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Guillaume Villeneuve (Traducteur)Laure Murat (Préfacier, etc.)
ISBN : 2081233142
Éditeur : Climats (2010)

Note moyenne : 4/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Clair-Obscur Chicago, 1927. Deux amies d'enfance, longtemps éloignées, se retrouvent un jour de canicule. Tout les oppose, hormis le fait d'être Noires et suffisamment claires de peau pour pouvoir « passer » pour Blanches. Entre Claire, la femme fatale, et Irène, la respectable mère de famille, une relation passionnée se noue, déployant tout le spectre de l'amitié, de l'amour et de la haine. Claire, mariée à un Blanc raciste qui ignore qu'elle est Noire, souhaite re... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Sando
04 mars 2015
  • 4/ 5
Elles ne se sont pas vues depuis douze ans lorsque leurs routes se croisent de nouveau, durant un séjour à Chicago, la ville dans laquelle elles ont grandie. Depuis, Claire Kendry s'est métamorphosée en magnifique blonde à la peau ivoire et à la beauté hypnotique, tandis qu'Irène Redfield est devenue une mère de famille mondaine à la vie bien rangée.

La première s'est coupée de ses racines, épousant un Blanc raciste et lui cachant ses origines noires tandis que la seconde fait partie de l'intelligentsia de la culture afro-américaine, vivant à Harlem avec mari et enfants. Seul point commun entre ses deux femmes aux choix de vie bien différents, cette couleur de peau particulièrement claire qui leur permet de se faire passer pour blanches aux yeux des autres… Un avantage dans un pays en pleine ségrégation, mais aussi un fardeau pour Claire qui souhaite renouer avec un monde qu'elle a banni de sa vie…

Publié en 1929 aux Etats-Unis, « Clair-obscur » est devenu un classique de la littérature américaine qui raconte, dans une mise en scène tragique, un phénomène fréquent dans une société où la mixité est nombreuse : le « passing ». Cela consiste, pour un individu de couleur, à se faire passer pour ce qu'il n'est pas en réalité et à masquer ses véritables origines.

Construit à l'image d'une pièce de théâtre en quatre actes, composés chacun de quatre scènes, le roman s'organise autour de ces deux personnages féminins que tout semble opposer. Il s'ouvre sur des retrouvailles particulièrement intenses, qui laissent entrevoir toute l'ambiguïté de la relation qui unit Claire et Irène. Une amitié faite d'attraction, de fascination mais aussi de rancoeur et de dégoût et qui n'aura de cesse de pencher d'un côté et de l'autre jusqu'à l'apothéose finale…

A l'image De Claire, l'écriture de Nella Larsen exerce un envoûtement quasi hypnotique sur le lecteur. le langage est tantôt précieux et âpre, tantôt sensuel et poétique et nous plonge dans ses méandres avec une efficacité redoutable qui rend le texte difficile à lâcher ! Claire, sous des dehors légers et frivoles, est un personnage complexe et borderline, jouant en permanence avec le danger, excitée par le risque que son secret soit découvert. Sa présence instaure, dès le début, une tension qui ne cesse de croître et laisse présager le pire…

Si l'amour, l'amitié et la jalousie sont au coeur du roman, ils n'empêchent pas néanmoins l'auteur de parler des problématiques de son époque telles que le racisme, la ségrégation et l'attachement aux racines. Un texte magnifiquement orchestré, à la fois brillant, hypnotique et dérangeant, qui laisse la porte ouverte à l'interprétation…

A souligner la préface de Laure Murat que j'ai trouvée particulièrement intéressante et qui apporte une explication pertinente à la compréhension du texte. A lire de préférence après le texte si vous ne voulez pas gâcher le plaisir de la lecture par des révélations malvenues!

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tynn
05 août 2016
  • 3/ 5
…ou du titre anglais Passing, plus parlant, et que nous pouvons traduire par "passée blanche", expression du patois créole de Louisiane au XIXème désignant quiconque d'ascendance africaine passait pour une personne de race blanche, en raison de la clarté de sa peau et de la légèreté des caractères négroïdes.
Nella Larsen publie ce roman en 1929, enfin traduit à ce jour.
L'histoire confronte deux femmes qui paraissent "blanche", assumant ou pas leurs origines africaines. L'une vit sereinement dans sa communauté noire quand l'autre tait cette "tare" à un mari Blanc.
Un huis-clos étouffant qui parle de racisme, de secrets, de jalousie, où le drame se noue au fil des pages, et qui cristallise la difficile reconnaissance de l'identité noire aux États Unis.
Nelly Larsen née de père noir et de mère blanche a dû faire face à la difficulté de ce métissage dans l'Amérique ségrégationniste du début du 20ème siècle. Son roman connait un immense succès dans une époque où les mouvements d'émancipation s'affirment dans une société encore très conservatrice, et où commence à émerger une réflexion sur l'identité raciale.
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Magi
12 septembre 2010
  • 4/ 5
Un livre publié aux États-Unis, en 1929 (Passing), traduit pour la première fois en français. Deux amies d'enfance se retrouvent à l'âge adulte. Elles sont toutes deux noires, mais ont la peau pâle et « passent » pour des blanches.
Dès les premières pages, j'ai été captivé. L'auteure a créé une atmosphère très particulière, à la fois légère et intense. Tout n'est pas dit. Elle laisse de la place à l'imagination du lecteur.
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nymeria
01 décembre 2010
  • 5/ 5
Enfin édité en France, Clair obscur est un roman incontournable que tous se devraient avoir lu, ne serait-ce que pour son contexte historique méconnu qu'est le « passing ». « Passer », c'était se faire passer pour blanc(he) alors que l'on avait des origines africaines aux Etats-Unis. Il faut se souvenir du contexte ségrégationniste de l'époque : transports en communs différents, restaurants séparés, quartiers blancs, admission dans les écoles, etc. Il était donc beaucoup plus facile de vivre quand la couleur de notre peau pouvait passer pour blanche. le problème, évidemment, était de ne pas se faire prendre, car cela pouvait avoir des conséquences graves, le racisme était très présent à l'époque et nombre de familles n'aurait jamais supporté avoir « un noir » dans la famille…
Lien : http://avideslectures.over-b..
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
nymerianymeria01 décembre 2010
« C’était incroyable, songeait Irène, stupéfiant, que quatre personnes puissent rester si placides, si ostensiblement amicales alors qu’elles bouillaient en réalité de colère, d’humiliation, de honte. »
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nymerianymeria01 décembre 2010
« L’ennui avec elle, c’était non seulement qu’elle voulût le beurre et l’argent du beurre, mais qu’elle piochât aussi dans le beurre des autres. »
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nymerianymeria01 décembre 2010
« La conversation fut la représentation la plus brillante d’haltérophilie mondaine qu’eût jamais vue Irène. »
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Nella Larsen : Clair Obscur
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