Poète, mon semblable mon frère,
Jules Laforgue en crise métaphysique qui me rappelle par des poèmes assez banals mes crises postadolescentes, Dieu disparaissant, la mort apparaissant, le sentiment vertigineux et obsessionnel du vide, de l'absurde et le dégoût, Pascal baudelairisé par un homme timide qui voit bien que dans ce monde, ça n'est pas gagné, et que dans l'autre, c'est perdu (un pari, un coup de dé n'aboliront pas la mort), puis (même si ici c'est avant), une fois que tout a été désabusé, la complainte, la comptine de malheur, le poète qui regarde sa crise existentielle du coin de l'oeil, un brin hilare, vaguement vachement mélancolique et pointant discrètement le doigt sur la ridiculosité de la plainte amère de nos ancêtres les romantiques, Lamartine en ses vallons de larmes crocodilesques,
Chateaubriand lu à la piscine pour briser un tant soit peu la magnificence du style. De Laforgue retenons des formules (magiques) et des titres. Des vers ? "Des vers. Et puis, après ? ô sordide limace!", "Ô femme, mammifère à chignon, ô fétiche", ô complainte du foetus de poète, ô complainte des pubertés difficiles, miséréré.