qu'il s'était passé précédemment et que j'avais malheureusement un peu oublié (d'où mon tout petit bémol !). Mais j'ai énormément apprécié l'ambiance qui se dégage de ce livre, avec ses personnages récurrents intéressants et que je trouve peu communs (vu que ce n'est pas une période que je connais très bien et que dans l'ensemble, je lis peu de livres allemands). Un troisième titre est en court de traduction et je l'attends avec impatience !
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yv1
yv115 avril 2011
  • Livres 4.00/5
Revoilà donc Gereon Rath de retour. J'avais aimé sa première aventure, le poisson mouillé, dans le Berlin de l'année 1929, qui appelait une suite. J'ai beaucoup aimé cette mort muette qui n'est pas le dernier puisqu'une troisième enquête est écrite et en cours de traduction. Gros livre (667 pages !) qui ne lasse jamais. Cependant, je débute par une retenue qui vient du contexte : on le sent bien présent, mais l'auteur y fait référence à doses homéopathiques. En 1930, à Berlin, les communiste et les nazis s'affrontent assez violemment dans les rues, la police est sur les dents pour tenter d'endiguer la violence pendant les manifestations des bruns ou des rouges. J'aurais aimé que l'auteur, qui est historien, nous restitue cet arrière plan beaucoup plus fortement. Les policiers Rath et ses collègues ne prennent aucune position, enfin, pas clairement. On sait à peine, on devine plutôt ce qu'ils pensent sans vraiment que ce soit net. On ne peut que supposer, aisément certes, que Gereon Rath n'est pas nazi, dans ce qu'il fait comme allusions, dans le jazz qu'il écoute (musique interdite par les nazis) et dans le fait qu'il roule dans une Buick (voiture états-unienne), ce qui à l'époque, n'est pas forcément bien vu des futurs gouvernants de l'Allemagne. C'est un peu comme si les policiers vivaient hors les événements qui commençaient à secouer le pays. Mais peut-être à l'époque ces événements étaient-ils ressentis comme ayant peu d'importance, on est encore à trois ans de l'arrivée au pouvoir d'Hitler ?
Par contre, une autre partie de ce que j'appelle le contexte est bien restituée : le passage du cinéma muet au cinéma parlant ! Les tenants de l'un s'opposent à ceux qui ne jurent que par l'autre. Les défenseurs du muet pensent que leur cinéma est le seul qui soit artistique et que le parlant signe la mort du cinéma. Les autres pensent a contrario que le parlant est l'avenir. Avenir qui leur donnera raison, mais en 1930, rien n'est encore sûr, ce que rend bien Volker Kutscher.
Venons-en maintenant aux autres bons points : l'enquête est prenante, les personnages suffisamment complexes pour qu'on ait envie d'en savoir un peu plus sur eux. Gereon Rath en particulier, qui oscille entre la règle et des méthodes moins scrupuleuses. Il n'hésite pas à demander des services à Johann Marlow, le chef de la pègre berlinoise, qui les lui rend bien volontiers, ne lui demandant encore rien en retour, pour le moment ; une sorte de contrat secret les lie l'un et l'autre. Rath n'hésite pas non plus à frayer avec la presse, à faire des enquêtes "off" pour le compte de personnes influentes. Tout ce qui est bon pour faire avancer sa carrière, il le prend. Parce qu'il ne pense qu'à cela Gereon. A sa carrière. A son avancement. Sauf lorsque Charlotte réapparaît dans sa vie : là, ses pensées se divisent. C'est ce qui le rend humain, cette ambition, cette envie qu'on parle de lui. Il n'est pas un pauvre flic, désabusé qui ne pense plus qu'à arrêter les "méchants". Ce qu'il veut lui, c'est bien sûr arrêter les meurtriers mais aussi que ça se sache. Il veut donc travailler sur des affaires dont on parle et qui peuvent lui rapporter.
Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-la-mort-muet..
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liliba
liliba16 août 2011
  • Livres 3.00/5
Nous voici de retour dans le Berlin des années 30, que j'avais découvert l'année dernière en lisant le poisson mouillé, premier roman de l'auteur. Cette fois-ci, c'est dans le milieu du cinéma que se déroule l'enquête qui causera bien des tracas à Géréon Rath, ce commissaire atypique qui a bien du mal à travailler de concert avec son équipe et ne réussit guère à se faire aimer de ses coéquipiers et de ses chefs. Il faut dire qu'il a tendance à suivre son instinct plutôt que la pure logique policière, et qu'il fait souvent cavalier seul...

Nous sommes à l'avènement du cinéma parlant, qui vient de faire son entrée dans les salles obscures. Considéré comme un progrès technique par certains et comme un art à part entière, il apparaît pour d'autre comme une hérésie, un non sens qui tue le cinéma muet traditionnel. Cette querelle des anciens et des modernes est très intéressante et permet de jeter un oeil sur les dessous de cet art dont on parle relativement peu, sauf à évoquer les stars à l'affiche.

Après la mort d'une actrice sur le tournage de son premier film parlant, le commissaire Rath suspecte de suite un meurtre, plutôt que la théorie de l'accident prônée par ses collègues. Et lorsqu'il retrouve une autre actrice disparue, morte, habillée, maquillée et présentée comme une mise en scène, qu'un producteur lui avait demandé de chercher discrètement en dehors de sa mission de policier, il ne peut s'empêcher de lier les deux affaires. Pas évident pourtant de comprendre à qui peuvent profiter ces deux crimes : à des producteurs qui investissent des sommes colossales dans cet art, aux détracteurs de ces nouvelles techniques, ou à des passionnés un peu fous...

Rath devra se battre contre tous : ses supérieurs et collègues qui veulent lui retirer l'affaire, son père qui toujours le traite comme un subordonné peu capable, mais surtout contre ses démons personnels et ses souffrances, d'autant plus grandes qu'il est seul, mis à part son ami le journaliste qui l'aide dans l'enquête. On peut facilement lire ce deuxième tome sans avoir lu le premier, mais je crois que l'on aurait tout de même du mal à comprendre ce personnage complexe sans connaître un peu de son passé, qui a été dévoilé dans le poisson mouillé, ou tout du moins de l'excuser d'avoir un caractère si difficile. Il est seul, certes, mais il a le don de faire le vide autour de lui par son sale caractère et ses réactions pour le moins excessives et totalement irrespectueuses envers ses supérieurs !

L'histoire est intéressante, même si l'on découvre le coupable dès la moitié du roman. Il ne nous reste plus qu'à comprendre les tenants et aboutissants de l'intrigue et d'assister aux nombreuses mésaventures de Rath avant que ce coupable soit identifié comme tel par les forces de police. Dommage, j'aime bien les romans policiers qui me font gamberger jusqu'à la fin et élaborer diverses hypothèses... J'ai regretté également le peu de descriptions du contexte historique et politique, qui par contre avait été bien abordé dans le premier roman et m'avait passionnée. On sait que c'est la crise car le chômage augmente, mais on n'a pas cette vision de la montée du nazisme que j'avais trouvée si intéressante.

Au final, une lecture sympathique, mais pas impérissable.

Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/06/21/..
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Les critiques presse (2)
LaPresse29 août 2011
Ce thriller apparenté au western n'a qu'un défaut: la fin brutale, abrupte, peu digne d'un produit de série, m'a fort irrité et risque de surprendre, sinon de décevoir certains lecteurs.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse20 juin 2011
La mort muette est un bon polar et fera passer d'agréables moments aux lecteurs qui n'auront pas peur d'une brique de 670 pages.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
Eric75Eric7524 mai 2011
- Et à vos yeux, les films parlants ne sont pas de l'art ?
- Comment pourraient-ils jamais l'être ? (Il a parlé légèrement trop fort, elle le regarde, plus surprise qu'effrayée, et il baisse le ton de sa voix.) Le cinéma parlant tue l'art, c'est une mode technique qui ramène le cinéma à son statut de spectacle alors qu'il avait connu un apogée artistique. Il le réduit à ce qu'il était à ses débuts, lorsque le cinéma n'était rien de plus qu'un phénomène de foire. Mais vous, vous êtes une artiste. Vous devez refuser de participer à ce spectacle, vous n'avez rien à faire sur un champ de foire !
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