ISBN : 2070318478
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.4/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
" J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par medsine, le 10 février 2012

    medsine
    L'Africain de J.M.G. Le Clézio est une hagiographie. le livre raconte la vie d'un homme à la fois craint et vénéré par son auteur, son père. Médecin de brousse, citoyen britannique d'origine Mauricienne et de langue française, il s'expatrie par rejet de la société européenne, d'abord en Amérique le long des fleuves avec les indiens puis près de 30 ans en Afrique, dans la brousse loin des colons et de La guerre qui ravage l'Europe.
    La guerre le coupe de sa femme et de ses enfants en bas ages restés en France, si bien que l'auteur ne rencontrera véritablement son père qu'à l'âge de 8 ans quand lui même le rejoindra au Cameroun. Commencement de la vie d'écrivain de le Clézio et de son goût pour le voyage.
    Il y a trois temps dans le récit.
    D'abord les temps heureux. le père et la mère de l'auteur / narrateur vivent dans des contrées reculées. le médecin, seul occidental de ces régions inexplorées (dont les distances ne sont référencées sur aucune cartes sauf celles qu'il trace lui même), est heureux au milieu des populations locales. La vie est rude pour lui et sa femme, mais ils sont exactement là où ils se sentent le mieux.
    Puis La guerre en Europe, la coupure avec la famille, et les guerres tribales alimentées par le cynisme des colons occidentaux qui plongent chaque jour un peu plus cet homme dans le désespoir et le dégout.
    Enfin, le temps du souvenir. Pas de nostalgie, mais des échos qui résonnent parfois chez le narrateur parfois chez le vieil homme de retour en France. La fin du parcours du père, l'éveil de l'enfant.
    L'Africain est un beau livre. Il parle de déracinement plus que de voyage. de perception et de sens plus que de nostalgie. D'identité et de liens du sang qui nous relient avec la terre et l'humanité tout entière.
    10 février 2012
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kllouche, le 14 août 2011

    kllouche
    « J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui L'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre. »
    le Jour de mon oral du bac de français, la prof m'a demandé s'il y avait une phrase, un passage qui m'avait particulièrement marquée dans ce roman : je lui ai répondue que non. En fait, tout le roman m'a marqué. Mais comme il fallait choisir, j'ai retenu cette citation et le passage des fourmis. Ce livre est un chef d'œuvre, certes. Mais avec un gros défaut. Il a été classé dans la catégorie des autobiographies alors qu'il s'agit en réalité de la biographie du père de l'auteur. Avec sa mère et son frère, il quitte Nice pour rejoindre son père qui est médecin au Nigeria et qui y est resté pendant tout le temps de La Guerre. Un plaisir de découvrir ce pays d'Afrique et toute cette description que nous apporte l'auteur. C'est aussi l'occasion d'une rencontre avec son père. Et justement : d'accord c'est un bel hommage à son père, mais Le Clézio a prit le parti de raconter avec sa vision de quand il était enfant. Et c'est nuisible à la beauté de l'essence de l'histoire. L'enfant est ridicule mais le père magnifique : ce n'est pas ce que je voulais lire. L'émotion de cet enfant qui découvre son père à l'âge de huit ans dans un autre pays. Un père sévère, autoritaire, qui a beaucoup souffert et qui a vu la souffrance auprès des malades qu'il a soigné. Il y a quelque chose qui me gène dans cette relation. On dirait que petit, il ne l'aimait (ou alors ils ont une manière vraiment spéciale de s'aimer). Et là il lui rend un vibrant hommage ?
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  • Par keisha, le 12 avril 2009

    keisha
    Avec L'Africain, Le Clézio offre un magnifique portrait de son père; celui-ci, de nationalité anglaise, a dû quitter l'ile Maurice et a poursuivi des études médicales à Londres.
    "Par orgueil sans doute, pour fuir la médiocrité de la société anglaise, par goût de l'aventure aussi", il demande son affectation au ministère des Colonies et part à Georgetown, en Guyane.
    Il se marie ensuite avec une cousine germaine demeurant en France, et les époux partent travailler dans ce qui est actuellement l'ouest du Cameroun, dans des conditions très rustiques, très loin de la civilisation occidentale.
    "Le temps de Banso, pour mon père et ma mère, c'est le temps de la jeunesse, de l'aventure. Au long de leurs marches, l'Afrique qu'ils rencontrent n'est pas celle de la colonisation. L'administration anglaise, selon un de ses principes, a laissé en place la structure politique traditionnelle, avec ses rois, ses chefs religieux, ses juges, ses castes et ses privilèges."
    Ils vivent sans confort, le père soigne avec les moyens de l'époque.
    La mère doit revenir accoucher en France, elle y passera l'occupation allemande séparée de son mari (celui-ci se lancera dans une folle équipée pour aller la chercher, échouant en Algérie et devant rebrousser chemin...)
    Le jeune Le Clézio ne connaitra vraiment son père qu'en allant le rejoindre, avec sa mère et son frère, en 1948 à Ogoja, au sud du Nigéria.
    "Sans doute les choses se seraient-elles passées autrement s'il n'y avait pas eu la cassure de La guerre, si mon père, au lieu d'être confronté à des enfants qui lui étaient devenus étrangers, avait appris à vivre dans la même maison qu'un bébé, s'il avait suivi ce lent parcours qui mène de la petite enfance à l'âge de raison. Ce pays d'Afrique où il avait connu le bonheur de partager l'aventure de sa vie avec une femme, à Banso, à Bamenda, ce même pays lui avait volé sa vie de famille et l'amour des siens."
    Au début des années cinquante, la famille rentre en France, où le père vit jusqu'aux années quatre vingts.
    "L'Afrique avait mis en lui une marque qui se confondait avec les traces laissées par l'éducation spartiate de sa famille à Maurice. L'habit à l'occidentale qu'il endossait chaque matin pour aller au marché devait lui peser. Dès qu'il rentrait chez lui, il enfilait une large chemise bleue à la manière des tuniques des haoussas du Cameroun, qu'il gardait jusqu'à l'heure de se coucher. C'est ainsi que je le vois à la fin de sa vie. Non plu l'aventurier ni le militaire inflexible. Mais un vieil homme dépaysé, exilé de sa vie et de sa passion, un survivant."

    Le Clézio sait faire partager son attirance pour l'Afrique de son enfance et surtout le sentiment d'incommunicabilité avec son père. Il réussit cependant à brosser de ce dernier un portrait sensible et plein d'affection. C'est un livre magnifique, nostalgique et émouvant !

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-27839462.html
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    • Livres 5.00/5
    Par ChezLo, le 09 avril 2011

    ChezLo
    J.M.G. Le Clézio est pétri d'Afrique depuis le jour où, après La guerre, il a suivi sa mère et son frère pour ejoindre le père, médecin au Nigeria. Ses souvenirs d'enfance, c'est la liberté des corps, l'environnement sauvage tropical totalement nouveau, les noms des lieux, des rivières, des gens, et son père qu'il découvrait enfin. Un père sévère, mélancolique et rigoureux. C'est lui, L'Africain auquel il rend hommage par ce court roman.
    L'enfance de J.M.G. Le Clézio est mystérieuse, envoûtante, amère. Cet homme est issu d'une famille aux multiples origines et il a vécu, par les déplacements de son père médecin humanitaire, dans différents pays.
    De cette enfance il lui reste quelques photos sepia dont certaines figurent dans le livre, mais surtout ces souvenirs, ces détails d'une époque charnière de sa vie, quand, à l'âge de huit ans il découvrit à la fois l'Afrique tropicale intérieure, la dureté de la vie, et son père L'Africain. Un passage précoce à l'âge adulte qu'il nous conte avec beaucoup de pudeur, de poésie, de simplicité. Parce que cette Afrique fait partie de lui, parce que le parcours de ses parents l'a façonné.
    (...)
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    • Livres 5.00/5
    Par claudia, le 25 mai 2011

    claudia
    « J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui L'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre. » En 1948, J.M.G. Le Clézio a huit ans. Accompagné de sa mère et de son frère, il quitte la ville de Nice pour retrouver au Nigeria un père qu'il ne connaît pas et qui y exerce la profession de médecin. Deux expériences, deux rencontres. D'un côté l'Afrique, sa beauté, sa puissance et sa violence, une liberté de mouvement, de pensée et d'émotion totalement nouvelle. de l'autre, la discipline implacable d'un père qui n'a pas vu grandir ses fils, un homme meurtri par son métier que caractérisent la dureté et le manque de tendresse, parfait étranger au monde de l'enfance. « L'arrivée en Afrique a été pour moi l'entrée dans l'antichambre du monde adulte. » S'attachant à la fois à ses souvenirs et à l'existence de ses parents telle qu'elle a été avant sa naissance, J.M.G. Le Clézio livre un récit intime tout autant qu'un vibrant hommage à la figure d'un père qu'il a mis du temps à comprendre. « Si je n'avais pas eu cette connaissance charnelle de l'Afrique, si je n'avais pas reçu cet héritage de ma vie avant ma naissance,
    que serais-je devenu ? »
    J.M.G. Le Clézio

    Incroyable ! Moi, qui est vécu 4 ans au Cameroun, je n'avais jamais croisé ce super livre ! Pourtant, j'aime l'écriture de le Clézio.
    Bon, c'est chose faite et je sui ravie et je conseille cette lecture. La description de l'Afrique, plus précisément du Cameroun est magnifique. Sans compter sur l'histoire saisissante de son enfance, adolescence là où tout homme se construit.
    La Guerre, quelle connerie, comme disait Prévert ...
    Claudia

    Lien : http://liberta-revolutiona.org/index.php?post/l-Africain
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Citations et extraits

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  • Par zorazur, le 21 février 2012

    Lui qui avait rompu avec Maurice et son passé colonial, et se moquait des planteurs et de leurs airs de grandeur, lui qui avait fui le conformisme de la société anglaise, pour laquelle un homme ne valait que par sa carte de visite, lui qui avait parcouru les fleuves sauvages de Guyane, qui avait pansé, soigné, recousu les chercheurs de diamants et les Indiens sous-alimentés ; cet homme ne pouvait pas ne pas vomir le monde colonial et son injustice outrecuidante, ses cocktails parties et ses golfeurs en tenue, sa domesticité, ses maîtresses d'ébène prostituées de quinze ans introduites par la porte de service, et ses épouses officielles pouffant de chaleur et faisant rejaillir leur rancoeur sur leurs serviteurs pour une question de gants, de poussière ou de vaisselle cassée.
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  • Par brigetoun, le 11 avril 2010

    Pourtant, parfois, je marche dans les rues d'une vile, au hasard, et tout d'un coup, en passant devant une porte au bas d'un immeuble en construction, je respire l'odeur froide du ciment qui vient d'être coulé, et je suis dans la case e passage d'Abakaliki, j'entre dans le cube ombreux de ma chambre et je vois derrière la porte le grand lézard bleu que notre chatte a étranglé et qu'elle m'a apporté en signe de bienvenue.
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  • Par ChezLo, le 09 avril 2011

    En Afrique, l'impudeur des corps était magnifique. Elle donnait du champ, de la profondeur, elle multipliait les sensations, elle tendait un réseau humain autour de moi. Elle s'harmonisait avec le pays ibo, avec le tracé de la rivière Aiya, avec les cases du village, leurs toits fauve, leurs murs couleur de terre. Elle brillait dans ces noms qui entraient en moi et qui signifiaient beaucoup plus que des noms de lieux : Ogoja, Abakaliki, Enugu, Obudu, Baterik, Ogrude, Obubra. Elle imprégnait la muraille de la forêt pluvieuse qui nous enserrait de toutes parts.
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  • Par Nanne, le 02 mars 2009

    J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre.
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  • Par zorazur, le 20 février 2012

    L'Afrique, c'était le corps plutôt que le visage. C'était la violence des sensations, la violence des appétits, la violence des saisons.
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Videos de J.M.G Le Clézio

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Vidéo de J.M.G Le Clézio

La grande librairie 10/11/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Marie Gustave Le Clézio parle de son nouveau livre "Histoire du pied et autres fantaisies"








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