ISBN : 2246650917
Éditeur : Grasset (2008)


Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Ils furent, dans les années 20, les grandes stars de l'aventure. Lui, Martin Johnson, compagnon dans sa jeunesse de Jack London, inventa le cinéma animalier. Elle, Osa, la plus glamour des risque-tout, inspira l'héroïne du film King Kong. D'eux, Hemingway écrivit qu'ils... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par comtesseoboulof, le 17 mars 2012

    comtesseoboulof
    Ce livre a accompagné l'un des moments les plus terribles de mon existence, et tandis que la vie de mon compagnon se jouait pendant de longues heures dans une salle d'opération, toutes mes forces s'accrochaient à la beauté de ce livre qui m'aidait à passer cette épouvantable attente. La couverture d'abord, dès que je l'ai aperçu, je n'ai eu de cesse de l'acheter. On y voit Osa et Martin son mari la caméra à la main, habillés à la mode coloniale, au Kenya, assis derrière un magnifique lion couché. Moi qui suit fan d'Out of Africa, des films noir et blanc sur fond d'exotisme, du Hollywood des années 30, et des explorateurs de ces années là, je bavais devant la couverture. Et je n'ai pas regretté le voyage. Michel le Bris nous raconte l'histoire de ces deux êtres, aux projets un peu fous, qui réalisèrent les premiers films animaliers.
    Roman polyphonique qui nous ballade entre New York, et ses boîtes de jazz, poumon urbain, bruyant et moderne, et la beauté du Kenya, et ses étendues sauvages et poétiques.
    Et c'est une aventure passionnante qui nous est narrée, l'auteur montre toute la pugnacité qu'il a fallu à Martin Johnson pour monter ses films, trouver les budgets, inventer de nouvelles caméras plus légères pour filmer l'instant magique ou l'animal va surgir, et l'angoisse aussi face à la concurrence d'Hollywood, qui pendant qu'il travaille à son œuvre en Afrique, fabrique elle aussi d'autres explorateurs plus vendeurs. On croise Zelda Fitzgerald, Denys Finch Hatton, l'amant de Karen Blixen, et Berkeley Cole son compagnon de chasse, Bror Blixen ou Roy Chapman Andrews, la star de l'exploration dans les années 20 qui menait des fouilles dans le désert de Gobie à la recherche du berceau de l'humanité.
    L'histoire est contée par la voix d'Osa , qui interviewée , alors qu'elle n'est plus qu'une pale figure, tentant ,grâce à sa légende, de survivre encore dans les feux de la rampe, repense à sa vie et à toutes les émotions rencontrées.
    Je le relirai, c'est sûr !, histoire de me replonger à nouveau dans cette aventure qui m‘a transporté.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 05 avril 2012

    Missbouquin
    Je vais profiter d'avoir retrouvé cette citation dans mon petit carnet pour parler brièvement de ce livre que j'ai lu il y a un ou deux ans, et qui m'avait beaucoup marqué.
    Sur les photos de Martin et Osa Johnson, on voit ce couple vedette, ces amants de l'aventure, tels qu'ils prêtent à rêver, tels qu'ils inspirent à Michel le Bris ce roman du Continent noir : Osa, sensuelle, rayonnante, la carabine à l'épaule ou le viseur sur l'oeil, saluant ici un chasseur au teint d'ébène, serrant ailleurs la main fripée d'un chimpanzé. Martin, l'ancien cuisinier de La croisière du snark avec Jack London, l'ingénieux cameraman qui filma les réducteurs de têtes des Nouvelles Hébrides et les Big Nambas, maintenant commandant à une armée de porteurs, à l'assaut des territoires encore inviolés du Kenya. Martin et Osa Johnson, dans les années 1920, furent les grandes stars de l'aventure. Une certaine Winnie est chargée en 1938 d'écrire les mémoires d'Osa, veuve désormais, beauté flétrie réfugiée dans l'alcool. Commence un troublant face à face, où la jeune Winnie, outrepassant son rôle, prend peu à peu possession de son modèle, menant une enquête presque policière, traquant les zones d'ombres du couple qui révéla l'Afrique sauvage à l'Amérique. Mais il se pourrait bien que ce soit Osa, qui mène en fait le jeu, à travers ses confidences – Osa hantée par le mystère de La beauté du monde… (Présentation Evene)
    Un livre puissamment évocateur qui nous transporte immédiatement en Afrique. J'ai été véritablement fascinée par l'histoire de ce couple d'artistes-aventuriers, que je ne connaissais absolument pas auparavant. Leur histoire, bien que remaniée et romancée par Michel le Bris, reste quand même extraordinaire. Je vous invite à jeter un coup d'oeil à leur galerie de photographies, qui sont superbes.
    Mais c'est peut-être par son écriture que Michel le Bris m'a le plus séduite : quelques années après, j'ai encore sa musique dans la tête. Comme si un air de jazz accompagnait toute l'histoire …
    En fait, j'ai retrouvé une autre citation qui est très représentative de la poésie de ce roman :
    “cette voix-là était celle de la jungle elle-même, qui répondait au barrit des éléphants, au feulement des félins, au rugissement des lions, elle était tous les bruits de la jungle, alentour, et le grondement des tambours, au coeur de la forêt, la clameur des chants de guerre et de chasse, elle était l'universelle douleur et la joie aussi, gagnée sur la douleur. Elle était la voix du monde en ces premiers instants.”
    Ou comment Michel le Bris évoque la naissance du jazz.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2011/10/25/la-citation-du-mardi-2/
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ajouf, le 06 octobre 2011

    ajouf
    Le Bris nous entraîne avec ce pavé littéraire dans l'univers des premiers cinéastes d'aventures en passant par l'Amérique profonde et les caves de jazz de la grosse pomme à Harlem jusqu'au Kenya des safaris. Ce livre en forme de roman historique très documenté (évidemment, car c'est l'œuvre d'un érudit) m'a enchanté. C'est un grand moment de dépaysement, que l'on soit amateur de récit d'aventures ou pas.
    On n'y trouve quelques descriptions de massacres d'animaux qui, avec le recul, nous semblent ahurissants d'inhumanité, mais ce n'est pas du tout le thème du livre. Il n'y a pas d'apologie du crime contre les animaux malgré une couverture trompeuse.
    Ce livre a raté le Goncourt de peu en 2008, c'est dommage, cela aurait consacré un auteur pas assez connu à mon goût. Une prochaine fois sans doute.
    Les deux personnages principaux, Martin Johnson et Osa son épouse, furent pour le premier un compagnon Jack London, pour l'autre l'amie de Dorothy Parker. le monde des livres est petit.
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    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 07 juillet 2010

    sentinelle
    J'aurais tant voulu vous dire que j'ai aimé ce roman (parce que le sujet était intéressant, parce que j'avais envie de découvrir l'auteur, parce ce que j'avais soif d'aventures et de voyages, parce que je ne connaissais pas encore Martin et Osa Johnson, parce que…).
    Hélas cela ne sera pas, tant j'ai trouvé ce roman long et répétitif, Michel le Bris ayant bien du mal à nous rendre toute la fièvre de l'époque : là où on attendait ébullition et effervescence des années folles, souffle et charisme des protagonistes, nous trouvons plutôt abondance et foisonnement à tout va des personnages, survolés à gros traits et suscitant si peu notre sympathie qu'ils finissent par engendrer indifférence et désintérêt.
    Pourtant l'écriture de l'auteur n'est pas en reste, nous sentons bien qu'il connaît bien son sujet et qu'il voue une passion certaine à Osa Johnson, mais malheureusement il n'arrive jamais à nous embarquer dans l'aventure, tant et si bien que nous restons sur les quais avec l'envie de ne pas poursuivre le voyage.
    N'ayant aucun plaisir à dire du mal d'un roman d'un auteur qui me semble par ailleurs très sympathique, je vais arrêter là mes griefs. Premier rendez-vous manqué avec Michel le Bris, mais j'espère pas le dernier.
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Citations et extraits

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  • Par comtesseoboulof, le 05 février 2012

    L'eau clapotait doucement entre les herbes, la terre, écrasée de chaleur tout le jour, exhalait mille parfums capiteux, poivrés, piquants, d'invisibles oiseaux glissaient au-dessus d'elle, que révélait soudain un froissement d'ailes, peut-être de chauve-souris, de brusques galops, au loin, agitaient la savane, derrière le camp des grognements s'approchaient, de gnous irascibles et furtifs affairés à brouter, mêlés aux bubales renifleurs, toute une vie s'éveillait, les herbes frémissaient, les buissons s'agitaient, sur l'autre rive des rires éclataient par à-coups, plaintifs et coléreux, de hyènes criant famine, auxquels répondaient dans la plaine des aboiements brefs, aigus, que Blayney lui avait dit non de chiens mais de zèbres, puis un rugissement balayait l'étendue -Sa majesté le lion s'approchait pour la chasse. Là, tout autour d'elle, un monde s'éveillait, qu'elle ne connaissait pas, d'effroi et de fureur, de mort donnée et reçue, des crocs broyaient les vertèbres, déchiraient les entrailles, dévoraient leurs proies vivantes encore, des feulements disaient les étreintes sauvages, et il y avait de la joie, pourtant, dans ce tourbillon d'épouvante, l'ivresse de sentir son sang battre plus fort dans ses veines, de galoper sans frein dans l'espace grand ouvert. Un monde auquel l'homme blanc était devenu étranger, dont elle essayait, et c'était d'évidence la seule raison de ce voyage, de retrouver en elle la mémoire enfouie. Comment pouvait-elle, seule au coeur de ce maelstrom où vie et mort s'échangeaient violemment, se sentir à ce point apaisée? Tous ces bruits, ce vacarme sauvage, se détachaient sur un fond de silence, qu'elle percevait par tous ses sens, profond et grave, comme un souffle immense qui était celui du monde même. Martin près d'elle bougea, lui prit la main : lui non plus ne dormait pas. Ils étaient seuls, tous deux, dans la nuit africaine.
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  • Par kali_morpho, le 16 octobre 2011

    Voyage-t-on, en vérité, pour voyager, ou pour avoir voyagé - et que des mondes naissent, au retour, dans les mots prononcés, les images montrées ?
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Vidéo de Michel Le Bris

Audrey Pulvar reçoit Michel Le Bris à l'occasion de la sortie du premier roman de Stevenson "La malle en cuir ou la société idéale : une fantaisie", publié chez Gallimard. Robert Louis Stevenson La malle en cuir ou la société idéale : une fantaisie








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