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> Philippe Sellier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253006726
Éditeur : Le Livre de Poche (1973)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 1311 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Madame de Clèves, jeune beauté parfaite en tout point, fait des débuts remarqués à la cour de la reine dauphine, belle-fille d'Henri II. Pour ce modèle de vertu, l'image de Diane de Poitiers plane tout au long du roman comme le contre-exemple absolu. Mais sous des dehor... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 25 août 2013

    Nastasia-B
    AAAh ! La Princesse De Clèves ! Combien redoutée, combien détestée, combien honnie par les lycéens ou combien adorée, combien adulée, combien vénérée !
    Tout de suite, à l'exception du tout début et de la toute fin, il me faut confesser que j'ai adoré, dévoré, jubilé, savouré ce roman d'amour posé comme une fleur délicate et parfumée sur le canevas superbe des vicissitudes historiques.
    Ce roman est majeur et c'est indubitable, n'en déplaise à nos chers lycéens, à nos chers ex-futurs présidents et à ceux qui ne jurent que par la nouveauté, le polar ou la SF.
    Madame de La Fayette a créé quelque chose de nouveau pour l'époque, quelque chose qui a révolutionné son domaine.
    Pour tâcher d'illustrer le rôle majeur occupé par La Princesse De Clèves dans l'histoire littéraire, je vais tenter quelques hasardeuses comparaisons avec le monde de l'automobile, que je connais fort peu, ou celui du tennis (mon pseudonyme oblige) que je connais encore moins.
    Vous pouvez tout à fait, mes chers lycéens, ne pas aimer du tout, ni aucunement goûter les formes délicieusement surannées de cette vieille Citroën qu'on appelle la "Traction". En revanche, vous ne pourrez jamais nier l'importance que ce modèle a eu sur l'évolution de l'automobile. Avant elle, presque toutes les voitures étaient des propulsions arrière. À partir de ce modèle et depuis lors, presque toutes les voitures sont des tractions avant.
    Dans le domaine sportif (Le cas du sauteur en hauteur Dick Fosbury serait probablement encore plus révélateur mais puisque j'ai commis l'erreur de choisir un pseudonyme en référence au tennis, je vais m'efforcer de piocher un exemple issu de ce sport.), évoquons le cas de Boris Becker. On peut (c'était mon cas) ne pas du tout aimer ce joueur. Par contre, il est indéniable que l'influence de son service a révolutionné le tennis de haut niveau. Il a fait de ce qui n'était considéré alors que comme un "engagement" un véritable "coup du tennis" au même titre que le smash ou le passing-shot. Depuis Becker, plus un joueur qui prétend à la hauteur des classements mondiaux ne peut se permettre d'avoir un service timoré. Je suis bien d'accord que cet étrange service (on avait l'impression que Becker allait pondre un œuf avant de tirer !) ferait peut-être pâle figure aujourd'hui sur un tournoi, mais à l'époque, c'était de la dynamite.
    Tel est le cas du roman qui nous occupe aujourd'hui. Sans lui, point de ces quelques joyaux sublimes qui jalonnent l'histoire littéraire ou du moins, il en manquerait certains ou bien ils n'auraient pas le même éclat car une porte s'est ouverte alors. Quelqu'un l'aurait ouverte un jour ou l'autre, mais ce fut Madame de La Fayette et à cet instant précis de l'histoire, ce qui n'est pas sans conséquence. Venue un siècle plus tôt ou plus tard et la face du monde littéraire eût été différente.
    En effet, quand je lis Madame de La Fayette, je ne peux m’empêcher de songer aux glorieux héritiers qu’elle a semés de par le monde. Entre le duc de Nemours et la princesse de Clèves il y a la force et l’intensité qui ont fait mon bonheur dans les Liaisons Dangereuses entre le vicomte de Valmont et la présidente de Tourvel, dans les angoisses et les cœurs battants du tournoi je retrouve exactement la même tension que celle qu’éprouve Anna Karénine pour Vronski lors de la course de chevaux, lesquels deux romans susmentionnés sont, de tous temps, parmi mes plus grands coups de cœur vécus en littérature.
    Madame de La Fayette s’inscrit dans le mouvement précieux, pas forcément ma tasse de thé au demeurant, mais elle sait le faire avec tact, avec élégance et avec un réel sens littéraire avancé qui élève cette histoire bien au-delà de l’amourette avortée qu’on a tous et toutes plus ou moins connu et qui nous a tous et toutes plus ou moins écorché. Non, elle touche à quelque chose d’ultime, d’universel, de cristallin, de mythique, de théorique, de supra humain.
    Le romantisme et la fièvre gothique puiseront aussi quelque chose de cette vibrance-la mais il y a ici une magie, une féerie sur le thème de l’amour tout à fait exceptionnelle.
    Tout au long du livre on se pose une question, LA question, la seule qui vaille : Va-t-elle succomber ? Va-t-il la convaincre ? Vont-ils s'aimer comme ils le devraient ?
    Tout est bâtit là-dessus (non pas exactement quand même, je résume), c'est sur ce fil tendu entre la raison et la passion qui nous tient en extase. Tout au long du roman, la princesse s'efforce de maintenir sa passion folle, volcanique, magnétique, irrésistible, dans le treillis austère autant que mortifère constitué par la gangue irrésolue mais irréfragable de sa propre raison.
    Elle est amoureuse, elle est sublime, elle palpite, elle ne vit que pour ça, mais elle est mariée et elle a des principes.
    Il est superbe, il est droit, il est noble, elles se l'arrachent toutes, mais c'est elle qu'il veut. Il n'a d'yeux que pour elle, mais c'est un seigneur, il ne veut pas l'avilir.
    L'auteur a créé deux joyaux, il lui fallait un écrin. Et là encore, coup de génie Madame de La Fayette, de choisir un truc quelque peu irréel et pourtant ayant existé ; il s'agit d'une cour de roi de France. Certes, rien d'extraordinaire pour cette auteure qui vivait à la cour de Louis XIV, grosso modo un siècle après les événements décrits. Et bien non, pas tant que cela, car même l'étiquette, l'identité, la nature de la cour du roi de France Henri II a quelque chose d'extraordinaire, de suspendu dans le temps et dans l'histoire, et qu'aucune autre période ne saura refleurir.
    Sentiment irréel dans un lieu et une époque irréels, pour mieux nous faire sentir le cas limite de la situation ou réalité crédible voisine avec légende et mythologie.
    Roman historique, roman d'amour, tout va pour le mieux, nos cœurs de lectrices aux abois tambourinent aux creux de nos poitrines tendres, on en voudrait encore ou bien s'arrêter là, sur cette impression, quand un dénouement que je juge très inférieur vient, discrètement nous remettre sur les rails de la morale religieuse chrétienne (j'allais écrire " à deux balles ", mais comme je ne m'appelle pas Nicolas Sarkozy, je ne puis me permettre). Ceci vient un peu gâcher la perception globale de l'ensemble, mais rien que pour le frétillement du milieu, ma très chère Madame de La Fayette, je vous remercie infiniment, très au chaud dans mon cœur.
    Mais, une fois encore, vous aurez deviné que tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas beaucoup plus qu'un battement de cil du dernier des pages du dernier des courtisans du dernier soupir du vénérable Henri II, autant dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par fredho, le 11 mai 2014

    fredho
    Le Prince de Clèves aime passionnément sa jeune et jolie femme La Princesse de Clèves, en revanche cette dernière n’est pas amoureuse de son mari mais lui voue un respect considérable pour l’amour qui lui porte.
    Lors d’un bal donné à la cour du roi Henri II, la Princesse de Clèves et le duc de Nemours tombent passionnément amoureux.
    Sans se l’avouer, ils vont vivre chacun de leur côté dans la torture car c’est amour est moralement impossible !
    La raison et le cœur se bousculent pour eux et une question se pose ; doit-on suivre son cœur ou sa raison ?
    Si la Princesse de Clèves écoute son cœur et laisse vivre sa passion avec le duc, ne risque-t-elle pas d’entacher sa morale voire sa réputation et surtout blesser son gentil mari.
    En revanche si elle écoute sa raison, la Princesse s’évite toute culpabilité et honore son mariage, mais ne passe-t-elle pas à côté de l’essentiel...
    Les 3 personnages de ce roman vont tomber dans les tourments de la passion.
    La passion du Prince de Clèves ne subsiste que parce qu’il sait qu’il ne la trouvera jamais chez sa femme. La Princesse de Clèves prisonnière d’une éducation stricte et religieuse inculquée par sa mère, résiste aux avances du Duc de Nemours par culpabilité. Mais si elle ne succombe pas c’est peut-être qu’au fond elle se persuade que les amours ne durent que si l’être aimé est insaisissable ! Et si le Duc de Nemours réussit à conquérir sa belle, sa passion pour elle s’étiolerait avec le temps.
    Madame de La Fayette nous plonge dans ce beau roman psychologique avec délicatesse appuyé par une analyse assez convaincante des dégâts que peut engendrer la passion. Un texte fort d’une qualité littéraire indéniable, très féminin, qui a conquis ma sensibilité et m’a tenue en haleine jusqu’au dénouement.
    Mais que serait une vie sans passion, n’est-elle pas le sel de la vie !
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    • Livres 4.00/5
    Par ibon, le 13 novembre 2013

    ibon
    Une belle histoire d'amour à la cour d'Henri II. Un roman exigeant avec la prise de connaissance du contexte qui a pu rebuter plus d'un lecteur. En effet, lire un tel roman sans avoir entendu parler d'Henri II, de Diane de Poitiers, du Duc de Guise ou de Catherine de Médicis relève, à mon avis, du parcours du combattant.
    Mais après avoir franchi ce cap, une fois avoir pris connaissance de cette toile de fond, le récit d'une histoire d'amour "impossible" commence, cette fois-ci très abordable.
    La jeunesse (15 ans) et la beauté de Mlle de Chartres, qui deviendra plus tard Mme de Clèves, attirent tous les regards de la cour. Cette nouvelle venue est introduite par sa mère et heureusement protégée et informée de bien des intrigues de cette cour.
    Cette dernière arrange le mariage de sa fille avec un homme prévenant, le prince de Clèves. Mais cette princesse, bien que l'appréciant, n'est pas amoureuse de son mari. Premier drame, surtout pour le mari qui en souffre.
    Deuxième complication: le prince de Nemours, galant homme qui ne compte plus ses conquêtes féminines, entre en scène et c'est le coup de foudre. Et là ce sont ces deux amants qui souffrent de pas pouvoir se rapprocher sans éveiller les soupçons du mari et de la cour.
    On peut imaginer que l'histoire de ce trio amoureux ne va pas bien se terminer. Enfin, tout dépend du côté où l'on se place, de la raison, du point de vue des bonnes mœurs ou de la passion.
    Cette oeuvre analyse à fond les tourments de l'amour et sa complexité. L'écrivain, Mme de Lafayette décortique avec talent " L'amour" intéressé à la cour de France qui s'oppose à celui de nos deux (trois) amants. Sans oublier un style d'écriture d'époque qui possède un certain charme, un contexte historique précis et opportun (le parallèle entre les amours de Diane de Poitiers et Henri II et nos deux tourtereaux). Ce livre a tout pour plaire.


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    • Livres 5.00/5
    Par CDemassieux, le 03 septembre 2014

    CDemassieux
    « Ressuscité » dans l'opinion publique « grâce » aux déclarations « inspirées » d'un chef d'Etat plutôt amateur de résultats sportifs que de belles lettres, La Princesse de Clèves n'a pourtant, depuis sa publication au XVIIe siècle, jamais cessé d'attirer des lecteurs, lesquels remercient tout de même « chaleureusement » ledit chef d'Etat pour sa publicité spontanée !
    Balzac ne s'y était pas trompé, qui affectionnait particulièrement cette princesse, au point de créer un personnage féminin très semblable, résistant lui aussi à une passion envahissante : la comtesse Henriette de Mortsauf, dans le Lys dans la vallée, autre histoire d'un combat entre l'amour et le devoir.
    Car nous avons ici affaire à un récit non seulement romantique avant l'heure – je parle du courant littéraire, pas des mièvreries insipides à la sauce Saint-Valentin ! –, mais en plus d'une élégance à vous faire pâlir d'envie.
    Racontant un amour impossible parmi les cours du roi Henri II et du très éphémère François II, Madame de la Fayette en profite aussi, par un anachronisme volontaire plein de finesse, pour décrire celle de Louis XIV, avec ses secrets d'alcôve et ses intrigues.
    Roman d'une déconcertante facilité à lire, car, pour autant que le style peut paraître désuet – diront certains que l'absence de vulgarité dans un texte effraie au moins autant que moi, les piqûres ! – il est d'une extrême fluidité.
    Ecrit par une femme « bien née », il ne pouvait être en fait que cela : un modèle de vertu, d'intelligence et de style !
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    • Livres 2.00/5
    Par Luniver, le 15 juin 2013

    Luniver
    Comme plusieurs personnes, je me suis décidé à lire ce roman après que Nicolas Sarkozy en ait parlé : « L'autre jour, je m'amusais - on s'amuse comme on peut - à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La princesse de clèves. Je ne sais pas si cela vous est arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La princesse de clèves. Imaginez un peu le spectacle ! ». Petite remarque qui a d'ailleurs boosté les ventes du livre pendant deux ans (comme quoi, la meilleure promotion pour un livre n'est pas toujours d'en dire du bien).
    Je ne sais pas ce qu'en pensent les guichetières, mais en ce qui me concerne, mon intérêt a été tout de suite douché dès les premières pages : accumulation de faits historiques et de noms de personnages, personnages tous ducs, barons, princes ou comtes, ce qui les rend indiscernables les uns des autres. Alors c'est vrai que l'intrigue se développe dans la seconde moitié du roman, mais je n'aime pas devoir me battre avec un livre pour qu'il me donne ce qu'il a de bien.
    L'histoire est pourtant intéressante : Mlle de Chartes épouse le Prince de Clèves par devoir, sans répugnance, mais sans enthousiasme particulier non plus. Elle tombe amoureuse pendant un bal de M. de Nemours. Mais son éducation lui a enseigné la Vertu : le devoir avant tout. Quels que soient ses sentiments, la fidélité à son époux est bien plus importante. Comme le respect des convenances interdit toute explication franche, un subtil jeu psychologique se met en place entre La princesse de Clèves, son époux et M. de Nemours.
    Ce roman aurait pu me plaire, mais le style est assez lourd, et j'étais, finalement, bien content d'en avoir fini avec lui.
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 30 août 2013

    - Les grandes afflictions et les passions violentes, repartit M. de Nemours, font de grands changements dans l’esprit ; et, pour moi, je ne me reconnais pas depuis que je suis revenu de Flandre. Beaucoup de gens ont remarqué ce changement, et même madame la dauphine m’en parlait encore hier. [...] Mais je voudrais qu’elle ne fût pas seule à s’en apercevoir. Il y a des personnes à qui on n’ose donner d’autres marques de la passion qu’on a pour elles, que par les choses qui ne les regardent point ; et, n’osant leur faire paraître qu’on les aime, on voudrait du moins qu’elles vissent que l’on ne veut être aimé de personne. L’on voudrait qu’elles sussent qu’il n’y a point de beauté, dans quelque rang qu’elle pût être, que l’on ne regardât avec indifférence, et qu’il n’y a point de couronne que l’on voulût acheter au prix de ne les voir jamais. Les femmes jugent d’ordinaire de la passion qu’on a pour elles, continua-t-il, par le soin qu’on prend de leur plaire et de les chercher ; mais ce n’est pas une chose difficile, pour peu qu’elles soient aimables ; ce qui est difficile, c’est de ne s’abandonner pas au plaisir de les suivre, c’est de les éviter, par la peur de laisser paraître au public, et quasi à elles-mêmes, les sentiments que l’on a pour elles. Et ce qui marque encore mieux un véritable attachement, c’est de devenir entièrement opposé à ce que l’on était, et de n’avoir plus d’ambition, ni de plaisir, après avoir été toute sa vie occupé de l’un et de l’autre.
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  • Par Nastasia-B, le 03 septembre 2013

    Quoi ! Madame, une pensée vaine et sans fondement vous empêchera de rendre heureux un homme que vous ne haïssez pas ? Quoi ! j’aurais pu concevoir l’espérance de passer ma vie avec vous ; ma destinée m’aurait conduit à aimer la plus estimable personne du monde ; j’aurais vu en elle tout ce qui peut faire une adorable maîtresse ; elle ne m’aurait pas haï, et je n’aurais trouvé dans sa conduite que tout ce qui peut être à désirer dans une femme ! Car enfin, madame, vous êtes peut-être la seule personne en qui ces deux choses se soient jamais trouvées au degré qu’elles sont en vous : tous ceux qui épousent des maîtresses dont ils sont aimés, tremblent en les épousant, et regardent avec crainte, par rapport aux autres, la conduite qu’elles ont eue avec eux ; mais en vous, madame, rien n’est à craindre, et on ne trouve que des sujets d’admiration. N’aurais-je envisagé, dis-je, une si grande félicité, que pour vous y voir apporter vous-même des obstacles ?
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  • Par Nastasia-B, le 02 septembre 2013

    Vous m’avez donné de la passion dès le premier moment que je vous ai vue ; vos rigueurs et votre possession n’ont pu l’éteindre : elle dure encore : je n’ai jamais pu vous donner de l’amour, et je vois que vous craignez d’en avoir pour un autre. Et qui est-il, madame, cet homme heureux qui vous donne cette crainte ? depuis quand vous plaît-il ? qu’a-t-il fait pour vous plaire ? quel chemin a-t-il trouvé pour aller à votre cœur ? Je m’étais consolé en quelque sorte de ne l’avoir pas touché, par la pensée qu’il était incapable de l’être. [...] La confiance et la sincérité que vous avez pour moi sont d’un prix infini : vous m’estimez assez pour croire que je n’abuserai pas de cet aveu. Vous avez raison, madame, je n’en abuserai pas, et je ne vous en aimerai pas moins. Vous me rendez malheureux par la plus grande marque de fidélité que jamais une femme ait donnée à son mari.
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  • Par Nastasia-B, le 26 août 2013

    Personne n’osait plus penser à mademoiselle de Chartres, par la crainte de déplaire au roi, ou par la pensée de ne pas réussir auprès d’une personne qui avait espéré un prince du sang. M. de Clèves ne fut retenu par aucune de ces considérations. La mort du duc de Nevers, son père, qui arriva alors, le mit dans une entière liberté de suivre son inclination, et, sitôt que le temps de la bienséance du deuil fut passé, il ne songea plus qu’aux moyens d’épouser mademoiselle de Chartres. Il se trouvait heureux d’en faire la proposition dans un temps où ce qui s’était passé avait éloigné les autres partis, et où il était quasi assuré qu’on ne la lui refuserait pas. Ce qui troublait sa joie était la crainte de ne lui être pas agréable, et il eût préféré le bonheur de lui plaire à la certitude de l’épouser sans en être aimé.
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  • Par Nastasia-B, le 21 août 2013

    Hé bien ! monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l’on n’a jamais fait à son mari ; mais l’innocence de ma conduite et de mes intentions m’en donne la force. Il est vrai que j’ai des raisons de m’éloigner de la cour, et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Je n’ai jamais donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas d’en laisser paraître, si vous me laissiez la liberté de me retirer de la cour, ou si j’avais encore madame de Chartres pour aider à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour me conserver digne d’être à vous. Je vous demande mille pardons, si j’ai des sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que, pour faire ce que je fais, il faut avoir plus d’amitié et plus d’estime pour un mari que l’on en a jamais eu. Conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore si vous pouvez.
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