ISBN : 9782260018346
Éditeur : Julliard (2010)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 74 notes) Ajouter à mes livres
C’est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l’intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s’est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fon... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 28 mai 2012

    litolff
    Il en a de la chance, le petit Mehdi, tellement doué à l'école que son instituteur lui a obtenu une bourse pour aller au Lycée Français de Casablanca. A 10 ans, il va donc quitter sa maman, son frère et sa sœur, son bled, pour aller vivre une année en internat dans un monde qui lui est pour le moins inconnu. Mais Medhi est tellement avide de lecture et de savoir qu'il n'est pas trop affecté par la séparation : de toutes façons, il aurait atterri sur la lune que le choc culturel aurait été identique !
    Là où ça se corse, c'est quand les week-ends et les vacances défilent sans que sa maman se manifeste (on devine une fêlure du coté du papa qu'il évoque avec pudeur) et qu'il doit rester seul à l'internat…
    Au travers de cet itinéraire initiatique, que l'on devine sans doute autobiographique, on perçoit l'immense amour de l'auteur pour la langue française avec laquelle il joue volontiers et Mehdi qui découvre ce que sont les « pro-lait-terre » doit aussi découvrir et assumer son identité : celle d'un petit marocain élevé en français et qui comprend mal l'arabe, mais qui en plus est le premier de sa classe et fait gentiment remarquer aux pions qu'on ne dit pas la fille A Chamayrac mais la fille DE Chamayrac ; allons bon, si les arabes ne parlent pas l'arabe et se permettent de reprendre les français, où va-t-on ma bonne dame ?
    Un roman drôle et tendre qui met le doigt sur le thème de la langue, du bilinguisme et de l'identité (tiens, c'est drôle, c'était aussi un thème du livre que je viens de terminer, « La bataille de Roncevaux »…)
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 11 janvier 2012

    LiliGalipette
    En 1969, Mehdi, petit Marocain du village de Béni-Mellal, obtient une bourse pour étudier au lycée français de Casablanca. Dans la grande ville européanisée, le jeune garçon est perdu. Il ne se sent plus dans son pays, mais bien chez les Français et toutes les choses ordinaires lui semblent étrangères. « Il était maintenant chez les Français, entouré de leurs immeubles, de leurs bacs à sable, de leurs arbres. » (p. 36) Mehdi est l'espoir de toute famille, mais « il [est] tout petit, ce futur grand homme. » (p. 52) Son premier combat, c'est comprendre le fonctionnement de l'école et de l'internat, leurs codes et leurs rites. Pas question de rester éternellement « le petit chose, le p'tit boursier de la République. » (p. 91)
    Doté d'une imagination sans borne et d'un goût immodéré pour la lecture, Mehdi s'échappe en pensée vers des univers plus cléments dont il a la parfaite maîtrise. Même s'il comprend mal le second degré et l'humour de certains de ses camarades, Mehdi finit par s'intégrer, « jouant au petit Français qui comprend d'instinct ces phrases cryptiques qu'on se répétait dans des familles qui n'étaient pas la sienne. » (p. 169)
    Seul et loin de sa famille, Mehdi gagne l'amitié du jeune Denis Berger et partage les fins de semaine dans la famille de son jeune camarade. Toutefois, reste ancrée en lui la peur d'être considéré comme un imposteur, comme un Marocain jouant au Français. « Craignait-on qu'il lui prit l'envie de « surprendre la ville et piller la contrée » ? Medhi le Maure. Allait-on le débusquer ? » (p. 208)
    Plein d'un humour tendre, ce roman recèle quelques bons mots. Mehdi entend « Lino Ktavio » ou « nain cunable » quand on lui parle de livres précieux. Mais surtout, ce roman tente de mettre un prix sur l'ascension sociale et sur ce qu'elle demande de sacrifices et de désillusions. Au seuil de deux mondes, Mehdi manque parfois de perdre pied : « Il eut l'impression que c'était un autre monde, un monde de vacarme où tout menaçait à chaque instant de se disloquer, très loin des phrases bien faites, de la Petite musique de nuit et de l'odeur d'encaustique. » (p. 270) Alors que chaque nouvelle expérience apporte son lot de déconvenues, Mehdi ne cesse de remettre en question l'identité du monde civilisé : est-ce le monde des Français, propre et strict, ou le monde d'où il vient, tout en senteurs et en chants ?
    Si la fin est un peu trop parfaite pour être honnête, le ton goguenard du roman est très agréable. Replacé dans le contexte de l'année 1969, c'est vraiment rafraîchissant de voir un jeune Marocain réciter du Verlaine. L'ambiance de l'internat, avec les indétrônables pions et le surgé, rappelle des souvenirs surannés, que l'on a vécus ou que l'on a entendus mille fois. Une lecture en teintes sépias finalement très agréable.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par leolechat, le 04 janvier 2012

    leolechat
    "Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre" : le jeune Mehdi va faire sienne cette expression de Blaise Pascal qui deviendra pour lui un précepte de vie. Jeune boursier agé de dix ans et l'un des meilleurs élèves de son village de Béni-Mellal, il débarque un après-midi d'octobre 1969 au lycée Lyautey de Casablanca, le creuset où se forme l'élite maroco-française.
    Déposé prestement par un oncle, muni d'une vieille valise, de son maigre trousseau et encadré de deux dindons le jeune garçon fait une entrée fracassante dans un univers totalement inconnu.
    Haut comme trois pommes, Mehdi est un enfant craintif, rêveur et épris de lecture. Il va découvrir, au cours d'une année riche en péripéties, l'amitié, le chagrin, les moqueries, mais aussi Verlaine, La Fontaine, la petite musique de nuit de Mozart, les promenades en yacht, le viandox, le hachis parmentier et surtout les subtilités de la langue de Voltaire :

    "C'était écrit clairement dans la lettre qu'on leur a envoyée dès le mois de juin ! le patronyme cousu sur le col ! Sinon, comment pourrai-je te rendre tes chemises après les avoir lavées ? Tu as quand même un patronyme ?
    Mehdi regardait le sol (c'était quoi, un pâtre onime ?). L'ogresse renifla, ajusta ses lunettes et se pencha sur lui, toutes masses tremblotantes, comme un début d'éboulement."

    Tour à tour tendre, cocasse et émouvante, "Une année chez les Français" est une jolie Fable qui illustre parfaitement les difficultés d'intégration, le choc culturel ressenti par un jeune garçon qui se retrouve immergé dans un contexte étranger, ne pouvant plus faire appel à ses référents et ses repéres habituels.
    Fouad Laroui, tel Merlin l'enchanteur, jongle habilement avec les mots et les expressions, il m'a ravie par la finesse de sa prose et j'ai plongé avec délice dans son univers. Je conseille vivement la lecture de ce conte moderne, qui peut être lu par les ados comme par leurs parents et qui vous apportera quelques rayons de soleil dans la grisaille hivernale.
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    • Livres 4.00/5
    Par leolechat, le 04 janvier 2012

    leolechat
    "Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre" : le jeune Mehdi va faire sienne cette expression de Blaise Pascal qui deviendra pour lui un précepte de vie. Jeune boursier agé de dix ans et l'un des meilleurs élèves de son village de Béni-Mellal, il débarque un après-midi d'octobre 1969 au lycée Lyautey de Casablanca, le creuset où se forme l'élite maroco-française.
    Déposé prestement par un oncle, muni d'une vieille valise, de son maigre trousseau et encadré de deux dindons le jeune garçon fait une entrée fracassante dans un univers totalement inconnu.
    Haut comme trois pommes, Mehdi est un enfant craintif, rêveur et épris de lecture. Il va découvrir, au cours d'une année riche en péripéties, l'amitié, le chagrin, les moqueries, mais aussi Verlaine, La Fontaine, la petite musique de nuit de Mozart, les promenades en yacht, le viandox, le hachis parmentier et surtout les subtilités de la langue de Voltaire :

    "C'était écrit clairement dans la lettre qu'on leur a envoyée dès le mois de juin ! le patronyme cousu sur le col ! Sinon, comment pourrai-je te rendre tes chemises après les avoir lavées ? Tu as quand même un patronyme ?
    Mehdi regardait le sol (c'était quoi, un pâtre onime ?). L'ogresse renifla, ajusta ses lunettes et se pencha sur lui, toutes masses tremblotantes, comme un début d'éboulement."

    Tour à tour tendre, cocasse et émouvante, "Une année chez les Français" est une jolie Fable qui illustre parfaitement les difficultés d'intégration, le choc culturel ressenti par un jeune garçon qui se retrouve immergé dans un contexte étranger, ne pouvant plus faire appel à ses référents et ses repéres habituels.
    Fouad Laroui, tel Merlin l'enchanteur, jongle habilement avec les mots et les expressions, il m'a ravie par la finesse de sa prose et j'ai plongé avec délice dans son univers. Je conseille vivement la lecture de ce conte moderne, qui peut être lu par les ados comme par leurs parents et qui vous apportera quelques rayons de soleil dans la grisaille hivernale.
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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 10 février 2012

    IreneAdler
    Medhi Katib est un petit marocain d'un village reculé, au début des années 1960. Son instituteur a fait des pieds et des mains pour lui obtenir une bourse qui lui permette d'étudier au lycée français de Casablanca.
    Une folle équipée pour y parvenir et une fois sur place, une franche incompréhension entre tous ces personnages. Medhi, dépaysé ne trouvera pas le courage de s'opposer à tous ces adultes qui vocifèrent et lui disent ce qu'il doit faire. Et ce n'est même pas la rentrée...
    Re-belote quand il rentre dans sa famille : choc dans l'autre sens...
    Une histoire drôle, du moins pour nous, sur le décalage entre les cultures, entre le colonisateur (enfin protecteur) et le colonisé (protégé), dans un pays qui se cherche.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 14 juin 2011
    Ce livre nous parle d’identité. Légèrement, avec beaucoup de pudeur, Fouad Laroui passe par l’anecdote pour évoquer le colonialisme et l’intégration. Il n’y a pas d’insistance ou de revendication dans cet ouvrage, juste un constat sans nostalgie.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 28 mai 2012

    Il pointa un index accusateur sur l’enfant, qui se faisait tout petit
    - Tu es l’avenir de l’humanité !
    L’avenir de l’humanité, d’émotion, fit pipi dans ses braies.
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  • Par litolff, le 28 mai 2012

    Mehdi aurait voulu pouvoir hausser les épaules comme Fernandez, mais il ignorait ce que cela voulait dire, « trois heures de colle ». Il allait coller quoi ? Ou bien allait-on le coller contre une planche ? Pendant trois heures ? Au soleil ?
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  • Par Metaphore, le 16 mai 2012

    Medhi (…) découpa avec application un petit morceau de son steak et le porta à ses lèvres, avec sa couche de moutarde, en faisant bien attention à ne rien laisser tomber. Dès qu’il eut refermé la bouche, ce fut comme si quelqu’un avait craqué une allumette sur sa langue, comme si des démons se battaient dessus à coups de lance-flammes. Son nez s’emplit d’un nuage acre et il sentit, d’un seul coup, des gouttes de sueur sur son front. Certes, il avait ressenti un tel incendie sur son palais en mangeant les brochettes avec Moktar, à Settat, le samedi précédent ; mais ce qui était nouveau, c’était cette colonne de feu, qui lui remontait par le nez. Ça, c’était français.
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  • Par Metaphore, le 16 mai 2012

    C’était peut-être cela le pire dans la mort : ne plus pouvoir lire.
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  • Par latrace, le 10 février 2011

    - Parce que tu es un pro-lé-taire ! lui assena-t-il d’une voix forte.
    Mehdi eut envie de pleurer. Il ne connaissait pas le mot mais il sonnait comme une injure. Pourquoi ce barbu l’insultait-il ?
    -Toi et moi, nous sommes prolétaires. Tu es marocain, je suis français, mais au fond nous sommes frères, nous partageons une même condition, un même destin : nous sommes les damnés de la Terre ! Nous voici face à face, dans cette salle de Lyautey : c’est dans l’ordre des choses. C’est ainsi, cela a toujours été ainsi : le prolétaire surveille le prolétaire, pour le plus grand profit du système. Les flics, les sans-grades, les mokhaznis, ce sont tous des prolétaires. Et ils cognent sur qui ? Sur d’autres prolétaires, leurs semblables, leurs frères ! Tous tes petits camarades sont chez eux entrain de manger de la broche, M’chiche fouette ses serfs, les rupins de mon age sont entrain de skier sur l’Oukaïmeden, comme ce facho de Dumont, le soleil brille au-dehors et nous feux, qu’est ce qu’on fait ? On s’enferme dans une salle de classe pour que je te tienne à l’œil ! C’est ça la logique du système !
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