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ISBN : 2-86901-096-6
Éditeur : Ars mundi (1998)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
[10689-593] Paris, 1868, petit in-folio en feuilles sous couverture de livraison de ton crème . Premier tirage des superbes illustrations de Gustave Doré gravées sur bois. Cette livraison comprend 2 illustrations hors-texte : le berger et le roi / les poissons et le ber... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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Citations et extraits

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  • Par Cielvariable, le 22 mai 2012

    LE LOUP ET LE RENARD.
    D'où vient que personne en la vie
    N'est satisfait de son état ?
    Tel voudrait bien être soldat
    A qui le soldat porte envie.

    Certain renard voulut, dit-on,
    Se faire loup. Hé ! qui peut dire
    Que pour le métier de mouton
    Jamais aucun loup ne soupire ?

    Ce qui m'étonne est qu'à huit ans
    Un prince en fable ait mis la chose,
    Pendant que sous mes cheveux blancs
    Je fabrique à force de temps
    Des vers moins sensés que sa prose.

    Les traits dans sa fable semés
    Ne sont en l'ouvrage du poète
    Ni tous ni si bien exprimés :
    Sa louange en est plus complète.

    De la chanter sur la musette
    C'est mon talent ; mais je m'attends
    Que mon héros, dans peu de temps,
    Me fera prendre la trompette.

    Je ne suis pas un grand prophète :
    Cependant je lis dans les cieux
    Que bientôt ses faits glorieux
    Demanderont plusieurs Homères ;
    Et ce temps-ci n'en produit guères.

    Laissant à part tous ces mystères,
    Essayons de conter la fable avec succès.

    Le renard dit au loup : " Notre cher, pour tous mets
    J'ai souvent un vieux coq, ou de maigres poulets :
    C'est une viande qui me lasse.
    Tu fais meilleure chère avec moins de hasard :
    J'approche des maisons ; tu te tiens à l'écart.
    Apprends-moi ton métier, camarade, de grâce ;
    Rends-moi le premier de ma race
    Qui fournisse son croc de quelque mouton gras :
    Tu ne me mettras point au nombre des ingrats.
    - Je le veux, dit le loup ; il m'est mort un mien frère :
    Allons prendre sa peau, tu t'en revêtiras. "
    Il vint, et le loup dit : " Voici comme il faut faire,
    Si tu veux écarter les mâtins du troupeau. "
    Le renard, ayant mis la peau,
    Répétait les leçons que lui donnait son maître.
    D'abord il s'y prit mal, puis un peu mieux, puis bien ;
    Puis enfin il n'y manqua rien.
    A peine il fut instruit autant qu'il pouvait l'être,
    Qu'un troupeau s'approcha. Le nouveau loup y court,
    Et répand la terreur dans les lieux d'alentour.
    Tel, vêtu des armes d'Achille,
    Patrocle mit l'alarme au camp et dans la ville :
    Mères, brus et vieillards, au temple couraient tous,
    L'ost au peuple bêlant crut voir cinquante loups :
    Chien, berger, et troupeau, tout fuit vers le village,
    Et laisse seulement une brebis pour gage.
    Le larron s'en saisit. A quelque pas de là
    Il entendit chanter un coq du voisinage.
    Le disciple aussitôt droit au coq s'en alla,
    Jetant bas sa robe de classe,
    Oubliant les brebis, les leçons, le régent,
    Et courant d'un pas diligent.

    Que sert-il qu'on se contrefasse ?
    Prétendre ainsi changer est une illusion :
    L'on reprend sa première trace
    A la première occasion.

    De votre esprit, que nul autre n'égale,
    Prince, ma muse tient tout entier ce projet :
    Vous m'avez donné le sujet,
    Le dialogue, et la morale.


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  • Par Cielvariable, le 22 mai 2012

    LE CORBEAU ET LE RENARD.
    Maître Corbeau, sur un arbre perché,
    Tenait en son bec un fromage.
    Maître Renard, par l'odeur alléché,
    Lui tint à peu près ce langage :
    " Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau,
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
    Sans mentir, si votre ramage
    Se rapporte à votre plumage,
    Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. "
    A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
    Et pour montrer sa belle voix,
    Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
    Le Renard s'en saisit, et dit : " Mon bon Monsieur,
    Apprenez que tout flatteur
    Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
    Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
    Le Corbeau, honteux et confus,
    Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
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  • Par Cielvariable, le 22 mai 2012

    LE LIÈVRE ET LA TORTUE.
    Rien ne sert de courir ; il faut partir à point :
    Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.
    " Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
    Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Êtes-vous sage ?
    Repartit l'animal léger :
    Ma commère, il vous faut purger
    Avec quatre grains d'ellébore.
    - Sage ou non, je parie encore. "
    Ainsi fut fait ; et de tous deux
    On mit près du but les enjeux :
    Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
    Ni de quel juge l'on convint.
    Notre lièvre n'avait que quatre pas à faire.
    J'entends de ceux qu'il fait lorsque, prêt d'être atteint,
    Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
    Et leur fait arpenter les landes.
    Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
    Pour dormir, et pour écouter
    D'où vient le vent, il laisse la tortue
    Aller son train de sénateur.

    Elle part, elle s'évertue,
    Elle se hâte avec lenteur.
    Lui cependant méprise une telle victoire,
    Tient la gageure à peu de gloire,
    Croit qu'il y va de son honneur
    De partir tard. Il broute, il se repose,
    Il s'amuse à toute autre chose
    Qu'à la gageure. A la fin, quand il vit
    Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
    Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
    Furent vains : la tortue arriva la première.
    " Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
    De quoi vous sert votre vitesse ?
    Moi l'emporter ! et que serait-ce
    Si vous portiez une maison ?

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  • Par Cielvariable, le 11 mai 2013

    Loup et le Chien :

    Un loup n’avait que les os et la peau,
    Tant les chiens faisaient bonne garde.
    Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
    Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
    L’attaquer, le mettre en quartiers,
    Sire loup l’eût fait volontiers ;
    Mais il fallait livrer bataille,
    Et le mâtin était de taille
    A se défendre hardiment.
    Le loup donc, l’aborde humblement,
    Entre en propos, et lui fait compliment
    Sur son embonpoint, qu’il admire.
    « Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
    D’être aussi gras que moi, lui répartit le chien.
    Quittez les bois, vous ferez bien :
    Vos pareils y sont misérables,
    Cancres, hères, et pauvres diables,
    Dont la condition est de mourir de faim.
    Car quoi ? rien d’assuré ; point de franche lippée ;
    Tout à la pointe de l’épée.
    Suivez moi, vous aurez un bien meilleur destin. »
    Le loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
    -Presque rien, dit le chien : donner la chasse aux gens
    Portant bâtons et mendiants ;
    Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
    Moyennant quoi votre salaire
    Sera force reliefs de toutes les façons :
    Os de poulets, os de pigeons,
    Sans parler de mainte caresse. »
    Le loup déjà se forge une félicité
    Qui le fait pleurer de tendresse
    Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.


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  • Par Cielvariable, le 22 mai 2012

    LE CHÊNE ET LE ROSEAU.
    Le chêne un jour dit au roseau :
    " Vous avez bien sujet d'accuser la nature ;
    Un roitelet pour vous est un pesant fardeau ;
    Le moindre vent, qui d'aventure
    Fait rider la face de l'eau,
    Vous oblige à baisser la tête,
    Cependant que mon front, au Caucase pareil,
    Non content d'arrêter les rayons du soleil,
    Brave l'effort de la tempête.
    Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.
    Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
    Dont je couvre le voisinage,
    Vous n'auriez pas tant à souffrir :
    Je vous défendrais de l'orage ;
    Mais vous naissez le plus souvent
    Sur les humides bords des royaumes du vent.
    La nature envers vous me semble bien injuste.
    - Votre compassion, lui répondit l'arbuste,
    Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci :
    Les vents me sont moins qu'à vous redoutables ;
    Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
    Contre leurs coups épouvantables
    Résisté sans courber le dos ;
    Mais attendons la fin. " Comme il disait ces mots,
    Du bout de l'horizon accourt avec furie
    Le plus terrible des enfants
    Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
    L'arbre tient bon ; le roseau plie.
    Le vent redouble ses efforts,
    Et fait si bien qu'il déracine
    Celui de qui la tête au ciel était voisine,
    Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts.


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