Ce titre avait tout pour m'attirer. La démarche des éditions Nil dans cette collection (Les affranchis) est originale : demander à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite »
Linda Lê décide d'écrire cette lettre à l'enfant qu'elle n'aura jamais, vu qu'elle a fait ce choix de ne jamais enfanter. Et c'est ce qui a fait que le couple qu'elle formait avec S. s'est de plus en plus dégradé jusqu'à la rupture. Car S. voulait procréer et, ce qui au début n'était qu'une boutade, est devenu une demande de plus en plus pressante. Persuadé qu'elle ferait une bonne mère, il lui a balancé tous les poncifs du genre. Mais rien à faire,
Linda Lê n'a pas envie et a peur de reproduire l'éducation qu'elle a reçue.
Je n'ai pas envie de donner mon avis sur ce titre. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n'ai pas été touchée par la lettre de
Linda Lê, contrairement à Mélopée, Liliba et Clara. Toutes trois ont été émue par le récit de
Linda Lê qui avoue son refus d'enfanter alors que les trois sont maman ou ont envie de le devenir. Je suis, quant à moi, dans la même situation que l'auteur. Enfin, pas tout à fait, mais comme elle, je ne veux pas d'enfant. Alors pourquoi est-ce que, moi, je n'ai pas été séduite par ce récit ? Eh bien, sans doute parce que j'avais des attentes que les trois autres lectrices n'avaient pas. J'avais envie de trouver dans ce petit livre des choses que je n'ai pas trouvé. Un écho à mon propre vécu ? Une connivence ? Une situation similaire ? Sûrement. Et pourtant, rien de tout ça. C'est la raison pour laquelle je ne veux pas faire de critique sur un livre qui n'a pas rencontré mes attentes, sur le contenu duquel je me suis trompée.
Quand vous avez passé la trentaine, que vous êtes mariée, tout le monde vous demande pour quand est prévue la maternité. Quand vous répondez que vous ne voulez pas d'enfants, vous voyez l'effroi se lire sur le visage de votre interlocuteur, qui vous demande effrontément pourquoi. Comme si cette question était légitime !
Personne ne se dit que vous avez peut-être des problèmes de santé et dont vous n'avez pas envie de parler. Non, on vous pose la question, comme si tout le monde avez envie de parler de sa sexualité sur la place publique.
Et alors quand vous répondez que non, vous ne voulez pas d'enfants, vous êtes regardée comme une
Personne totalement anormale, hors de la société, égoïste et j'en passe. Tout le monde vous dit que vous passez à côté de la vie, vous demande ce que vous ferez quand vous serez vieux (????) etc. Choisir de ne pas devenir mère reste encore un tabou dans la société actuelle, comme si la femme se définissait par ce rôle.
Je pense que chaque
Personne est différente et que
Personne n'a a se justifier de ses choix. On ne demande pas à une femme pourquoi elle a décidé d'avoir un enfant.
Je pensais que ce texte aborderait ces questions. Au contraire, l'auteur ne parle que de son enfance et de sa mère et de son éducation catastrophique. Elle règle ses comptes. Elle traite aussi de la façon dont sa vie actuelle ne lui permettrait pas d'accueillir un enfant. Je n'ai pas adhéré au style trop recherché, qui nécessite presque de disposer d'un dictionnaire sous la main, pour comprendre les mots alambiqués qu'elle utilise. On a compris qu'elle était une grande intellectuelle, elle le répète suffisamment.
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