ISBN : 2070376702
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.61/5 (sur 110 notes) Ajouter à mes livres
Avec Désert - prix Renaudot en 1980 - Le Clézio, écrivain discret, presque secret, accède à une reconnaissance enthousiaste du public. Depuis, sa notoriété ne s'est pas démentie au fil d'une production pourtant singuli&#... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (14)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 29 avril 2012

    brigittelascombe
    Une écriture limpide qui s'étire et flamboie comme une lente litanie, celle de la marche, dans le Désert des années 1909-1910, de Nour (arrière petit neveu de l'Homme Bleu appelé de Dieu, faiseur de miracles qui enseignait "la Voie") et des siens. Une marche des tribus dans "la vallée de la Saguet" de puits en puits fermés par les Chrétiens qui leur font La Guerre.Une marche vers le nord sous le sceau de l'amertume, l'épuisement,la faim au ventre,la soif sur les lèvres et la rage au coeur. Mais l'espoir malgré l'exil, la certitude que le Cheikh Ma el Aïnine viendra à bout d'enjeux qui les dépassent (ceux des affairistes qui convoitent les émeraudes et les nitrates du Sahara). Une marche vers la mort.
    Un récit du passé alternant avec le présent (entre enfance et jeunesse) de Lalla, orpheline recueillie dans un bidonville aux abords du Désert, dont la mère appartenait à la tribu de Ma el Aïnine et était "chérifa" (de la lignée de l' Homme Bleu").
    Malgré sa "cabane de tôle et de zinc", Lalla est heureuse car elle a la liberté, la vie dans les dunes, la nature, l'amitié de Naman le pêcheur conteur et l'amour du berger noir sourd muet le Hartani. Un amour lumineux, mais une douce folie trop difficile à suivre.
    Départ vers Marseille où les rêves décrits par Nanan se teintent de désespoir dans les rues où les gitans mendient et l'hôtel sordide où elle est exploitée.
    Le talent de le Clézio (écrivain reconnu couronné par le prix Nobel de littérature en 2008 et dont Désert a reçu le grand prix Paul Morand de l'Académie française en 1980) est de nous conter de manière poétique et pourtant percutante (car sa litanie aux nombreuses répétitions semble une prière et ses tournures imagées sont étincelantes) l'histoire d'un génocide, celui des Nomades chassés de leurs terres, fusillés par les soldats sénégalais, l'histoire de ses conséquences désastreuses, mais également l'histoire (à travers la quête des origines) de la fierté des tribus, de la transmission de leurs croyances qui les illuminent malgré TOUT.
    Lalla au "beau visage couleur de cuivre" porte en elle cette lumière qui "l'unit à la beauté du Désert", qui l'irradie et qu'elle partage en tant que femme de ménage analphabète, simple femme donnant son pain à un gitan exploité ou cover girl lumineuse peu intéressée par l'argent.
    Un livre émouvant qui parle de la folie des hommes corrompus par "la religion de l'argent".
    Un chef d'oeuvre de finesse et de sensibilité!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par medsine, le 21 avril 2012

    medsine
    Désert de J.M.G. Le Clézio est un roman d'une grand poésie. Il mêle deux récits différents mais qui touchent tous deux au thème du déracinement et de l'errance, de la solitude et de la beauté de l'espace.
    Le premier récit raconte l'histoire de Lalla une jeune Chleuh lumineuse et solitaire avide de liberté. Son enfance dans une cité "aux toits de papier et de goudron" s'étire jusqu'à la fin du récit où elle deviendra mère. Son voyage la conduira du Désert à la France, en traversant la Méditerranée qui résonne en elle, par vagues successives, comme une chanson. Elle rencontrera plusieurs hommes sur sa route, mais ne gardera dans son coeur que son amour d'enfance le Hartani et Naman le vieux pêcheur - conteur.
    Le deuxième récit est l'histoire et le mythe des rebelles touaregs qui résistèrent aux assauts des Colons dans les années 1910. C'est le déclin d'une civilisation de guerriers nomades vu à travers les yeux du jeune Nour, un enfant d'une tribu qui suit son vieux cheikh Ma el Aïnine, mi-prophète mi-magicien.
    C'est un roman long et lent qui s'étire dans le temps comme une dure traversée d'un Désert. On s'essouffle parfois mais on reprend la lecture avide d'atteindre son but. Mais quel est-il ? La grandeur d'un voyage n'est pas d'atteindre le bout du chemin mais d'être émerveillé en cours de route par la beauté des signes que nous offre l'espace.
    Le vent, très présent dans ce livre, nous souffle à chaque page des mots merveilleux. Il imprime des images fortes, douces et amères, incrustées comme des grains de sables dans nos yeux.
    21 avril 2012
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Auudrey, le 19 mars 2012

    Auudrey
    Probablement un livre que je n'aurai jamais lu si je n'y avais pas été obligée à cause de mes études, ou alors que j'aurai commencé et abandonné au bout de 10 pages... Cela a été une lecture vraiment pénible, j'ai eu un mal de chien à la terminer et je suis soulagée d'en être enfin débarrassée !
    J'avais pourtant laissé mes préjugés de côté avant de commencer, et après avoir vu la moyenne de 9 sur 10 sur Livraddict (avant que je ne la fasse baisser à 7,5 avec ma note...) et les quelques avis positifs sur Babelio, je commençais même à croire que je pourrais peut être apprécié ce livre.
    Finalement cela a été tout le contraire, j'ai mis plus d'un mois avant d'arriver à la fin et pourtant je ne me suis pas gênée pour sauter des pages entières ! Et comme si cela ne suffisait pas, il m'a fallu me mettre des coups de pied au cul pour continuer, si ça n'avait été que de moi, j'aurai balancé ce bouquin au feu !
    Vous l'aurez compris, "Désert" a été une lecture très désagréable, et rien n'est parvenu à améliorer mon impression, à la rigueur je veux bien admettre que la plume de Jean-Marie Gustave le Clézio soit poétique, mais pardon au bout d'un moment quand l'histoire est chiante, la poésie je m'en fous !
    Quand je dis "chiante" je me trouve encore bien gentille car c'est ennuyeux du début à la fin et sans interruption, il ne se passe pas grand chose, c'est long, c'est lent... Remarque l'histoire aurait peut être gagner en intérêt si le style avait été moins descriptif; je n'ai rien contre les descriptions en temps normal mais ici il n'y a que cela; elles s'étirent sur des pages entières, elles se répètent par moment, elles n'amènent pas forcément grand chose et surtout elles m'ont assommée, bref l'ensemble est indigeste.
    Je ne parlerais même pas des personnages, car je suis complètement passée à côté, j'étais trop dépitée par le reste pour me soucier d'eux et chercher à les connaître !
    Après tout cela, je pense que je ne relirai pas le Clézio de sitôt, d'autant que c'est un auteur primé (il a reçu le prix Nobel de littérature en 2008) et que comme tous les écrivains / livres récompensés ou presque ont tendance à m'ennuyer (c'est à se demander si j'ai un problème...), cela me donne une raison supplémentaire de me tenir éloignée !


    Lien : http://xx-au-fil-des-pages-xx.over-blog.com/article-desert-jean-mari..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    Nour et Lalla sont tous deux enfants du Désert brûlant de l'Afrique. Chacun à leur époque, ils vont aimer et souffrir dans ce lieu mystérieux. Attirés par les promesses d'un Ailleurs, par une autre cité, peut-être un autre pays, ils savent que seul le Désert est leur vraie patrie.
    Sans cesse de passage entre Nour et Lalla, la lecture se fait exigeante. Mais le texte est beau et il est facile de se laisser entraîner. Je reproche néanmoins l'abondance des ellipses et des non-dits qui me laissent un peu frustrée.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Aela, le 17 février 2011

    Aela
    L'héroïne de Désert, Lalla, est émigrée à Marseille, où elle est employée comme femme de ménage dans un petit hôtel. Descendante des "hommes bleus", nomades du Sahara, la jeune fille est avide de lumière, d'espace et de liberté.
    Un joli thème, très bien exploité ici, celui de l'exil et du déracinement. Encore une fois, l'oeuvre de Le Clézio se construit à travers la rencontre avec d'autres civilisations, éloignées des sociétés modernes, préoccupation qui lui tient d'autant plus à coeur que lui-même est parti au Mexique, au Sahara, en Afrique noire, à la rencontre des civilisations anciennes.
    Des personnages émouvants qui cherchent une paix intérieure et qui donnent de la profondeur à cette oeuvre marquée par l'affrontement des deux univers: l'univers "artificiel" des sociétés occidentales et l'univers plus authentique des peuples oubliés qui vivent en harmonie avec la nature.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par terrevive, le 10 mai 2010

    Personne ne le connaît ici, à la Cité, mais parfois, quand le ciel est très beau, et que la lumière resplendit sur la mer et sur les dunes, c'est comme si le nom d'Es Ser apparaissait partout, résonnait partout, jusqu'au fond d'elle-même. Lalla croit entrendre sa voix, entendre le bruit léger de ses pas, elle sent sur la peau de son visage le feu de son regard qui voit tout, qui perce tout. C'est un regard qui vient de l'autre côté des montagnes, au-delà du Draa, du fond du désert, et qui brille comme une lumière qui ne peut pas disparaître.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Aela, le 17 février 2011

    Quand elle arrive au port, elle sent une sorte d'ivresse en elle, et elle titube au bord du trottoir. Ici le vent tourbillonne en liberté, chasse devant lui l'eau du port, fait claquer les agrès des bateaux. La lumière vient d'encore plus loin, au-delà de l'horizon, tout à fait au sud, et Lalla marche le long des quais, vers la mer.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par FraHau, le 05 octobre 2011

    Dans un coin de porte, à l'abri d'une borne de pierre, dans un grand lac d'ombre humide, Lalla s'est couchée par terre. Elle a rentré sa tête et ses membres le plus qu'elle a pu à l'intérieur de son grand manteau marron, tout à fait dans le genre d'une tortue. La pierre est froide et dure, et le bruit mouillé des pneus des autos la fait frissonner. Mais elle voit quand même le ciel s'ouvrir, comme autrefois, sur le plateau de pierres, et entre les bords de la taie qui se fend, en tenant les yeux bien fermés, elle peut voir encore la nuit du désert.



    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Kro, le 30 octobre 2010

    Lalla attend quelque chose. Elle ne sait pas très bien quoi, mais elle attend. Les jours sont longs, à la Cité, les jours de pluie, les jours de vents, les jours de l'été. Quelquefois Lalla croit qu'elle attend seulement que les jours arrivent mais quand ils sont là, elle s'aperçoit que ce n'étaient pas eux. Elle attend, c'est tout. Les gens ont beaucoup de patience, peut-être qu'ils attendent toute leur vie quelque chose, et que jamais rien n'arrive.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 29 avril 2012

    Les autres n'attendent que des paroles,ou bien des actes,des preuves,mais lui,le Hartani,il regarde Lalla,avec son beau regard de métal sans rien dire,et c'est dans la lumière de son regard qu'on entend ce qu'il dit,ce qu'il demande.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (28)

Videos de J.M.G Le Clézio

>Ajouter une vidéo
Vidéo de J.M.G Le Clézio

La grande librairie 10/11/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Marie Gustave Le Clézio parle de son nouveau livre "Histoire du pied et autres fantaisies"








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Désert par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (265)

> voir plus

Quiz