> Pierre Sipriot (Autre)
> Pierre Ronzeau (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253015059
Éditeur : Le Livre de Poche (1976)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.51/5 (sur 72 notes) Ajouter à mes livres
Sous la forme de maximes, de réflexions et de portraits, Les Caractères (1688) sont une véritable critique de la société du XVIIe siècle. L'écriture fragmentaire du moraliste reflète toute la diversité, les contradictions et l'inconstance même de son sujet: l'homme. Des... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 07 mars 2012

    brigittelascombe
    Les hommes ont des comportements stéréotypés, ils sont devenus grace à ces "caractères" des êtres reconnaissables.
    Ce sont ces caractères figés,ces portraits chosifiés dans le théâtre du monde,ces caricatures que Jean de La Bruyère (écrivain français du XVII° siècle membre de l'Académie française) a publié, dans plusieurs éditions successives enrichies à chaque fois.
    Moraliste toutefois modeste, il taille un costume sur mesure en priorité aux nobles et gens riches tout en dénonçant les inégalités sociales.
    Il va au-delà des apparences,de l'image et du paraître pour pointer le doigt sur les défauts,les impostures,les abus sociaux,l'inhumanité,les mensonges,les tromperies,la vanité,l'hypocrisie.
    Une écriture travaillée. Des mots lapidaires. Une acuité du regard.Une bonne analyse psychologique.Des réflexions empreintes de sagesse s'apparentant à de la philosophie.Les jeux de mots et l'ironie qui prêtent à sourire se rapprochent de l'effet comique obtenu dans Les Précieuses ridicules de Molière.
    Un classique incontournable!
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 27 janvier 2011

    chartel
    Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris sur Babelio l'absence totale de critiques et plus encore de citations de l'une des œuvres les plus emblématiques de la littérature française : Les Caractères de Jean de La Bruyère. Il est donc temps de combler ces lacunes et de rendre justice à un auteur qui laissa à la postérité un ensemble riche d'enseignements historiques d'une part, puisqu'il permet de se faire une idée des mœurs et des codes sociaux du grand siècle de Louis XIV, mais littéraires d'autre part, avec cet art de la formule brève mais percutante, concise mais mémorable.
    Grand défenseur des Anciens, La Bruyère s'inspira de l'œuvre du Grec Théophraste, et piocha également chez un autre maître en la matière, contemporain celui-ci : La Rochefoucauld.
    C'est parce qu'il s'aperçut de la permanence des caractères des hommes à travers le temps, de l'Antiquité à son époque, que La Bruyère pressentit l'intérêt pour les générations futures de son œuvre. Et, en effet, quel plaisir et quel étonnement, à la lecture de portraits d'hommes vains, dissimulés, flatteurs, intéressés, effrontés, importuns, défiants, médisants, querelleurs ou encore superstitieux. Même si les codes ont bien changé, même si la religion n'occupe plus la place centrale qui était la sienne au XVIIe siècle, l'homme n'en reste pas moins constant dans sa bêtise, sa fourberie et sa volonté de puissance. Différents traits mis au jour par La Bruyère qui inspirèrent l'œuvre d'un autre adepte de la formule : Friedrich Nietzsche.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 29 février 2008

    Woland
    Pour autant que je me rappelle cette lointaine époque, les extraits de La Bruyère que j'ai pu lire en les étudiant au collège et au lycée étaient tous des portraits dont celui, fameux, de Ménalque, ce lunaire qui finit par se croire si bien chez lui que, lorsqu'il rend visite à une dame, il va jusqu'à l'inviter à souper.
    Mais, au-delà ces croquis si bien observés et si finement restitués, Jean Delabruyère qui deviendra La Bruyère tout court pour des générations et des générations d'étudiants, c'est aussi toute une foule de maximes qui ne sont pas sans évoquer celle d'un La Rochefoucauld.
    Celle-ci par exemple :
    "A quelques uns, l'arrogance tient lieu de grandeur, l'inhumanité de fermeté et la fourberie d'esprit."
    Ou encore :
    "Il n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu'ils ménagent moins que leur propre vie."
    Et celle-ci, ô combien actuelle : ;o)
    "Ne songer qu'à soi et au présent, source d'erreur dans la politique."
    En un mot comme en cent, lire "Les Caractères" est un plaisir aussi raffiné que, entre autres, la lecture du "Journal" de Jules Renard. La partie "Des Esprits Forts" et les considérations de La Bruyère sur les femmes, le mariage, etc ... sont cependant datées et l'on pourra critiquer l'influence qu'eurent sur lui Bossuet et son clan.
    L'homme n'en demeure pas moins généreux et non dénué d'humour comme le prouve, s'il en était besoin, la sentance finale de l'ouvrage :
    "Si on ne goûte point ces Caractères, je m'en étonne ; et si on les goûte, je m'en étonne de même." ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par missmolko1, le 10 novembre 2010

    missmolko1
    La Bruyère ose dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas et l'on pourra remarquer que certains comportements sont toujours présents dans notre société actuelle.
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    • Livres 4.00/5
    Par Anassete, le 23 mars 2012

    Anassete
    Texte lu pour le Bac, pas un très bon souvenir mais une langue très riche et une critique plus directe et plus subtile que peut l'avoir fait La Fontaine. Pas d'animaux, on s'attaque directement aux grands, aux jeunes, aux vieux, aux buveurs d'absinthe. On est davantage du côté de la satire sociale en faisant un portrait scientifique de la société. C'est un recueil d'observations.
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 21 mars 2012

    Si les femmes veulent seulement être belles à leurs propres yeux et se plaire à elles-mêmes, elles peuvent sans doute, dans la manière de s’embellir, dans le choix des ajustements et de la parure, suivre leur goût et leur caprice ; mais si c’est aux hommes qu’elles désirent de plaire, si c’est pour eux qu’elles se fardent ou qu’elles s’enluminent, j’ai recueilli les voix, et je leur prononce, de la part de tous les hommes ou de la plus grande partie, que le blanc et le rouge les rend affreuses et dégoûtantes ; que le rouge seul les vieillit et les déguise ; qu’ils haïssent autant à les voir avec de la céruse sur le visage, qu’avec de fausses dents en la bouche, et des boules de cire dans les mâchoires ; qu’ils protestent sérieusement contre tout l’artifice dont elles usent pour se rendre laides ; et que, bien loin d’en répondre devant Dieu, il semble au contraire qu’il leur ait réservé ce dernier et infaillible moyen de guérir des femmes.
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  • Par chartel, le 26 janvier 2011

    L’on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles, répandus par la campagne, noirs, livides et tout brûlés de soleil, attachés à la terre qu’ils fouillent et qu’ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine, et en effet ils sont des hommes. Ils se retirent la nuit dans des tanières, où ils vivent de pain noir, d’eau et de racines ; ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu’ils ont semé.
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  • Par nastasiabuergo, le 20 mars 2012

    Les hommes devraient employer les premières années de leur vie à devenir tels par leurs études et par leur travail que la république elle-même eût besoin de leur industrie et de leurs lumières, qu'ils fussent comme une pièce nécessaire à tout son édifice, et qu'elle se trouvât portée par ses propres avantages à faire fortune ou à l'embellir.
    Nous devons travailler à nous rendre très dignes de quelque emploi : le reste ne nous regarde point, c'est l'affaire des autres.
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  • Par Meduzantic, le 06 avril 2012

    Il n'y a pour l'homme que trois évènements : naître, vivre et mourir. Il ne se sent pas naître, il souffre de mourir, et il oublie de vivre.
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  • Par chartel, le 12 janvier 2011

    Il faut chercher seulement à penser et à parler juste, sans vouloir amener les autres à notre goût et à nos sentiments ; c’est une trop grande entreprise.
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