Antoine de la Sale (1385 ou 1386 - vers 1460), écuyer au service de la maison d'Anjou, comme son père, a mené une vie aventureuse et guerrière et fut le précepteur de Jean de Calabre, fils du roi René, avant de devenir en 1448 celui des enfants de Louis de Luxembourg.Je... > voir plus
Jehan de Saintré (1456) peut être classé parmi les romans satiriques et comiques. Il constitue une parodie des romans de chevalerie et démontre ironiquement que la courtoisie ne fait plus recette. Les principes de la Fin'Amor sont habilement subvertis: la domination théorique de la Dame toute puissante est remplacée par le pouvoir de fait qu'exerce la "Dame des Belles Cousines" sur le "petit" Jehan de Saintré, jeune page qu'elle a sélectionné pour son plaisir et élève de manière très courtoise.
Madame dit à ses femmes que pour obtenir pardon mieux et plus dignement elle voulait se confesser au seigneur Abbé, qui était prélat et lui semblait de grande dévotion.Alors dame Jehanne lui dit :" Madame, ce serait très bien, et en ce qui me concerne, je le fus hier." Alors Madame fait monter à cheval le petit Perrin, son page, et fit dire au seigneur Abbé qu'il vienne immédiatement la trouver.
Le seigneur Abbé fit diligence et obéit en hâte à Madame ; alors Madame, après avoir fait la révérence devant toutes ses femmes, lui dit publiquement: "Abbé, pour gagner plus dignement votre absolution, nous sommes disposées à nous confesser à un prêtre. - Ah ! Ma dame, dit le seigneur Abbé, vous êtes bien du côté de Dieu ; et, ma dame, qui est votre confesseur, que je puisse lui donner quelque puissance, s'il en a besoin ?"
Alors Madame dit: "Il n'y en a ici aucun qui soit plus digne ni plus suffisant que vous. - Ah ! Ma dame, c'est donc à cause de la crosse, car pour le reste je suis le plus ignorant de tous."