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Par litolff le 23/06/2010
A Nevers, le lundi 19 novembre, Annette avait vu sans le voir le corps de Paul. Toute son attention avait été happée, dévorée par les mots de Paul. Et par ses mains. Qui parlaient avec lui, soutenaient sa parole, la relançaient ou reposaient à plat sur la table, dans les creux de silence, et frémissaient comme mues de l’intérieur par de sourds tressaillements qui disaient ou tentaient de dire ce que Paul taisait, ce qu’il gardait tapi sous le flot des choses audibles. Ni Annette ni Paul n’iraient extirper ce qui restait, s’incrustait, dessous. On ne gratterait pas les vieilles plaies de solitude et de peur, on n’était pas armé pour ça, pas équipé ; on s’arrangerait autrement.
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Par litolff le 15/11/2010
La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l’effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la n nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volent disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne vous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires.
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Par luocine le 10/11/2009
La nuit de Fridière ne tombait pas, elle montait à l’assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s’insinuait, noyait d’encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait.
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Par oops le 17/09/2011
En juin, le pays était un bouquet, une folie. Les deux tilleuls dans la cour, l'érable au coin du jardin, le lilas sur le mur, tout bruissait, frémissait, ondulait ; c'était gonflé de lumière verte, luisant, vernissé, presque noir dans les coins d'ombre, une gloire inouïe, qui les jours de vent léger, vous saisissait, vous coupait les mots, les engorgeait dans le ventre où ils restaient tapis, insuffisants, inaudibles. Sans les mots on se tenait éberlué dans cette rutilance somptueuse.
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Par litolff le 15/11/2010
Paul avait dit, une cuisine sans cloisons, ouverte, américaine ; et cet adjectif, relevé par Nicole sourdement effarée de l'invasion dont était menacé son territoire, fut aussitôt enrolé par les oncles pour désigner, au pluriel, les deux impétrants, les formidables, les Américains qui à l'avenir mangeraient avec Paul, dans une cuisine de même nationalité, tandis qu'eux, les trois, les frustes Gaulois, les Cantalous préhistoriques, n'en mangeraient pas moins, aux mêmes heures et en bas, dans leur cuisine française.
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Par litolff le 15/11/2010
Annette et sa mère n’aimaient pas que les princesses souffrent aussi et pleurent l’œil battu et le cheveu terne, ou se tuent avec des compagnons tapageurs dans des accidents de voiture calamiteux.
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Par luocine le 10/11/2009
. des vieux garçons il est vrai pour la plupart ensauvagés de solitude et de boisson, après la mort des parents.
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Elle n'avait rien connu d'autre et comprit à Nevers en novembre et plus encore en janvier qu'il faudrait tout inventer. Les corps aussi, les corps surtout.
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On ne gratterait pas les vieilles plaies de solitude et de peur, on n'était pas armé pour ça, pas équipé, on s'arrangerait différemment.
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Nicole et les oncles étaient d'une autre eau. Eussent-ils perçu le plus mince écho des affres violentes traversées par cette femme et ce garçon dont Paul imposait la présence en leur pré carré qu'ils se fussent battus, becs et ongles, sans merci ni répit, pour expulser les créatures étrangères, les corps impurs, et conduire à résipiscence le frère égaré, Paul, le maillon faible. Une guerre couvait, qui, pour rester sourde, n'en serait pas moins longue et difficile, guerre d'usure et de patientes tranchées.