Me voilà une nouvelle fois à Fjällbacka, charmante petite bourgade suédoise où la police locale a presque plus d'affaires scabreuses à résoudre qu"au 36, quai des Orfèvres à
Paris. Et bien, figurez-vous que c'est justement ce que j'adore chez
Camilla Läckberg,
Tous les antagonismes que l'on trouve dans ses romans et qui en font sa signature.
D'un côté, nous avons un commissariat de province qui, à première vue, ne rassemble pas
Tous les premiers de la classe. Leur chef, (plus caricatural que lui, tu meurs), tout en occupant la plupart de son temps à faire la sieste, à promener le chien et maintenant à changer le bébé, n'a de cesse de houspiller ses hommes sur la lenteur de l'enquête. Je vous passe les gros plans sur leur vie privée et sur le quotidien (somme toute assez semblable à celui de Mr et de Mme Tout le Monde et leurs enfants) d'Erica et de Patrik.
L'autre face du miroir est beaucoup plus sombre. L'intrigue qui, à l'aide de nombreux flashbacks (autre spécialité de l'auteure), se met en place va nous faire basculer dans l'horreur la plus insupportable, car liée à l'enfance. Les thèmes évoqués sont difficiles : le cancer, la schizophrénie, l'alcoolisme, la maltraitance. La personnalité des protagonistes rencontrés est plus travaillée, plus complexe.
Prise à l'hameçon, je suis partie, sans me poser d'autres questions que celles liées à l'enquête, à la poursuite de ce fantôme surgi du passé qui hante les trois "amis", le quatrième n'ayant plus son mot à dire.
Avec
Camilla Läckberg, j'ai l'impression parfois de passer de l'univers de "Petit Ours Brun" à celui de
Zola, simplement en tournant une page (que les puristes me pardonnent de rapprocher deux mondes qui n'auraient jamais dû l'être !)
Que dire de la grosse ficelle de la fin pour obliger le lecteur à acheter le prochain opus..... et bien, chez moi ça a marché : j'ai hâte qu'il paraisse.