ISBN : 2205063979
Éditeur : Dargaud (2009)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 153 notes) Ajouter à mes livres
Je pèse lourd. Des tonnes. Alliage écrasant de lard et d'espoirs défaits, je bute sur chaque pierre du chemin. Je tombe et me relève, et tombe encore. Je pèse lourd, ancré au sol, écrasé de pesanteur. Atlas aberrant, je traîne le monde derrière moi. Je pèse lourd. Pire ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 20 mai 2012

    Chouchane
    Blast dérange, bouscule, met le doigt là où ça gêne. On oscille entre l'attraction, la stupéfaction, le dégoût. le héros, si on peut lui donner ce nom, est un homme obèse qui a le dégoût de lui-même et finit par nous le faire partager. Pourtant, quelque chose de tendre et de poétique fuite de cette absolue noirceur. Ce tome 1 « Grasse carcasse » démarre comme un polar par une enquête de police pour un meurtre qui semble avoir été perpétré par notre homme. Sommer de raconter ce qu'il s'est passé, Polza Mancini, c'est son nom, va prendre tout son temps pour dérouler son ahurissante histoire d'homme obèse. Cela commence brièvement par son enfance et plus tard la mort de son père. le premier blast (qui est un terme anglais pour expliquer le souffle d'une explosion) arrive au moment de cette mort et sera le début de son errance dans la nature et de sa quête de liberté. Tout ceci accompagné par de lourds travers : un alcoolisme profond, une goinfrerie sans limite. Cette confrontation entre une quête mystique qui devrait s'accompagner de sobriété et cette gloutonnerie avide crée un trouble. Et puis comment pourrait-on s'attendrir sur un homme qui a assassiné une femme. La force de ce roman graphique c'est qu'on voudrait qu'il en fut autrement, que les choses rentrent à leur place et si nous acceptons cette noirceur c'est parce que derrière cette épaisseur, ce mystère nous attendons, nous aussi, comme Polza, une révélation, une vérité et nous espérons ne pas être déçu. L'attente va être longue…
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Chrisalaude, le 12 octobre 2010

    Chrisalaude
    Enorme.
    C'est l'histoire d'un homme énorme. Obèse. Répugnant. Il est en garde à vue. Dans un commissariat sordide. Il a, semble-t-il, commis un crime horrible. Et pourtant, malgré tout, cet homme est émouvant, dans sa rondeur extrême. Dans ses yeux immensément tristes. Plein d'humanité, de douceur et de solitude infinies. Et pourtant, il a tué, nous dit-on. Sauvagement. Alors il doit rendre des comptes, raconter. A ces deux flics assis en face de lui. Il commence à parler. Lentement. "Si vous voulez comprendre... il faut que vous passiez par où je suis passé..." nous dit-il, "Tout est parti de cet instant en suspension... de ce blast...".
    Blast.
    Cet instant si soudain et si fragile - magique - où le temps s'arrête. Où la souffrance disparaît. Où ce monde en noir et blanc reprend couleur. Où le gros Polza, c'est son prénom, retrouve l'innocence, la légèreté de l'enfance. "J'étais parfait. (...). Débarrassé de ma grasse carcasse, sans mémoire à traîner derrière, sans histoire". Blast, finalement, c'est l'histoire de cet homme qui ne se résout ni à quitter tout à fait l'enfance, en se gavant de barres chocolatées, ni à entrer complètement dans l'âge adulte, en s'enivrant d'alcool jusqu'à l'évanouissement. Blast, c'est l'histoire d'une recherche. Une recherche de ce temps perdu, de cet instant parfait, originel.
    Des silences éloquents. Une longue errance. Une sensibilité à fleur de pages. Un livre important, lourd et léger à la fois. le premier tome d'une série qui devrait en compter cinq. Une série qui prend son temps. Et une lecture qui a un goût d'éternité.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 19 juillet 2011

    colimasson
    Tentons d'entrer dans l'esprit d'un psychopathe en essayant de comprendre ce qu'est le blast :
    « C'est un mot anglais difficilement traduisible… Ca correspond à l'effet de souffle, l'onde de choc d'une explosion… Une explosion, c'est une onde de surpression… Si elle se propage plus vite que le son et qu'elle entre dans votre corps, elle provoque des dégâts internes considérables… Vous vous retrouvez alors avec cette surpression d'un côté et la pression atmosphérique de l'autre… Suspendu pendant une fraction de seconde, détruit de l'intérieur avant même que la chaleur ou les débris ne vous atteignent… le blast, c'est cet instant-là. »
    A la poursuite de cette sensation, Polza, la grasse carcasse, renonce à tout. Il faut dire que la mort de son père l'y a bien aidé. Détaché de ces liens familiaux qui l'obligeaient à incarner un être socialement acceptable sous toutes les coutures, en tant que fils mais aussi en tant que frère et époux, Polza se lance dans un long cheminement qui se veut spirituel, mais qui ne peut toutefois se passer de barres au chocolat et de bouteilles d'alcool. On sait tout de suite quelle sera l'arrivée de ce cheminement : le poste de police, à l'intérieur duquel, au cours d'un interrogatoire, Polza nous raconte les déboires qui l'ont conduit jusqu'ici. le premier tome ne nous permettra toutefois pas de comprendre les raisons qui l'ont poussé à commettre un assassinat. Mais on a le temps de l'apprendre puisque cinq tomes sont prévus pour cette série…
    « Plus personne à décevoir ou à embarrasser, à préoccuper ou à accabler, affranchi des fers familiaux, j'étais illimité. L'éventail incroyable des possibilités donnait le vertige. »
    Tentative audacieuse s'il en est, Manu Larcenet veut nous présenter son personnage, en apparence gras, lâche et violent, comme un homme qui veut se détacher de sa condition et qui, faisant preuve d'un grand courage et d'une passion pour la liberté, accepte de se détacher de tous les liens qu'il avait réussis à créer au cours de son existence.
    Ses divagations et autres théories en tout genre sont exquises et, si elles ne sont pas forcément la preuve de l'intelligence et de la lucidité de Polza, elles sont en tout cas la preuve d'une pensée originale et non dépourvue d'humour.
    « L'alcool, au même titre que n'importe quel produit qui modifie la perception, est un formidable outil d'expérimentation intellectuelle. Hypocrite époque qui exalte les modifications corporelles douloureuses… Souffrir pour maigrir, se muscler la viande ou s'affermir le croupion… Se tatouer, se percer, se gonfler de plastique, se faire drainer la graisse comme on vide une fosse septique, se faire charcuter le nez, les joues, les lèvres, les mamelles, les complexes… Mais dès qu'on exprime le désir de se modifier l'esprit, surtout au travers ‘une délicieuse ivresse, on devient un méprisable déséquilibré… »
    Le dessin sombre et griffonné colle parfaitement avec l'ambiance et le ton du propos. Il alterne entre des scènes au commissariat, qui confrontent Polza et ses deux chefs interrogateurs, et des scènes à l'extérieur, dans la campagne ou dans la forêt, peuplées d'animaux et de marginaux avec lesquels Polza ne pourra pas s'empêcher d'entrer en contact, avant de poursuivre son cheminement, toujours aussi solitaire que possible.
    Seules les scènes de Blast sont un peu décevantes, et n'arrivent pas à la hauteur des descriptions de Polza. Si ce n'est l'explosion des couleurs et les dessins d'enfants, le Blast, accompagnée de visions étonnantes de moais, n'a rien d'exceptionnel. Mais peut-être Manu Larcenet est-il à la recherche du Blast ultime, lui aussi ?
    Affaire à suivre avec les autres tomes…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-blast-tome-1-grasse-carcasse..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yvantilleuil, le 13 février 2011

    yvantilleuil
    «Grasse Carcasse» est le premier des cinq tomes de cette nouvelle série de Manu Larcenet (« le combat ordinaire », « Les entremondes », « Les cosmonautes du futur », »Nic Oumouk », « Dallas Cowboy », « le retour à la terre », « Presque », « Chez Francisque »).
    Ce somptueux pavé de 200 pages débute par un interrogatoire dans un commissariat de police. Si la culpabilité du suspect ne fait aucun doute, les motivations de son acte barbare demeurent inconnues. le casier judiciaire de Polza Mancini, 38 ans, est certes imposant, mais pas autant que sa masse corporelle. Physiquement, l'homme obèse et répugnant n'a rien pour plaire, mais dans le fond, cet écrivain de profession a quelque chose de poétique et de touchant. Au fil des pages, ce personnage hors norme se livre et l'empathie s'installe. A coup de flashback, le lecteur découvre la lente descente aux enfers de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST !
    Des retours en arrière qui invitent à accompagner l'errance d'un individu en rupture avec la société et qui, depuis sa « tendre » enfance est mis à l'écart. Et puis, page 22, le choc, une image totalement surréaliste, mais d'une force incroyable : la carcasse toute frêle de ce père hospitalisé, en phase terminale, aux portes de la mort. Une vision qui fait froid dans le dos et qui est à l'origine du premier BLAST de Polza Mancini et de ce long voyage introspectif à la recherche du prochain BLAST, cet instant magique où il s'est évadé de son corps pour entrer en communion avec le monde, ce sentiment de plénitude qui, un bref instant, l'a libéré de tous ses maux. Usant d'une narration proche de la perfection, l'homme se livre, partage ses angoisses, ses divagations, ses malaises vis-à-vis de la société et ses réflexions sur le sens de la vie. Un parcours (sur)prenant qui permet à l'auteur d'aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la mort paternelle, l'angoisse et la dépression.
    Graphiquement, nuançant le noir et le blanc avec brio, Manu Larcenet livre une ambiance sombre et glauque et des personnages répugnants, mais d'une grande expressivité. Si les dialogues lors de l'interrogatoire sont accrocheurs et les monologues du personnage central prenant, les moments plus contemplatifs et les silences proposés par l'auteur allient force et splendeur. Et que dire de ces dessins d'enfants, tout en couleurs, qui viennent interrompre le ballet grisâtre pendant les BLAST ? Merveilleux !
    A la fin de ce premier volet, le lecteur demeure dans l'ignorance concernant l'acte de Polza Mancini et ses raisons, avide de poursuivre le voyage de ce personnage hors du commun et de connaître la suite de ce véritable chef-d'œuvre.

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2010/03/27/manu-larcenet-blast/
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 02 mai 2011

    chocobogirl
    Voici enfin le nouvel album de Manu Larcenet : une joli bête de 200 pages, premier tome d'une série de 5.
    J'aime autant vous le dire tout de suite : c'est un véritable chef d'oeuvre !!!
    Si vous ne devez lire qu'une BD cette année, ça doit être celle-là !
    Polza Mancini est en garde à vue. Il est gros, très gros. Une femme, Carole, est à l'hopital. Il semblerait que Polza soit le responsable. Les 2 flics sont chargés de le cuisiner et de faire éclater la vérité. Alcoolique, sujet à des hallucinations et interné plusieurs fois en asile psychiatrique, Polza n'est pas pris au sérieux. Pourtant il raconte. Il raconte sa vie dès l'enfance et son parcours jonché d'obstacles.
    "Si vous voulez comprendre... il faut que vous passiez par où je suis passé."
    Il raconte son enfance auprès d'un père seul et mutique. Sa mort qui déclencha tout. Sa volonté de tout quitter, femme et maison, pour devenir clochard volontaire. le dégoût de son gros corps. La boisson dans lequel il se noie. le "blast" qui sera une vraie révélation. Et son désir grandissant de retrouver cet état en buvant toujours plus. le blast est une hallucination, un choc mental où il oublie son propre corps et se sent léger et lourd à la fois. Il se voit sur l'île de Paques face aux statues gigantesques.
    Il raconte sa rencontre avec un groupe de sans-abris, cachés dans une forêt. Leur rejet de la société qui les a exclus mais aussi leur tentative d'enfermement dans une autre société recréée. Sa relation muette avec un serbe qui ne parle pas le français.
    Polza nous livre un portrait sans concession de sa vie pitoyable. Sa lacheté devant la mort de son père, l'abandon de sa femme sans mots ni remords, il n'épargne aucun détail qui puisse le rabaisser.
    Et pourtant on s'attache à ce gros bonhomme... On sait qu'il a une part d'ombre, qu'une femme a subi des violences mais on ne peut être indifférent à son parcours très humain en somme. Alors que les policiers le considèrent comme fou, on se rend compte que Polza est très lucide mais bourré de blessures et de non-dits, comme tout un chacun. On découvrira pourtant qu'il ne nous dit pas tout. Dans ce tome, vous ne saurez rien sur Carole, sur ce qui lui est arrivé. Son temps viendra plus tard.
    La narration du récit est excellente, alternant flash-back et garde à vue policière, lenteur et rapidité et fait montre d'une grande maitrise. On y trouve des illustrations pleine page absolument superbes ! L'univers en lavis clair obscur, ponctué de très très rares touches de couleurs accentuent le côté sombre de l'album.
    Ne cherchez pas le trait que vous avez connu dans le retour à la terre ou le combat ordinaire, vous seriez déçu. Larcenet est plus proche ici de ses travaux édités chez Les Rêveurs.
    Larcenet avoue avoir mis toutes ses peurs et ses obsessions dans cette oeuvre.
    Cet album prend véritablement aux tripes et fut pour moi une énorme claque !


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-blast-tome-1-grasse-ca..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 30 novembre 2011
    Car sous ses allures sombres, comme tout droit sorti d'un récit de Dostoïevski, Blast séduit à chaque page, que ce soit par son texte poétique, ses aquarelles d'une rare beauté, ou son regard impitoyablement lucide sur le monde.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Chouchane, le 20 mai 2012

    En 1967, lors de ses adieux à la scène, un journaliste visiblement intrigué par sa décision, demanda à Jacques Brel ce qu'il fuyait... Il réfléchit quelques secondes, tête baissée, puis du ton las de celui qui sait qu'il faut sans fin répéter les choses, il dit..."Quand quelqu'un bouge, les immobiles disent qu'il fuit".
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  • Par Chouchane, le 20 mai 2012

    j'étais déjà différent, pas de cette posture qu'on se choisit plus ou moins à l'adolescence. Non, la vraie celle avec laquelle on naît et puis on meurt sans avoir jamais connu de répit.
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  • Par zevince, le 17 mai 2012

    De toute façon, on s'en fout un peu, des langues... Être un "mange misère" c'est pas une nationalité, c'est une condition...
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  • Par canel, le 28 août 2011

    L'alcool, au même titre que n'importe quel produit qui modifie la perception, est un formidable outil d'expérimentation intellectuelle... Hypocrite époque qui exalte les modifications corporelles douloureuses... Souffrir pour maigrir, se muscler la viande ou s'affermir le croupion... Se tatouer, se percer, se gonfler de plastique, se faire drainer la graisse comme on vide une fosse septique, se faire charcuter le nez, les joues, les lèvres, les mamelles, les complexes... Mais dès qu'on exprime le désir de se modifier l'esprit, surtout au travers d'une délicieuse ivresse, on devient un méprisable déséquilibré... (p. 200)
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  • Par colimasson, le 19 juillet 2011

    Est-ce que vous connaissez « Star Academy » ? Les jeunes qui participent à cette émission ont un temps limité pour se servir du téléphone… Un compteur leur indique quand leur minute réglementaire est écoulée… Ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’ils raccrochent toujours pile à temps… Peu importe ce qu’ils disent ou à qui ils parlent… Même si aucune personne physique ne les contraint à une telle ponctualité, aucun d’entre eux n’a jamais songé à dépasser sa minute… Avant la mort de mon père, je menais ma vie comme eux… Je respectais scrupuleusement la minute qui m’était impartie par le compteur…Il m’aura fallu attendre que mon père meure pour ne plus me satisfaire de…ma minute réglementaire… Aujourd’hui, si j’ai besoin de temps de temps, je le prends.
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