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ISBN : 2081384388
Éditeur : Flammarion (2016)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 1276 notes)
Résumé :
Une sélection de quatre titres pour transporter le lecteur avec délice dans la féerie des contes d'autrefois.
En prose ou en vers, les grands classiques de la littérature enfantine sont ici rassemblés pour le bonheur de plusieurs générations bercées par les contes d'antan, et de toutes celles à venir. De beaux rêves en perspective...
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Critiques, Analyses & Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
Gwen2106 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
Les Fables de Monsieur de la Fontaine sont un super antidote contre beaucoup de maux intellectuels !
Ces fables, qu'on peut s'amuser à chanter, à réciter, à déclamer ou juste à lire pour en tirer toute leur fantaisie, leur symbolique, leur humour, leur vérité ou tout simplement leur beauté, sont parfaites pour :
- soigner sa nostalgie de l'enfance
- s'amuser et sourire
- amuser et instruire les enfants
- avoir un regard humoristique et percutant sur la société (oui, la nôtre, l'actuelle) et ses politiciens
- redécouvrir la nature humaine et s'y confronter
- se cultiver.
A avoir toujours sous la main, comme un Atlas et les deux tomes du Petit Robert. Un indispensable.
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Chrisdu26
Chrisdu2622 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Un livre, une histoire :
Durant mon long séjour parisien je logeais chez une très vieille femme prénommée Thérèse. Elle n'avait jamais lu un livre de sa vie. Ma venue bouleversera ses dernières années car grâce à moi elle découvrira le monde de la lecture, mais ça c'est un autre livre une autre histoire.
Elle connaissait ma passion pour les livres et était agréablement surprise qu'à l'âge de 18 ans je connaisse toujours, par coeur, les classiques, de Monsieur DE LA FONTAINE. C'est pourquoi un jour elle me remit ce livre qui vieillissait seul sur son étagère depuis au moins trente ans. Thérèse me le remit, comme on donne un hebdomadaire dont la fin tragique est toujours le fond d'une poubelle.
Elle ne se doutait pas du cadeau inestimable qu'elle venait de me faire. Un livre ! le LIVRE. J'avais cet objet sublime entre mes mains, et j'étais comme une petite fille à qui l'on vient d'offrir une image ou un bon point.
Voilà que je repense à Mme SOSSO, mais revenons au livre :
C'est une édition unique de 6000 exemplaires. Je possède le n° 2343 datant du 30 novembre 1953, écrit en vieux français. C'est un peu gênant, j'avoue, au début mais on s'y habitue.
Il regroupe les poésies complètes de Sieur DE LA FONTAINE. Ses fables sont réparties en trois recueils de XII livres et constituent l'un des plus grands chefs d'oeuvre de la littérature française.
1er recueil du livre I à VI, dédié au Dauphin,
2ème recueil du livre VII à XI, dédié à Mme de Montespan.
3ème recueil livre XII dédié au duc de Bourgogne.
Nous connaissons tous nos classiques, comme «La cigale et la fourmi», «le loup et le chien» ma préférée, mais j'étais loin de m'imaginer tous ces écrits. Des textes aussi beaux les uns que les autres dont je ne connaissais même pas l'existence. Ses morales sont plus que jamais d'actualité. Elles font sourire, rire jaune et nous portent à la réflexion. Parfois elles nous laissent dans un moment de solitude, face à face avec notre ego. Avez-vous lu celle « des Médecins » ou « Parole de Socrate » ou encore « le lion amoureux » destinée à Mademoiselle de Sévigné. Mon côté fleur bleue me laisse soupçonner un amour inavoué.»
Ce livre est une malle aux trésors.
J'aime m'imaginer certains Messieurs de la cour grinçant des dents à la lecture de ses textes quand d'autres devaient s'en frotter les mains. Monsieur DE LA FONTAINE, comme vous avez dû vous amuser pendu à votre plume rien qu'à l'idée d'imaginer la tête de celui dont le texte était adressé.
Ce livre est un vrai enchantement pour les cinq sens.
Le toucher :
Sa couverture épaisse et voluptueuse en cuir est un régal pour mes doigts.
L'ouïe :
Quel délice ces rimes et vers à mon oreille.
Le goût : Ses poèmes et morales me laissent, une saveur nostalgique douce et sucrée, j'en ai l'eau à la bouche.
La vue :
Je regarde ce livre avant de l'ouvrir. Ce petit moment d'exaltation et d'impatience n'appartient qu'à MOI. J'attends avant de lire la première page, celle qui va me faire basculer dans un instant d'oubli.
Et puis le dernier L'odorat : Ne me dite pas que vous n'avez jamais humé, senti un livre !
Je feuillette à la hauteur de mon nez ces pages encore secrètes. L'odeur jouissive d'encre et de papier s'en échappe, il embaume mon coeur qui s'emballe et voilà que je plonge.
C'est une histoire d'Amour entre ce livre et moi.
Mais assez attendu, voici quelques citations qui me régalent et vous replongeront dans l'enfance ou à défaut vous feront sourire.
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filippo
filippo16 février 2016
  • Livres 5.00/5
Moraliste La Fontaine ?
Sans doute, mais pas que….
Certes, « Les Fables » critiquent, dénoncent, mettent en garde, et se veulent de ce point de vue moralisatrices. Mais si l'on y trouve des principes moraux connus depuis des siècles, il y règne aussi une certaine fantaisie au gré de l'humeur de son auteur et de son écriture. Elles expriment sans doute plus une sorte de bon sens populaire prônant réalisme et modération.
Philosophe La Fontaine ?
Peur être pas mais certainement un amateur de philosophie. Il se dégage en effet des « Fables », une « ambiance philosophie » avec des allusions au platonisme et aux thèses cartésiennes (les obsèques de la lionne), l'épicurisme, le stoîcisme. En fait, sur un plan philosophique, au travers des « Fables » La Fontaine vagabonde en nous proposant une variété d'opinions.
Poète Lyrique, La Fontaine ?
Sans aucun doute le plus grand de son siècle. En effet, même si « Les Fables » se veulent didactiques, on y trouve tout l'inventaire des thèmes qui éclairent la sensibilité de la Fontaine : l'amour, bien sûr, la nature, le plaisir simple, la recherche du bonheur, la retraite spirituelle. Il nous entraîne dans une rêverie qui va dans le sens d'une discrète mélancolie, notamment lorsqu'il évoque la solitude, l'amitié, ou encore le passage du temps. le sentiment de la mort est d'ailleurs beaucoup présent dans beaucoup de fables, une mort qui semble parfois bien injuste (les animaux malades de la peste).
En résumé, une oeuvre intemporelle qui démontre chez La Fontaine un penchant récurrent vers la mélancolie. Mais aussi, de miraculeux condensés de sagesse et de malice, des trésors littéraires et poétiques.
A relire régulièrement pour en explorer toutes les richesses.
+ Lire la suite
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michfred
michfred07 avril 2015
  • Livres 5.00/5
Ah! La Fontaine!
Un miracle à lui tout seul, dans ce siècle classique où toute la poésie, si joyeusement baroque, encore toute vivifiée par les trouvailles de la Pléiade, a été brutalement émasculée par l'affreux Boileau et ses grands ciseaux.
Mais La Fontaine a résisté!
Comme il a résisté aux sirènes de la Cour et aux trompettes du Roi Soleil qui lui intimaient l'ordre de venir faire le larbin à Versailles...Comme il a résisté au regard de méfiance et de mépris jeté par les classiques sur la nature, lui qui l'aimait tant. Comme il a tenu à donner aux hommes des masques d'animaux pour nous dire, parfois vertement, ce qu'il pensait d'eux.
Le seul, avant Rousseau à vanter les charmes délicieux de la solitude, un des seuls, avec La Bruyère, et avant Voltaire, à dénoncer les injustices de la justice et l'arrogance des Grands...
Et quel poète! Un vers baladeur, impertinent, impair, souvent -avant , bien avant Verlaine, et même blanc, parfois..quelle audace!
Il y a un La Fontaine pour tous les âges: celui qu'on ânonne enfant, avec délice et parfois une certaine incompréhension: " approchez, mes enfants, approchez, je suis sourd, les zanzans sont la cause" . Les zanzans, keséksa, les zanzans, connais pas! Drôle de bêtes, sûrement, les zanzans! doivent être honteuzéconfus, les zanzans, pas de doute!
Un La Fontaine pour les ados, qui découvrent, en colère, l'injustice et vibrent devant la parodie de procès faite au pauvre âne, dans "Les Animaux malades de la Peste".
Un autre pour l'âge...de raison disons:"Un lièvre en son gîte songeait, car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe?" On écoute la jolie petite musique de ses vers, et on rêve à son tour...
Ah, La Fontaine!
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Marti94
Marti9428 juillet 2015
  • Livres 5.00/5
Je crois que ce recueil des fables de la Fontaine est le classique des classiques.
Depuis la Renaissance, très peu d'auteurs pensaient que l'on pouvait construire une oeuvre à partir des fables. La Fontaine a eu le coup de génie de comprendre qu'il pouvait se servir de ce noyau vieux comme le monde pour l'envelopper dans des ornements qui fassent de chaque fable un véritable résumé de toutes les subtilités de la poésie française, telle qu'elle s'était développée au début du 17ème siècle.
Il est dit que La Fontaine a su créer « le climat d'une conversation élégante, polie et séduisante ». Il fait ainsi ce qu'aucun autre poète français n'avait fait avant lui : il invente une versification virtuose, il pare les fables d'une sorte de fluidité musicale. Ce qui a dû beaucoup le guider, c'est son expérience de la musique. Il a été un grand mélomane. Il est resté très attaché à cette musique de luth, d'instrument seul accompagné de voix, qui était à la mode entre 1640 et 1660. Une musique très intime, très intérieure, très liée à une écoute intense, dans un petit groupe amical. C'est le rythme intérieur du dialogue.
Toute la littérature du 17ème siècle est avant tout un bonheur oral. La conversation est l'assomption du social à la contemplation.
Un des meilleurs portraits de la Fontaine, c'est Mademoiselle de Scudéry qui l'a donné dans son roman La Clélie, où il apparaît sous le pseudonyme d'Anacréon. Bien avant qu'il n'ait publié ses Fables, on retrouve déjà les traits de caractère de la Fontaine « sensible à tous les plaisirs sans exception».
Les mots de plaisir, de volupté, d'agrément sont donc essentiels à la poétique de la Fontaine.
+ Lire la suite
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Les critiques presse (2)
Ricochet20 novembre 2012
Chaque image exprime une mise en scène avec un point de vue, une interprétation, fables et illustrations composent « une comédie en cent actes divers » tour à tour gaie ou grinçante à l’image de la danse macabre de « la Mort et le bûcheron », saisissante.
Lire la critique sur le site : Ricochet
LaLibreBelgique04 septembre 2012
Alternant entre des doubles pages foisonnantes sur une scène écolière, des comptines d’ouverture et la représentation classique des objets, voici un imagier bien conçu où l’on peut s’amuser à retrouver les détails dans les tableaux d’ensemble.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations & extraits (153) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B19 avril 2015
{et encore, pour le plaisir, une fable en VO non sous-titrée.}

Les Grenoüilles se lassant
De l’estat Democratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soûmit au pouvoir Monarchique.
Il leur tomba du Ciel un Roy tout pacifique :
Ce Roy fit toutefois un tel bruit en tombant,
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S’alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, dans les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de long-temps regarder au visage
Celuy qu’elles croyoient estre un geant nouveau ;
Or c’estoit un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la premiere,
Qui de le voir s’avanturant
Osa bien quitter sa taniere.
Elle approcha, mais en tremblant.
Une autre la suivit, une autre en fit autant,
Il en vint une fourmilliere ;
Et leur troupe à la fin se rendit familiere
Jusqu’à sauter sur l’épaule du Roy.
Le bon Sire le souffre, et se tient toûjours coy.
Jupin en a bien-tost la cervelle rompuë.
Donnez-nous, dit ce peuple, un Roy qui se remuë.
Le Monarque des Dieux leur envoye une Gruë,
Qui les croque, qui les tuë,
Qui les gobe à son plaisir ;
Et Grenoüilles de se plaindre ;
Et Jupin de leur dire : Et quoy ! vostre desir
A ses loix croit-il nous astraindre ?
Vous avez dû premierement
Garder vostre Gouvernement ;
Mais ne l’ayant pas fait, il vous devoit suffire
Que vostre premier Roy fust debonnaire et doux :
De celuy-cy contentez-vous,
De peur d’en rencontrer un pire.

Livre IIIème, Fable IV : Les Grenoüilles qui demandent un Roy.
+ Lire la suite
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CorinneCoCorinneCo14 juillet 2014
Le cochet, le chat, et le souriceau

Un souriceau tout jeune, et qui n'avait rien vu,
Fut presque pris au dépourvu.
Voici comme il conta l'aventure à sa mère ;
- J'avais franchi les Monts qui bornent cet Etat,
Et trottais comme un jeune rat
Qui cherche à se donner carrière,
Lorsque deux animaux m'ont arrêté les yeux :
l'un doux, bénin et gracieux,
Et l'autre turbulent, et plein d'inquiétude.
Il a la voix perçante et rude,
Sur la tête un morceau de chair,
Une sorte de bras dont il s'élève en l'air
Comme pour prendre sa volée,
La queue en panache étalée.
Or c'était un cochet que notre souriceau
Fit à sa mère le tableau,
Comme d'un animal venu de l'Amérique.
Il se battait, dit-il, les flancs avec ses bras,
Faisant tel bruit et fracas,
Que moi, qui grâce aux Dieux, de courage me pique,
En ai prit la fuite de peur,
Le maudissant de très bon cœur.
Sans lui j'aurais fait connaissance
Avec cet animal qui m'a semblé si doux.
Il est velouté comme nous,
Marqueté, longue queue, une humble contenance ;
Un modeste regard, et pourtant l'œil luisant :
Je le crois fort sympathisant
Avec messieurs les rats ; car il a des oreilles
En figure aux nôtres pareilles.
Je l'allais aborder, quand d'un son plein d'éclat
L'autre m'a fait prendre la fuite.
Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat,
Qui sous son minois hypocrite
Contre toute ta parenté
D'un malin vouloir est porté.
L'autre animal tout au contraire
Bien éloigné de nous mal faire,
Servira quelque jour peut-être à nos repas.
Quant au chat, c'est sur nous qu'il fonde sa cuisine.
Garde toi, tant que tu vivras
De juger des gens sur la mine.
+ Lire la suite
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ElGatoMaloElGatoMalo23 avril 2016
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
+ Lire la suite
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CorinneCoCorinneCo28 décembre 2013
La besace

Jupiter dit un jour : "Que tout ce qui respire
S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur :
Si dans son composé quelqu'un trouve à redire,
Il peut le déclarer sans peur ;
Je mettrai remède à la chose.
Venez, Singe ; parlez le premier, et pour cause.
Voyez ces animaux, faites comparaison
De leurs beautés avec les vôtres.
Etes-vous satisfait? - Moi ? dit-il, pourquoi non ?
N'ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres ?
Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproché ;
Mais pour mon frère l'Ours, on ne l'a qu'ébauché :
Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre. "
L'Ours venant là-dessus, on crut qu'il s'allait plaindre.
Tant s'en faut : de sa forme il se loua très fort
Glosa sur l'Eléphant, dit qu'on pourrait encor
Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles ;
Que c'était une masse informe et sans beauté.
L'Eléphant étant écouté,
Tout sage qu'il était, dit des choses pareilles.
Il jugea qu'à son appétit
Dame Baleine était trop grosse.
Dame Fourmi trouva le Ciron trop petit,
Se croyant, pour elle, un colosse.
Jupin les renvoya s'étant censurés tous,
Du reste, contents d'eux ; mais parmi les plus fous
Notre espèce excella ; car tout ce que nous sommes,
Lynx envers nos pareils, et Taupes envers nous,
Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes :
On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain.
Le Fabricateur souverain
Nous créa Besaciers tous de même manière,
Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui :
Il fit pour nos défauts la poche de derrière,
Et celle de devant pour les défauts d'autrui.
+ Lire la suite
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OrpheaOrphea15 mai 2009
Le Loup et le Chien

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.
+ Lire la suite
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Vidéo de Jean de La Fontaine
Émission Répliques consacrée aux Fables de La Fontaine, diffusée sur France Culture le 1er août 2011. Invité : Fabrice Luchini.
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