ISBN : 2743619694
Éditeur : Payot et Rivages (2009)


Note moyenne : 3/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Pierre Vilar est commandant de police à Bordeaux. Sa vie et son couple ont volé en éclats depuis que son fils Pablo a été enlevé à la sortie de l'école. Malgré tout, il se raccroche à l'espoir insensé de le revoir vivant, avec l'appui d'un gendarme à la retraite qui se... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 02 juillet 2011

    caro64
    Une chronique de Christine :
    Jouer à cache-cache ou pas
    Le jeune Victor, 13 ans, rentre chez lui pour découvrir sa mère assassinée. Sous le choc, il tente de se suicider et sera sauvé in extremis. Maintenant qu'il n'a plus de famille, il est d'abord placé dans un foyer pour enfants, puis dans une famille d'accueil. Lui qui avait une relation fusionnelle avec sa maman, il se replie sur lui-même, suscite violence ou curiosité.
    Pourtant, peu à peu, Marilou, la fille de la maison et Julien, un enfant placé dans cette famille, vont réussir à apprivoiser Victor. Ce ne sera pas de trop pour goûter à un peu de douceur de vivre et d'insouciance pendant cet été au bord de la Garonne, avant que le cauchemar ne resurgisse au détour du chemin.
    Pour mener l'enquête sur le meurtre de Nadia, la maman de Victor, il y a le commandant Pierre Vilar. D'autant plus touché et impliqué que quelques années auparavant, Pablo, son propre fils, a disparu. On a perdu sa trace à la sortie de l'école. Pierre tente de survivre à cette perte, mais ne s'y résigne pas. Il compte sur l'aide de Morvan, un ancien gendarme, qui consacre sa retraite à essayer de traquer les réseaux pédophiles. Morvan pense avoir trouvé une piste, mais il est enlevé puis torturé à mort. le coupable nargue Vilar, lui téléphone, le suit de près, se permet même d'intervenir sur les lieux d'enquête.
    Plus Vilar semble se rapprocher de la vérité au sujet de la mort de Nadia, plus il subit de pressions, de menaces, voire d'agressions.
    Jusqu'où son parcours va-t-il le mener ?
    Quand on retire le bandeau
    Deux histoires en alternance, chapitre après chapitre, deux vies différentes en apparence, mais deux êtres marqués par une perte douloureuse.
    Il y a tout d'abord Vilar, le commandant vivant en permanence avec le fantôme de son enfant disparu, sa présence obsédante, l'espoir insensé de savoir enfin ce que son enfant est devenu.
    Il y a Victor, jeune garçon de 13 ans, qui se retrouve totalement seul du jour au lendemain. Pour unique lien avec le passé, l'urne contenant les cendres de sa mère, qu'il défend comme un précieux trésor.
    Tous les deux parlent aux absents, essayant de se persuader que le vide peut être comblé.
    Le style pourrait faire penser aux débuts à une simple description de ce que vivent les personnages, mais il n'en est rien. Plus le récit avance, plus on entre dans ce que ces personnages ont d'intime et de désespéré.
    Avec une opposition parfois violente entre la noirceur de ce que la vie leur réserve, de ce que les autres leur réservent, et la douceur des paysages, la chaleur enveloppante de l'été, l'ombre protectrice de la nuit.
    Illusion d'une possible douceur de vivre loin des hommes ?
    La nature comme ultime refuge ?
    Parce que l'élément humain est ici décrit dans sa sombre cruauté, dans son absurde quête de pouvoir, dans ce qu'il a de plus mesquin ou de plus vil.
    Parfois tout finit en pièce, tout est lacéré, broyé, déchiqueté.
    Malheur aux plus faibles qui sont balayés sans pitié.
    Il y a la violence et la précarité subies par les femmes, qui se battent comme elles peuvent, avec leurs armes dérisoires, qui se battent comme des diablesses brisées pour leurs enfants à défaut de penser que se battre pour elles en vaut la peine. Elles en ont trop vu, elles en ont trop bavé.
    Il y a la violence faite aux enfants. Ces éléments fragiles, malléables, avec leur univers qu'on piétine sans considération, leur monde inaccessible aux adultes qu'on balaie d'un revers de main.
    Et puis il y a l'eau.
    L'eau, les éléments liquides, sont omniprésents. On boit, on sue, on crache, on vomit, on saigne, on se douche… l'eau qui lave, les liquides qu'on ingurgite ou évacue comme pour se vider physiquement d'un insurmontable mal de vivre.
    L'eau qui berce et apaise, l'eau élément de baptême ou d'oubli… l'eau qui engloutit et qui efface les traces…
    Il y a une construction implacable, une montée inexorable de la tension qui devient palpable, une écriture très humaine, magnifique et maîtrisée.
    Un très beau et poignant roman à lire d'urgence.


    Lien : http://bibliofractale.over-blog.com/article-les-coeurs-dechiquetes-4..
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 02 juillet 2011

    caro64
    En toile de fond, la ville de Bordeaux et le Médoc, chers à Hervé le Corre . le roman s'ouvre sur la figure de Pierre Vilar, flic cassé et hanté par la disparition inexplicable de son fils Pablo, à la sortie de l'école, quelques années auparavant. Ce deuil doublement impossible - car comment s'assurer de sa vie ou de sa mort ? - va se trouver réactivé par une sombre affaire de moeurs – apparemment sans rapport avec sa vie personnelle – et pourtant... Il est chargé d'enquêter sur la mort violente d'une jeune femme, Nadia, dont le corps a été retrouvé par son fils Victor.
    Les « cœurs déchiquetés qui parlent aux fantômes », comme le chante Léo Ferré, sont mis à nu dans ce roman hanté par l'absence et la mort. La perte des êtres aimés, la violence faite à l'enfance, l'injustice sociale et la solitude, c'est tout cela qu'Hervé le Corre nous fait éprouver, de manière intime et bouleversante. Aucun pathos, aucune volonté didactique. Oui, on ressent presque la douleur des personnages, tout comme on ressent la chaleur caniculaire, tout comme on voit les rues de Bordeaux et les vignobles bordelais, écrasés de soleil. C'est à la fois un roman noir et un thriller brillant qui nous maintient le suspense jusqu'à la dernière page. le tout porté par une écriture superbe. Un excellent roman policier récompensé à juste titre !
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    • Livres 4.00/5
    Par theo2b, le 18 février 2012

    theo2b
    Hervé le Corre nous fait visiter le Bordelais en été et parvient à nous dépeindre des paysages superbes alors qu'ils sont le théâtre d'évènements tragiques perpétrés par des monstres abjects contre des victimes au comble du désespoir. Car sans conteste, on a affaire à un roman très noir : un policier, détruit par la disparition de son garçonnet, toujours introuvable, enquête sur le massacre d'une jeune femme. Il va s'avérer que les deux affaires seront liées et que le psychopathe tirant les ficelles va jouer avec le policier.
    J'ai particulièrement apprécié le parallèle entre l'enquête du policier et la lente reconstruction du fils de la jeune femme, qui non content de découvrir le cadavre de sa mère, va devoir composer avec l'environnement des orphelins placés de centres sociaux en familles d'accueil, alors que le meurtrier le traque aussi.
    Moins lyrique que "L'homme aux lèvres de saphir" le style est quand même remarquablement imagé. Je trouve également que la psychologie des personnages sonne terriblement juste car on s'identifie facilement, au point, je l'avoue, que je me suis surpris à reproduire certains mouvements de leur visage tant ils sont bien décrits.
    En clair, excellente lecture que l'on abandonne qu'à la dernière page, et encore, avec regret.
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    • Livres 2.00/5
    Par brusc, le 31 octobre 2011

    brusc
    Une histoire sordide - une de plus ? - d'enlèvement d'enfant dont l'enquête est confiée à un flic dont le propre fils a disparu quelques années auparavant et n'a jamais été retrouvé. Contrairement à l'avis il me semble unanime des critiques, je n'ai pas beaucoup aimé ce roman qui joue un peu trop à mon goût sur la fibre "attirance-répulsion-identification" que suscitent toujours chez le lecteur les histoires d'enlèvement d'enfant, de pédophilie. Tous les ingrédients sont là. du couple explosé à l'enfant terrassé par le meurtre de sa mère, de la souffrance du flic au "prédateur" qui rode. C'est certainement bien fait mais je n'ai pas adhéré. Seule vraie réussite à mon avis, la description des paysages du Bordelais, qui par le jeu de plume d'Hervé le Corre, réussissent à être rendus encore plus inquiétants que les forêts les plus noires et les profondes.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 07 juin 2010

    caro64
    Décidément, il rafle tout sur son passage ce roman !
    Il avait déjà remporté le Grand Prix de littérature policière et le Prix du roman noir Nouvel Obs-Bibliobs, et maintenant c'est le non moins prestigieux Prix Mystère de la critique qu'empoche Hervé le Corre.

    Lien : http://bibliobs.nouvelobs.com/20100412/18852/le-prix-du-roman-noir-2..
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 01 juillet 2011

    La sollicitude farfouilleuse et inquisitrice du médecin, cette chirurgie chargée de démonter le cadavre, finissait dans son horreur même par faire oublier la mort : ce corps sondé, morcelé par le bistouri jusque dans ses replis les plus secrets n’était plus une personne décédée mais un inventaire anatomique. Une terrifiante nomenclature. Vilar ne croyait à aucun au-delà ni entité surnaturelle, mais il lui semblait soudain que le mort n’était plus là, avait échappé à son cadavre mis en pièces, alors même que son martyre était décrit avec une épouvantable froideur clinique.
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  • Par caro64, le 01 juillet 2011

    Ils eurent tous les deux le geste de s’appuyer sur le capot pour reprendre leur souffle, s’ébrouant pour tâcher de secouer leur ébriété comme on chasse la poussière d’un tapis, toussant toutes les cigarettes fumées à la chaîne, en sueur dans ce soir d’été bruissant de terrasses pleines et de passants ralentis qui profitaient d’une illusoire fraîcheur alors que l’air tiède semblait aux deux flics poisseux et lourd et sordide avec au bout du trajet un cadavre et du sang, encore.
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  • Par caro64, le 01 juillet 2011

    Un crime parfait ? Ils s’en croient tous capables. Ils s’imaginent qu’en ne laissant aucune trace derrière soi on disparaît pour de bon, un peu comme un gosse qui se persuade qu’on ne le voit plus parce qu’il a caché sa figure dans ses mains.
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  • Par caro64, le 02 juillet 2011

    D’habitude on patauge dans le sordide et le minable, mais là, je trouve ça triste, en plus.
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Vidéo de Hervé Le Corre

Le prix Nouvel Obs / BibliObs du Roman noir est descerné à Hervé Le Corre pour «les Coeurs déchiquetés» (Payot/Rivages) et à l'Américain Craig Johnson pour «Little Bird» (éd. Gallmeister).








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