ISBN : 286853550X
Éditeur : Le Temps qu'il fait (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

Le voyageur a tourné le dos à sa vie et jeté la clé dans l’herbe. Marchant sur une route pluvieuse, il passe sans le savoir de l’autre côté du paysage. Il y fait la rencontre d’un homme et d’une femme qui l&#x... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 13 novembre 2011

    Couperine
    Je viens tout juste de refermer ce roman et je suis encore sous le coup de l'émotion. Rares sont les auteurs qui peuvent se vanter de faire passer ainsi de tels sentiments.

    Non seulement l'histoire est aboutie mais le style l'est également. Nous sommes ici en pleine prose poétique où chaque mot, chaque phrase va résonner dans la tête du lecteur.

    Qui est ce personnage quelque peu énigmatique ? Nous ne pouvons ici, comme dans les deux premiers romans, faire une référence familiale. N'est-il pas, finalement, chacun d'entre nous ? Cet homme solitaire n'est pas sans rappeler l'Etranger de Camus, du moins, c'est ce qu'il m'a évoqué.

    A travers de nombreuses références culturelles, notamment musicales, on suit le cheminement de ce voyageur énigmatique et l'on retrouve ici quelques détails que l'on pouvait déjà voir dans les premiers romans, notamment celle d'un récit pouvant se créer au travers de documents retrouvés. Ici, il s'agit de lettres que le voyageur, refaisant une pièce chez ces étrangers pour en faire un salon de musique, va retrouver. La différence est qu'il ne sera pas curieux au point de les lire jusqu'au bout. On n'en saura pas plus, ni sur ses lettres, ni sur le sort du personnage principal. Mais, après tout, l'Arcadie ne doit-elle pas rester mystérieuse ?


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 13 novembre 2011

    Le moteur d’une voiture qui abordait la côte en contrebas vint troubler le silence. Il hésita à entrer dans le bois, comme s’il lui fallait se garder de quelque danger, se contenta finalement de serrer le bord de la route. La voiture montait lentement et par le bruit du moteur il suivait sa progression, de virage en virage. Il se retourna et aperçut les phares au fond de la brume. Il s’arrêta pour laisser passer.
    La voiture approchait sans hâte comme une bête lourde sortie de rien et le bruit du moteur couvrait à présent celui de la pluie. Quand elle passa près de lui, il jeta un coup d’œil à l’intérieur et aperçut un homme qui conduisait, une femme à ses côtés. L’homme devait avoir à peu près son âge, la femme était plus jeune. Elle le regarda au passage, mais comme si elle ne le voyait pas. Il eut le temps de remarquer de grands yeux noirs. Il se remit en marche après avoir vu les feux s’enfoncer dans la brume. C’est alors qu’ils rougirent brusquement comme des braises, en même temps que le bruit du moteur baissait d’un coup : la voiture s’était arrêtée à une centaine de mètres au milieu de la route.
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  • Par Couperine, le 13 novembre 2011

    Il ne ralentit ni ne pressa le pas, laissant se réduire progressivement la distance qui le séparait de la voiture immobilisée. Il commençait à entendre le bruit de la pluie sur la tôle. C’était une voiture de modèle récent et d’aspect confortable. Lorsqu’il arriva à la hauteur de la portière de la passagère, la vitre s’abaissa silencieusement comme un voile. Il croisa les yeux noirs qui semblaient toujours le traverser pour se perdre dans les branches nues des châtaigniers. Il se dit qu’elle était belle mais ne s’attarda pas à cette pensée. Le conducteur s’était penché et lui demandait s’il souhaitait être mené quelque part. Il hésita, car il aurait préféré continuer à marcher seul sous la pluie. Cependant, une pointe d’ironie dans le regard de l’homme le persuada, et il dit que le prochain village conviendrait. On fit un geste vers la portière arrière. Il entra dans la voiture et avec lui l’odeur de la pluie et de la brume dans la chaleur parfumée. La voiture démarra pendant qu’il s’efforçait de ne pas inonder la banquette de son manteau trempé.
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  • Par Couperine, le 13 novembre 2011

    La pluie s’était mise à tomber doucement. Il releva le col de son manteau. Le paysage se noyait dans la brume à mesure que la route s’élevait. Il entra dans les châtaigniers et l’odeur du sous-bois l’entoura. Son pas sonnait dans le bruit léger des gouttes tombant sur l’épaisseur de feuilles mortes. Il pensa à la musique, puis la musique se tut et il n’entendit plus que son pas. Il se disait que tout était bien ainsi : la route, les arbres, la pluie, et derrière lui cette porte fermée. Il ignorait ce que serait l’heure prochaine et cette ignorance était son habit de voyage.
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