Note moyenne : 4.22/5 (sur 171 notes)
Le Combat ordinaire, Tome 4 : Planter des clous12Ajouter à mes livres
Le chantier naval ferme, Marco est devenu père, sa mère apprend à vivre seule, un homme meurt dans la campagne, un journaliste craque. A partir de petites choses, de moments rares, de tristesses banales, Manu Larcenet continue de dresser le portrait d'un homme ordinaire... > voir plus
- - - Attention, giga spoilers sur le tome 3 ! La dernière page de l'album précédent pique la curiosité du lecteur. Alors, Marco : bientôt papa ??
Changement de ton ici, place à LA VIE, après les épisodes sombres de maladie et de deuil. Quelques années ont passé, Marco est (un peu) moins angoissé, et pour cause : il est très occupé ! Il n'en finit pas de découvrir l'immense bonheur d'être père... et la difficulté de composer avec un enfant de deux à cinq ans perpétuellement dans l'opposition. Toujours (apparemment) zen, Emilie garde son cynisme calme et sa grande sagesse pour recadrer son homme quand il dérape. Marco travaille pour un journal et aimerait publier un article sur la fermeture des chantiers qui employaient son père. La maman veuve a repris du poil de la bête depuis le décès de son mari et on retrouve avec délice son caractère rebelle, son mordant et son intelligence.
Encore un régal de lecture ! Toujours beaucoup d'émotion, mais on a cette fois plus souvent un sourire attendri aux lèvres qu'une boule dans la gorge et/ou les larmes aux yeux. Tout sonne juste : les relations père-fille, les doutes parentaux sur l'autorité et l'impression désolante de tout interdire, mais aussi l'émerveillement face à l'éveil d'un enfant. Les dernières pages sont consacrées au résultat des présidentielles 2007 ; le délire éthylique - mais mûrement réfléchi et plein de bon sens - du vieux copain ouvrier est jubilatoire.
Comme souvent, pour beaucoup de bandes dessinées, j'hésite à m'y plonger du fait du dessin auquel j'ai du mal à adhérer. La série « le Combat ordinaire » ne fait pas exception. Et comme pour « Aldébaran », je ne regrette pas de l'avoir lu. C'est l'histoire de gens ordinaires qui font face à des problèmes ordinaires : photographe en manque d'inspiration ; difficulté d'avoir des relations stables ; désir d'enfant de l'un mais pas de l'autre, chômage, difficultés des relations parents et grands enfants, fermeture d'usine, alzheimer, racisme, la bêtise des gens… et j'en passe. le nombre de sujet traité et ce de façon très simple est immense. J'ai déjà dit que les dessins n'étaient pas trop mon truc, par contre, il faut admettre que ceux-ci sont très expressifs. Les personnages ont du caractère grâce aux traits du dessinateur. Prix du meilleur album Angoulême 2004
Dernier Tome de la série qui a rendu "célèbre" Manu Larcenet. Finissons en avec les critiques de suite, oui la fin est rapide, voire un peu bâclée et le tome en entier est certainement moins profond que les précédents. Mais je rends hommage à Larcenet, qui sait avec un dessin simple, lui même ne se définit pas comme dessinateur il me semble, nous toucher. Pas de chichis ni de tralala dans ses BD, juste de la tendresse, de l'honnêteté et un peu de sentiments. Avec bien sûr la dose d'humour nécessaire pour rendre le tout léger, mais plein de sens. Clin d'œil aux fidèles de la série, la boucle est blouclée puisqu'il adopte un petit chat noir. Merci Monsieur Larcenet!
Dans ce tome, Marco a une petite fille, Maude. Dans son quotidien, il nous montre un mélange d'amour et de découragement dans son rôle de père. le chantier naval va fermer et il essaie d'interesser le journal pour lequel il travaille à ce sujet. Il fréquente beaucoup Pablo, l'un des ouvriers du chantier qui a bien connu son père. Il voit un psy et essaie à nouveau de se comprendre mieux, comprendre ses peurs. Dans cet album, les pages en couleurs sont entrecoupées de pages avec des détails de jouets d'enfant et des considérations sur la paternité et sur l'évolution du monde. Cet album est plus sombre (que ce soit au niveau des couleurs ou des thèmes) et plus politique aussi. Il se situe en grande partie après l'éléction de Nicolas Sarkozy. Il s'y reflète des craintes sur l'avenir. Dans toute cette série, j'ai aimé le mélange des genres. L'histoire, les dialogues, assez drôles et très proches de la vie quotidienne sont contrebalancés par des pages plus intimes, plus profondes avec un très plus fin, plus précis assez fort dans les détails. C'est une série assez émouvante. [...]
Et puis, il faut se rendre à l'évidence : tout le monde s'en fout, en vrai, du chantier... Je veux dire... Il y aura évidemment de bonnes âmes pour crier au scandale... On trouve toujours du monde pour crier... Mais au jour dit, quand les vraies portes des vrais ateliers fermeront, parce que c'est ce qui va se passer, les belles âmes, elles seront loin ! Ce qui les intéresse, c'est l'idéologie... A nous de nous démerder avec le réel !
Le pur désespoir pose des questions tellement essentielles qu'il ne peut s'accomoder d'idéologie... L'escroquerie idéologique, c'est de convaincre qu'il existe une vérité. Le réel n'importe plus alors que dans la mesure où il peut se plier pour s'y conformer. Pourtant, la rue ou les métastases, par exemple, sont abyssalement indifférentes au CAC 40 ou à la ligne du parti... On m'objectera sans doute qu'elles le sont tout autant à la poésie, et on aura tort. Délestée de toute logique, la poésie est la seule manière libre de remarquer ce qui est précieux. Depardon, Brassens, Miyazaki, Bonnard, Jarmush, Sempé, Tom Waits, Cézanne, Monty Pithon, Monet... Brel, Desproges, Klee, Cartier-Bresson, Springsteen, Céline, Harvey Keitel, Baudelaire, Van Gogh... La poésie rachète tout.
Tes racines là, c'est du folklore, du cache-misère romantique pour dire de jolie manière qu'on a suivi les migrations industrielles comme les mouettes le chalutier... Histoire de grappiller les restes. Alors aujourd'hui, c'est à la mode, d'avoir des racines de-ci, de-là... Conneries, oui ! C'est rien d'autre que la glorification de la tradition imbécile ! Ça nous colle au sol... Ça nous empêche d'avancer... Les racines, c'est bon pour les ficus !