Avec "
Le livre des fuites", J.M.G.
Le Clézio donne, pour la première fois, l'impression d'ouvrir ses récits à d'autres paysages que la ville côtière de ses romans précédents. Bien que, dans "
Le Déluge", le personnage principal prend la poudre d'escampette, son périple ne le mène pas bien loin. La fuite est comme avortée.
Dans "
Le livre des fuites", Jeune Homme Hogan parcours le monde. Il traverse les mers, se perd dans un
Désert, avance là où le vent le pousse, sans savoir pourquoi. Il sait seulement qu'il ne pouvait rester entre les quatre murs de sa chambre, lieu de tous les mensonges et des fausses apparences. Il ne s'arrêtera que lorsqu'il pourra voir le monde sans filtre trompeur.
Mais ce mouvement incessant, cette fuite, ne sont qu'apparences eux-mêmes. J.H. Hogan est le pantin de l'auteur qui reste assis sur sa chaise, enfermé dans sa chambre. Cette mise en abyme de
Le Clézio met en évidence toute l'ambiguïté de la littérature, qui veut tout dire, tout montrer de l'univers, mais qui n'arrive pas, malgré des siècles de papiers grattés et de paroles portées, à atteindre son but.