ISBN : 2070136345
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Voici quelques portraits de femmes qui ont refusé le cynisme et la brutalité du monde. Telle Ujine, cette étudiante en première année de droit, qui choisit de garder l'enfant qu'elle porte contre l'avis de son amant Samuel, lâche et si peu responsable. Ou encore Fatou, ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 13 décembre 2011

    brigittelascombe
    Du rêve à l'état pur, des émotions en veux-tu en voilà, une imagination débordante et une prose irréprochable. What else?
    Dix nouvelles fantaisistes plus profondes que farfelues!
    Histoire du pied: se joue des pieds d'Ujine, 26 ans, du jeune âge où "elle marchait comme un pingouin", à l'adolescence où elle dansait sur "la pointe des pieds" jusqu'au moment clef de l'histoire, où adulte,où elle tombe amoureuse de Samuel aux "pieds d'artiste". Mais ne la ferait-il pas "marcher"?
    Barsa ou Barsaq (l'un des plus beaux récits) conte Fatou, esclave de la vielle Isseu, qui "enfant comptait les vagues" et Watson qui, poussé par le Philosophe, veut partir "là-bas" et qu'elle ira chercher au bout du monde s'il le faut et dans n'importe quel état.
    L'arbre de Yama (ma nouvelle préférée): c'est l'arbre où grand-mère Yama a jadis caché Mari, un arbre dont la puissance protège de tout même des hyènes et des rebelles.
    L.E.L les derniers jours: initiales maudites de Létitia épouse du gouverneur, séparée de sa fille, qui "erre la nuit" entre poésie et laudanum.
    Nos vies d'araignées: entre secrets et légendes de ces "gardiennes du sommeil".
    Amour secret: Andréa de sa prison écrit pour "les filles perdues" emprisonnées elles aussi.
    Bonheur: :"le mot bonheur a disparu" dans un futur sans date, dans un "endroit où l'on devient fantôme" et il faut faire avec entre colère,tristesse et interrogatoires. Viran, l'espoir de beaucoup y laissera-t-il son sourire?
    Yo: l'homme dont "le regard fait mal" a dit de lui "Ton fils on dirait un chien" lorsqu'il a frappé sa mère.
    Personne: sur "moi qui ai reçu un nom et l'ai perdu".
    A peu près apologue:petite conclusion sur l'écriture.
    Désamour à apprendre,amour déterminé,amitié et croyances, solitude indélébile,secrets,évasion,bonheur déprogrammé,violence,identité gommée,écriture: les thèmes abordés par J.M.G le Clézio (auteur de moult romans qui a reçu le prix Renaudot général en 1963 pour le procés verbal et le Prix Nobel de Littérature en 2008) sont de diverses et riches leçons de vies.
    Entre fiction et réalité, parfois empreints de poésie, parfois contes, ces nouvelles situées à des époques différentes et des continents différents(beaucoup sur l'Afrique) sont une invitation au voyage et à l'évasion de l'esprit.
    Superbe!
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 14 décembre 2011

    brigittelascombe
    "Ecrire est comme le métro. Vous savez où vous allez, vous n'avez pas un choix infini de destinations, il y a des horaires à respecter,des zones obscures et de plus,ça n'est pas toujours agréable."
    Terminus tout le monde descend semble lancer le contrôleur ironique dans son apologue.
    Petit retour sur pieds et autres déambulations vers une destination seule connue de le Clézio mais qui interpellent après lecture.
    De déception en acceptation, de détermination en foi inébranlable, sournoisement le poison distillé s'immisce, à bas bruit, dans le secret il assoupit,endort, efface le bonheur, fait jaillir la violence,efface toute identité.
    Si l'on observe posément les stations successives proposées par Le Clézio dans ses dix nouvelles, son Histoire du Pied et Autres Fantaisies nous fait descendre très,très profondément dans les entrailles rougeoyantes de l'inconscient là où le moi se noie pour renaître écriture.
    Ca c'est de l'Art car les lecteurs (enfin les brodeurs) y croient à son train fantôme!
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    • Livres 5.00/5
    Par jostein, le 12 janvier 2012

    jostein
    Dans la dixième et dernière nouvelle, JMG le Clézio définit sa façon d'écrire comme celle d'un chasseur aventureux. Il laisse vagabonder son imagination et il voit ce qu'il rapporte.
    Technique efficace car il nous apporte des nouvelles fantastiques qui m'ont ravie grâce au style du conteur, au pertinent don d'observation et à l'intensité des personnages.
    Les quatre premières nouvelles parlent de femmes qui font face à l'adversité ou à l'inhumanité du monde qui les entoure.
    Ainsi la douce Ujine se retrouve enceinte du beau Samuel qui la fait courir sur ses talons hauts. Fatou rêve de rejoindre Watson qui vient de quitter le Sénégal, sous l'influence du philosophe Frantz F., vil rabatteur pour les passeurs. Vient ensuite Mari, qui n'a comme point de repère que ce vieil arbre creux où sa grand-mère l'a protégée à sa naissance. Il sera une fois de plus son refuge contre les soldats de l'armée révolutionnaire.
    Puis, c'est  l'histoire de la réelle poétesse anglaise, Letitia Elizabeth Landon, qui découvre les wench, maîtresses noires des officiers européens, et fait face à la fois à ses douloureux souvenirs et à sa condition actuelle.
    Bien sûr, on retrouve l'Afrique avec les trafics de diamants, les colons et la magie noire.
    Les autres nouvelles décrivent des mondes différents, comme la vision des araignées, un monde futuriste qui rejoint la folie, la vie de femmes incarcérées consolées par les contes d'Andréa ou celle d'un jeune homme simple d'esprit voué à l'abandon et au rejet des autres, et enfin le récit d'un attentat par l'observation des personnes qu'y vont s'y trouver.
    JMG le Clézio sait nous faire voyager par les mots. La richesse des phrases donne une densité aux histoires. Je me suis laissée emmener dans des mondes incertains pour atterrir là où je ne m'attendais pas.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-histoire-du-pied-et..
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Joseph Macé-Scaron pour le Magazine Littéraire

    Avec ce recueil de nouvelles, Histoire du pied et autres fantaisies, J.-M. G. Le Clézio reste l’un des derniers écrivains capables d’accéder aux mythes. Dans l’apolo... > lire la suite

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Critiques presse (5)


  • Lhumanite , le 28 novembre 2011
    Si J.M.G. Le Clézio, écrivain voyageur dialoguant avec une multitude de cultures, ne s’est jamais interdit des incursions sur ce vaste territoire, c’est cependant la première fois qu’il en propose une exploration aussi systématique. Il s’attache pour cela à des figures de femmes, capables en même temps d’incarner un enracinement et la prégnance de forces spirituelles.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeMonde , le 14 novembre 2011
    Là où l'on attendait la hauteur de vue, les envolées lyriques de grand homme adoubé par le prix Nobel de littérature en 2008, il s'amuse à célébrer la vie au ras du sol, dans Histoire du pied et autres fantaisies, un recueil de neuf nouvelles conclu par un petit essai.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 04 novembre 2011
    Mystiques, sensibles et sensuelles, les dix nouvelles d'Histoire du pied et autres fantaisies illustrent le talent de J.M.G. Le Clézio dans la forme courte.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeSoir , le 01 novembre 2011
    Dans cette œuvre d'une exceptionnelle cohérence, les thèmes reviennent et se croisent. Certaines phrases pourraient appartenir aux livres des années soixante. [...] L'exploration que mène Le Clézio, dans une vie assez nomade comme dans les livres qui en surgissent, conduit sans cesse à de nouvelles questions plutôt qu'à des réponses.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Telerama , le 26 octobre 2011
    Les neuf « fantaisies » ici rassemblées ­auront fait voyager le lecteur en d'autres compagnies, sous d'autres ciels. A Paris, en Afrique, à Lanzarote, sur l'île de Gorée ou à Maurice, et parfois en des lieux plus lointains, plus étran­ges, plus insaisissables : disons, quelque part entre le réel le plus concret, sensuel ou trivial, et le rêve, fût-il âpre et sombre.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par patricefontaine, le 21 décembre 2011

    La première nouvelle donne son titre au livre. C’est le récit d’une misogynie de la vie ordinaire, celle d’une névrose masculine qui néglige un amour que lui offre une jeune femme crédule parce que trop amoureuse.

    Pourquoi ce titre ?

    La progression et la dynamique du récit se font au rythme de la marche d’Ujine, cette jeune femme amoureuse qui parcourt les méandres de la ville dans une frénésie insensée pour recueillir des pacotilles d’affection. L’histoire s’ouvre sur un pied en éventail qui s’étonne de son aisance ; elle se poursuit sur ce pied décrit comme laid aux orteils boudinés ; elle s’empare des pieds qui marchent comme l’héroïne que l’homme ballade ; elle se termine par les pieds de l’enfant caressés et massés avec tendresse.

    Ujine s’est vraiment conduite comme un pied. Sa candeur s’est brisée à la délinquance d’une névrose.
    Barsa ou Barsacq.

    La souffrance des Harragas, les brûleurs des routes. L’expression la plus connue des pays de misère. Le chemin des Harragas n’a pas de retour. Une dégringolade en entraîne une autre, plus dure, plus triste, jusqu’au plongeon final.

    Cette nouvelle est la peinture de l’implacable épreuve de deux migrants qui ont eu la prétention d’échapper à leur bout de rocher, qui ont accepté le sacrifice de leurs vies pour le bonheur de croire en demain.

    D’où venez-vous ? Du néant de l’espoir, du terreau médiocre de l’indigence et de la corruption, de l’asservissement et de l’ennui, d’une vie sans aucun sens et aucune signification.

    Qui êtes-vous ? Des gosses d’Afrique apeurés et épuisés qui ne veulent pas renoncer à leurs rêves de gloire.

    Où allez-vous ? Vers le mirage d’une vie ailleurs pour celle que nous n’avons pas su construire ici.

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  • Par brigittelascombe, le 13 décembre 2011

    Ecrire c'est comme le métro. Vous savez où vous allez, vous n'avez pas un choix infini de destinations, il y a des horaires à respecter,des zones obscures et de plus, ça n'est pas toujours agréable.
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  • Par brigittelascombe, le 13 décembre 2011

    Fatou se moquait un peu de lui:" Qu'est-ce qu'il y a de mieux là-bas, est-ce qu'on n'y meurt pas?
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  • Par brigittelascombe, le 13 décembre 2011

    Les mots c'est juste pour communiquer.Les actes,plutôt, disait-il, vivre dans l'instant.
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  • Par brigittelascombe, le 13 décembre 2011

    On nait seul, on meurt seul, on dort seul, c'est la seule chose dont on soit sûr.
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Videos de J.M.G Le Clézio

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Vidéo de J.M.G Le Clézio

La grande librairie 10/11/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Marie Gustave Le Clézio parle de son nouveau livre "Histoire du pied et autres fantaisies"








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