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Martine Céleste Desoille (Traducteur)
ISBN : 2266098896
Éditeur : Pocket (2000)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 119 notes)
Résumé :
Le corps blessé, l'âme meurtrie, Dolorès n'a que faire de la vie. Elle n'a que onze ans quand ses parents divorcent, et treize quand elle se fait violer. Les seuls réconforts de cette adolescente fragile sont les séries télévisées et la nourriture. Gâteaux, confiseries... Elle s'empiffre et devient "la grosse" du quartier, la risée des jeunes de son âge.
Qu'importe... Dolorès décide de ne plus sortir. Elle reste cloîtrée dans sa chambre, dans la maison de sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
latina
latina26 février 2016
  • Livres 3.00/5
Il me semble que cela fait un temps infini que j'ai passé toutes mes soirées attachée à Dolores Price.
Mon Dieu que cette lecture m'a semblé longue, longue, longue.
Les critiques enthousiastes m'y avaient pourtant préparée favorablement : une analyse féminine sans tabou sur les difficultés rencontrées par une enfant, jeune fille, jeune femme ; la psychologie, le combat pendant et après l'épreuve, la condition féminine, son positionnement face à l'homme...Tout ça m'intéresse beaucoup.
Oui ? Eh bien non, pas ici.
Et pourtant, elle en connait, des épreuves, Dolorès : l'abandon du père, la dépression de la mère, le viol à 13 ans, un détour par l'obésité, qui dure et qui dure, le rejet des autres...Et ce n'est pas fini ! Heureusement que vers 30 ans, Dolores se recentre sur elle-même, avec humour, aussi. le quatrième quart du livre me semble plus digeste.
Car je viens de mettre le doigt sur le mot juste : « indigestion ». J'ai souffert d'une trop grosse dose de coups durs. J'ai mal encaissé.
J'avais besoin de littérature plus légère, et je ne sais pourquoi je me suis lancée dans l'écoute de ce chant de Dolores, sirène du malheur. le style, en outre, ne m'a pas semblé spécial.
Loin de moi l'idée de décourager les futurs lecteurs ! Il s'agit d'une lecture entamée au mauvais moment. Je salue quand même l'analyse fine que Wally Lamb a faite de la femme.
Si vous avez envie d'accompagner Dolores, armez-vous de courage ou munissez-vous tout simplement d'un bon morceau de chocolat qui vous permettra de passer le cap sans danger.
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Nastie92
Nastie9213 janvier 2015
  • Livres 4.00/5
Hélas pour elle, Dolorès porte bien son nom. Wally Lamb a créé là un sacré personnage : une écorchée vive, meurtrie par la vie, qui ne peut pas laisser le lecteur indifférent.
Si le début du roman m'a semblé assez lent, voire un peu poussif par moments, je me suis petit à petit attachée à Dolorès, jusqu'à ne plus pouvoir m'en détacher.
Des parents défaillants (chacun à sa façon), une agression subie alors qu'elle a treize ans : Dolorès part dans la vie avec un handicap certain. Pourra-t-elle s'en sortir, comment, avec qui, et surtout, en aura-t-elle la volonté ?
Wally Lamb explore dans ce roman la capacité d'un être humain à faire face (ou non), à avancer (ou non) malgré les obstacles, et j'ai trouvé l'ensemble vraiment réussi.
Ce que j'ai apprécié est le fait qu'en dépit de tous les malheurs qui s'abattent sur elle, Dolorès n'est jamais réduite à une simple victime sur laquelle le lecteur devrait s'apitoyer, devrait pleurer. Non, Dolorès est bien plus que cela, et c'est tant mieux.
Il y a dans son parcours de petits moments de bonheur, comme de petites éclaircies, et même des moments franchement heureux. Quelques petites touches de fantaisie judicieusement distillées dans le récit, sans oublier de l'humour : Dolorès est plus vraie que nature et c'est pour cela qu'on peut croire à son histoire, et que cette héroïne malgré elle nous émeut.
Un coup de chapeau à l'auteur, qui a si bien su se glisser dans la peau de ce personnage féminin, partager ses pensées, ses sentiments, nous la faire comprendre et finalement aimer.
Lorsqu'elle était lycéenne, dans le "carnet d'appréciations" dans lequel les camarades de classe écrivent de petits mots les unes sur les autres, Dolorès avait marqué sur sa page : "Gagne à être connue". Voilà qui résume parfaitement ce que je pense d'elle : Dolorès gagne à être connue.
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Symphonie
Symphonie06 janvier 2014
  • Livres 5.00/5
Je l'ai vue nager et voler. Elle m'a aspergée et je suis couverte d'écume.
Baptisée. Je ris, je pleure en léchant mes lèvres salées.
- Je l'ai vue Thayer ! Je l'ai vue !
Dolorès est la première à l'apercevoir dans l'océan gris bleu. Mais au fond, comment aurait-il pu en être autrement ? Il fallait qu'elle voie celle dont elle a tant de fois porté le nom : une baleine !
Dolorès est grosse certes, mais il n'en n'a pas toujours été ainsi. Abandonnée par son père à onze, violée par le locataire de sa grand mère à treize ans, la jeune Dolorès Price se réfégie dans la nourriture. En quelques mois, elle pèse cent soixante cinq kilos pour son mètre soixante deux, ingurgitant encore et encore des kilos de détresse. Sa vie se résume à deux choses : la nourriture et la télévision.
Son entrée à l'université ne fait qu'accentuer son mal être. Face à la répulsion de Kippy à devoir partager sa chambre avec une grosse, au fil des jours, Dolorès devient le souffre douleur de cette dernière et de sa bande. Lors d'une soirée, incapable de supporter davantage leurs moqueries, après avoir été la risée de tous, traitée de Mongole Fière et de baleine, Dolorès s'enfuit dans la nuit, décidée à mettre fin à son calvaire. Et quel endroit plus significatif pour se noyer que celui où viennent mourir des baleines depuis quelque temps, sans que l'on n'en connaisse la raison ? Sauvée in extrémis, la jeune fille va mener un rude combat. Celui de s'accepter telle qu'elle est, mais aussi et surtout, renouer avec le goût de vivre.
Durant sept années, avec le soutien de son mentor, le Docteur Shaw, Dolorès va se battre pour retrouver son identité et accepter ce qu'elle refusait d'admettre: l'amour que lui portait sa mère, cette mère qui n'est plus de ce monde. Sa rencontre avec Dante, dont l' autorité se dévoile peu à peu, se soldera par une rupture, accentuant sa méfiance envers les hommes. Mais l'amour, le vrai n'est jamais loin et se trouve souvent là où on ne l'attend pas. le jeune Thayer mettra tout en oeuvre pour recoller les morceaux de ce coeur brisé en mille éclats.
Le chant de Dolorès, terriblement poignant et réaliste est un véritable hymme à la vie, une renaissance à part entière que Wally Lamb nous décrit magnifiquement. Ce parcours exceptionnel d'une jeune femme en devenir, meurtrie au plus profond d'elle même, conquit et révolte tour à tour le lecteur par le courage dont elle fait preuve et le mépris qu'elle inspire à cause de son poids.
Parceque l'on ne guérit jamais d'un viol, ce récit traite intelligemment, sans faux semblants, la souffrance vécue après un tel fait, les conséquences qui en résultent et le regard d'une société méprisante sur l'obésité, plus particulièrement. Rien n'est omis dans cet ouvrage efficace et bouleversant : La douleur physique et morale d'un corps et d'un coeur maltraité depuis l'enfance. Un récit où les mots justes nous décrivent les blessures profondes d'une Dolorès dont le chant, croyez moi, nous trottera très longtemps dans la tête...
Un véritable coup de coeur pour ce roman qui aurait pu s'intituler " le chant de la douleur " ( Dolorès signifiant douleur )
Merci à Verdorie pour ce conseil de lecture avisé. Merci également à tous les membres de Babelio qui m'ont orientés vers des ouvrages enrichissants.

Bonne année à tous pour ma première critique 2014 !

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canel
canel06 février 2015
  • Livres 5.00/5
Les adolescents en grande souffrance qui tyrannisent leurs proches et leur font vivre un enfer, ça existait déjà dans les années 60. La preuve avec Dolorès Price, malmenée par la vie, à la fois odieuse, injuste et cruelle avec sa mère et sa grand-mère, et terriblement touchante vue de l'extérieur.
Wally Lamb retrace vingt années de la vie de cette jeune femme, entre profond mal-être, comportements auto-destructeurs, rémissions et rechutes, entre mesquineries et cruautés d'étudiantes, univers psychiatrique, difficultés conjugales. Avec, pour décor, les Etats-Unis des années 1960 à 1980.
J'ai dévoré ce roman intense et bouleversant la gorge serrée, très étonnée de découvrir à mi-parcours que son auteur était un homme et non une femme à qui la gente masculine en aurait fait baver : les portraits virils y sont vraiment sans complaisance, on croise des violeurs, des menteurs, des monstres d'égoïsme, des maris/amants volages, mais peu de types bien au final.
Il est dommage que les éditions Pocket aient choisi une couverture grotesque qui laisse attendre de l'humour et/ou de la légèreté ; le visage féminin de celle du Livre de Poche me semble plus adapté au ton du récit.
Trois autres romans de Wally Lamb sont disponibles en VF, je suis curieuse et impatiente de les découvrir, a fortiori s'ils sont de cette envergure, comme les avis de lecteurs le laissent présager.
/!\ Attention à la quatrième de couverture : on y apprend dès la première phrase un événement qui ne survient qu'après plus de cent cinquante pages.
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colimasson
colimasson24 juillet 2012
  • Livres 5.00/5
Qu'est-ce qui a pu me pousser à me pencher sur la lecture du Chant de Dolorès, si ce n'est une attirance malsaine pour l'horrible couverture rose de l'édition française, et pour l'idée de passer plusieurs centaines de pages en compagnie d'un personnage accablé par les pires malheurs de l'existence ?
Le résumé ne nous cache pas le contenu du livre. Curriculum Vitae efficace, il permettrait presque au roman de décrocher le grelot de la quatrième de couverture la plus mélo-pathétique et la plus superficiellement crasse. Dolorès, après le divorce tragique de ses parents, passe la fin de son enfance en compagnie d'une grand-mère rétive à toute manifestation du moindre sentiment et d'une mère frappée par des crises de dépression, qu'elle alterne avec des moments d'euphorie nymphomaniaque. le temps de s'habituer à ce nouveau contexte environnemental, Dolorès subit le viol d'un ami de la famille à qui elle avait fait endosser tous les espoirs qu'elle portait en l'humanité. Impossible pour elle d'en parler à qui que ce soit –ses seules relations se limitant, de toute façon, à sa mère et à sa grand-mère. Dolorès se console alors en engloutissant le contenu des placards, qu'elle ravitaille en dévalisant le supermarché du quartier, et se réfugie dans l'extrémité pathologique de l'obésité. Plus rien ne l'intéresse, sinon demeurer dans sa chambre en mangeant et en regardant la télévision. Ceci dit, le temps passe quand même à l'extérieur de cette bulle et, à la fin de son adolescence, sa mère presse Dolorès à quitter le foyer pour entreprendre des études. Mais comme elle n'a jamais eu de relations valorisantes avec les autres, Dolorès refuse de se confronter à la cruauté de ceux qu'elle imagine être ses futurs camarades de classe. Elle s'oppose ainsi aux vives recommandations de sa mère, déclenchant une véritable guerre civile au coeur d'un foyer habité depuis longtemps déjà par des reproches passés sous silence. Ceci jusqu'à ce que sa mère meure, tuée dans un banal accident de la route… Cet évènement poussera finalement Dolorès à exécuter le désir de sa mère. Loin du foyer dans lequel elle a grandi, et avec l'aide d'un psychologue avec qui elle mène une relation enrichissante –la première depuis longtemps-, Dolorès parvient finalement à se réintégrer au monde et à se débarrasser de ses pulsions alimentaires. Sa nouvelle vitalité se manifeste par son activité professionnelle et la relation amoureuse qu'elle réussit à établir avec Dante. Formidable prouesse de résilience, Dolorès aborde désormais l'existence avec une sérénité d'autant plus prodigieuse qu'elle naît d'une suite de catastrophes dont on aurait eu peine à imaginer qu'il soit possible de s'en remettre.
Alors, happy end pour cette histoire ? Cela aurait été décevant… L'histoire n'aurait été qu'une illustration d'une sentence de morale qui n'est que trop connue : il suffit de prendre sa vie en main pour espérer atteindre le bonheur. Mais la vie est longue, et même si l'existence de Dolorès parvient à lui sembler merveilleuse un certain temps, les ennuis ne tardent pas à se manifester de nouveau. On serait presque tentés de parler de malédiction… En effet, si Dolorès parvient désormais à aborder l'existence avec un recul qui lui est salutaire, ce n'est pas forcément le cas de ceux qu'elle côtoie, qui semblent encore sous l'emprise de leurs propres difficultés existentielles. Si leurs souffrances ne se limitaient qu'à eux-mêmes, Dolorès y survivrait. Mais elles se propagent insidieusement et n'épargnent pas la jeune fille.

Après toute cette débauche des coups funestes du destin, on comprend que mon penchant malsain pour les malheurs d'autrui ait été amplement comblé avec ce Chant de Dolorès. Mieux que ça, le livre propose une vision lucide de l'existence, ni totalement désespérée, ni complètement enchantée. Il restitue sa complexité avec justesse et se propose de montrer comment, à long terme, les évènements modèlent un individu et contribuent à influencer ses choix de vie. le cas de Dolorès offre un exemple de résilience tout à fait crédible. Les malheurs qui sont les siens ne s'abattent pas sur elle pour le simple plaisir d'assister au spectacle d'une déferlante qui noierait un être simplement malchanceux. Ils jalonnent son existence de manière plus ou moins régulière, et s'expliquent de manière plus ou moins rationnelle. Ils alternent parfois avec des évènements heureux, qui procurent à l'histoire de Dolorès un aspect de véracité qu'il n'est pas toujours évident de trouver dans ce genre d'histoires. Entre temps, on assiste à la croissance d'une enfant. On partage avec elle ses découvertes, ses rencontres, au fil d'une prose de plus en plus mature. C'est là une prouesse de Wally Lamb : transférer à son écriture le ton d'un personnage en constante évolution. Non seulement, on ne pense jamais un instant que l'écrivain qui a donné vie à Dolorès est un quarantenaire qui n'a jamais été obèse et esseulé mais, en plus, on est ébloui par cette justesse de ton hyperréaliste et drôle sans le vouloir. La tendresse pour Dolorès émerge peu à peu, sans que Wally Lamb ne donne un instant l'impression de vouloir la susciter.
Le meilleur tour de force de Wally Lamb est sans doute celui-ci : invoquer des sentiments louables chez le lecteur, pourtant confronté à la lecture d'une histoire qui promettait au mieux de le désoler, au pire de lui faire verser des larmes de crocodile. Après avoir lu Wally Lamb, on comprend qu'il n'aurait jamais pu commettre une telle hypocrisie. Sa vision est humaniste et jamais cet auteur n'aurait pu se complaire dans la description du malheur dans le seul objectif de soutirer des larmes au lecteur complaisant.


Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-le-chant..
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Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
camaticamati27 mai 2016
- Est-ce que vous voulez voir la dépouille? Elle est arrivée hier après-midi. Nous l'avons préparée.
- Vous voulez bien me rendre un service? Arrêtez de parler de ma grand-mère comme s'il s'agissait d'une portion de poulet frit.
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camaticamati27 mai 2016
Assise sur le canapé marron, ma frange scotchée sur le front, je regardais la télé. A l'autre bout du salon, maman était en train de faire sa dépression nerveuse.
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camaticamati27 mai 2016
Elle était grande et frêle, avec une tignasse sèche et d'aspect poussiéreux qu'elle avait vaguement arrangée sur le devant et laissée à l'abandon sur l'arrière.
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camaticamati27 mai 2016
Il m'a dit que mon repassage était une métaphore - que j'aplanissais le chaos qui régnait dans ma vie.
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camaticamati27 mai 2016
Chaque soir, la lumière de M. Pucci était allumée au premier, comme un rectangle de chagrin.
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Videos de Wally Lamb (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Wally Lamb

Wally Lamb - Ses influences
Interview vidéo de Wally Lamb à l'occasion de la parution de son roman "Nous sommes l'eau". Dans cette vidéo l'auteur nous parle de ces influences littéraires et de implication féministe.
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