ISBN : 9782841115631
Éditeur : Editions Nil (2011)


Note moyenne : 2.9/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
La narratrice écrit à l’enfant qu’elle a fait le choix de ne jamais concevoir. Travail autobiographique qui éclaire les premiers ja lons de l’enfance et prépare l’expression de la liberté d’adulte
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 09 septembre 2011

    Melopee
    Ce texte de Linda Lê sur le choix de non-maternité est un témoignage émouvant (à destination de son enfant immatériel) qui en quelques soixante pages nous entraine dans une réflexion détonante. Quel est le point de la bonne société sur ces femmes qui ont décidé de ne pas enfanter? Il va de soi qu'elles sont jugées, pointées du doigt et doivent même se justifier car ne pas vouloir avoir de descendance est une décision lourde de conséquences. Linda Lê en fait l'expérience avec son petit ami, S., qui use de tous les arguments pour tenter de la convaincre d'enfin entrer dans le moule. Mais l'auteur a déjà bien réfléchi à la question et trouverait presque contre nature de donner naissance à un être non désiré. Doit-on abdiquer pour sa compagne ou son compagnon? Peut-on espérer un éveil de l'instinct maternel en voyant la "septième merveille du monde" pointer le bout de son nez?
    Les mots de Linda Lê sont puissants, brillants et ont résonné en moi extrêmement fort car ils sont criants d'une autre vision de la vie, non moins belle, mais différente de la majorité. Je me suis plus d'une fois remise en question en me disant que foncièrement la femme a, à notre époque, son propre libre-arbitre et peut donc décréter ne pas vouloir être féconde. Est-ce un mal? Peut-on parler d'égoïsme? C'est un vaste débat auquel je ne suis pas sûre d'avoir une opinion très tranchée. Mais le non-désir de maternité m'interpelle car, au contraire de Linda Lê, j'ai un besoin viscéral de me "perpétuer". Je n'en suis pas encore là mais je ne pourrais concevoir un avenir sans enfant. D'un côté comme de l'autre il doit y avoir un certain égotisme, à vouloir avoir toujours une partie de soi et/ou de son nom sur Terre, pour continuer à exister, par prolongement.
    Et comment aurais-je subvenu à leurs prodigalités, moi qui suis une cigale, gaspillant mon avoir dans les librairies, moi qui tombe toujours amoureuse d'irresponsables sans fortune, moi qui n'ai pas un métier solide, mais ne suis qu'un écrivain dont les romans ne font pas un tabac? (p. 27)
    Sitôt tournée la dernière page, j'ai voulu reprendre certains passages et reparcourir le livre, avec un second plaisir, celui de bien m'imprégner de ces mots, touchants de sensibilité et pourtant très justes et mesurés. Car Linda Lê nous fait part de sa vie, avec S., mais aussi avec des parents (qui n'ont peut-être pas été des exemples de parents), mais aussi avec elle-même et ses démons.
    A lire d'une traite et à reprendre à l'occasion pour ne pas garder des œillères sur l'inévitable "fatalité" d'assurer la lignée. D'autres points de vue existent... et c'est tant mieux !
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    • Livres 2.00/5
    Par Seraphita, le 09 octobre 2011

    Seraphita
    « A l’enfant que je n’aurai pas » de Linda Lê a été publié en août 2011 dans la collection « Les Affranchis » de l'éditeur NiL. Comme le souligne la première page qui vise à présenter cette collection : « Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Ecrire une lettre, une seule, c'est s'offrir le point final, s'affranchir d'une vieille histoire. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Ecrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite ». »
    J'avais déjà découvert, dans cette même collection, « L'autre fille » d'Annie Ernaux, paru en mars 2011. L'originalité de la demande formulée aux auteurs me semblait stimulante et m'a donné envie de découvrir une autre lettre. Linda Lê a donc été invitée à écrire une missive à un destinataire qui ne la lira sans doute jamais, comme l'indique le titre.
    Linda Lê est Une Femme qui n'a pas d'enfant parce qu'elle n'en a pas le désir. Ses proches l'ont beaucoup culpabilisée, à l'image de S., son compagnon qu'elle a aimé pendant 5 ans, qui n'avait de cesse de lui demander un enfant et de la juger avec dureté face à son refus.
    L'auteure essaie-t-elle de creuser l'étiologie de son absence de désir en évoquant son enfance, notamment les relations houleuses avec sa mère, dont elle dit qu'elle l'a longtemps terrorisée ? Les passages où elle relate ces rapports mère-fille m'ont semblé brutaux, voire manichéens. Par ailleurs, les mots qu'elle emploie sont souvent sophistiqués, rendant la lecture encore plus abrupte. le conditionnel semble le mode majoritairement employé. Par ce biais, l'auteure explore d'innombrables hypothèses – toutes plus catastrophistes les unes que les autres - sur le devenir d'un enfant qu'elle aurait pu mettre au monde. Ces réitérations m'ont semblé particulièrement lassantes.
    Cette lettre écrite, le point final posé, Laura Lê parvient-elle à « s'affranchir d'une vieille histoire », comme semble l'indiquer la page de présentation de la collection ? L'écriture a-t-elle pu atteindre une visée cathartique ? Si la fin laisse apparaître un ton plus nuancé, plus positif, en témoignent les mots choisis, le ton général de la lettre m'a semblé souvent brutal, incisif, voire violent, me laissant penser que la souffrance de l'auteure a du mal à être cautérisée par les mots qu'elle inscrit sur le papier.
    S'adressant en toute fin de lettre à cet enfant qu'elle n'aura pas, Linda Lê souligne :
    « Tu me régénères, tu m'es plus proche que jamais, toi l'enfant que je n'aurai pas. Ces lignes sont une offrande, tu vogues sur un esquif en papier, mais pour moi tu n'es pas une fantasmagorie, tu existes, tu es doué de vie. » (p. 65)
    Au regard de la tonalité générale de la lettre, la coloration un peu plus positive de la fin ne me paraît pas pleinement incarnée par l'auteure.
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 05 décembre 2011

    brigittelascombe
    Thèse.Antithèse. Synthèse.
    La narratrice écrit une longue lettre et un court essai à l'enfant qu'elle n'aura pas.
    Pourquoi?
    Parce que c'est son choix "dans un monde qui court au désastre", pour ne pas l'obliger à "pallier ses propres ratages", pour éviter contraintes, et entraves,parce qu'elle chérit sa solitude,parce qu'elle se donne déjà toute entière à la littérature véritable "sacerdoce",parce qu'elle a manqué de l'affection d'une "Big mother" à la "science infuse,abusive,exclusive et cassante et d'un père déraciné.
    Et pourquoi pas? plaide S. atterré par leur "love affair" qui s'essoufle."Ce n'est pas être moutonnier que de vouloir engendrer", tu es immature,maboule,asociale...
    Stop!
    Et s'il fallait couper le cordon ombilical pour pouvoir engendrer soi même?
    Alors elle le fait vivre quand même en mots sur "ce frêle esquif de papier" ....comme un Moïse à sauver.
    Lettre émouvante, sincère qui ose aborder le tabou du refus de maternité et ouvrir une brêche dans la lourde chappe qui scelle le non-désir d'enfant jugé égoïste de l'extèrieur alors qu'il est peut-être tout le contraire.
    A l'enfant que je n'aurai pas vient de recevoir le prix Renaudot poche 2011 et Linda Lê est par ailleurs l'auteur de plusieurs autres ouvrages aux éditions du Nil et ailleurs.
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    • Livres 2.00/5
    Par Chaplum, le 01 octobre 2011

    Chaplum
    Ce titre avait tout pour m'attirer. La démarche des éditions Nil dans cette collection (Les affranchis) est originale : demander à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite »
    Linda Lê décide d'écrire cette lettre à l'enfant qu'elle n'aura jamais, vu qu'elle a fait ce choix de ne jamais enfanter. Et c'est ce qui a fait que le couple qu'elle formait avec S. s'est de plus en plus dégradé jusqu'à la rupture. Car S. voulait procréer et, ce qui au début n'était qu'une boutade, est devenu une demande de plus en plus pressante. Persuadé qu'elle ferait une bonne mère, il lui a balancé tous les poncifs du genre. Mais rien à faire, Linda Lê n'a pas envie et a peur de reproduire l'éducation qu'elle a reçue.
    Je n'ai pas envie de donner mon avis sur ce titre. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n'ai pas été touchée par la lettre de Linda Lê, contrairement à Mélopée, Liliba et Clara. Toutes trois ont été émue par le récit de Linda Lê qui avoue son refus d'enfanter alors que les trois sont maman ou ont envie de le devenir. Je suis, quant à moi, dans la même situation que l'auteur. Enfin, pas tout à fait, mais comme elle, je ne veux pas d'enfant. Alors pourquoi est-ce que, moi, je n'ai pas été séduite par ce récit ? Eh bien, sans doute parce que j'avais des attentes que les trois autres lectrices n'avaient pas. J'avais envie de trouver dans ce petit livre des choses que je n'ai pas trouvé. Un écho à mon propre vécu ? Une connivence ? Une situation similaire ? Sûrement. Et pourtant, rien de tout ça. C'est la raison pour laquelle je ne veux pas faire de critique sur un livre qui n'a pas rencontré mes attentes, sur le contenu duquel je me suis trompée.
    Quand vous avez passé la trentaine, que vous êtes mariée, tout le monde vous demande pour quand est prévue la maternité. Quand vous répondez que vous ne voulez pas d'enfants, vous voyez l'effroi se lire sur le visage de votre interlocuteur, qui vous demande effrontément pourquoi. Comme si cette question était légitime ! Personne ne se dit que vous avez peut-être des problèmes de santé et dont vous n'avez pas envie de parler. Non, on vous pose la question, comme si tout le monde avez envie de parler de sa sexualité sur la place publique.
    Et alors quand vous répondez que non, vous ne voulez pas d'enfants, vous êtes regardée comme une Personne totalement anormale, hors de la société, égoïste et j'en passe. Tout le monde vous dit que vous passez à côté de la vie, vous demande ce que vous ferez quand vous serez vieux (????) etc. Choisir de ne pas devenir mère reste encore un tabou dans la société actuelle, comme si la femme se définissait par ce rôle.
    Je pense que chaque Personne est différente et que Personne n'a a se justifier de ses choix. On ne demande pas à une femme pourquoi elle a décidé d'avoir un enfant.
    Je pensais que ce texte aborderait ces questions. Au contraire, l'auteur ne parle que de son enfance et de sa mère et de son éducation catastrophique. Elle règle ses comptes. Elle traite aussi de la façon dont sa vie actuelle ne lui permettrait pas d'accueillir un enfant. Je n'ai pas adhéré au style trop recherché, qui nécessite presque de disposer d'un dictionnaire sous la main, pour comprendre les mots alambiqués qu'elle utilise. On a compris qu'elle était une grande intellectuelle, elle le répète suffisamment.

    Lien : http://www.chaplum.com/a-lenfant-que-je-naurai-pas-de-linda-le-5490
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    • Livres 4.00/5
    Par brusc, le 08 novembre 2011

    brusc
    Pas aimable Linda Lê : c'est elle-même qui s'évertue à nous le dire. Si peu aimable qu'elle refuse à l'homme qui l'aime de partager avec lui son rêve d'avoir un enfant. Non, elle ne se reproduira pas, elle ne se racontera pas d'histoires sur cet enfant qu'elle pourrait avoir, ce qu'il pourrait devenir, ce qu'il pourrait construire... Non, elle ne se laissera pas emporter par la rêverie de berceaux, de rubans, de vacances à la mer.... Non, elle serait d'ailleurs une bien mauvaise mère, trop "loufdingue", trop déséquilibrée qu'elle est, trop obsédée par sa création littéraire. Ce choix, si difficile aujourd'hui à affirmer pour une femme, elle en fait un texte admirable, une lettre d'amour qu'elle envoie à ce fils qu'elle n'aura jamais mais qui, pour toujours, est là présent en elle, l'accompagne, doué de vie.
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Critiques presse (2)


  • Telerama , le 28 septembre 2011
    Il ne s'agit pas d'un pamphlet féministe en guerre contre une certaine tendance à la glorification de la maternité. Juste de la confession poignante d'une femme de lettres, vouée à l'écriture, qui dit s'être dispensée de se conformer aux lois de la nature, pour capter toutes les formes d'énergie vitale.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeMonde , le 09 septembre 2011
    Alliance scellée, acte de naissance : sans rien céder sur la procréation, l'écrivain donne corps à la transmission.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par mimipinson, le 02 octobre 2011

    « A mesure que je mène à terme cette lettre, dont tu n’es pas l’unique destinataire, car je m’adresse aussi à toutes celles qui se sont dispensées de se conformer aux lois de la nature, je me déleste d’un poids. »
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  • Par oops, le 06 octobre 2011

    Alors qu'elle s'habillait avec une coquetterie voyante, elle nous défendait les toilettes trop osées, il nous fallait porter des corsages aux manches longues, boutonnées jusqu'au cou, et d'amples jupes qui cachaient nos formes. Malgré nos efforts pour être à la page, pour ne pas ressembler à des nonnes ou à des grands-mères coincées, nous étions avec nos robes grisâtres, aussi irrésistibles que des guenons.
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  • Par Madimado, le 02 mars 2012

    Et Big Mother nous inculquait des maximes puritaines, nous prémunissait contre les dévergondages et les lectures corruptrices, contre l’onanisme, cette pratique de futures traînées, contre les beaux discours des tentateurs qui se feraient une joie de suborner de calamiteuses gourdes dans notre genre, contre l’influence des camarades émancipées, au parler cru.
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  • Par Madimado, le 02 mars 2012

    Et même quand nous aurions été déçus dans nos attentes, quand nous aurions été déçus dans nos attentes, quand il se serait révélé un gosse tout à fait ordinaire, sans aptitude particulière, un copieur collectionnant les zéro pointés et bon client des boîtes à bachot, nous lui aurions trouvé des qualités, telles que la serviabilité et la modestie.
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  • Par mimipinson, le 02 octobre 2011

    « Ces lignes sont une offrande, tu vogues sur un esquif en papier, mais pour moi tu n’es pas une fantasmagorie, tu existes, tu es doué de vie »
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Vidéo de Linda Lê

Aux "Bibliothèques Idéales" de Strasbourg le 24 sep 2010, Linda nous lit un extrait de son dernier roman "Cronos" paru en août 2010 : ou comment une femme prend conscience et résiste peu à peu à l'oppression dans un pays où la dictature a modifié les comportements individuels.








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