ISBN : 2734800101
Éditeur : Jeanne Laffitte (1999)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
« Une femme enceinte ne dois pas accepter d’être marraine. Elle ou son fruit mourrait dans l’année. »
-La légende de la mort-

La Bretagne regorge de légendes, de superstitions et de contes fantastiques, et je dois avouer être fasciné par la mytholo... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 31 mai 2008

    Woland
    Anatole le Braz est ce que l'on est convenu d'appeler un auteur local ou régional. Il naquit en 1859, à St Servais, petite commune des Côtes d'Armor mais passa l'essentiel de son enfance à Ploumiliau, dans le Finistère. Petit détail amusant, son instituteur - le recteur de la paroisse en cette époque où l'Ecole publique et laïque n'existait pas encore - n'était autre que l'oncle de Villiers de l'Isle-Adam, auteur connu pour nombre de récits fantastiques ou pré-sciencefictionnesques comme "L'Eve Future".
    Bon élève dans un lycée de St Brieuc qui porte aujourd'hui son nom, le jeune Anatole prépara sa licence de lettres au lycée St Louis, à Paris. Malheureusement, des problèmes de santé devaient mettre un terme à ses travaux en vue de l'agrégation de philosophie et l'orienter définitivement vers le professorat. Il devint d'ailleurs professeur de philosophie à Quimper, toujours dans le Finistère et ce fut là qu'il se mit à écrire de nombreux ouvrages sur la Bretagne, ses traditions, ses paysages, etc ...
    Pour être exact, sa "Légende de la Mort" est plus un recueil de témoignages et d'histoires vraies que de fabulations et de contes. On y parle beaucoup de l'Ankou, le Charretier de la Mort breton que l'on doit se garder soigneusement de croiser sur sa route sous peine de prendre sa place au 1er de l'An suivant ; des intersignes, signes annonciateurs de la mort d'un proche ; des fantômes, bien sûr mais aussi de l'Enfer , du Paradis, de l'Ame et des villes englouties.
    Ces récits sont écrits dans un style des plus simples et, le plus souvent, ils sont brefs. Ils se lisent donc très facilement. Les connaisseurs en civillisation celtique pré-chrétienne n'auront aucune peine à constater que, sous le vernis de la religion chrétienne et surtout catholique, la Bretagne qu'évoque Le Braz a su garder intactes ses traditions animistes et merveilleuses que l'on retrouve par exemple, d'une autre façon, dans les légendes arthuriennes.
    Certaines de mes connaissances, qui ont lu ce livre, l'ont trouvé, je crois, assez effrayant. C'est vrai qu'il vaut mieux ne pas le lire avant de s'endormir. Toutefois, si vous ne croyez ni en Dieu, ni en Diable ... :dabal:
    En tous les cas, ne manquez pas la belle et simple "Séparation de l'Ame et du Corps" (p. 143 dans l'édition Coop Breizh) où l'Ame dit adieu au Corps qu'elle a habité si longtemps. Sous la façade chrétienne, ce sont toutes les interrogations de ces Celtes qu'on surnommait "le peuple du Crépuscule" - le "crépuscule" étant ici la Renaissance - qui jaillissent, passionnées et éternelles.
    "La légende de la mort" est disponible aux Editions COOP BREIZH/Jeanne Laffitte.
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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 10 mars 2012

    gill
    Ce recueil est l'ensemble des histoires orales constituant la mythologie de l'Ankou - la Mort - en Bretagne.
    Il a été écrit par Anatole Lebraz, écrivain de St Brieuc, au début du vingtième siècle ou à la fin du dix neuvième.
    Cet ouvrage reprend les histoires collectées par l'auteur dont le personnage central est l'Ankou, toujours muni de sa charrette et de sa faux. Il s'annonce régulièrement par ces intersignes qui glacent le sang de ceux qui savent les lire.
    Et face à lui le peuple breton, jouet de sa destinée mais qui parfois malin se joue de la faucheuse.
    Un livre superbe et intemporel, qui constitue aujourd'hui un pan important de la littérature bretonne classique..
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Citations et extraits

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  • Par gill, le 13 mars 2012

    A l'île de Sein, comme la propriété est infiniment morcelée, les conflits d'intérêts sont fréquents et engendrent parfois des rancunes inexpiables. Les femmes surtout sont acharnées à la vengeance. Trop faibles pour s'attaquer ouvertement à un ennemi, lorsque celui-ci est un homme, elles s'arrangent pour le vouer à la mer, c'est à dire à la mort.
    Voici comment elles procèdent.
    Il y a dans l'île un certain nombre de veuves réputées pour avoir reçu en naissant le don de vouer.
    On ne les nomme pas tout haut, mais on les connait.
    Elles ont, dit-on, commerce avec les mauvais Esprits des Eaux qui les admettent, la nuit, aux "Sabbats de la Mer". Elles se servent, pour se rendre à ces Sabbats, d'une embarcation de forme toute spéciale.
    Vous avez vu nos îliennes ramasser du goémon dans le galet. Elles l'empilent dans des mannes d'osier, à fond rentrant comme un cul de bouteille, et, pour fixer la charge, y plantent une courte baguette appelée " bâ bédina" (bâton à goémonner).
    Eh bien ! C'est dans une manne d'osier de ce genre que les Vieilles de Sabbat (Groac'hed ar Sabbad) vont faire leurs tournées de nuit...
    (extrait de "Le bateau-sorcier" du chapitre "Appeler la mort sur quelqu'un")
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