ISBN : 2847201475
Éditeur : Gaïa (2009)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
Victor ouvrit un cahier et prit sa plume. Sa main tremblait au moment d'écrire le premier mot du texte qu'il découvrait. D'un geste méthodique et lent, il traça de grosses lettres capitales sur la feuille. Le manuscrit dactylographié en roumain que Victor Luca s'apprête... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 18 juin 2010

    Seraphita
    Victor Luca et sa famille vivent dans le petit village de Slobozia, au fin fond de la Roumanie. Victor est fasciné par un lac que les villageois appellent « La fosse aux lions », en référence au prophète Daniel. le jour où Victor tue sauvagement son père maltraitant dans le lac, commence un long parcours meurtrier. Il se terre durant de longues années chez sa mère et sa sœur, les villageois le croyant mort. Itinéraire d'une rédemption vers une libération sur cette Terre des affranchis
    J'ai lu ce livre dans le cadre du prix Cezam 2010 et ce fut un véritable coup de cœur. A plusieurs reprises, l'ouvrage se révèle très instructif. Dès le départ, on apprend que « Slobozia », le nom du village où se déroule l'histoire, signifie : « libérer, délivrer, affranchir ». « Terre des affranchis » raconte effectivement l'histoire d'une rédemption, d'une libération du poids des fautes, des péchés. On apprend également sur l'histoire de la Roumanie, de la dictature de Ceausescu jusqu'à la démocratie, sur l'histoire de Slobozia, avec son lieu légendaire et redouté : « la fosse aux lions », qui cristallise les miracles pour Victor. Lieu qui vient en aide dans les moments difficiles, lieu qui est le témoin des pires atrocités.
    Ce livre cultive le mystère : le lecteur s'interroge jusqu'au bout sur la destinée de Victor : va-t-il être démasqué par le policier infatigable, Simion Pop, qui officie pendant plus de 20 années. On ne peut rester insensible au personnage de Victor malgré son côté effrayant et repoussant : il est mû de pulsions incontrôlables, mais en même temps essaie à tout prix de se racheter : c'est ainsi que pendant de nombreuses années, il va recopier sur des cahiers des textes religieux pour un prêtre dissident. La foi est très présente dans ce livre : elle est bien incarnée par l'image de l'ermite Daniel, dont on apprend qu'il se réfugie à Slobozia pour expier des fautes lourdes. Il constitue un peu l'alter ego de Victor. Dans le village, les croyances et les superstitions sont tenaces : on croit ainsi beaucoup aux moroï, les « morts vivants ». Les fêtes religieuses ponctuent la vie quotidienne et l'église est bien fréquentée.
    Un mot sur l'auteur : « Liliana Lazar est née en 1972 en Moldavie roumaine. Elle a passé l'essentiel de son enfance dans la grande forêt qui borde la village de Slobozia, où son père était garde forestier. Elle arrive en France en 1996. Elle vit à Gap, aux pieds des Alpes. Liliana Lazar écrit en français » (informations sur la quatrième de couverture). Il s'agit ici de son premier roman.
    Il est difficile de classer ce livre dans un genre : tour à tour, il arbore le visage d'un roman, d'un policier, d'un roman fantastique, parfois presque d'un conte…
    Peut-on racheter ses fautes, le temps peut-il permettre d'effacer les péchés et d'être pardonné, à ses yeux et à ceux des autres ? Telle est l'interrogation centrale de « Terre des affranchis ». Un beau livre, mais aussi un livre difficile, qui explore l'univers des pulsions meurtrières et de la religion, au cœur des forêts moldaves.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par miriam, le 31 janvier 2012

    miriam
    Après un voyage radieux dans une Roumanie accueillante, chaleureuse, presque maternelle, solaire, je découvre par la littérature ses aspects sombres et inquiétants
    Liliana Lazar , née en Moldavie, vit en France et écrit en français.
    le titre vient de la traduction du nom du village de Slobozia où se situe l'histoire. Histoire plutôt glauque d'un tueur en série, colosse naïf et brutal. Homme de la forêt, homme du lac, La Fosse aux Lions, protégé par une nature touffue et complice.
    Ce conte plutôt effrayant se déroule dans un contexte de religiosité et de superstition. Religiosité du pope et de tout le village mais surtout espoir de la rédemption malgré l'énormité des crimes, arrivée d'un ermite de la forêt...superstition des villageois qui préfèrent attribuer aux mort-vivants, les moroïs, les disparitions des jeunes femmes qu'à un
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Livrespourvous, le 09 mars 2010

    Livrespourvous
    Avez-vous un jour écouté la Moldau (Vltava), superbe poème symphonique tiré de Mà Vlast (Ma Patrie) du compositeur tchèque Bedrich Smetana (1824-1884) ? Toute l'âme de la Mittel Europa y est enfermée, ses croyances et ses traditions.

    Terre des affranchis présente des qualités similaires. Mais cela va plus loin car malgré le caractère frustre et primaire de ses habitants, Slobozia, en Moldavie, n'est pas si différent de nos villages français.
    Voici donc un mineur du Sud de la Roumanie, Tudo Luca, qui a perdu une jambe en 1955, lors d'un violent coup de grisou dans une mine. Il s'installe avec sa femme, Ana, son fils, Victor et sa fille, Eugénia à Slobozia.
    Dix ans plus tard, la Roumanie est toujours sous le joug communiste et à présent, sous la tyrannie de Nicolae Ceausescu.
    Tudor, de plus en plus sous l'emprise de l'alcool, bat sa femme et son fils. Un beau jour, Victor en a assez et décide de supprimer son père. Hélas, ce parricide, qui passe aux yeux des villageois pour un simple accident, est le premier d'une longue liste de meurtres.

    Pourtant protégé par sa mère, sa soeur, la nature, et bientôt par un prêtre résistant à la dictature communiste et son bras armé, la Securitate, Victor voudrait expier et trouver ainsi le salut...

    Voici donc un roman bien malicieux où le mal n'est pas plus jugé que le bien. Un roman bien construit qui entraîne le lecteur aux confins des forêts moldaves, où le merveilleux, le diable et la croyance primitive cohabitent joyeusement.

    L'histoire de cette Terre des affranchis (Slobozia) se raconte magnifiquement bien, avec en fond de toile, l'Histoire de la Roumanie, de la dictature à la révolution de 1989 et à la nouvelle Roumanie, présidée par les anciens amis de Ceausescu.
    Et puis, il y a le poids de la religion, terreau ou ferment de la résistance, comme dans beaucoup d'autres pays. le personnage du père Ilie est vraiment épatant à plus d'un titre. Il y a aussi l'amour d'une mère pour son fils, amour qui accepte tout, même l'impossible. D'autres personnages sont attachants, le héros Victor mais aussi le brigadier Simion Pop.

    L'écriture est juste et économe. Les descriptions sont minutieuses, comme réalisées au couteau, le tranchant du côté de la toile. Liliana Lazar sait raconter, une qualité remarquable, surtout pour un premier roman.


    Lien : http://livrespourvous.centerblog.net
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ignatus-reilly, le 16 avril 2011

    ignatus-reilly
    Cette histoire se déroule dans un petit village isolé, Slobozia, en Moldavie roumaine, aux confins d'une grande forêt sombre et mystérieuse.
    Nous sommes dans la Roumanie de Ceauscescu.
    Le héros, Victor Luca, maltraité par son père, va finit par le tuer. Ce meurtre originel n'est que les prémisses des pulsions qui agitent le jeune garçon.
    Cependant la nature, sous la forme d'un lac aux propriétés étranges et maléfiques, va protéger Luca.
    Ce lac est un endroit maudit que les moroïs (sorte de morts-vivants) viennent hanter et nul villageois ne s'en approche.
    Luca, dans un désir, de pénitence, va rester cloîtré 20 années caché par sa mère et sa sœur.
    Durant ce temps, il va recopier des livres religieux interdits par le pouvoir athée en place afin qu'ils soient diffusés aux croyants.
    Malgré son désir de rédemption, ses pulsions incontrôlables vont de nouveau le conduire au meurtre.
    Même, s'il ne sera jamais condamné par la justice des hommes, Victor se sait coupable aux yeux de son Dieu et n'aura de cesse de se repentir.
    Ce récit sombre fait la part belle à la foi religieuse mais aussi aux superstitions et à l'oppression.
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    • Livres 3.00/5
    Par Leiloona, le 16 novembre 2009

    Leiloona
    Quand on ouvre ce roman, on prend de plein fouet des vapeurs slaves sur son visage. Nous sommes en Roumanie, pays connu pour avoir été le berceau de Dracula. Un pays où les légendes côtoient de près le quotidien des villageois, auxquelles s'ajoute une foi religieuse assez prégnante.
    Quand on descendit la bière de l'attelage, la clameur monta d'un cran. Les pleureuses n'étaient pas des professionnelles mais de pieuses femmes qui, en échange d'une collation, donnaient aux funérailles une dimension plus dramatique encore. Après quelques minutes, les lamentations s'atténuèrent. le père Ilie s'approcha du corps et commença à réciter la prière des morts. le cercueil était ouvert pour que la défunte reste présente aux vivants jusqu'à sa mise en terre.
    Aux légendes et à la religion viendront s'ajouter les turpitudes de la Roumanie de Ceauşescu au fil du roman, puisque ce récit s'étale sur plus de 20 ans. Nous avons donc ici une carte de la Roumanie des années 70 à nos jours. Des années de changements et de renouveau.
    Les ingrédients de ce récit ne pouvaient que me plaire ! Que pouvais-je demander de plus ? Une terre slave de légendes, un lac animé de pouvoirs bien surprenants, un communisme montré sous son jour le plus noir ... malheureusement la mayonnaise n'a pas pris. Un peu comme lorsqu'au cinéma une perche reste visible. Dans ce récit, les descriptions sont très belles, oniriques et nimbées d'une brume envoûtante, mais aussi très travaillées. Trop, peut-être, puisqu'elles semblent souvent plaquées et artificielles.
    Et que dire de Victor, grand naïf et costaud, un peu Quasimodo sur les bords, qui tue mais sans savoir pourquoi et qui reste tout de même doux comme un agneau à d'autres moments ! Un jour brave élève consciencieux qui recopie des écritures saintes, un autre jour meurtrier sans âme.
    Parfois, on croise un personnage qui semble avoir une importance dans ce récit, mais qui s'éclipse trop vite pour revenir une quarantaine de pages plus tard et prendre pour le coup une très grande place dans l'intrigue.
    Il n'en aurait pas fallu beaucoup pour que la sauce prenne.
    Quelques ficelles en moins, des personnages plus subtils, une narration mieux maîtrisée. Malgré tout, un charme certain émane de ces pages.

    Lien : http://leiloona.canalblog.com/archives/2009/11/15/15809627.html
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Chloé Brendlé pour le Magazine Littéraire

    D'abord, un toponyme : Slobozia, village aux confins de la Moldavie roumaine où naquit l'auteur. Puis un décor de conte : un lac, doté d'étranges pouvoirs, semble-t-il, surnommé « la Fosse aux Lions » après a... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 21 décembre 2010

    "Voici l'heure du Jugement", se dit Victor. Il s'accouda sur le bord du canot en se cramponnant de ses larges mains. Comme une vis sans fin qui, inlassablement, se noue et se dénoue, un remous d'écume se déployait en vrille sous ses yeux. Irrésistiblement, La Fosse l'attirait à elle. Dans ce gouffre insondable, Victor comprit l'immensité que pouvait prendre sa petite vie. Les vapeurs toxiques de soufre exhalaient leur parfum aliénant, l'attirant comme les effluves d'un puissant opiacé. Ce n'était plus de l'eau qui s'ouvrait à lui, mais un abîme d'éternité. L'agitation des flots qui secouaient la barque dans un inquiétant va-et-vient, semblait lui chuchoter à l'oreille : "Tu es à moi, tu m'appartiens..." Il resta ainsi immobile quelques secondes à regarder ces ténèbres lumineuses dans une parfaite quiétude. Victor se dit qu'il ne pouvait plus faire machine arrière. Pas cette fois-ci. Son passé et son avenir étaient là, au-dessous de lui, dans ce trou sans fond qui engloutissait les hommes et libéraient leurs âmes.
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  • Par wictoria, le 30 janvier 2011

    L'obscurité était devenue son alliée, celle qui lui permettait d'exister au monde. Les nuits d'été, il lui arrivait parfois de s'allonger dans la cour pour observer les étoiles. Enfin, il pouvait respirer, lui, tellement habitué à la vie au grand air. Pourtant jamais il ne s'éloignait de la maison. Ana lui avait formellement interdit de franchir la clôture. Pour parer à tout risque, Victor avait aménagé une cachette sous le toit. Une trappe dans le plafond permettait d'y accéder rapidement, dans le cas où un visiteur impromptu se serait présenté.
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  • Par Seraphita, le 20 juin 2010

    La Fosse aux Lions parut s’assombrir. Un souffle puissant parcourut les arbres en agitant leur feuillage. L’eau avait perdu sa clarté cristalline. En un instant, elle était devenue sombre, comme si une marée noire s’était déversée dans son flot. Les roseaux sauvages s’agitèrent dans un ballet inquiétant. Tels des monstres aquatiques, les carpes se mirent à danser à la surface dans des clapotis étourdissants. Une troupe de geais s’envola quand la clameur résonna au-dessus de la forêt.
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  • Par Seraphita, le 20 juin 2010

    Une bonne demi-heure de marche dans les bois est nécessaire pour arriver jusqu’au lac. Il faut d’abord longer les collines qui surplombent Slobozia, et s’enfoncer plus profondément dans les taillis de hêtres et de chênes. A son approche, le sentier se fait sinueux, la chênaie devient plus dense. Puis quand le marcheur, convaincu de s’être égaré, songe à rebrousser chemin, soudain, au détour d’un bosquet, il l’aperçoit enfin : le lac.
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  • Par alicejo, le 05 juillet 2010

    Comme le fiancé étreint sa bien-aimée, Victor serrait de plus en plus fort la jeune fille dont les cartilages craquaient comme ceux d'une volaille que l'on désosse. Son corps s'affaissa d'un coup quand Victor lâcha enfin prise. Anita Vulpescu venait de mourir, étranglée entre les mains d'un garçon qu'elle connaissait depuis son enfance et qu'elle n'avait pourtant jamais regardé.
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