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ISBN : 2221084012
Éditeur : Robert Laffont (1999)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 71 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La première femme peintre qui gagna sa liberté à la force de
son pinceau. En 1611, à Rome, dans un atelier du quartier des
artistes, la jeune Artemisia se bat avec fureur pour imposer son
talent. Son adversaire le plus redoutable n'est autre que ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Zebra, le 22 mars 2014

    Zebra
    « ARTEMISIA » est une grande biographie romancée écrite par Alexandra Lapierre. Paru en 1998 aux éditions Robert Laffont, dans la collection Pocket, cet ouvrage de 670 pages couvre une grande partie de la vie d'ARTEMISIA Gentileschi, « la première femme peintre qui gagna sa liberté à la force de son pinceau ». Prix du roman historique et Prix du XVIIème siècle, le livre a reçu les éloges de la presse : il a été noté 3,81 sur 5 par les lecteurs de Babelio.
    La première page annonce d'emblée la tonalité du livre : ARTEMISIA, un duel pour l'immortalité. Diable! Puis, deux pages plus loin, Alexandra Lapierre précise : « A mon père, avec un tendre clin d'œil. » avant d'ajouter : « Pendant cinq ans, j'ai cheminé sur les traces d'ARTEMISIA et d'Orazio Gentileschi à travers le monde. le lecteur trouvera l'histoire de mes recherches, la liste de mes sources, ainsi qu'un petit lexique des principaux personnages en fin de volume. » Vous l'aurez compris : en ouvrant le livre, vous plongez dans une aventure majeure. L'auteure a entrepris une réelle filature à travers les âges (respect des faits, présentation du contexte et du destin des personnages). le travail sur L Histoire est remarquable, la représentation de la vie et du milieu artistique italien du 17ème siècle est criante de vérité et d'une richesse inouïe, quant à la biographie de cette femme hors du commun, elle abonde en détails troublants et vous porte à la fin de l'ouvrage sans avoir occasionné le moindre ennui. En passant, vous découvrez les tableaux de l'époque, les techniques employées en peinture, les procès -monnaie courante- le côté misogyne de la société et plein d'autres choses (voir plus loin).
    Les évènements sont décrits avec fougue, passion et fluidité. le côté baroque de l'ensemble invite à des images séduisantes. le cheminement d'ARTEMISIA, touffu et complexe, est à l'image de la vie artistique d'alors. Les rapports passionnés, faits de haine et d'amour, entre ARTEMISIA et son père Orazio sont d'un réalisme saisissant, frisant un peu le romanesque. L'écriture est agréable et d'une grande fluidité.
    Biographie quasi-unique de cette femme peintre, l'ouvrage allie le sérieux du chercheur et l'audace de l'écrivain parti à la rencontre du terrain : le récit est fouillé, les chapitres courts vous tiennent en haleine, le rythme est soutenu, l'enquête psychologique (rapports entre père et fille, entre femmes, entre femmes et hommes, entre peintres et simples ouvriers, …) est d'une richesse incroyable. le côté obsessionnel du destin d'ARTEMISIA se conjugue à la perfection avec la rencontre sentimentale et intellectuelle de cette femme avec la société italienne du XVIIème siècle. Oui, ARTEMISIA voulait son indépendance, elle voulait que son talent soit reconnu, elle voulait se relever du viol qu'elle avait subit et se servir des hommes pour être célèbre.
    Livre féministe ? Peut-être. En fait, ARTEMISIA voulait devenir un grand peintre : pour cela, il lui fallait choisir entre la petitesse et la grandeur, entre le néant et l'éternité, entre son père et elle (page 277). Pour Orazio, ARTEMISIA était cette enfant qu'il avait voulu façonner, une image, une idée, le prolongement de lui-même et de son ambition (page 279). Puisant dans sa vie, recueillant les fruits de l'orgueilleux combat des grandes dames de l'Histoire, ARTEMISIA met en scène dans ses peintures l'injustice, la trahison, la honte (page 334). Et ses tableaux reflètent la violence des rapports qu'elle entretenait avec son père : entre elle et lui c'est à celui qui pourrait « écraser l'autre de sa superbe » (page 496). Au terme de sa vie, Orazio lui offre enfin une identité, une profession, une carrière et la liberté (page 328) : pour lui qui ne pouvait travailler à Florence sans l'influence qu'ARTEMISIA avait auprès du Grand Duc, pour elle qui ne pouvait entrer à l'Académie sans que son père fasse les démarches nécessaires à Florence, les jours deviennent subitement plus paisibles, et les rivalités s'estompent.
    Alors, ARTEMISIA, une femme d'une force indestructible ? Pas vraiment : ARTEMISIA reste une femme naturelle qui vit en bonne intelligence avec ses proches (page 303), mais -artiste jusqu'au bout des doigts- elle n'en demeure pas moins une enfant, inquiète et angoissée (page 420), et une mère : pour ARTEMISIA, la maternité est synonyme de chaleur d'un jeune corps qui se blottit contre elle, de sensation de paix, d'abandon, de douceur, d'intimité, de goût du secret. Bref, elle s'épanouit et cet épanouissement dépasse celui que lui procuraient ses nombreux amants (page 396).
    Mais cet ouvrage offre également aux lecteurs d'autres occasions, à commencer par la redécouverte des sociétés romaine (avec sa compétition entre les artistes), florentine, vénitienne (ah, Venise, excommuniée après son long bras de fer avec Rome ; une société patricienne devisant sans fin sur la place de la femme dans l'univers) et napolitaine de l'époque (ah, Naples, sa tiédeur, sa turbulence, son brouhaha, les contrastes entre les immenses couvents et les baraques exigües coincées dans des culs-de-sac) ; l'ambiance des cours (fourmillant d'espions et d'émissaires de toutes sortes) ; le côté singulier des salons (où, en guise de pâtisseries, on vous servait des Cupidons en sucre, des Vénus en pâte d'amandes et des pièces montées) ; l'atmosphère si particulière de Londres (froide, sans couleurs, triste, envahie par la fumée noire et les puanteurs des exhalaisons de houille) ; certaines pratiques très habituelles (comme la rapine des œuvres d'art), etc.
    Alexandra Lapierre a effectué des recherches considérables, s'est enfermée dans son écriture et est allée vers ses personnages, allant hanter les lieux où ils ont vécus, serrant au plus près la vérité historique. Cette exigence, intime et personnelle, ce respect, Alexandra Lapierre les met au service de l'ouvrage : le livre en ressort plein d'une clarté, d'une précision et d'une vérité décuplée. Un chef d'œuvre. Cinq étoiles.
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    • Livres 3.00/5
    Par feanora, le 03 septembre 2014

    feanora
    La vie d'ARTEMISIA Gentileschi m'était totalement inconnue.
    Sa vie se déroule au dix-septième siècle, époque où les arts fleurissent à la suite De La Renaissance.
    Son enfance romaine fut douloureuse car elle perdit sa mère alors qu'elle n'était qu'une très petite fille. Elle n'avait pas le droit de sortir et elle grandit solitaire avec ses trois frères.Elle vivait cachée de peur qu'elle fasse de mauvaises rencontres.
    Elle devint très vite l'élève et le modèle.de son père Orazio, peintre renommé, très marqué par les tableaux du Caravage.
    Malgré cette protection, elle fut violée par l'associé de son père et porta plainte contre lui et confirma ses affirmations sous la torture.
    En effet, sans virginité son honneur était perdu.
    Elle travailla avec Orazio, jusqu'à son mariage qui la conduisit à Florence Cette ville consacra sa renommée en lui permettant d'avoir pour protecteur Côme II, duc de Toscane.
    Elle réussit à entrer à l'Académie des peintres ce qui lui permit de se libérer de la tutelle de son mari.
    Sa vie fut une longue errance malgré sa célébrité, toujours à la recherche de la perfection, voulant dépasser l'œuvre de son père. C'est elle qui l'achèvera à Londres, à la mort de ce dernier.
    Elle est certainement la première femme libre qui vécut de sa peinture.
    Ce livre est très intéressant pour toute personne qui aime l'histoire, l'art en général est plus particulièrement la peinture
    .
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    • Livres 3.00/5
    Par spleen, le 25 mai 2013

    spleen
    Enthousiasmée lors de ma visite à l'exposition d'Artemisia Gentileschi l'an dernier, j'ai voulu connaitre l'histoire mouvementée de cette artiste singulière.
    Gros travail historique et belle représentation du milieu artistique italien du XVII ème siècle et de la vie de l'époque qu'a fourni Alexandra Lapierre.
    L'histoire de cette femme peintre ne peut laisser indifférent, marquée par un retentissant procès pour viol puis par la place qu'elle a su se créer dans ce milieu de peintres et de leurs mécènes si misogynes.
    Mais comme j'ai trouvé cette description froide, les personnages et en particulier celui d'Artemisia laissent de marbre, et je n'ai pas éprouvé à mon grand dam, d'empathie , il manque une âme, un souffle.
    Je préfère garder en mémoire la vive émotion à la découverte de ses tableaux , les scènes bibliques, souvent violentes ,ont une puissance incroyable , sa Judith représentée à plusieurs reprises est saisissante et comme elle a lui a donnée son propre visage laisse imaginer la force de cette femme et les souffrances qu'elle a pu subir.
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    • Livres 5.00/5
    Par claudeparis936, le 13 juillet 2014

    claudeparis936
    ....... « Mes œuvres parlent d’elles-mêmes". ......;
    Artemisia n’avait que vingt-trois ans lorsqu'elle devint la première femme admise à l’Académie de Dessin de Florence.
    A cette époque, l’accès à l’enseignement des Beaux-Arts était strictement réservé aux hommes ; c’est donc auprès de son père qu’elle apprend son métier ; c’est à dix-sept ans qu’elle signe sa première œuvre.
    Après avoir été violée par un collègue de son père, elle épouse un modeste peintre florentin et le couple s’installe à Florence où elle connait un succès relativement important.
    Ayant quitté son mari après plusieurs années, elle revient à Rome où sévissaient encore des peintres caravagesques, mais apparaissait aussi le classicisme de l’école bolognaise.
    Malgré sa capacité à s’adapter aux nouveautés artistiques ; malgré sa réputation, sa forte personnalité et son réseau relationnel, son séjour à Rome n’est pas aussi prolifique qu’elle l’aurait souhaité ; elle est, en effet, exclue des cycles de fresques et des grands retables.
    Elle entreprend, alors, entre 1627 et 1630, une série de voyages : Venise, Naples, Londres où son père est devenu peintre de la Cour de Charles Ier. Mais c’est à Naples qu’elle revient et s’installe définitivement.
    Aujourd’hui, Artemisia Gentileschi est considérée comme l’un des premiers peintres baroques, l’un des plus accomplis de sa génération, à un moment où les femmes peintres ne sont guère acceptées.
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    • Livres 4.00/5
    Par domeva, le 19 mars 2014

    domeva
    C est l histoire d une femme peintre qui a passé sa vie à essayer d être reconnue par son père (grand peintre qui supporte mal que l élève dépasse le maitre), et qui veut exister en tant qu artiste dans une Italie riche en Histoire dans les années 1600.Roman très documenté et passionnant pour qui aime la Peinture et l Histoire.
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Citations et extraits

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  • Par Zebra, le 16 mars 2014

    page 74 [...] - A mon âge, toutes les femmes ont un époux. Il est temps, grand temps : bientôt je serai vieille !
    - Et avec quelle dot pourrais-je bien te marier ,
    - Les confréries auxquelles vous appartenez y pourvoiront. Ou bien mon parrain. Ou alors un de vos commanditaires, monsieur Olgiati par exemple ...
    - En quel honneur l'un de mes mécènes, monsieur Olgiati ou un autre, te doterait-il, toi qui nous déshonores tous ?
    - Mais c'est vous qui écartez tous ceux qui pourraient prétendre à ma main !
    - Comment ces drôles pourraient-ils y prétendre, si tu ne t'exhibais pas derrière mon dos ? Tu te montres à la fenêtre, j'en suis sûr, tu reçois des hommes ...
    - Vous me garderez fille, si je vous laisse faire ! A moins que vous ne me vendiez à l'un de vos compères, à l'un de vos espions ... A ce vieux cochon de Cosimo, par exemple ?
    - Encore un mot, et demain tu te tairas à jamais ! Je te mure dans un couvent !
    - Essaie un peu, mon père, essaie donc si tu l'oses ! Qui te découpera tes toiles quand tu m'auras faite religieuse, qui les tendra sur tes châssis, qui te cuira tes huiles ? Crois-tu que Francesco saura jamais préparer les enduits comme je les fais, moi ? Et Giulio te poser l'imprimitura avec ce dosage si juste de colle et de plâtre ? Ces deux imbéciles, là, qui te broient tes couleurs, penses-tu qu'ils pourront achever les tableaux que tu ne termines pas ? Et les copies des œuvres dont tu gardes la réplique pour les vendre plus tard, si ce n'est pas moi qui les peins, qui le fera ?
    Le visage enflammé par la chaleur des tisons sur lesquels elle s'était penchée en surveillant l'huile que Francesco n'avait pas réussi à purifier, elle le défiait. [...]
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  • Par claudeparis936, le 12 juillet 2014

    En silence, sans un mot, sans un regard, le père et la fille se remirent donc à l'ouvrage. Elle ralluma le feu, tailla ses crayons, cloua une nouvelle toile sur un châssis.
    Debout derrière lui, elle attendait ses ordres. Il n'avait qu'un signe à faire. Elle lui passerait ses instruments de travail, la spatule, le pinceau, la palette, l'eau, l'huile.
    En accomplissant ces gestes rituels, Artemisia espérait retrouver en elle la force d'autrefois, quand travailler à quelques pas d'Orazio, apprendre de lui, le seconder, le satisfaire assouvissaient toutes ses aspirations. Innocente alors, elle pouvait tendre vers cet idéal de beauté, vers ces rêves de grandeur et de gloire qui hantaient les artistes de la via Della Croce. Maintenant... Elle remplissait servilement ses tâches, pour échapper aux souvenirs de la faute.
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  • Par cecilit, le 18 août 2013

    Elle avait rougi. Tendue, elle attendait. De fines gouttelettes de sueur perlaient sur son front, sur les ailes de son nez, au-dessus de ses lèvres. C'était la torture de l'attente. C'étaient la peur et l'espérance. C'étaient le désir et le besoin qui la projetaient ainsi de tout son corps, de toute son âme, vers lui, juge et partie de son art. Elle brûlait, elle se consumait depuis l'enfance dans ce rêve qui la portait à croire que, par la peinture, elle pourrait le rejoindre. Ce soir, par son habileté, son talent, par la beauté même de ce tableau, elle allait le toucher. L'émouvoir. Le séduire. Il allait enfin la reconnaître pour sienne. Artemisia, fille d'Orazio. Artemisia, double d'Orazio...Il l'aimerait peut-être.
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  • Par claudeparis936, le 12 juillet 2014

    Le nu masculin se pratiquait couramment chez tous les artistes du quartier, mais gare à celui qui s'inspirait de femmes réelles pour représenter les bacchantes, les Suzanne et les Cléopâtre, toutes les héroïnes très dévêtues de l'histoire de la peinture. On rendait les subtilités de la chair et des formes féminines en s'inspirant de l'anatomie des jeunes garçons, dont on arrondissait les courbes en copiant les statues de déesses antiques. Certes, bon nombre de prostituées se montraient prêtes à vendre grassement leur temps de pose. Mais leurs tarifs, proportionnels au risque, étaient faramineux, et leurs charmes rarement à la hauteur des espérances.
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  • Par Petit-Nuage, le 10 avril 2013

    Les mots sont de terribles maîtres. Lorsque Artemisia regretta de les avoir prononcés, un an était passé; derrière elle clapotait l'eau de la Douane, agitée, visqueuse et verdâtre, entre les petites barques, les voiles et les cordages qu'on manœuvrait; tant de mots que la ligne d'horizon en était couverte.

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