AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070318478
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 3.58/5 (sur 250 notes)
Résumé :
"J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souveni... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
palamede
palamede04 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
Un après-midi d'été très chaud, installée dans une chaise longue, j'ai lu ce court roman de Jean-Marie le Clézio et j'ai été véritablement transportée. Par l'évocation magique d'un continent que je ne connais pas. Par la poésie et la beauté des phrases. Par l'évocation de l'enfance de l'auteur sans son père, puis la découverte de celui-ci et de l'Afrique. de sa liberté de petit garçon à peine entravée par l'autorité de ce médecin anticolonialiste. Un homme revenu en France à l'âge de la retraite, seul et désabusé, africain pour toujours comme le sera son fils.
Une expérience incomparable que peu de livres m'ont donné de vivre.

Commenter  J’apprécie          394
ladesiderienne
ladesiderienne09 décembre 2013
  • Livres 3.00/5
CHALLENGE NOBEL 2013/2014 (6/15)
Encore une belle rencontre apportée par ce challenge. Encore un livre que, sans cette modeste compétition, je n'aurais jamais lu. L'Afrique, je ne la connais qu'à travers mes voyages littéraires, je n'ai donc pas refusé celui que me proposait Le Clézio à travers "L'Africain" quand je me suis penchée sur la liste des Prix Nobel.
Pour vivre sereinement, il faut savoir accepter son histoire, et même si cela arrive tardivement, je pense que ce livre a été utile à l'écrivain. Il fallait sans doute qu'il mette des mots pour expliquer les raisons de la relation difficile qu'il entretenait avec son père : j'ai vécu cette lecture comme sa psychanalyse, indispensable pour justifier ce qu'il est à présent.
J.M.G. le Clézio nous parle ici de deux rencontres essentielles de sa vie, sa rencontre avec l'Afrique, à l'âge de huit ans, simultanément avec celle de ce père qu'il n'a pour ainsi dire jamais vu, étant élevé par sa mère, et que ce dernier y est médecin de brousse. Une première partie du livre magnifique, je dirais flamboyante, puisqu'il nous décrit sa découverte : la puissance charnelle, la violence réelle de ce pays qu'il va opposer à la violence cachée vécue jusqu'à présent en France sous l'Occupation. Livré à lui-même, épris de liberté, l'auteur va alors comprendre ce qu'est le monde des adultes. Bien sûr, cela ne se passera pas sans heurts puisque ce père inconnu est féru d'une discipline toute militaire.
La suite est justement consacrée à cet homme et à sa vie qu'il a consacrée à soigner les autres, à sa haine du colonialisme, à ses difficultés d'exercer son métier loin de sa famille qui expliqueraient son caractère plutôt irascible.
Enfin, dans la dernière partie, l'auteur nous explique que tous ces souvenirs (peut-être embellis par son imagination d'enfant, il le reconnait lui-même) ont fait de lui ce qu'il est à présent et aussi de la perception actuelle de l'Afrique par les autres pays.
Mon âme de voyageuse a préféré bien sûr la première partie mais le tout reste agréable à lire et les quelques photos sépias disséminées au long des pages apportent à l'histoire un témoignage visuel qui nous fait remonter le temps.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          192
Levant
Levant16 décembre 2015
  • Livres 4.00/5
Violence et humanité. Le choc des antagonismes. C'est l'impression que me laisse cet ouvrage en le refermant.
"L'Afrique était puissante. Pour l'enfant que j'étais, la violence était générale, indiscutable". La violence est celle qu'engendrent le dénuement, la maladie sans espoir de guérison, le milieu hostile de la brousse africaine. C'est aussi celle du régime colonial sur sa fin de règne, peu enclin à soulager les souffrances des peuplades démunies, à mettre un terme aux luttes tribales lorsqu'elles génèrent des tragédies comme celle du Biafra. C'est enfin la violence qui atteint un enfant de sept ans, à l'âge où il fait connaissance avec son père, après la séparation imposée par les circonstances de la guerre. Transition brutale et radicale. L'enfant choyé, volontiers capricieux, se trouve confronté à la rigueur la plus stricte, parfois féroce, d'un inconnu, dans le dépaysement le plus total. "Tel était l'homme que j'ai rencontré en 1948… Je ne l'ai pas reconnu, pas compris. Il était trop différent de tous ceux que je connaissais, un étranger, et même plus que cela, presqu'un ennemi."
L'humanité ?
Il lui faudra beaucoup plus de temps pour la découvrir. Il lui faudra du temps pour s'apercevoir que ce père honni est un être qui refuse de se compromettre avec les travers de l'impérialisme colonial. Il consacre sa vie à soulager celle des autres.
Cette humanité, J-M-G Le Clézio la fera sienne. Il la fondera sur la connaissance des autres. Il conservera de son père sa vocation de voyageur, son goût pour l'expatriation. Il parcourra le monde à la rencontre des peuples malmenés par la suprématie des civilisations qui se disent développées.
L'Africain est aussi un ouvrage qui nous dit la grandeur des humbles, de ceux qui n'ont pas encore appris à se plaindre ou à quémander. Il fait partie des récits autobiographiques de l'auteur. L'écriture est simple et abordable. Le prix Nobel de littérature 2008 se met à la portée du lecteur que je suis.
Cette histoire singulière est passionnante. On y perçoit les valeurs qui ont construit le personnage, devenu, entre autre, l'écrivain consacré que l'on connaît aujourd'hui. Il dit et répète à qui veut l'entendre que notre monde est violent, qu'il faut faire œuvre d'humanité pour le rendre vivable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
medsine
medsine10 février 2012
  • Livres 4.00/5
L'Africain de J.M.G. le Clézio est une hagiographie. le livre raconte la vie d'un homme à la fois craint et vénéré par son auteur, son père. Médecin de brousse, citoyen britannique d'origine Mauricienne et de langue française, il s'expatrie par rejet de la société européenne, d'abord en Amérique le long des fleuves avec les indiens puis près de 30 ans en Afrique, dans la brousse loin des colons et de la guerre qui ravage l'Europe.
La guerre le coupe de sa femme et de ses enfants en bas ages restés en France, si bien que l'auteur ne rencontrera véritablement son père qu'à l'âge de 8 ans quand lui même le rejoindra au Cameroun. Commencement de la vie d'écrivain de le Clézio et de son goût pour le voyage.
Il y a trois temps dans le récit.
D'abord les temps heureux. le père et la mère de l'auteur / narrateur vivent dans des contrées reculées. le médecin, seul occidental de ces régions inexplorées (dont les distances ne sont référencées sur aucune cartes sauf celles qu'il trace lui même), est heureux au milieu des populations locales. La vie est rude pour lui et sa femme, mais ils sont exactement là où ils se sentent le mieux.
Puis la guerre en Europe, la coupure avec la famille, et les guerres tribales alimentées par le cynisme des colons occidentaux qui plongent chaque jour un peu plus cet homme dans le désespoir et le dégout.
Enfin, le temps du souvenir. Pas de nostalgie, mais des échos qui résonnent parfois chez le narrateur parfois chez le vieil homme de retour en France. La fin du parcours du père, l'éveil de l'enfant.
L'Africain est un beau livre. Il parle de déracinement plus que de voyage. de perception et de sens plus que de nostalgie. D'identité et de liens du sang qui nous relient avec la terre et l'humanité tout entière.
10 février 2012
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
michelekastner
michelekastner15 juillet 2012
  • Livres 5.00/5
J'ai lu presque tous les livres de J.M.G. le Clézio qui se place en tête de mes auteurs préférés. A chaque lecture, je suis emportée par la magie de son écriture envoûtante, dans un voyage coloré, aux multiples sensations, à la rencontre d'un pays, d'un continent, d'une civilisation.
Cette fois, il part à la rencontre d'un père qui lui a été si si longtemps étranger. C'est aussi une rencontre avec l'Afrique de l'Ouest, loin du système colonial, au Nigéria et au Cameroun où son père a été nommé médecin militaire sous l'autorité de l'administration britannique. A l'âge de huit ans, en 1948, J.M.G. rejoint son père en Afrique avec sa mère et son frère. Ils ont été séparés par la guerre et il découvre un homme inconnu, meurtri et amer qui, après avoir connu un intense bonheur en compagnie de sa femme et vécu en symbiose avec l'Afrique et ses habitants, s'est retrouvé pris au piège de ce pays et sans nouvelles de sa famille restée en France après la déclaration de la seconde guerre mondiale. Vingt ans plus tard, J.M.G. le Clézio a refait le voyage sur les traces de ce père autoritaire, inflexible et redoutable en cas de désobéissance, rendu amer par la solitude et les souffrances côtoyées, l'impuissance face aux ravages occasionnés par les guerres tribales et la colonisation. Les souvenirs qui submergent parfois soudainement l'auteur le rattachent indéfectiblement à l'Afrique, mais aussi à la vie de ses parents, celle d'avant sa naissance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne10 décembre 2013
Alors mon père découvre, après toutes ces années où il s'est senti proche des Africains, leur parent, leur ami, que le médecin n'est qu'un autre acteur de la puissance coloniale, pas différent du policier, du juge ou du soldat. Comment pouvait-il en être autrement ? L'exercice de la médecine est aussi un pouvoir sur les gens, et la surveillance médicale est également une surveillance politique. L'armée britannique le savait bien : au début du siècle, après des années d'une résistance acharnée, elle avait pu vaincre par la force des armes et de la technique moderne la magie des derniers guerriers ibos, dans le sanctuaire d'Aro Chuku, à moins d'une journée de marche d'Ogoja. Il n'est pas facile de changer des peuples tout entier, lorsque ce changement est fait sous contrainte. Cette leçon, mon père l'a sans doute appris du fait de la solitude et de l'isolement où le plongeait la guerre. Cette certitude a dû l'enfoncer dans l'idée de l'échec, dans son pessimisme. A la fin de sa vie, je me souviens qu'il m'a dit une fois que, si c'était à refaire, il ne serait pas médecin, mais vétérinaire, parce que les animaux étaient les seuls à accepter leur souffrance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
bohemesvidabohemesvida26 juillet 2014
Sur la photo apparaît l'étrave de la pirogue en train de descendre le fleuve, je la regarde et je sens le vent , l'odeur de l'eau , j'entends malgré le grondement du moteur le crissement incessant des insectes dans la forêt, je perçois l'inquiétude qui naît à l'approche de la nuit. À l'embouchure du río Demerara, les palans chargent le sucre demerara à bord des cargos rouillés. Et sur une plage, où viennent mourir les vagues du sillage, deux enfants indiens me regardent, un petit garçon de six an environ et sa sœur à peine plus âgée, tous deux ont le ventre distendu par la parasitose, leurs cheveux très noirs coupés "au bol" au ras des sourcils , comme moi à leur âge. De son séjour en Guyane, mon père ne rapportera que le souvenir de ces deux enfants indiens, debout au bord du fleuve, qui l'observent en grimaçant un peu à cause du soleil. Et ces images d'un monde encore sauvage, entraperçu le long des fleuves. Un monde mystérieux et fragile, où règnent les maladies, la peur, la violence des orpailleurs et des chercheurs de trésors , où l'on entend le chant de désespérance du monde amérindien en train de disparaître. S'ils vivent encore, que sont devenus ce garçon et cette fille? Ils doivent être des vieillards, proches du terme de l'existence.

Plus tard, longtemps après, je suis allé à mon tour au pays des Indiens , sur les fleuves. J'ai connu des enfants semblables. Sans doute le monde a -t-il changé beaucoup, les rivières et les forêts sont moins pures qu'elles n'étaient au temps de la jeunesse de mon père. Pourtant il m'a semblé comprendre le sentiment d'aventure qu'il avait éprouvé en débarquant au port de Georgetown. Moi aussi, j'ai acheté une pirogue, j'ai voyagé debout à la proue, les orteils écartés pour mieux agripper le bord, balançant la longue perche dans mes mains, regardant les cormorans s'envoler devant moi, écoutant le vent souffler dans mes oreilles et les échos du moteur de hors-bord s'enfoncer derrière moi dans l'épaisseur de la forêt. En examinant la photo prise par mon père à l'avant de la pirogue, j'ai reconnue la proue au museau un peu carré, la corde d'amarrage enroulée et, posée en travers de la coque pour servir occasionnellement de banquette, la canalete, la pagaie indienne à lame triangulaire. Et devant moi, au bout de la longue "rue" du fleuve, les deux murailles noires de la forêt qui se referment.

Quand je suis revenu des terres indiennes, mon père était déjà malade, enfermé dans son silence obstiné. Je me souviens de l'étincelle dans ses yeux quand je lui ai raconté que j'avais parlé de lui aux Indiens, et qu'ils l'invitaient à retourner sur les fleuves, qu'en échange de son savoir et des ses médicaments , ils lui offraient une maison et la nourriture pour le temps qu'il voudrait. Il a eu un léger sourire, il a dit, je crois : " Il y a dix ans, j'y serais allé. " C'était trop tard , le temps ne se remonte pas , même dans les rêves.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
zorazurzorazur21 février 2012
Lui qui avait rompu avec Maurice et son passé colonial, et se moquait des planteurs et de leurs airs de grandeur, lui qui avait fui le conformisme de la société anglaise, pour laquelle un homme ne valait que par sa carte de visite, lui qui avait parcouru les fleuves sauvages de Guyane, qui avait pansé, soigné, recousu les chercheurs de diamants et les Indiens sous-alimentés ; cet homme ne pouvait pas ne pas vomir le monde colonial et son injustice outrecuidante, ses cocktails parties et ses golfeurs en tenue, sa domesticité, ses maîtresses d'ébène prostituées de quinze ans introduites par la porte de service, et ses épouses officielles pouffant de chaleur et faisant rejaillir leur rancoeur sur leurs serviteurs pour une question de gants, de poussière ou de vaisselle cassée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
ladesiderienneladesiderienne09 décembre 2013
Je me rappelle seulement cette question : "Est-ce qu'elle est malade ?" Elle me brule encore aujourd'hui étrangement , comme si le temps n'était pas passé. Et non la réponse - sans doute rassurante, peut-être un peu gênée - de ma mère : "Non, elle n'est pas malade, elle est vieille, c'est tout." La vieillesse, sans doute plus choquante pour un enfant sur le corps d'une femme puisque encore, puisque toujours, en France, en Europe, pays des gaines et des jupons, des soutiens-gorge et des combinaisons, les femmes sont ordinairement exemptes de la maladie de l'âge. La brûlure sur mes joues que je ressens encore, qui accompagne la question naïve et la réponse brutale de ma mère, comme un soufflet. Cela est resté en moi sans réponse. La question n'était sans doute pas : Pourquoi cette femme est-elle devenue ainsi, usée et déformée par la vieillesse ?, mais : Pourquoi m'a-t-on menti ? Pourquoi m'a-t-on caché cette vérité ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
michelekastnermichelekastner15 juillet 2012
Tout cela est si loin, si proche. Une simple paroi fine comme un miroir sépare le monde d'aujourd'hui et le monde d'hier. Je ne parle pas de nostalgie. cette peine dérélictueuse ne m'a jamais causé aucun plaisir. je parle de substance, de sensations, de la part la plus logique de ma vie.
Quelque chose m'a été donné, quelque chose m'a été repris. Ce qui est définitivement absent de mon enfance : avoir eu un père, avoir grandi auprès de lui dans la douceur du foyer familial. Je sais que cela m'a manqué, sans regret, sans illusion extraordinaire. Quand un homme regarde jour après jour changer la lumière sur le visage de la femme qu'il aime, qu'il guette chaque éclat furtif dans le regard de son enfant. Tout cela qu'aucun portrait, aucune photo ne pourra jamais saisir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Videos de J.M.G Le Clézio (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J.M.G Le Clézio

MP 2014-06-17-695-003048BDD2D9.mp4
Payot - Marque Page - Jean-Marie-Gustave le Clézio - Tempête.
autres livres classés : nigeriaVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Voyage au pays des arbres

Quel est le personnage principal ?

Jules
Pierre
Mathis

3 questions
2 lecteurs ont répondu
Thème : Voyage au pays des arbres de J.M.G Le ClézioCréer un quiz sur ce livre