ISBN : 2070734145
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 2.86/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Les trois courts romans ou longues nouvelles qui composent Amants, heureux amants... forment un tout homogène. L'auteur, s'inspirant des grands élégiaques romains pour peindre "la voie de l'homme dans sa jeunesse", a utilisé beaucoup d'éléments autobiographiques. Et, à ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 2.00/5
    Par colimasson, le 16 avril 2012

    colimasson
    Le regroupement des trois nouvelles d'Amants, heureux amants… n'est pas dû au hasard. Elles déclinent le même thème des hésitations amoureuses dans la vie d'un jeune oisif parisien du début du 20e siècle. Dans une vie qui ne comporte plus aucun obstacle social ni économique, les héros de ces différentes nouvelles ne peuvent s'empêcher de faire turbiner leur cervelle. Leurs neurones jettent leur dévolu sur le moindre cancan et toute demoiselle qu'ils jugent convenable devient la proie de machinations diaboliques qui ont pour but de raviver une vie ternie par l'opulence. Là où il n'y a pas de problèmes, il semble que l'homme s'ennuie et dépérisse. Ce qui est magnifique avec les histoires sentimentales, c'est que le nombre de tourments qu'il est possible de susciter à base d'adultères, de mensonges, d'hésitations et de bravades d'interdits est presque infini. Et Larbaud s'en repaît.
    Derrière ses personnages masculins, jeunes riches et oisifs, qui voyagent d'une ville à une autre sans se soucier du lendemain, on découvre en effet le reflet de l'existence de l'écrivain. Les mises en scène de ses textes représentent ses propres interrogations et traduisent les tiraillements qu'il ressent lorsque, coincé dans une époque conservatrice et puritaine, il affronte avec violence l'irrationalité des passions qui s'éteint avec la vie de couple mais se ranime à la vue d'une charmante paire de jambes.
    Ces nouvelles ont mal vieilli, que ce soit au niveau de la forme comme en ce qui concerne le fond. le style est prétentieux, bariolé de références antiques et de babillage italien qui font la plus grande gloire d'un esprit marqué par la vanité. le résultat sonne aussi faux et guindé que les plans tordus qu'imaginent les héros de ces textes, persuadés qu'une vie pleine de complications sentimentale saura redonner de la vigueur à leur triste existence de privilégié. Difficile de s'attacher ou de s'identifier à ces beaux parleurs dont la vacuité semble immense. Une fois leurs misérables histoires d'amour achevées, que leur reste-t-il ? Rien… Ils continuent d'errer de par le monde avec des airs de grands seigneurs à qui tout est dû. Si leurs réflexions sur les conventions qui dominaient la vie amoureuse au début du 20e siècle pouvaient alors être novatrices et perturbantes, aujourd'hui, elles font figure de provocations faciles. Ce n'est pas que les conventions régnant en ce domaine aient complètement disparu actuellement, mais on comprend que derrière la contestation des valeurs bourgeoises, Larbaud ne cherche pas à rénover une pensée étriquée pour le bien-être général mais pour son bien-être exclusif, afin de pouvoir profiter au mieux de jeunes fleurs et d'en jouir complètement jusqu'à épuisement de leurs ressources. le tout se dissimule derrière un ton emprunté et galant qui ne survivrait sans doute pas à la prise de recul critique ou à la dérision.
    Seul avantage de ces textes ? Ils présentent le mérite d'être brefs. Peut-être est-ce là la manifestation d'une portée critique de Larbaud sur ses écrits. Comprenant que ses personnages ne méritaient pas que l'on s'attarde sur eux plus de cinquante pages, il aura préféré, très judicieusement, couper court à leurs réflexions creuses en les abrégeant par des points de suspension salutaires.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-amants-heureux-amants-1920-1..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 21 mars 2011

    chartel
    Ce livre regroupe trois longues nouvelles : "Beauté, mon beau souci…", "Amants, heureux amants…" et "Mon plus secret conseil…", trois histoires qui pourraient se prolonger comme le suggèrent les points de suspension communs à chaque titre. Mais ils pourraient bien aussi souligner les indécisions amoureuses des jeunes hommes qui sont au centre de chaque récit. Car c'est bien la contradiction entre la passion amoureuse et les normes sociales qui est le fil conducteur de ce recueil. Les héros de chaque histoire sont toujours confrontés à la règle, celle qui oblige à ne pas cumuler les relations et surtout, peut-être la pire de toutes, celle qui oblige à rester fidèle à la même personne tout au long de sa vie, selon le précepte de l'amour unique et indivisible. Mais ces jeunes hommes sentent bien que la passion, mêlée au désir charnel, est souvent multiple et changeante.
    Si la première des nouvelles m'a laissé un peu froid, à cause d'une incohérence finale chez l'un des personnages, j'ai apprécié le dernier récit, long monologue intérieur où l'impossibilité du personnage à se décider se traduit formellement par l'inconstance des points de vue du narrateur.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Desmaze, le 25 août 2010

    Desmaze
    Larbaud fouille la complexité de l'âme humaine et de ses masques, tout en sachant que "Nous avons beau faire, nous ne pouvons être absolument naturels, et nous n'avons pas grand avantage à l'être".
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 16 avril 2012

    Pitié. Maintenant tout ce qui touche à Isabelle a quelque chose à voir avec la pitié. Il la plaint d’être moralement délaissée pour Irène ; il la plaint parce que chaque jour la rapproche du jour où elle sera abandonnée ; pour un peu il la plaindrait d’être insupportable. Et quand, au restaurant ou au théâtre, il surprend les regards d’un homme arrêtés sur la gorge, la nuque ou les bras d’Isabelle, il le plaint : « Mon pauvre ami, si tu savais… La veux-tu ? »
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par colimasson, le 16 avril 2012

    Nous avons donc mieux à faire qu’à laisser agir le temps : nous pouvons l’aider à nous guérir. Et cela, en étant très attentifs à ce qui nous entoure, aux objets immédiats, au décor, au paysage. Un voyage de dix heures d’une mer à une autre mer en traversant la ligne de partage des eaux offre un riche assortiment d’impressions, auxquelles il suffit de s’abandonner pour en tirer un temps intérieur beaucoup plus long que celui que représenteraient dix heures passées dans une chambre qu’on connaît au point de n’avoir plus conscience de ses différents aspects.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par colimasson, le 16 avril 2012

    Elle était ce qu’il y avait de plus précieux, de plus intime, de plus voilé chez lui. Et tout cela, pour Marc, se résumait en cette pensée : qu’après ses heures de travail il allait, dans un moment, retrouver une femme aimable et douce qui l’attendait.
    C’était bon, qu’elle eût consenti à vivre chez lui, et qu’il pût partager toutes ses heures, tous ses instants, et que ce ne fût pas une étrangère, une dame en visite, qu’il allât retrouver, mais sa femme, dans sa maison : le don absolu, la possession complète.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par colimasson, le 16 avril 2012

    Il y a peut-être un peu de chagrin dans l’exclamation de Tibulle : « … et in solis tu mihi turba locis… » et tu remplis la solitude comme une foule. Il y a pourtant des heures où on a plaisir à être seul. Alors on se retrouve, comme on retrouve un ami, et, ensemble, on cherche en soi-même celle qu’on aime par-dessus tout : la vérité.
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  • Par colimasson, le 16 avril 2012

    Depuis que je suis dans ce pays les mathématiques m’attirent. C’est la route du ciel dans les cieux. On comprend que ce soit ici que les premiers mathématiciens soient apparus : on est perdu dans la lumière, entre des plans d’azur superposés, en pleine abstraction. Quelques olives, un poisson, de l’eau fraîche, une ou un esclave, et en voilà pour toute la journée, qu’on passe à tracer des lettres et des signes dans du sable fin…
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Vidéo de Valéry Larbaud

Thomas B. Reverdy, L?Envers du monde_Seuil .
New York, août 2003. Une chaleur suffocante. Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre, vidé de ses décombres, n?est qu?un trou large comme un quartier. Ce n?est plus le World Trade Center depuis deux ans, et ce n?est pas encore la Tour de la Liberté, qui n?est qu?un projet d?architectes. Un non-lieu étrange, une absence dans le paysage. « le plus petit désert du monde ». Un vendredi à l?aube, on découvre le corps mutilé d?un ouvrier arabe sans identité, jeté là, dans un puits de forage. Les cendres sont prêtes à se ranimer. le commandant O?Malley, qui se charge de l?enquête, porte un costume sombre et ne transpire jamais. De Manhattan à Coney Island, il rencontre, interroge témoins et suspects. Candice, par exemple, la serveuse aux cheveux ambrés comme la bière qu?on brasse à Brooklyn. Ou Pete, l?ancien policier qui fait visiter le chantier aux touristes et qui a eu une altercation avec le mort, la semaine passée. Obèse et raciste avec ça, il ferait un bon coupable. Et puis il y a Simon, l?écrivain français de cette histoire, qui s?interroge sur l?impossible deuil de ces bouts d?existences américaines. Sans jamais lâcher le mouvement de ses personnages, Reverdy y ajoute un luxe descriptif, un sens du détail, un brio et une musicalité qui lui sont personnels. Car, on le sait, « il faudrait une vie pour raconter une vie ». Thomas B. Reverdy est né en 1974. Il s?est révélé en 2003 avec La montée des eaux, auquel ont fait suite le ciel pour mémoire (2005) et Les derniers feux (2008, prix Valéry Larbaud). Par son souffle et ses dimensions, ce grand roman sur la blessure de l?Amérique annonce une ambition nouvelle.








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