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ISBN : 2253158046
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)


Note moyenne : 4.24/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le corps blessé, l'âme meurtrie, Dolorès n'a que faire de la vie. Elle n'a que onze ans quand ses parents divorcent, et treize quand elle se fait violer. Les seuls réconforts de cette adolescente fragile sont les séries télévisées et la nourriture. Gâteaux, confiseries.... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 24 juillet 2012

    colimasson
    Qu'est-ce qui a pu me pousser à me pencher sur la lecture du Chant de Dolorès, si ce n'est une attirance malsaine pour l'horrible couverture rose de l'édition française, et pour l'idée de passer plusieurs centaines de pages en compagnie d'un personnage accablé par les pires malheurs de l'existence ?
    Le résumé ne nous cache pas le contenu du livre. Curriculum Vitae efficace, il permettrait presque au roman de décrocher le grelot de la quatrième de couverture la plus mélo-pathétique et la plus superficiellement crasse. Dolorès, après le divorce tragique de ses parents, passe la fin de son enfance en compagnie d'une grand-mère rétive à toute manifestation du moindre sentiment et d'une mère frappée par des crises de dépression, qu'elle alterne avec des moments d'euphorie nymphomaniaque. le temps de s'habituer à ce nouveau contexte environnemental, Dolorès subit le viol d'un ami de la famille à qui elle avait fait endosser tous les espoirs qu'elle portait en l'humanité. Impossible pour elle d'en parler à qui que ce soit –ses seules relations se limitant, de toute façon, à sa mère et à sa grand-mère. Dolorès se console alors en engloutissant le contenu des placards, qu'elle ravitaille en dévalisant le supermarché du quartier, et se réfugie dans l'extrémité pathologique de l'obésité. Plus rien ne l'intéresse, sinon demeurer dans sa chambre en mangeant et en regardant la télévision. Ceci dit, le temps passe quand même à l'extérieur de cette bulle et, à la fin de son adolescence, sa mère presse Dolorès à quitter le foyer pour entreprendre des études. Mais comme elle n'a jamais eu de relations valorisantes avec les autres, Dolorès refuse de se confronter à la cruauté de ceux qu'elle imagine être ses futurs camarades de classe. Elle s'oppose ainsi aux vives recommandations de sa mère, déclenchant une véritable guerre civile au cœur d'un foyer habité depuis longtemps déjà par des reproches passés sous silence. Ceci jusqu'à ce que sa mère meure, tuée dans un banal accident de la route… Cet évènement poussera finalement Dolorès à exécuter le désir de sa mère. Loin du foyer dans lequel elle a grandi, et avec l'aide d'un psychologue avec qui elle mène une relation enrichissante –la première depuis longtemps-, Dolorès parvient finalement à se réintégrer au monde et à se débarrasser de ses pulsions alimentaires. Sa nouvelle vitalité se manifeste par son activité professionnelle et la relation amoureuse qu'elle réussit à établir avec Dante. Formidable prouesse de résilience, Dolorès aborde désormais l'existence avec une sérénité d'autant plus prodigieuse qu'elle naît d'une suite de catastrophes dont on aurait eu peine à imaginer qu'il soit possible de s'en remettre.
    Alors, happy end pour cette histoire ? Cela aurait été décevant… L'histoire n'aurait été qu'une illustration d'une sentence de morale qui n'est que trop connue : il suffit de prendre sa vie en main pour espérer atteindre le bonheur. Mais la vie est longue, et même si l'existence de Dolorès parvient à lui sembler merveilleuse un certain temps, les ennuis ne tardent pas à se manifester de nouveau. On serait presque tentés de parler de malédiction… En effet, si Dolorès parvient désormais à aborder l'existence avec un recul qui lui est salutaire, ce n'est pas forcément le cas de ceux qu'elle côtoie, qui semblent encore sous l'emprise de leurs propres difficultés existentielles. Si leurs souffrances ne se limitaient qu'à eux-mêmes, Dolorès y survivrait. Mais elles se propagent insidieusement et n'épargnent pas la jeune fille.

    Après toute cette débauche des coups funestes du destin, on comprend que mon penchant malsain pour les malheurs d'autrui ait été amplement comblé avec ce Chant de Dolorès. Mieux que ça, le livre propose une vision lucide de l'existence, ni totalement désespérée, ni complètement enchantée. Il restitue sa complexité avec justesse et se propose de montrer comment, à long terme, les évènements modèlent un individu et contribuent à influencer ses choix de vie. le cas de Dolorès offre un exemple de résilience tout à fait crédible. Les malheurs qui sont les siens ne s'abattent pas sur elle pour le simple plaisir d'assister au spectacle d'une déferlante qui noierait un être simplement malchanceux. Ils jalonnent son existence de manière plus ou moins régulière, et s'expliquent de manière plus ou moins rationnelle. Ils alternent parfois avec des évènements heureux, qui procurent à l'histoire de Dolorès un aspect de véracité qu'il n'est pas toujours évident de trouver dans ce genre d'histoires. Entre temps, on assiste à la croissance d'une enfant. On partage avec elle ses découvertes, ses rencontres, au fil d'une prose de plus en plus mature. C'est là une prouesse de Wally Lamb : transférer à son écriture le ton d'un personnage en constante évolution. Non seulement, on ne pense jamais un instant que l'écrivain qui a donné vie à Dolorès est un quarantenaire qui n'a jamais été obèse et esseulé mais, en plus, on est ébloui par cette justesse de ton hyperréaliste et drôle sans le vouloir. La tendresse pour Dolorès émerge peu à peu, sans que Wally Lamb ne donne un instant l'impression de vouloir la susciter.
    Le meilleur tour de force de Wally Lamb est sans doute celui-ci : invoquer des sentiments louables chez le lecteur, pourtant confronté à la lecture d'une histoire qui promettait au mieux de le désoler, au pire de lui faire verser des larmes de crocodile. Après avoir lu Wally Lamb, on comprend qu'il n'aurait jamais pu commettre une telle hypocrisie. Sa vision est humaniste et jamais cet auteur n'aurait pu se complaire dans la description du malheur dans le seul objectif de soutirer des larmes au lecteur complaisant.



    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-le-chant-de-dolores-1992-de-..
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    • Livres 4.00/5
    Par ingridfasquelle, le 11 avril 2013

    ingridfasquelle
    Avec une héroïne vibrante de vérité, tour à tour antipathique et attachante, Wally Lamb m'a profondément touchée. Je me suis reconnue dans le parcours de cette jeune femme meurtrie et complexée, en rupture avec elle-même autant qu'avec les autres. de l'ironie au désespoir, d'épisodes franchement drôles à des scènes particulièrement touchantes, Le chant de Dolorès est un chant d'espoir, un roman émouvant, poignant, dont on reste imprégné longtemps.
    Écrit avec talent par un homme qui a su, à la perfection, incarner une jeune femme obèse, Le chant de Dolorès est un roman magnifique, une réussite à tous points de vue ! Sans avoir vécu aucune des épreuves traversées par Dolorès, Wally Lamb a su, avec une crédibilité sidérante et un ton impressionnant de justesse, décrire des comportements et des sentiments typiquement féminins, donner vie à Dolorès et la faire évoluer sur plus de 700 pages ! C'est bluffant ! Touchante de sincérité, sa Dolorès est un personnage en mal de tendresse auquel il est impossible de ne pas s'attacher. Aussi pathétique soit-il, son destin l'oblige à endosser à la fois le rôle de victime et une héroïne. On a les larmes aux yeux et la gorge serrée à l'évocation des souffrances et du calvaire qu'elle a vécus, mais on s'amuse de l'ironie et du sarcasme qu'elle utilise comme remède à sa souffrance ! On se sent porté, aussi, par le formidable exemple de courage et de résilience qu'elle offre au lecteur ! Car en dépit d'une destinée singulière et d'une vie particulièrement semée d'embûches et de coups durs, Dolorès ne baisse pas les bras ! Certes rejetée et mal dans sa peau, elle aura toujours le courage de trouver en elle le moyen de survivre et de renaître...
    Si sa vie n'est pas toute rose, jalonnée de coups funestes du destin qui la conduiront au bord du gouffre, il reste, fort heureusement pour Dolorès comme pour le lecteur, des épisodes lumineux, d'où il se dégage un véritable optimisme ! Au delà de ses drames et de son histoire tourmentée, Dolorès n'en est pas moins humaine. Wally Lamb n'a commis aucune fausse note. Son personnage sonne terriblement juste. On croirait lire une autobiographie, un témoignage plus vrai que nature de la merditude des choses. C'est précisément ce qui rend Dolorès si vraie, si inoubliable ! Cette crédibilité, cette vérité nous force, presque malgré nous, à vibrer à l'unisson, à ressentir de l'empathie et de la tendresse pour celle ! Chapeau l'auteur ! J'ai été éblouie par la justesse du ton, hyperréaliste et drôle sans le vouloir !
    Loin d'inspirer au lecteur une vision de la vie totalement désenchantée ou désespérée, Wally Lamb a fait de Dolorès un personnage qui certes, chancelle et vacille sous les coups répétés du destin, mais qui fait front, à sa manière, avec beaucoup de courage et d'humour. J'ai aimé la détermination pleine de rage de Dolorès, sa hargne et surtout, son humour noir et grinçant qu'elle manie comme une arme ! J'ai aimé assister à sa métamorphose, partager ses rencontres avec ces personnages atypiques qui, chacun à leur manière, la feront grandir, lui laissant enfin apercevoir la lumière au bout du tunnel ! Certains y voient un roman dur, douloureux, cruel. Je ne nierai pas qu'il l'est. Certains passages sont éprouvants et ne peuvent laisser le lecteur indifférent mais j'y vois surtout le récit formidable d'une vie (de l'enfance à l'âge adulte) faite d'épreuves mais aussi de joies. C'est plein d'espoir, d'optimisme. On ressort de ce roman bouleversé mais plus que jamais déterminé, certain que la vie mérite d'être vécue.
    "Malgré les coups durs de la vie, j'ai eu ma part de bonheur."
    "Jack Speight m'a mise en miettes, et moi j'ai bien failli en faire autant. Mais j'ai réussi à recoller en partie les morceaux. On m'y a aidée. J'ai eu de la chance et de l'amour..."
    Bien sûr, Le chant de Dolorès ne fait pas partie de ces romans qui apportent plaisir et détente. La souffrance est palpable, pesante, et le personnage de Dolorès tour à tour accablé, violent et agressif. Coups durs, trahisons, déceptions en série, Wally Lamb est allé au fond des choses, flirtant parfois d'un peu trop près avec les limites du pathos et du larmoiement ! Mais pour autant, cela n'a pas entamé mon enthousiasme. Les 700 pages du Chant de Dolorès ont coulé aussi naturellement et aussi simplement que la vie de Dolorès est douloureuse et tourmentée.
    Œuvre poignante portée par une écriture irrésistible, mélange unique de compassion et de cruauté, de naïveté et d'impitoyable lucidité, de drôlerie et de drame, Le chant de Dolorès offre une vision lucide et hyperréaliste de la vie dans toute sa complexité. C'est juste magnifique !

    Lien : http://histoiredusoir.canalblog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par livr-esse, le 06 avril 2013

    livr-esse
    Alors que Dolorès n'est encore qu'une enfant, ses parents se séparent.
    Sa mère, déjà instable suite à la perte d'un bébé, ira quelques temps en hôpital psychiatrique.
    Pendant ce temps, Dolorès est hébergée par sa grand-mère, femme pieuse et peu sympathique. C'est là qu'elle commence à se réfugier dans la nourriture ; très vite, sa courbe de poids grimpe en flèche.
    La lueur d'espoir, que pouvait alors représenter le nouveau voisin, va se transformer en cauchemar le jour où il abuse d'elle. Dolorès se replie dès lors complètement et ne vit plus que dans sa chambre entre les feuilletons télé et ses paquets de gateaux.
    Mais Dolorès est pleine de ressources et elle va, grâce à sa volonté, affronter tous ses démons.
    Mon avis :
    Vu mon résumé de l'histoire, vous pourriez avoir envie de vous enfuir en courant... et bien surtout, ne le faites pas car vous passeriez à côté d'un sublime roman !
    Chaque soir, j'avais hâte de retrouver Dolorès pour l'écouter me raconter sa vie, ses peurs, ses envies et ses doutes.
    Passionnant de la première à la dernière page, ce roman écrit à la première personne du singulier m'a touché par sa sincérité et son réalisme. J'ai eu l'impression de me lier d'amitié avec Dolorès et je n'avais du coup pas envie de la quitter car elle nous raconte tout.
    Un roman de 700 pages, d'une vie, de l'enfance à l'âge adulte, faite d'épreuves mais aussi de joie, dur et beau à la fois, qui ne laisse pas indifférent et qui devient un ami pendant quelques jours.
    Les larmes aux yeux, j'ai tourné les dernières pages car je n'avais pas envie de la laisser, cette Dolorès. Pas du tout envie !
    A noter impérativement en rouge dans vos LAL !!!

    Lien : http://www.livr-esse.com/article-le-chant-de-dolores-116809604.html
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    • Livres 5.00/5
    Par camilledupont, le 02 octobre 2012

    camilledupont
    Sublime ! Cet auteur est définitivement génial, fin, pudique et fait preuve d'une empathie exceptionnelle pour parvenir à rendre aussi crédible son personnage, pourtant aux antipodes de son univers. Cet exploit est de surcroit empreint d'un réalisme mesuré et pudique, et d'un style à la fois simple, riche et juste. On retrouve les thèmes chers à Wally Lamb, à savoir les ravages des traumatismes...et cette psychothérapeute indienne présente dans tous ses romans (cette récurrence m'intrigue...). Un must !
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    • Livres 4.00/5
    Par twinckel, le 12 août 2012

    twinckel
    beaucoup semblent avoir trouver ce roman dur, douloureux, cruel, curieusement je l'ai trouvé plein d'espoir, réel, optimiste.
    Dolorès est un beau personnage, qui chancelle sous les coups du sort mais fait front à sa manière et avec beaucoup d'humour.
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 31 juillet 2012

    « Dans quelle mesure le dilemme de Hamlet nous renvoie-t-il à la condition de l’homme moderne ? » a demandé ma prof de littérature. Devant moi, les autres élèves toussaient et soupiraient, ne s’arrêtant d’écrire que pour secouer leur main engourdie. Je savais ce qu’elle attendait : elle voulait qu’on lui parle d’aliénation –du sentiment de solitude et d’abandon. Elle voulait qu’assise à ma table sur mesures –parce que j’étais trop grosse pour les pupitres normaux- je m’apitoie sur Hamlet. Tout au long de l’année ses yeux m’avaient évitée, comme si je n’existais pas. J’étais le monstre invisible. Mais moi, je me fichais royalement de ce connard de Hamlet et de son dilemme à la con. Celui qui me faisait pitié, c’était le vieux roi, le fantôme, celui qui avait bu le poison et était mort alors que les autres continuaient à vivre comme si de rien n’était.
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  • Par colimasson, le 22 août 2012

    - Tu ne me connais pas ? Bien sûr que si. Je ne comprends pas où tu veux en venir.
    - Je veux dire qu’il y a des choses que je ne sais pas sur toi, comme… Par exemple, je ne sais pas comment grand-père et toit vous vous êtes rencontrés. Quel genre de vie vous avez eue.
    Elle a soupiré, écœurée.
    - Bon, je sais bien que tous tes psycho-machinchoses t’ont fait du bien. Ils t’ont aidée à oublier ce que ce tordu du second t’avait fait. Et la mort de ta mère… Mais ton grand-père et moi on a travaillé dur toute notre vie, et rien d’autre. On n’avait pas le temps de se poser des questions à cette époque-là. De couper les cheveux en quatre. Il y a de l’eau qui a coulé sous les ponts depuis. J’en ai oublié les trois quarts.
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  • Par colimasson, le 01 août 2012

    De retour à la maison, j’ai commencé à trancher dans le rôti au hasard avec le gros couteau de cuisine de grand-mère. Plus je coupais la viande et plus elle devenait rouge et crue. J’ai manqué d’étrangler en avant tout rond des morceaux de viande si gros que je n’arrivais pas à les mâcher. A la fin, je pouvais plus bouger les mâchoires, j’ai remis le reste de viande dans son emballage et je suis allée le cacher dans la boîte à ordures dans le jardin. […]
    Je savais que grand-mère gardait une bouteille de liqueur Mogen David dans sa table de nuit. « Le machin », comme elle l’appelait. Elle en buvait parfois le soir, quand elle n’arrivait pas à dormir. Le bouchon a fait un petit bruit de succion quand je l’ai ôté. Je me suis mise à boire au goulot, en laissant le liquide amer et sirupeux me dégouliner sur le menton. De retour dans ma chambre, je me suis gavée de pommes de terre chips et de gâteaux, et j’ai mâché, mâché jusqu’à ce que ma bouche se remplisse d’une bouillie sucrée et salée.
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  • Par colimasson, le 20 août 2012

    Ignorant mes propres emplettes, j’ai sorti les trois bières laissées par le précédent locataire ; j’en ai ouvert une et je l’ai versée dans la tasse à la danseuse hawaïenne. […]
    La danseuse hawaïenne fermait les yeux, et elle souriait d’un air timide. Je lui ai secoué les seins. C’était un homme, à tous les coups, qui avait fabriqué cette tasse. Un homme qui s’imaginait qu’il lui donnait du plaisir en lui secouant les seins.
    - Ne les laisse pas t’humilier comme ça, j’ai dit.
    J’ai vidé la tasse, je l’ai retournée, et à l’aide d’une fourchette j’ai arraché le fil de fer. Puis j’ai ôté les seins en céramique. Au labo, c’était toujours moi qui gueulais quand ils voulaient refiler le sale boulot aux nanas.
    […] A présent la danseuse avait des trous à la place des seins. Une mastectomie. Son sourire s’est transformé en autre chose : le sourire d’une femme courageuse et avisée, une femme que la douleur avait rendue sage.
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  • Par colimasson, le 11 août 2012

    De retour dans la salle de repos, j’ai dîné à la lueur de la torche électrique. Deux Sprite achetés dans le distributeur, et un sachet géant de noix de macadamia. Comme dessert j’ai mangé un rouleau de caramels et des boules de coco. Je les ai mangées comme j’avais l’habitude de le faire à Easterly : j’ôtais d’abord le chapeau, puis je faisais deux entailles dans la croûte avec les incisives. Après quoi, je prenais une gorgée de soda et je laissais la meringue fondre dans ma bouche. Le rituel m’a réconfortée et déçue à la fois. On avait beau faire, on était toujours la même personne, quelles que soient les circonstances.
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