ISBN : 2070119912
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 2.5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Je ne sais pas ce qui s'est passé au juste - pourquoi ce fol attachement ? Peut-être est-ce le conflit avec son éditeur qui a tout déclenché, elle était vraiment perdue à ce moment-là.
Je lui ai dit et répété que Luc n'était pas quelqu'un pour elle : qu'avait-ell... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 2.00/5
    Par Reka, le 19 mars 2011

    Reka
    Camille Laurens. Une écrivaine à qui je faisais aveuglément confiance et dont j'avais généralement envie d'acheter les livres les yeux fermés.
    Bien qu'il s'agisse d'autofiction comme dans ses autres romans, Romance nerveuse est très différent de ce que j'ai pu lire de Camille Laurens jusqu'à présent.
    En vacances à Djerba, Camille ressasse l'incident qu'elle a connu avec son éditeur d'origine en 2008. Survient au beau milieu de son trouble un homme. Luc, paparazzo : il est insolent, charmeur, speedé, anticonformiste et provocateur. Il est l'exact opposé d'elle, et pourtant, ils vont se conjuguer.
    Dans ce livre, Camille Laurens nous raconte Luc. le rythme de sa prose épouse fréquemment l'impétuosité et le dérèglement de son aimé. Elle écrit l'absence de rapport au temps, l'inconscience, l'inconséquence.
    Certains passages ont retenu mon attention de par leur esthétisme, cependant, rien, dans ce livre, ne m'a retenue ni captivée.
    Je déplore de ne pas avoir été tentée de recopier autant d'extraits que lors de mes lectures de Ni toi ni moi et de Philippe. Comme toujours, les productions de Camille Laurens frôlent l'exercice de style. Si l'écriture n'hypnotise pas, c'est peine perdue.
    Ce fut donc peine perdue.
    Encore une lecture avortée…

    Lien : http://marecages.be/?p=3515
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Citations et extraits

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  • Par Reka, le 21 mars 2011

    C'était le parapluie et la machine à coudre, notre histoire, dont la rencontre produit parfois de la beauté sur cette table de dissection qu'est toujours un roman. Tu voulais que je l'écrive, et en même temps tu avais peur que je ne reste avec toi que pour l'écrire. "Je ne sais pas ce que tu trafiques, mais je sens qu'un jour, je vais comprendre ma douleur". Je n'aurais su mieux dire à quoi sert la littérature - ce qu'elle doit être dans le rapport qu'elle entretient par essence avec la douleur : pourquoi des livres si l'on n'a pas souffert? Parmi eux, certains s'offrent à partager la douleur, à l'adoucir, à la distraire, à l'escamoter. Mais d'autres ont une autre visée, que la vie rapide et la cécité ordinaire ne permettent pas. On est malheureux sans le savoir, on ne veut pas le savoir, on étouffe le malheur dans le narguilé de l'oubli, on titube dans un paradis artificiel pour nier qu'on a perdu et renier ce qu'on n'a plus, on roule des pelles à la mort comme si elle allait nous ressusciter. Alors il y a des livres - n'est-ce donc rien? - dont la lecture comme l'écriture, loin de nous embarquer ailleurs, nous tirent vers le miroir, vers un lieu où, nous voyant soudain à l'arrêt, saisis dans le cadre, ombres, cernes, rides gravés sur le visage vif argent de l'enfance, nous pouvons simplement, simplement comprendre notre douleur. (p. 214)
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  • Par Reka, le 21 mars 2011

    Je l'envoie en éclaireur dans les désastres quand moi je ne peux pas, elle est mon écu, mon armure. Elle a des armes adaptées aux circonstances, l'humour dans l'amour, l'ironie dans la rupture, l'analyse dans la confusion, la stratégie dans la guerre, la méditation dans le deuil, le savoir dans le noir. Elle monte au créneau sans un émoi, sans un remous intime, elle est mon pilote automatique quand je n'assure plus en commande manuelle, le servofrein de mes déroutes, elle est le rideau de fer qui tombe d'un bloc devant la porte en cas d'agression, elle est ma régie, ma sentinelle, mon garde du corps - oui, on peut dire ça aussi : elle garde mon corps. (p. 31)
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  • Par Reka, le 21 mars 2011

    [...] dans le noir de la salle je retrouvais cette souffrance spéciale que j'ai connue autrefois, quand j'enseignais dans des collèges de banlieue, tel élève serait heureux par tel livre, pensais-je, mais il ne le lisait pas, et j'étais impuissante à lui en donner l'envie, il s'en foutait , il ne savait pas ce qu'il perdait, il n'avait pas idée de cette joie, à la fin je n'en pouvais plus de mes classes, je m'évertuais en vain, j'étais là, grosse fatigue, tête d'enterrement, je portais le deuil de leur désir. (p. 93)
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  • Par Reka, le 16 mars 2011

    [...] il cherche la scène qui déploiera le malentendu, le geste qui fera déborder le vase, la crise qui justifiera la rupture, avant l'excuse qui permettra de revenir, le cadeau d'attendrir, la parole d'émouvoir, il cherche sans discontinuer l'offense et le pardon. (p. 82)
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  • Par Reka, le 21 mars 2011

    Pour elle, la lucidité est la mort bienheureuse du cœur, comprendre évite de souffrir, et elle ne voit jamais d'un mauvais œil la perspective de décaper l'amour de ses couches écaillées de connerie. (p. 92)
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Solo de danse contemporaine sur un texte de Camille Laurens (Passer-Tissé par mille). Musique : Vivaldi








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