Emmanuelle est née sourde, mais sa surdité n'a pas été identifiée tout de suite. Quand ses parents s'en aperçoivent, c'est un cataclysme pour eux, et sur les conseils des médecins et autre entourage scolaire, ils décident d'appliquer à leur fille la méthode oraliste (la seule autorisée à l'époque pour les sourds), c'est-à-dire de lui faire travailler l'apprentissage de la lecture labiale (lire sur les lèvres) et l'apprentissage de la parole (car il est rare que les personnes muettes soient sourdes, simplement elles ne peuvent pas apprendre à parler par imitation comme le font les enfants entendants). Emmanuelle est une enfant silencieuse, assez renfermée, qui pousse parfois des cris discordants, d'où son surnom de la Mouette. Et ce jusqu'à ses 7 ans, quand ses parents entendent parler pour la première fois du travail en France d'un acteur américain (désolée j'ai oublié son nom, je sais juste que son collègue c'est Bill Moody) qui ouvre à Vincennes une école de langue des signes couplée à un théâtre, l'International Visual Theatre (dont
Emmanuelle Laborit est à ce jour la directrice). Malgré les mises en garde des médecins qui lui prédisent que si Emmanuelle commence à s'exprimer en langue des signes, elle abandonnera aussitôt toute tentative d'apprentissage pour la communication orale, son père l'emmène là-bas, et la petite fille silencieuse, renfermée devient une enfant heureuse, expressive, communicante et bavarde comme une pie (avec ses mains, bien sûr). Je ne vais pas vous raconter tout le livre, et je vous en conseille vivement la lecture car c'est un récit bouleversant, celui de la deuxième naissance d'un être humain. Bien sûr, rien n'est jamais idyllique, et cette jeune fille devra affronter bien des épreuves, et s'affronter elle-même avant de devenir la jeune femme épanouie que nous connaissons aujourd'hui. C'est un livre court, et je suis sûre que vous le dévorerez en quelques heures.