ISBN : 2020962055
Éditeur : Seuil Jeunesse (2007)


Note moyenne : 4.49/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Qualité de l'écriture : bonne

Scénario : un mélange de Yentl et de Roméo et Juliette, les enfants sages n'écoutent pas forcement leur parents, quête de l'indépendance et du savoir, présentation de la vie japonaise

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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Syl, le 21 mai 2012

    Syl
    Naoko est une jeune japonaise qui doit quitter sa maison pour apprendre à devenir une bonne épouse. Elle a quatorze ans et doit obéissance et soumission à son père, bientôt à son mari. Elle est promise.
    Si ses yeux s'embuent d'eau, c'est à cause de l'encens. Elle se regarde dans le miroir et s'astreint à être forte. Suzuki, sa servante l'accompagnera, ses objets personnels et le peigne de sa défunte mère aussi. Elle se pare de couleurs, refusant le blanc qui est la teinte de la mort, le blanc du linceul.
    Mais est-elle faite pour vivre la tête baissée, les mains jointes et l'esprit muselé ? Cela serait merveilleux si elle était un garçon.
    En regardant le kimono de son père, une idée fantasque prend son envol...
    Aidée de Suzuki, au bout de son long voyage, Naoko revêt le kimono et se fond dans les rues de Kyoto où elle croise un jeune garçon de seize ans, Kamo, venu étudier les lettres, les sciences et les mathématiques.
    Les deux adolescents sympathisent et ne se quittent plus, dans l'étude comme dans les jeux. Une amitié ambiguë pour Kamo qui voit en Naoko l'image d'un garçon.
    De ces jours passés ensemble, tout est plus intense, plus fleuri, plus sucré, plus beau, plus vivant, plus magique, plus poétique. Ils sont libres comme des papillons.
    Jusqu'au jour où Naoko est rappelée chez elle pour se marier... et laisse un haïku à Kamo :
    Mâle femelle
    La grenouille peut-être
    L'amoureux saura.
    Il n'y a pas que dans la mort que l'on se pare d'un habit blanc, la tradition le veut aussi pour le mariage.
    Deux papillons sur une branche de cerisier en fleur... C'est l'image que je garderai de ce très beau conte.
    Je ne vais pas m'étendre sur l'histoire, je vous laisse la découvrir. Au début de l'album, une page est découpée en dentelle comme un moucharabieh. On lit, on regarde les dessins comme si nous le faisions à travers ces interstices, pas avec curiosité, mais d'une façon pudique, silencieuse et prévenante.
    L'élégance des dessins, les couleurs, la sobriété, les textures, nous retrouvons le don de Benjamin Lacombe pour nous faire rêver et verser une larme de pluie.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 27 juillet 2010

    chocobogirl
    Naoko est une jeune japonaise, toujours en deuil de sa mère. A ses 14 ans, son père qui l'élève seule décide de l'envoyer à Kyoto pour qu'elle apprenne les bonnes manières et devienne une parfaite épouse. Mais elle, ce qu'elle aime, c'est lire et écrire des haikus, activités peu convenables pour une jeune fille...
    Aussi, aidée de la complicité de sa servante, elle s'enfuit déguisée en homme et part étudier la litterature. Son chemin croise celui de Kamo, un beau jeune homme de 16 ans qui va devenir son compagnon de chambre et d'étude. L'amour nait entre eux malgré le déguisement. Puis soudain, le père de Naoko la rappelle pour la marier subitement. Leur histoire d'amour finira alors tragiquement mais se poursuivra dans le corps de deux papillons.
    Cette histoire toute japonaise est pourtant inspiré d'une ancienne légende chinoise. Une jeune fille, contrainte par les traditions de son rang et de son sexe à se conformer à un mariage de raison reste impuissante et soumise devant la volonté de son père. Elle trouvera la liberté dans la mort et se métamorphosera en papillon, dont la vie est si éphémère.
    L'histoire de déroule donc devant nos yeux de manière assez froide et détachée. On n'y retrouvera pas la subtilité et les non-dits dont les japonais sont si friands. La fin abrupte se fait inattendue et on regrette que l'album soit si court !
    On y retrouvera donc l'univers d'un Japon féodal où les jeunes femmes portent des kimonos, où l'on se déplace à cheval ou en chaise à porteur, où l'on s'éclaire à la lanterne.
    Et si cela n'est pas clairement dit dans l'album, Naoko semble bien être appelée à devenir une geisha. En effet, elle évoque les 5 années d'apprentissage pour apprendre à jouer le luth, servir le thé, faire danser les éventails. En effet, les Maikos (apprentis geishas) vont suivrent pendant 5 ans un apprentissage où elles apprendront l'art de tenir compagnie aux hommes : danse, musique, litterature, élégance et mantien, ... avant de devenir de vraies geishas.
    Le petit hic de l'histoire, c'est que Naoko porte des kimonos fort décolleté dans la nuque et se farde le visage de blanc (marques vestimentaires des maikos) alors qu'elle n'est pas encore en apprentissage. Sa coiffure en chignon, orné de peigne et d'épingles à cheveux est également typique de cet état. De plus, sa passion de la littérature ne devrait pas être un frein à son éducation car une geisha se doit d'être très cultivée.
    Autre souci : le père de Naoko la rappelle à lui pour la marier. Hors les geishas sont censés être célibataire. Se marier signifie abandonner le métier.
    De petites incohérences regrettables donc... L'auteur a-t'il voulu jouer sur le côté extremement esthétique du personnage de geisha ou bien est-ce de l'ignorance ? J'aurais aimé ce souci de la réalité historique...
    Néanmoins, cet album se rattrape par ses illustrations de toute beauté. Etalant une palette variée allant du rouge profond jusqu'au bleu - vert, Lacombe met formidablement en valeur la profondeur et la poésie qui se dégage de ce conte. On notera la branche de cerisier (symbole de beauté éphémère) qui illustre de façon symbolique la derniere planche de l'album où les 2 papillons s'éloignent pour s'aimer en toute liberté.
    On relèvera aussi la très belle première page qui dévoile un découpage de papier ajouré qui révèle le beau orangé de la page suivante.
    Etant peu habituée aux lectures jeunesse, je ne saurais évaluer clairement le niveau de lecture pour les enfants.
    L'album pose la question de la mort de façon assez directe et demande surement un accompagnement par un adulte. La transformation des 2 amoureux en papillons et le contexte japonais peu connu peut dérouter et entrainer quelques questions. Il s'agit ici d'un album qui fait réfléchir et c'est tant mieux !
    "Les Amants Papillons " est donc un très bel album qui utilise avec brio les codes esthétiques japonais. Je ne peux donc que regretter les erreurs citées ci-dessus sur certains éléments du contenu, qui en aurait fait un album exceptionnel.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-les-amants-papillons-b..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par sultanne, le 07 avril 2012

    sultanne
    On se demande parfois à quoi joue ce Benjamin Lacombe. Son style a pris désormais de l'assurance, s'est affirmé dans l'onirique et la mélancolie ; le tout est finement illustré... il l'a trouvé le filon, et il ne le quitte pas !
    Le conte japonais qu'il rapporte, très ancien, est chargé de sens et pose tour à tour, de façon très subtile, la question de la place de la femme dans la société ,celle des traditions, de l'homosexualité, du caractère éternel de l'amour.
    Maoko a perdu sa mère trop tôt : elle n'a pas été "élevée", au sens premier du terme ; elle vit selon le principe de plaisir qui consiste à ne pas accepter la moindre contrainte et à refuser tout lien social : Maoko est déjà morte à l'âge de 14 ans parce qu'elle vit encore dans le souvenir de sa mère ; son chagrin n'a pas évolué et n'a pas su être sublimé.
    L'histoire n'est pas sans rappeller celle de Mulan, reprise par Disney. Elle semble dénoncer les affres d'une société conformiste qui enferme la femme dans un rôle traditionnel à souhait et qui se prive, du même coup, d'une partie non négligeable de sa richesse.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ciloubronte, le 24 novembre 2011

    ciloubronte
    Avexc cet album inspiré d'une légende japonaise, Benjamin Lacombe nous fait découvrir son univers artistique. A ses mots poétiques il mêle magie des couleurs et délicatesse du traits. Ses illustrations dégagent une réelle intensité à laquelle on ne peut-être que sensible. Les portraits de sa jeune heroÏne sont en mélancolie. "Les Amants Papillons" rete pour moi un livre empreint de magie, d'onirisme et d'émotion, mais son dénoument tragique en fait (selon moi) un album à réserver aux plus grands.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Emma-saru, le 25 avril 2010

    Emma-saru
    Chaque page de cet album est une pure merveille, un vrai tableau. la finesse du dessin, les jeux de couleur, les plissés, les textures, la poésie de l'ensemble en font l'un de mes albums fétiches. Classé dans la jeunesse, comme d'autres, c'est pourtant un livre qui s'adresse à tous les âges. La page de garde, ciselée comme une lanterne japonaise est sublime.
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 30 novembre 2009

    Naoko sait qu'elle ne reverra pas sa maison avant bien longtemps.
    L'éducation d'une jeune fille dure au moins cinq années. C'est le temps nécessaire pour connaître l'art de servir le thé, de jouer du luth ou de faire danser les éventails. Et c'est surtout le temps qu'il faut pour savoir se tenir! Car une jeune femme du monde ne doit parler, se lever, s'asseoir, sourire, presque respirer qu'au moment opportun. p.5
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    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par letilleul, le 04 août 2010

    Deux papillons s'échappent d'une dernière fêlure de la stèle. Ils virevoltent ensemble vers le ciel lumineux.
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Vidéo de Benjamin Lacombe

L'Herbier des Fées Un livre de Benjamin Lacombe & Sebastien Perez, publié en France par les éditions Albin Michel disponible en librairie le 27 octobre et en version numérique sur i tunes en novembre Plus d'informations : http://www.herbierdesfees.com http://www.benjaminlacombe.com http://www.albin-michel.fr/








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