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> Isabelle Caron (Traducteur)

ISBN : 2714445551
Éditeur : Belfond (2010)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 127 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un roman d’une ambition totale, porté par une écriture et une construction virtuoses, qui entremêle voix présentes et événements passés pour déployer, à travers l’odyssée d’un homme en quête désespérée d’identité et de sens, l’épopée flamboyante d’une famille sur cinq g... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 06 mai 2012

    Altervorace
    Le roman de Wally Lamb est profondément américain avec tous les défauts et les qualités inhérents à cette culture finalement assez éloignée de celle de notre vieille France. Tout est démesuré dans le Chagrin et la Grâce : les personnages, les tragédies, l'ampleur de l'histoire. Finalement, le personnage de Caelum nous emmène dans le mélodrame d'une Amérique en prise avec ses contradictions et ses ambivalences. Bien sur, l'auteur en fait parfois un peu trop ; du début à la tragédie presque antique jusqu'à la fin d'un lyrisme affolant. Mais c'est admirablement fait. Sous la plume incisive et précise de Wally Lamb, le mélodrame se fait oeuvre d'art. Et l'écrivain arrive, en 800 pages, à nous embarquer dans la quête mystique de son personnage... de l'histoire des États-Unis avant tout, par le prisme d'un présent où les héros, comme le pays, ont été traumatisé par Columbine. Étrangement, lors de ma lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la littérature russe car j'ai parfois eu l'impression que comme dans Guerre et Paix, c'est plus d'un pays tout entier dont nous parle l'auteur que d'un personnage. L'esclavagisme, la Guerre de Sécession, celle de Corée, Colombine... et un point commun aux tragédies américaines dans leurs effets sur les individus : l'Etat de Stress post-traumatique. L'ESPT est admirablement décrit bien que l'on ne s'éloigne pas une seconde du schéma type - la psychologie des personnages est parfois un peu scolaire. En vrac nous avons donc les thèmes suivants : la violence, le racisme, L Histoire, la guerre, la psychologie, les secrets de familles, les addictions, la prison, le féminisme... Et à force de tragédies Caelum devient un Job des temps modernes, qui tente de ne pas baisser les bras alors que tous les malheurs le frappent. Finalement la Grâce du titre est sans nulle doute la grâce divine, objet véritable de la quête du héros.
    Je ne pense pas que l'on doivent aborder le Chagrin et la Grâce comme un roman réaliste ou un thriller psychologique, pour moi c'est une tragédie lyrique moderne, presque une parabole. le genre d'ouvrage qui me rappelle pourquoi, depuis toujours, j'aime la lecture avec passion.
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    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 31 août 2014

    colimasson
    Triste paradoxe : alors que Wally Lamb se targue d'effleurer la grâce dans ce livre, il la transforme en une bouillie peu ragoûtante qui nous fera regretter le plus modeste et pourtant mieux réussi Chant de Dolorès.
    Wally Lamb ne cache pas ses difficultés d'écriture et il avoue dans la postface qu'il a eu « un mal fou à écrire cette histoire » parce qu'il se trouvait « en panne d'inspiration ». Mais puisqu'il faut céder à la pression éditoriale…Wally Lamb conclut de manière pataude et achève son laïus ennuyé comme si on l'avait forcé à retrouver les bancs de l'école primaire : « j'espère que le livre met en avant la notion que le pouvoir doit être utilisé d'une façon responsable et miséricordieuse, et que nous sommes tous responsables les uns des autres ».
    D'ailleurs, les réflexions ne sont pas d'un niveau supérieur et ses personnages principaux, la quarantaine largement dépassée, s'indignent hypocritement :

    « Parce que si un Seigneur miséricordieux doublé d'un Grand Marionnettiste tirait les ficelles, comment se fait-il que ma femme ait dû se recroqueviller dans un placard sombre, entendre la fusillade, et y survivre pour ne plus être que l'ombre amère, égocentrique d'elle-même ? »

    Et puis aussi :

    « Tu peux peut-être m'expliquer. Pourquoi faut-il que les gens qui n'en peuvent plus s'emparent d'armes à feu et choisissent de finir en beauté ? En détruisant la vie d'autrui en même temps que la leur ? »

    Wally Lamb s'essaie à la critique politique mais on sent bien que ce n'est pas son domaine de prédilection. Qui l'a donc forcé à s'engager dans cette impasse littéraire ? Il en résulte un gros papier pataud et inauthentique dans lequel on peinera à retrouver l'âme simple et touchante du Wally Lamb écrivant le Chant de Dolorès.
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    • Livres 4.00/5
    Par mariecesttout, le 19 février 2014

    mariecesttout
    Plusieurs jours après , que m'en reste-t-il? Pas mal de choses!
    Genre: pavé américain.
    Sous-genre: pavé américain bien lourd..
    J'avais lu les deux précédents romans de Wally Lamb qui ne donnaient pas dans la légèreté non plus..Il faut dire que cet écrivain donne l'impression de porter sur ses épaules le poids de l'histoire de son pays , et que ça pèse des tonnes.
    J'aime beaucoup le commentaire d'Altervorace qui dit déjà beaucoup de choses. Mais, s'il y a indiscutablement une dimension lyrique et mystique dans ce roman, la traduction française du titre en rajoute un peu, le titre initial étant The hour I first believed. La traduction des titres est toujours un mystère pour moi , et je ne sais pas qui en décide, le traducteur ou l'éditeur.
    En exergue, Dante, L'Enfer, bien sûr:
    "Elles traversèrent donc les eaux sombres
    Et n'avaient pas débarqué sur l'autre rive
    Que de nouvelles hordes s'assemblèrent."
    Et dans la postface, Wally Lamb raconte que le jour où il a fini d'écrire le manuscrit de ce roman qui démarre à peu près par le massacre de Columbine, " un étudiant armé est sorti de derrière un rideau dans une salle de conférences de Northern Illinois University, et a fait vingt et une victimes avant de se suicider...
    Le roman revisite donc l'histoire récente ( et un peu moins) des Etats-Unis à travers le destin d'un couple , écrasant sur son passage un personnage féminin, Maureen, auquel il n'épargne vraiment rien. Rescapée de Columbine ( les noms de toutes les victimes sont donnés) , le stress post traumatique dont elle souffre ( effectivement, très bien décrit) la conduit à des conduites addictives, et donc..
    Je dois avouer que ce que j'ai préféré dans cette histoire , c'est toute la partie qui raconte l'histoire de cette prison pour femmes du Connecticut, l'origine de sa création et le récit de la vie de cette militante abolitionniste , calqué sur le personnage d'Abigail Hopper Gibbons . Cela aurait suffi, pour moi, à faire un bon roman.
    Alors, qui trop embrasse etc? Trop? Trop de thèmes traités, trop de malheurs accumulés?
    Pas vraiment, enfin, pour moi. Enfin, toujours pareil, quand on aime le genre. A éviter à tout prix si ce n'est pas le cas.
    Mais tout s'enchaîne , la construction est remarquable,ce n'est pas dénué d'humour et de recul malgré tout, on ne s'ennuie pas une minute, l'auteur ( qui anime depuis longtemps des ateliers d'écriture dans des prisons) m'est sympathique, et bien sûr, je lirai son prochain roman avec le plus grand plaisir!
    Peut être pas de façon trop rapprochée, quand même.. :)


    Lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Abigail_Hopper_Gibbons
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 06 août 2012

    litolff
    Après le drame de Columbine et l'impossibilité pour Maureen de se reconstruire près des lieux du drame, Maureen et Caelum Quirk déménagent dans le Connecticut où a grandi Caelum.
    Maureen a en effet été un témoin direct de la tuerie et se retrouve dévastée, en état de choc...
    Ce roman ambitieux et foisonnant qui évoque le traumatisme et ses séquelles,la reconstruction post-traumatique et la résilience, aborde également l'abolitionisme et le féminisme.
    Un gros roman, que j'ai bien aimé mais que j'ai trouvé un tout petit peu longuet, très légèrement ennuyeux...
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    • Livres 3.00/5
    Par cats26, le 31 décembre 2014

    cats26
    Je sors de cette lecture un peu mitigée, même si j'ai trouvé que c'est dans l'ensemble un bon roman sur les traumatismes psychologiques, sur la vie d'"après", sur une saga familiale.
    Certains passages m'ont vraiment plu mais d'autres m'ont franchement ennuyée. J'ai d'ailleurs mis plusieurs mois à lire le roman, ce qui est un signe pour une lectrice boulimique comme moi. Wally Lamb écrit plutôt bien mais il m'a manqué quelque chose qui fait que, parfois je ne lâche pas un livre...
    J'ai trouvé le roman irrégulier : la mise en place de l'histoire avec le mal être du personnage principal, ses déboires sentimentaux et ses aspirations littéraires m'ont laissé indifférente mais lorqu'arrive la partie sur le massacre de Columbine, mon attention s'est réveillée; l'auteur s'est apparemment bien documenté et son questionnement de savoir ce qui peut transformer des gamins apparemment sans histoire en monstres tueurs est très intéressant. Caelum, le protagoniste principal était professeur de ces deux élèves et il n'a rien vu venir. C'est cet aveuglement au mal être, à la souffrance de ceux qui nous entourent et à cette impossibilité de comprendre que Caelum essaie de cerner : d'abord en la figure des jeunes assassins, ses élèves, puis de sa femme Maureen, rescapée du massacre qui sombre dans la dépression, puis de son père et de ses amis, vétérans de la guerre de Corée et enfin, d'un de ses élèves adultes, lui aussi vétéran et lui aussi auteur d'un massacre sanglant, en passant par l'aïeule, infirmière pendant la guerre de Sécession.
    Parallèlement, la découverte de l'histoire familiale de Caelum, dominée par la présence de femmes fortes et non conventionnelles déploie une saga familiale révélant certains aspects de la condition féminine et des différentes figures de la femme américaine au 20ème siècle.
    Cependant, ces deux thèmes sont noyés dans les tribulations du héros, de ses amis, histoires qui ont parasité pour moi, les thèmes principaux et ont dilué mon attention. de même, les divers rebondissements liés à la déchéance de Maureen m'ont un peu agacée; j'ai trouvé que Lamb chargeait un peu trop la barque, en rajoutait trop et c'était dommage.
    Bref, un roman que j'ai lu par intermittence car même si dans l'ensemble, les thèmes développés m'intéressaient, l'intrigue était trop brouillée, embrouillée pour être vraiment efficace et me tenir en haleine.
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Citations et extraits

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  • Par canel, le 29 juillet 2015

    Pour les jeunes qui ne sont pas sportifs, pour ceux qui aiment la lecture, ceux qui sont gays, ceux qui commencent à être révoltés par les injustices sociales, "afficher sa différence" est à la fois une découverte de soi et de l'autodéfense. Lors des grands rassemblements avant une compétition sportive, ils vous crèvent le coeur. Blottis les uns contre les autres, tout en haut des gradins, dans leurs impers trop grands et leurs vêtements de l'Armée du Salut, ils contemplent d'un air malheureux la consécration des élèves les plus populaires, approuvée par l'institution scolaire. Ils subissent des brimades, ces gosses - surtout ceux qui refusent de raser les murs. On leur fait des croche-pieds dans les couloirs, on les pousse contre les casiers aux vestiaires, on les bombarde de mie de pain au réfectoire. Leurs bourreaux sont pour la plupart extrêmement malins. Un prof accaparé, sortant des bureaux de l'administration ou se hâtant vers le photocopieur entre deux cours lancera peut-être un regard noir ou laissera tomber sèchement un "Ça suffit !", mais il ne s'arrêtera sans doute pas pour autant. Et si une petite brute sans finesse dépasse les bornes et se fait pincer, il y a de fortes probabilités pour que le CPE soit un ex-sportif et un ex-bourreau - quelqu'un qui comprend ce mode de fonctionnement, réprimande la petite brute et la renvoie en cours. Les marginaux savent où se réfugier : à la bibliothèque, au club de théâtre, au cours d'arts plastiques ou dans les ateliers d'écriture.
    (p. 51-52)
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  • Par canel, le 28 juillet 2015

    On avait découvert l'endroit où on enterrait jadis les nouveau-nés des détenues. A l'époque, poursuivait l'article, les femmes allaient en prison parce qu'elles étaient « en danger manifeste de tomber dans le vice ». Autrement dit : elles s'étaient fait mettre en cloque. Violer pour certaines, sans nul doute. Comme souvent, on blâmait les victimes...
    (p. 185)

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  • Par canel, le 28 juillet 2015

    Sur le chemin de la sortie, il m'arrêta pour reluquer sa vendeuse. « Qu'est-ce que tu dirais de plonger ta jauge là-dedans ? murmura-t-il.
    - C'est une femme, Al, pas une Mustang.
    - Ouais, mais je ne lui en veux pas. J'aimerais bien pourtant. »
    Je lui demandai ce qui à son avis se produirait en premier : la perte de sa virginité ou l'obtention de sa carte vermeil.
    (p. 184)
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  • Par canel, le 26 juillet 2015

    « Je leur téléphone [à mes parents] trois, quatre fois par semaine, dit Alphonse. Ils sont toujours comme chien et chat, j'en conclus donc qu'ils vont bien. La semaine dernière, c'est maman qui a décroché ; elle était furax contre papa. Elle ne lui adressait plus la parole depuis deux jours parce qu'il avait refusé de regarder ailleurs quand une pub pour Victoria's Secret [lingerie féminine] était passée à la télé. » Il se lança dans une imitation parfaite de sa mère : « Tu sais ce qu'il a eu le culot de me dire, Alfonso ? Que j'étais juste JALOUSE ! Ha ha, quelle rigolade ! Moi, jalouse d'une bande de PUTTANE squelettiques qui se pavanent en sous-vêtements ? »
    (p. 181)
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  • Par canel, le 27 juillet 2015

    On devait leur enseigner cette tactique en fac de médecine : faites poireauter les proches [des malades], comme ça le temps que vous arriviez au téléphone, on vous prendra pour Dieu le Père.
    (p. 83)

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Interview vidéo de Wally Lamb à l'occasion de la parution de son roman "Nous sommes l'eau". Dans cette vidéo l'auteur nous parle de ces influences littéraires et de implication féministe.








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