Camilla Läckberg reprend les héros de
La princesse des glaces dans ce roman. Et je pense qu'avoir lu le précédent doit faciliter la lecture de celui-ci. Car l'auteure multiplie les personnages, les époques et ce n'est malheureusement pas toujours facile de se rappeler qui est qui.
Nous sommes donc dans la petite ville « tranquille » de Fjällbacka dans le poste de police dirigé par Mellberg, peu efficace, mais très impliqué dans son parcours professionnel. La responsabilité de l'enquête est confiée à Patrick, assisté de son ami Martin. Malheureusement pour eux, « travaillent » aussi Gösta, passionné de golf plus que d'enquête et Ernst, à la limite de l'incompétence.
Patrick vit maintenant avec Erica qui supporte difficilement la fin de sa grossesse. Mais il n'aura pas beaucoup de temps à passer avec sa compagne.
Dès les premières pages du livre, le cadavre d'une jeune femme est retrouvé au « Gouffre du diable », mais plus inquiétant encore, ce sont les ossements de deux autres cadavres découverts sous le corps.
Les enquêteurs vont être obligés de s'interroger sur l'étrange famille Hult. le grand-père Ephraïm, était un prédicateur, doté de pouvoir de guérison, mais qu'un judicieux mariage et héritage mettra à l'abri de tout besoin financier. Devenu propriétaire d'une grand domaine, il entretiendra avec ses deux fils des rapports très différents. Gabriel, sage descendant, comptable du domaine, marié avec Laini a lui même deux enfants: Jacob (marié avec Marita), devenu « travailleur » social, remettant des jeunes marginaux dans le droit chemin des hommes et de Dieu; mais Gabriel a aussi une fille, Linda, beaucoup moins sage que son frère ainé et dont les fréquentations laissent à désirer.
Son deuxième fils Johannès, s'est pendu après avoir été accusé d'être impliqué dans la disparition de deux jeunes femmes, 24 ans plus tôt. Il laisse à Solveig, sa femme, ex-miss de beauté, l'éducation ou plutôt la totale absence d'éducation de ses deux fils Robert et Johan.
La découverte de tous ces cadavres, torturés et mutilés va faire remonter de vieilles histoires de famille avant la découverte d'un coupable assez improbable. Comme quoi l'ADN, n'est pas toujours sûr.
Un roman policier de bonne facture. Les rebondissements sont nombreux mais sans effets inutiles ou pirouettes sensationnelles. Tout est habilement mené pour construire une intrigue palpitante et une tension qui va crescendo jusqu'au final. Plusieurs histoires s'entrecroisent, il y a des retours en arrière pour donner la parole aux victimes et l'alternance régulière entre les protagonistes de l'enquête offre un bon rythme, fluide et soutenu, dans l'ensemble.
Par contre, je reproche un peu au roman son côté confus. le nombre de personnages (qui quelquefois ne servent à pas grand-chose) m'a assez gênée et la fin est, à mon avis, moins brillante que dans ses autres romans.