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ISBN : 2070726509
Éditeur : Gallimard (05/05/1992)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Pendant l'été 1943, dans un petit village de l'arrière-pays niçois transformé en ghetto par les occupants italiens, Esther découvre ce que peut signifier être juif en temps de guerre : adolescente jusqu'alors sereine, elle va connaître la peur, l'humiliation, la fuite à travers les montagnes, la mort de son père. Une fois la guerre terminée, Esther décide avec sa mère de rejoindre le jeune État d'Israël. Au cours du voyage, sur un bateau surpeuplé, secoué par les te... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
25 février 2016
  • 4/ 5
Une terrible histoire ! La guerre et l'errance des enfants qui la subissent.

Le récit commence avec une jeune Française pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle apprend alors qu'elle est juive puisque ces parents n'avaient jamais pratiqué cette religion. La famille a dû fuir sa maison et se réfugier en montagne, dans un village occupé par les Italiens. On suit la vie intérieure de la jeune fille, son incompréhension de ce qui se passe, ses rêves de liberté dans la nature, la musique, l'espoir que le temps s'arrête, mais aussi la rébellion contre les contraintes, les émois de l'adolescence puis la peur, celle peut-être d'avoir embrassé son père pour la dernière fois. Avec la capitulation italienne, les Allemands viennent et c'est la fuite à travers les montagnes, puis un autre village en attendant la fin de la guerre, puis Paris, puis la côte et l'attente du bateau qui les mènera vers un pays rêvé, Israël.

En chemin vers cette destination finale, elle rencontre une jeune Palestinienne et c'est l'histoire de celle-ci qu'on découvre ensuite. Une jeune fille qui ne comprend pas ce qui se passe, qui rêve de liberté, mais qui vit la sombre réalité du camp de réfugiés, l'impuissance et la mort lente.
Un roman difficile à cause des émotions traduites avec justesse par Le Clézio. Difficile aussi parce que le récit suit souvent le fil des pensées des jeunes filles, des réflexions qui ne sont pas linéaires, elles vont et viennent avec d'inévitables répétitions.

Un roman qui ne présente pas une position politique, mais qui prend plutôt parti pour les victimes, quelle que soit leur origine.
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lecassin
21 décembre 2016
  • 4/ 5
Par les temps qui courent, on ferait bien de lire et/ou relire « Etoile errante ». Non pour y trouver des solutions, mais pour se persuader que l'Histoire repasse souvent les plats… Amers, les plats, pour le moins…
Nous sommes en 1943 et Esther fuit, avec sa mère. Elle est juive et elle fuit devant l'horreur du nazisme : un voyage qui les mènera de l'arrière-pays niçois vers l'Italie. A la fin de la guerre elle tentera de rejoindre Israël ; voyage faisant, elle croisera le regard de Nejma, elle aussi jetée sur les routes par la guerre. le contact des deux jeunes filles se réduira à ce regard et à unéchange de noms, mais les marquera toute leur vie. Comme Esther, Nejna est une exilée… dans son propre pays… Elle est Palestinienne.
Comme je le disais plus haut, il n'y a pas de solutions à chercher dans cet opus, un peu décousu de notre Prix Nobel… Un opus qui nous fait toucher la vanité de la guerre, et la difficulté de créer ex nihilo, l'Etat d'Israël.
Il me restera de cette lecture de merveilleux passages comme Le Clézio sait nous les faire sentir ; de magnifiques passages…
« Etoile errante » n'est pas mon roman préféré de l'auteur. Reste une lecture forte sur un thème fort et douloureux, celui de la quête d'identité « impossible » de deux jeunes filles que la guerre et la barbarie des hommes a jetées sur les routes de l'exil, au milieu de l'incurie des politiques.
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Malaura
09 août 2011
  • 3/ 5
1943. Dans une petite ville de l'arrière pays niçois, Esther va apprendre ce que c'est qu'être juif.
C'est le début de l'errance...
A la fin de la guerre elle rejoint Israël, la Terre Promise.
Mais c'est la guerre et non la paix qu'hélas elle trouvera là-bas.
Sur la route de Jérusalem, elle croise le regard de Nejma, la Palestinienne, sa soeur dans l'adversité, venant comme elle de l'exil.
Les jeunes filles ne se reverront plus, elles n'auront échangé pas plus qu'un regard, mais un regard brûlant, complice d'entente et de reconnaissance muette.
Et dans leurs exils respectifs, elles n'auront désormais de cesse de penser l'une à l'autre.
Malgré quelques répétitions et longueurs qui nuisent un peu à l'ensemble du roman, un livre puissant par le thème abordé.
C'est toute l'horreur de la guerre qui est ici décrite à travers les deux portraits sensibles et touchants d'Esther, la Juive et de Nejma, la Palestinienne, deux jeunes filles unies dans la souffrance et l'exil, deux femmes au destin commun dans l'adversité.
De très très beaux passages, d'autres un peu trop lancinants, c'est dommage..toutefois "Etoile errante" reste un texte poignant, un cri déchirant contre la guerre.
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moussk12
13 décembre 2016
  • 3/ 5
Etoile errante est un roman très beau et très dur à la fois.
Très dur car il raconte le voyage forcé d'Esther, âgée de 14 ans, et de sa mère Elisabeth, juives et fuyant le sud de la France pour se réfugier en Italie, en début de l'année 1944.
Et le voyage continu après la guerre, souhaité cette fois-ci, mais vécu comme une errance, pour découvrir la ville lumière, Jérusalem, que jamais elles ne verront. Esther s'expatriera pour laisser le malheur derrière elle, et se construira une nouvelle vie au Canada.
Le voyage est semé d'embûches, de doutes, de questions qui resteront sans réponse. En fait, c'est un véritable calvaire que l'on suit jour après jour.
Et il est très beau en même temps, car toutes les épreuves sont vécues à travers les yeux d'une enfant, vision tellement différente de celle d'un adulte. Esther voit les choses, elle les sent comme un petit animal, elle essaie de comprendre, elle refuse de quitter une enfance insouciante, elle se révolte, elle subit, elle grandit.
Le passage de la traversée de Marseille à Jérusalem, dans les cales d'un bateau, est poignant. On sent le vécu, car durant son enfance, Le Clézio a fait, lui aussi, un long voyage en bateau qui l'a mené au Nigéria.
Par contre, je n'ai pas du tout aimé la partie du livre (presque 1/3) "Nejma", qui décrit le quotidien de réfugiés, dans un camp protégé par les Nations Unies, à Akka.
Ce côté passif de la nature humaine, où beaucoup attendent, pendant des heures, chaque jour, le camion qui leur apporte les vivres. Puis, les venues du camion se faisant de plus en plus rares, la malnutrition s'installe, les maladies foisonnent et la mort les prend un par un. Un jour, un camion les a déposés là. Ils ne savent pas pourquoi. Ils attendent qu'un autre les emmène ailleurs. Où ? Ils ne savent pas. Ils attendent, ils essaient de survivre jour après jour et ramassent leurs morts.
La vie d'Esther et de sa mère, leurs luttes, leur défis à chaque fois relevés, ce mouvement en avant, m'auraient amplement suffit.
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thedoc
22 octobre 2014
  • 5/ 5
Dans Etoile errante, Jean-Marie-Gustave le Clézio nous plonge dans les événements de la Seconde Guerre mondiale et du génocide des Juifs, mais surtout –souvent moins évoqués- sur la fondation d'Israël et le rôle de la communauté internationale.
L'histoire débute avec Esther, jeune adolescente juive, qui fuit la région de Nice occupée alors par les Allemands, avec ses parents. Ils font partie de tout un groupe d'autres Juifs. Le Clézio décrit le voyage vers l'Italie tout d'abord, pénible et dangereux. le père d'Esther d'ailleurs, parti en éclaireur, disparaîtra au cours de ce périple. Une fois arrivé en Italie, le groupe embarque sur un bateau, à destination de la Palestine. Là-bas, Esther devra lutter aussi bien contre les Anglais que contre les Palestiniens pour se faire une place et commencer une nouvelle vie.
Mais cette histoire n'est pas seulement celle d'Esther. Il y a également Nejma, jeune Palestinienne, qui comme Esther autrefois, se retrouve sur la route, chassée de chez elle. Esther croise un jour son regard dans lequel elle pourra lire la même peur et le même épuisement que celui qui se lisait sur son visage quand elle gravissait les montagnes la peur au ventre.
Paradoxalement, ce n'est pas dans ce roman la jeune juive qui connaît l'enfer des camps, mais la jeune Palestinienne, en exil dans son propre pays, orpheline de surcroît, de père et de mère. Les Palestiniens, à leurs tours, sont chassés de chez eux et, cette fois ci, ce sont Esther et les siens qui forcent des hommes, des femmes et des enfants à quitter leurs maisons et à abandonner tout ce qu'ils avaient.
L'histoire d'Esther tient beaucoup plus de place dans le roman que celle de Nejma. Toutefois, la partie qui est consacrée à Nejma est la partie centrale. A partir du bref instant de la rencontre entre les deux jeunes filles, l'image de Nejma va accompagner Esther pour toujours. A maintes reprises, celle-ci pense à la jeune Palestinienne qu'elle n'a fait que croiser. Aux toutes dernières pages du livre, elle exprime la force de cette présence en elle : «Je pense encore à Nejma, ma soeur perdue il y a si longtemps dans ce nuage de poussière du chemin, et que je dois retrouver».
Ce roman se déroule donc sur une longue période, 40 ans, qui vient jusqu'à nous. C'est l'histoire que nous vivons actuellement, avec ses conflits ethniques et religieux, ses cortèges de peuples déplacés, de réfugiés, d'exilés, autour de la Méditerranée ou ailleurs. Voici un roman "historique" mais toujours d'actualité. Mon préféré parmi tous ceux que j'ai lus de le Clézio.
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh24 février 2016
Mon coeur bat lentement, je ne sens plus la peur, je ne sens plus la faim, ni la soif, ni le poids de l’avenir. Je suis libre, je sens en moi la liberté du vent, la lumière. C’est la première fois.


(Folio, p.180)
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moussk12moussk1213 décembre 2016
Aamma Houriya, cette fois-là, a observé un long silence, pour que nous puissions entendre les battements de notre cœur, les bruits légers qui venaient des autres maisons, avant la nuit, la voix des bébés, les aboiements des chiens. Elle savait la valeur du silence.
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bilodohbilodoh26 février 2016
Mais en bas, dans les rues du camp, c’est le bruit des voix des gens qui se désespèrent, c’est cela qu’il a entendu, et cela lui lui rongé le coeur, et c’est pour cela qu’il n’a plus voulu vivre. Il est mort jour après jour, comme une plante qui se dessèche

(Folio, p. 225)
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zaboudazabouda02 octobre 2013
c'etait pour cela qu'Esther aimait bien Mario . un jour , au lieux de lui raconter des histoires , il lui avait raconté un peu sa vie , par bribes . Avant la guerre , il était berger .... il n'avait pas voulu partir à la guerre, il s'était caché dans la montagne. mais les fascistes avaient tué tous ses moutons et son chien , et Mario était entré dans le maquis
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lecassinlecassin21 décembre 2016
J'ouvre les yeux, la mer et la lumière me brûlent jusqu'au fond de mon corps, mais j'aime cela. Je respire, je suis libre. Déjà je suis portée par le vent, par les vagues. Le voyage a commencé
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Videos de J.M.G Le Clézio (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J.M.G Le Clézio
Jean-Marie Gustave le Clézio, pour Ritournelle de la faim Jean Echenoz, pour Courir
François Busnel propose en direct chaque jeudi à 20h35 sur France 5, un magazine qui suit de près l'actualité littéraire avec pour seul mot d'ordre, le plaisir.
Retrouvez toutes les informations sur les invités et leur actualité sur notre site : http://www.france5.fr/la-grande-librairie https://www.facebook.com/pages/La-Grande-Librairie/512305502130115 https://twitter.com/GrandeLibrairie Et réagissez en direct pendant l?émission avec le hashtag #LGLf5.
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