ISBN : 9782749117089
Éditeur : Le Cherche midi (2011)


Note moyenne : 4.4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

1893. L'Exposition Universelle de Chicago est l'occasion pour les Etats-Unis de montrer l'étendue de leur puissance et de leur rayonnement au reste du monde. Au coeur de cet évènement sans précédent, le célèbre architecte Da... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ancoline, le 09 décembre 2011

    ancoline
    En 1892 des architectes se préparent pour la création d'un projet d'exposition universelle. Il faut qu'elle soit grandiose comme le devient la puissance de l'Amérique. Il faut qu'elle mette en avant le géni des ingénieurs américains, qu'elle batte par ses techniques avant-gardistes l'exposition des français même si le prix doit être élevé. C'est alors que ce crée une course contre la montre parce que le choix du lieu (ce sera Chicago), le choix des bâtiments pour toujours être les plus somptueux, les plus tape à l'œil. Mais il faut aussi être le plus novateur, audacieux. On découvrira les lumières électriques suspendues au plafond qui remplacent des centaines de bougies, une horloge qui donne même la date, le jour et l'année, l'ascenseur même pour les restaurants, les expositions les plus touchantes pour l'époque où les Inuits ou les turcs avec leur manteau de fourrure de bêtes, les Égyptiennes presque nues font la danse du ventre danse jamais vue, les personnages en cire, Buffalo Bill avec ses Indiens. Une multitude de restaurants qui font découvrir des mets de différents pays. Et enfin l'animation qui a eu le plus de succès : la grande roue immense, plus haute que les buildings en cours, où les wagonnets sont des wagons de trains pouvant contenir une centaine de personnes.
    Tout est prévu au fur et à mesure : les déchets doivent être évacués avec la première société de récupération, les déjections de chevaux, les pickpockets, les assassins. Mais dans cet esprit du début du XXème siècle on fait confiance aux gens qui parlent calmement, bien avec un charme indéniable d'assurance dans le regard. On se fit à l'esprit de la bonne bourgeoisie qui ne connait pas l'abus de pouvoir par le mensonge, l'usurpation d'identité. Ils vont connaitre leur premier sérial Killer avec plus de 27 personnes tuées avouées et retrouvées, 200 pour les estimations. Un criminel d'une cruauté par ses moyens chimiques, ses méthodes, ses scénarios pour assouvir sa soif de domination.
    Un livre que je recommande pour la montée de l'air industrielle, les frénésies de la création assouvie. Je reconnais que parfois les passages étaient trop techniques mais Larson a su toujours les couper à temps par la soif cruelle et les scénarios de son sérial killer.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par petite_fleur, le 21 mars 2012

    petite_fleur
    Nous sommes bien en face d'un document historique plus qu'un roman. Mais ce livre se lit presque comme un roman : l'auteur retrace les péripéties menant à l'obtention puis à la construction de l'Exposition universelle de Chicago en 1893, comme si c'était une histoire imaginée. Mais non, tous les faits et les personnages sont réels et il faut avouer que cette exposition a dû être un événement exceptionnel. Cette débauche d'énergie, d'argent, de folie dans ce Chicago symbole de la puissance américaine en pleine explosion et encore si fragile est vraiment fascinant. Je ne connaissais pas du tout cette exposition qui suivait celle de Paris, exceptionnelle elle aussi, qui avait placé la barre très haut entre autre avec la Tour Eiffel. Cependant, l'Exposition de Chicago a marqué son temps et influencé profondément l'Amérique du XXe siècle : les progrès technologiques tels que l'architecture moderne, l'électricité alternative et surtout la confiance en sa puissance naissante.
    E.Larson a réalisé un travail admirable en compulsant une quantité impressionnante de documents pour condenser tout cela dans cette aventure humaine hors du commun. Il parsème le récit de nombreuses anecdotes pittoresques ou de citations, explique les répercussions de certains événements dans notre époque actuelle. On découvrira par exemple qu'un certain Disney travaillât sur ce chantier et racontât à son fils Walt le soir qu'il fabriquait des châteaux de rêve d'un blanc immaculé... Les personnages principaux décrits par l'auteur furent de sacrés bonshommes ayant vécus plusieurs vies en une seule et il n'y a pas besoin d'en rajouter pour intéresser le lecteur.
    Le récit traite principalement de l'Exposition de Chicago mais il y mêle une histoire terrible : un des premiers tueurs en série américains a sévi pendant l'Exposition, profitant du désordre ambiant pour tuer de nombreuses jeunes femmes (et quelques hommes et enfants également). Il se construisit un véritable hôtel de l'horreur avec un four spécial et une chambre forte pour enfermer ses victimes et les voir souffrir avant de les gazer. Mais il aimait surtout manipuler ces jeunes femmes vulnérables, pendant des mois parfois, pour leur extorquer tout ce qu'elles possédaient jusqu'à leur vie. Ce Holmes fut un tueur sadique, méticuleux poussant le côté manipulateur à son paroxysme. Il utilisait froidement les gens. Je vous laisse découvrir ses derniers meurtres qui sont tout de même complètement ignobles et d'un sadisme et d'une perversion inouis.
    À un moment, j'ai été un peu déçu du mélange de ces 2 histoires. le récit de l'Exposition de Chicago est tellement exceptionnel que cette histoire de tueur en série fait un peu accessoire voire limite racoleur. Mais au fur et à mesure que j'avançais, je me suis rendu compte que ce parallèle était assez original et même très intéressant et révélateur de l'époque. Quelque part, cela prouvait que ce tueur a pu exister parce que l'Exposition de Chicago a pu exister (et vis versa même si c'est un peu trop fort). S'il n'y avait pas eu cette folie dans ce Chicago-là, jamais ces folles architectures et inventions n'auraient pu voir le jour. de plus, le livre l'indique bel et bien dans son titre : la ville construite pour l'Exposition fut nommée "la Ville blanche" mais cela s'opposait surtout à Chicago qui était surnommée la "Ville noire", sale, puante, violente, malsaine. La Ville noire avait donné le jour à la Ville blanche. La Ville noire hébergeait le mal en son sein. Et celui-ci en a profité pour corrompre la Ville blanche. Comme un symbole de cette grandeur et de cette décadence à la fois.
    Je ne saurais donc trop vous conseiller la lecture de ce livre, ne serait-ce que pour découvrir cette Exposition de Chicago. On y découvre aussi cette Amérique de 1890, époque charnière entre l'Amérique de l'Ouest sauvage opposée à la florissante New York qui commerce avec l'Europe et l'Amérique naissante qui allait bientôt dominer le monde et se développer vers l'Ouest !

    Lien : http://nourrituresentoutgenre.blogspot.fr/2012/01/le-diable-dans-la-..
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    • Livres 5.00/5
    Par Lirio, le 08 octobre 2011

    Lirio
    En 1892, la ville de Chicago se lança un défi titanesque : créer sa propre Exposition Universelle afin d'éclipser celle de Paris qui avait attiré des millions de visiteurs trois ans plus tôt, et de donner un certain lustre à la "ville des abattoirs" peu considérée par le reste des Etats-Unis. L'architecte Daniel Burnham fut chargé de l'écrasante responsabilité de la construction de cette "ville blanche" féérique en un temps record. Il y parvint au prix de mille difficultés, et l'exposition connut un succès retentissant. Mais dans l'ombre de ce chantier colossal, un monstre commençait à donner libre cours à sa folie meurtrière. Propriétaire d'un hôtel à proximité de l'Exposition, charmeur, manipulateur et sans scrupules, le docteur Henry Howard Holmes fut en effet le premier tueur en série américain répertorié, dont on ignore toujours le nombre exact de victimes.
    L'auteur de cet ouvrage utilise un style journalistique clair et précis, et son récit fourmille de détails historiques particulièrement intéressants sur la vie de la société américaine de l'époque. Un livre inclassable et captivant.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par wakinasimba, le 23 janvier 2012

    wakinasimba
    Je ne savois pas à quoi m'attendre en ouvrant ce roman, je n'avais même pas lu la 4e de couverture pour me donner encore plus de suspens. Je n'ai pas été déçue.
    Pourtant, cela s'annonçait mal : il était question, dès les premières pages, d'architectes inconnus de moi et de la ville de Chicago (à part les Chicago Bulls et Mickaël Jordan, je ne connaissais rien de cette ville, même pas qu'elle avait des abattoirs géants, je confesse mon ignorance crasse).
    Et pourtant je suis entrée dans ce roman à la narration fluide presque immédiatement. Car l'auteur n'est pas pédant ni ne donne de détails inutiles sur l'architecture et la construction de cette "Foire internationale" qui devait rivaliser avec la Tour Eiffel.
    Le destin des hommes (et des femmes) qui ont participé à cette aventure nous est connu jusqu'au bout, et ne s'arrête pas seulement à la fin de la Foire, procédé que j'ai apprécié car il a étanché ma curiosité.
    Et puis il est question de ce fameux Holmes, au pseudonyme si mal choisit, qui oeuvre presque au grand jour dans une ville où les disparitions sont légions.
    Tout ceci est écrit par une main de maître, le récit jamais ne s'essouffle ni ne nous perd en route, et s'offre même le luxe de nous faire cotoyer à la fois les plus grands architectes américains et le premier tueur en série.
    Bref, j'ai aimé passer ces heures à Chicago en pleine dépression où les hommes sont capables du pire et du meilleur (ça parait banal de dire cela, mais c'est réellement ce qui s'est passé car l'auteur s'appuie sur des documents d'archives) ; où jamais rien n'est sûr, la Foire ouvrant ses portes sans que tout soit terminé ; où les femmes, qui commencent à s'émanciper, sont bien naïves parfois. La vie, quoi...
    Il y aurait encore tant à dire sur les débuts de Frank Lloyd Wright, la haute-bourgeoisie et la classe laborieuse des années 1890, les spectacles de Buffalo Bill qui font salle comble...
    Merci M. Larson !
    L'image que je retiendrai :
    Celle de la Grande Roue, dont le montage n'est pas terminée au moment de l'ouverture officielle de la Foire, et qui menace de s'écrouler à chaque tour. Une vraie prouesse.

    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/14/22959648.html
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  • Par keisha, le 08 juillet 2011

    keisha
    1893 : ouverture de l'Exposition universelle de Chicago, qui doit nécessairement dépasser celle de Paris en 1889 (mais oui, la Tour Eiffel), prouver à l'Amérique qu'à Chicago on n'est pas des ploucs, et au monde entier qu'on est les meilleurs. Mais avant cette ouverture, que de tracas pour l'architecte en chef Daniel Burnham : décès ou maladies de collaborateurs, mauvaise météo, revendications et grèves des ouvriers, retards importants d'où une incessante course contre la montre...

    Parallèlement à la construction de cette Ville blanche, évolue non loin du site de l'exposition un jeune médecin séduisant autour duquel un peu trop de jeunes filles isolées ont tendance à disparaître... Escroc beau parleur, cet Holmes était un vrai serial killer.

    Une excellente surprise! Erik Larson a réussi le tour de force de transformer une masse de documents véridiques en un roman extrêmement agréable à lire, à l'érudition jamais pesante. Les nombreux personnages croisés ne sont pas que des ombres, les informations distillées savamment entretiennent le suspense.

    L'auteur a excellemment réussi à faire revivre l'aventure extraordinaire de cette Exposition, dans une ville attirant une si nombreuse population à cette occasion qu'un assassin y trouvait aisément des victimes crédules sans attirer l'attention.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-le-diable-dans-l..
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 29 juin 2011
    Avec ce livre atypique et foisonnant, c'est bien les deux faces de l'Amérique que le romancier met en lumière : le rêve et le cauchemar.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par ancoline, le 09 décembre 2011

    Durant la première semaine de juin 1893, les hommes de Ferris démontèrent les dernières poutres et planches de l'échafaudage qui avait soutenu la roue géante tout au long de son assemblage. L'arc de la jante culminait à 67mètres, c'est à dire aussi haut que le dernier étage utile du Temple maçonnique de Burnham, le gratte-ciel le plus élevé de la ville. Aucune des 36 cabines n'avaient encore été fixée - elles attendaient au sol tels des wagons d'un train déraillé - mais la roue proprement dite était prête pour sa première rotation.
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  • Par ancoline, le 09 décembre 2011

    Alors que les derniers rayons de soleil s'insinuaient dans la suitre, Margaret et lui se mirent en route vers la salle à manger des première classe, un pont plus bas. Ils descendirent en ascenceur pour épargner à son pied le supplice du grand escalier - au grand dam de Burnham, que ravissait l'élégance de ses artistiques balustrades en fer forgé et de l'immense coupole de verre et métal qui inondait les entrailles du navire dse lumière naturelle.
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  • Par ancoline, le 09 décembre 2011

    Même la tour de Gustave Eiffel, dont certains Américains enclins à prendre leurs désirs pour des réalités avaient prédit qu'elle défigurait l'harmonieux paysage urbain parisien par sa monstruosité architecturale, se révéla dotée d'une grâce inattendue avec sa base large et son corps fuselé. Une telle humiliation ne pouvait être tolérée. La fierté issue de la puissance croissante et de la nouvelle stature internationale de l'Amérique alimentait un nationalisme de plus en plus intense. La nation avait besoin d'une occasion de surclasser les Français, et surtout de "battre Eiffel". L'idée d'accueillir une grande exposition pour célébrer la découverte du nouveau monde par Colomb devint soudain irrésistible.
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  • Par ancoline, le 09 décembre 2011

    "Il nous faut un élément distinctif, enchaîna Burnham, quelque chose qui puisse occuper au sein de l'Exposition universelle colombienne un position comparable à celle de la tour Eiffel à l'Exposition de Paris."
    Mais pas une tour, ajouta-t-il. Les tours n'étaient plus originales. Eiffel en avait déjà bâti une. La "simple grande taille" ne suffirait pas davantage. Quelque chose d'inédit, d'original, d'audacieux et d'unique doit être conçu et bâti pour que les ingénieurs américains gradent leur prestige et leur statut."
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  • Par ancoline, le 09 décembre 2011

    La douleur lui rappelait chaque jour que son temps sur cette terre touchait à sa fin. "Le prolongement de la vie d'un homme ne m'intéresse pas du moment qu'il a fait et plutôt bien fait son travail", avait-il confié à un ami juste avant de s'embarqué.
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