ISBN : 2070387267
Éditeur : Gallimard (1993)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
De l'Europe à l'Afrique, c'est la trajectoire de trois destins qui se nouent à Onitsha. En 1948, Maou et Fintan, son fils, s'embarquent pour le Nigéria retrouver Allan, le père bien-aimé et inconnu. Mais dans la moiteur du fleuve, au son des ta... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(5)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par PatryckFroissart, le 19 janvier 2012

    PatryckFroissart
    Onitsha, cela commence par Oni, comme onirique.
    Une fois de plus, Le Clézio nous emmène au pays des rêves, non pas de nos rêves, mais des rêves qui tournent la tête des personnages, qui les animent, qui leur offrent raison de vivre, et puis qui les déçoivent, voire les détruisent.
    Comme son grand-père dans Le Chercheur d'or, comme l'auteur lui-même dans le Voyage à Rodrigues, les acteurs principaux de ce roman, à l'occasion d'un voyage qui les déporte dans la différence, dans l'étrangeté, ici d'un village africain qui disparaîtra dans la tourmente de La guerre du Biafra, se trouvent vite entraînés dans la spirale aspirante de la fascination de l'autre.
    Ainsi, Fintan et sa mère Maou quittent en 1948 Marseille pour Onitsha, où ils rejoignent, l'un son père qu'il n'a pas connu, l'autre son mari qu'elle n'a pas vu depuis des années.
    Le père, Geoffroy, anglais au service d'une entreprise coloniale, personnage classiquement leclézien, est obsédé par la recherche de traces mythiques, celles de l'exode de la dernière pharaonne noire de Meroé, Amanirenas, nommée Candace par Strabon, du Nil vers le Niger, et de l'installation, par sa fille Arsinoé, de son peuple dans la région d'Onitsha. Geoffroy poursuit et déchiffre les signes, sur la terre, dans les ruines, dans les tatouages rituels que portent les aînés de chaque famille d'Onitsha, dans la beauté pure et lisse de la mystérieuse Oya, venue de nulle part, muette et sauvage, qui ressemble à Ouma, la sauvageonne du Chercheur d'Or.
    Fintan, très vite, puis Maou, plus lentement, se rapprochent de l'indigène, et sont corollairement méprisés et mis à l'écart par les blancs de la région.
    Fintan a pour initiateur le jeune Bony, l'équivalent de Denis pour l'enfant Alexis dans Le Chercheur d'or.
    Maou devient la jumelle de sa servante Marima.
    Dans cet Ailleurs est un endroit qui se situe outre, comme si l'exil ne pouvait être justifié, ou supporté, que par la croyance en l'existence, au-delà de la montagne, du fleuve, ou de la mer, ou des conventions, d'un archi-pays dont la quête obsessionnelle permet d'oublier soit les liens avec le pays d'origine, soit la déception de se retrouver dans un pays qui ne répond pas à l'image idyllique qu'on s'en était faite :
    Au Mananava de Denis et d'Alexis correspondent pour Bony et Fintan l'île formée par un bateau échoué au milieu de l'embouchure du fleuve, et pour Geoffroy, conduit par Okawho, le lac de vie perdu dans la forêt.
    Onitsha brisera Geoffroy, ôtera chez Maou toute envie de voyage, mais laissera chez Fintan une durable amertume, un goût nostalgique d'inachevé, et le regret de ne pas s'y être fondu, assimilé, africanisé.
    Onitsha est un roman de l'échec : échec de la recherche « historique » pour Geoffroy, échec de l'adaptation à la vie coloniale pour Maou, échec de l'initiation pour Fintan.
    Fintan, fin du temps : l'histoire a pour cadre temporel la fin de la colonisation, échec historique.
    Symbole de ces échecs : le bateau échoué au milieu du Niger, à l'embouchure…
    Un regret concernant cette édition: la présence, à la page 177, d'un énorme barbarisme sur le passé simple du verbe souffrir.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par horline, le 04 avril 2011

    horline
    La Provence a Pagnol, Giono, l'Afrique a Boyd et Le Clézio.
    La terre rouge, le fleuve qui charrie des eaux boueuses, le grondement de l'orage, les pluies torrentielles, l'odeur de l'igname cuit, la fureur des tambours… J-M G. Le Clézio parvient à mettre tous nos sens en éveil dans une Afrique riche de couleurs et de sonorités, une Afrique charnelle.
    L'écriture est parfaitement maîtrisée. L'auteur a su capter et transmettre le rythme de l'Afrique avec tantôt une écriture fébrile, des phrases courtes et répétées qui deviennent envahissantes, obsédantes, tantôt une écriture qui s'étire toute en longueur et en langueur sublimant la contemplation de la nature. Et le Clézio fait de la contemplation un élément fondamental de cette œuvre car elle permet aux trois protagonistes, chacun à sa manière, de se découvrir.
    Geoffroy Allen rejoint par son épouse Maou et le fils qu'il connait à peine Fintan, a « échoué » à Onitsha, oui Onitsha est la ville du Golfe de Guinée où tout s'échoue : les réminiscences de l'Empire britannique, l'arrogance méprisante des exilés européens pour les indigènes, les rêves de nouveau monde et de nouvelle vie, à l'image de l'épave du vieux George Shotton, l'un des prestiges de la marine anglaise enlisé dans les alluvions du fleuve Niger.
    C'est au contact des indigènes et de la fureur des éléments que cette famille disloquée va renaître. En particulier c'est le fleuve fécond qui nourrit l'imaginaire du père et apaise Maou et Fintan, qui va réunir des individus trop longtemps éloignés.
    Assurément je n'ai pas lu Onitsha, je l'ai vécu. Intensément lorsque La fièvre monte et pousse à la révolte ceux qui sont exploités, ou encore lorsque le soleil écrase de sa chaleur les maisons au toit de tôles. L'atmosphère est particulière, insaisissable.
    Le Clézio se fait conteur, à la manière de la tradition orale de l'Afrique. Il parvient à nous absorber dans un univers primitif où se mêlent mysticisme et réalité. Un bel hommage à l'Afrique.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par breba, le 07 octobre 2011

    breba
    Le Clézio nous embarque avec lui sur le Sarabaya pour nous parler de la beauté de l'Afrique : sa terre rouge; son fleuve; le bruit de la nuit; la sagesse de son peuple; le colonialisme ; les révoltes ; le rire des enfants.....
    avec une écriture brulante et apaisante pareil à l'afrique
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par bacoltrane, le 13 mars 2008

    bacoltrane
    L'histoire de la passion d'un anglais pour l'Afrique. La destinée du peuple Meroë ayant fui l'Egypte pour l'Afrique noire. Une civilisation ayant un lien avec la nature, le sens du sacré.
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par desertisland, le 29 octobre 2007

    desertisland
    sur l'Afrique,
    comme tous les LeClézio, c'est poétique et les descriptions font voyager
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (2)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par horline, le 03 avril 2011

    A l'aube, quand personne n'était encore levé, Fintan était déjà sur le pont pour voir l'Afrique. Il y avait des vols d'oiseaux très petits, brillants comme du fer-blanc, qui basculaient dans le ciel en lançant des cris perçants, et ces cris de la terre faisaient battre le cœur de Fintan, comme une impatience, comme si la journée qui commençait allait être pleine de merveilles, dans le genre d'un conte qui se prépare.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par horline, le 03 avril 2011

    L' Afrique résonnait de ces noms que Fintan répétait à voix basse, une litanie, comme si en les disant il pouvait saisir leur secret, la raison même du mouvement du navire avançant sur la mer en écartant son sillage.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (28)

Videos de J.M.G Le Clézio

>Ajouter une vidéo
Vidéo de J.M.G Le Clézio

La grande librairie 10/11/2011 sur France 5 de François Busnel, Jean-Marie Gustave Le Clézio parle de son nouveau livre "Histoire du pied et autres fantaisies"








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Onitsha par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (112)

> voir plus

Quiz