ISBN : 2743613092
Éditeur : Payot et Rivages (2004)


Note moyenne : 4/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Paris, 1870.
Une série de meurtres sauvages semble obéir à une logique implacable et mystérieuse qui stupéfie la police, fort dépourvue face à ces crimes d'un genre nouveau. Le meurtrier, lui, se veut " artiste " : il fait de la poésie concrète, il rend hommage à... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par GribouilleChat, le 11 janvier 2011

    GribouilleChat
    À Paris au printemps 1870, l'Empire vit ses derniers mois mais ne le sait pas encore : tout à leur poursuite de l'agitation ouvrières, les autorités sont peu attentives aux véritables problèmes, trop contentes de voir dans le peuple une racaille à mater. C'est dans ce contexte qu'arrive de sa province Étienne qui espère trouver le logement chez un parent installé dans la capitale. Mais à peine se retrouve-t-il sur la place Vendôme avec la charrette sur laquelle sont entassés les meubles de sa mère qu'il est confronté à une vision d'épouvante ; Un cadavre éventré est suspendu au Pied de Napoléon au sommet de la colonne. Pis : Étienne se retrouve face à face avec le criminel.
    Il est emmené au poste et traité davantage comme un coupable que comme le seul témoin de l'horreur. Heureusement, dans cet univers pourri par les préjugés et la routine, un jeune inspecteur basque, aidé du médecin légiste, pense qu'il a affaire à une nouvelle espèce de criminel : un homme qui tue pour le plaisir.
    Dans le même temps, Henri Pujols, originaire du sud-ouest fréquente assidûment son ami Isidore Ducasse ; il se voit comme l'incarnation de Maldo-ror, chargé de mettre en œuvre ses agissements criminel. Il est aussi un habitué de la maison de la mère Pellerin où il terrorise Sylvie, une jeune prostituée qui ne rêve qu'à échapper à sa condition pour élever honorablement sa fille.
    Ce roman fascinant met en scène un poète dont on sait quelle a été par la suite l'influence sur la postérité. Présenté sous des traits falots, Lautréamont est accompagné d'une âme damnée – au sens propre du terme. le roman brosse une fresque très réaliste de la fin de l'empire et des débuts de la Commune, mettant en évidence les dysfonctionnements – comme on dirait aujourd'hui – d'une société gangrenée, où la police préfère se laisser corrompre et poursuivre l'ouvrier miséreux que s'attaquer au crime réel dont elle ne soupçonne pas l'existence.
    À côté de ces tableaux très réalistes de la société française, les scènes atroces de meurtres raffinés dans leur barbarie se multiplient et de perversité qu'on ne peut plus, hélas, qualifier d'inouïes après les événements que l'actualité criminelle nous a fait vivre. Se multiplient aussi les scènes au bordel de la mère Pellerin, hanté par des policiers corrompus, des politiciens plus ou moins véreux, d'authentiques mauvais garçons.
    C'est un vrai roman populaire car, bien sûr, à côté de toute cette fange, on retrouve le policier, justicier au grand cœur, l'ouvrier pauvre mais honnête, décidé à faire justice lui-même pour les beaux yeux de sa bien aimée à qui il a évité le trottoir, la prostituée au grand cœur, qui élève sa fille honnêtement et dont tombera amoureux le flic qui voit plus loin que le bout de son nez…
    La langue est riche, tantôt gouailleuse comme le bon peuple de Paris, tantôt raffinée comme le style des poètes décadents ; les descriptions de foules en colère, pourchassées par la troupe sont réellement épiques. Et au détour de l'une ou l'autre page, on pense tantôt aux Misérables, tantôt à la grève de Germinal.
    À lire absolument, même si l'on sait que la violence et la crudité de certaines scènes peuvent heurter.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem, le 23 juillet 2009

    muet-comme-un-carpe-diem
    En construisant un roman autour d 'un personnage animé du projet délétère de concrétiser les crimes abominables de Maldoror, Hervé le Corre va au-delà de l'exercice de style de transposition des Chants dans le monde du polar.
    En effet, tout au long de son récit à mi-chemin entre le roman historique et le roman noir, Hervé le Corre fait montre d'une parfaite compréhension de l'oeuvre complète d'Isidore Ducasse.
    Car si Isidore Ducasse est surtout connu pour ses sulfureux Chants de Maldoror qui laissèrent pantois d'admiration les Surréalistes, il a également publié des Poésies écrites à l'aide d'une encre diluée dans l'eau bénite qui semblent aux antipodes de la prose maléfique du Comte de Lautréamont.
    Les universitaires en s'appuyant sur la correspondance de l'auteur voient dans cette contradiction apparente plutôt la preuve qu'Isidore Ducasse cherchait à faire désirer le bien en présentant le mal absolu.
    Tout au long de la traque que mène l'atypique inspecteur Latamendia pour retrouver ce mystérieux meurtrier à l'accent méridional, Hervé le Corre distille de pages en pages sa propre vision du mal absolu : le machisme, l'ignorance, l'exploitation, la misère, la guerre et surtout la tyrannie d'un Président élu devenu Empereur après un coup d'Etat..

    Au fur et à mesure que l'on découvre le quotidien d'Alphonse, Marthe, Fernand, Garance et Etienne s'expose à peine voilée par les crimes odieux de Pujols, une défense et illustration de la cause de la classe ouvrière."Sans fadaise ni fausse honte" pour citer Verlaine, sans manichéisme ni angélisme, Hervé le Corre décrit le poids de l'oppression patronale et impériale qui pousse certains à la rapine ou à la prostitution mais un poids contrebalancé par la solidarité active entre les plus pauvres pour partager le peu qu'ils possèdent quand l'un d'entre eux sombre encore plus bas. L'avidité de certains qui n'hésitent pas à suriner de-ci, de-là pour améliorer l'ordinaire mais aussi la fraternité au sein des cellules socialistes de l'époque, les rêves d'un monde meilleur.

    Des ouvriers qui chaque jour doivent lutter contre la fatigue, "cette chienne que les patrons leur lâchent aux basques après les heures de travail pour surveiller qu'ils ne feront rien d'autres que reconstituer leurs forces pour le lendemain" et qui "est assise à leurs pieds et gronde en montrant les crocs dès qu'ils essaient de bouger."

    L'inspecteur Latamendia a du mal à supporter les priorités de sa hiérarchie omnubilée par la répression des émeutes qui suivent l'annonce des résultats du plébescite de Napoléon III car "il sent bien, à force, que c'est toujours sur les mêmes que s'acharne le mauvais sort, et qu'ils ont le dos bien large et bien pratique pour qu'on leur tombe dessus et que dorme le bourgeois. Il se doute un peu, lui le flicard intègre, obscur gardien de l'ordre, qu'à faire vivre des hommes comme des chiens, ronfler dans des taudis grouillants de puces et de punaises, s'échiner aux usines douze heures par jour, leurs petits jetés dans la fureur des ateliers dès qu'ils se mouchent tout seuls, on ne saurait attendre d'eux des civilités de salon, ou des colères contenues dans le cristal de la politesse, ce bibelot délicat qu'on s'échange entre gens bien."

    Les Socialistes que décrit Hervé le Corre ne sont pas englués dans les manoeuvres d'appareil pour savoir s'ils doivent s'allier ou non au Centre droit. Ils sont déterminés à lutter au péril de leur vie pour des lendemains qui chantent et à déclarer Paris Commune Libre.


    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-24951332.html
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par theo2b, le 08 février 2012

    theo2b
    Je viens de découvrir cet auteur et cette découverte est un réel enchantement. J'ai particulièrement aimé le style d'écriture fortement installé sur le vocabulaire de l'époque, mais pourtant sans excès. je donne une mention particulière à la description ultra précise des affrontements terribles, que ce soit entre le meurtrier et les personnages principaux ou entre les émeutiers et la troupe impériale. Chaque combat est un morceau de bravoure par l'indécision qu'il laisse supposer au lecteur quant à son issue.
    Ce roman regorge de passages qui méritent d'être retranscrits dans les citations, d'ailleurs, celles qui m'ont marqué ont déjà été insérées dans des critiques précédentes. Moi qui voulait vous en faire profiter...
    Pour avoir lu "Obscura" de Régis Descott qui se situe sensiblement à la même époque, j'ai refait avec plaisir le voyage temporel car, à y bien réfléchir, on ne vit pas si mal que ça aujourd'hui.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par marcanciel, le 13 août 2011

    marcanciel
    Encore un bouquin qui m'avait été conseillé et pour lequel j'avais un peu traîné des pieds. L'auteur ne me disait rien et le titre ne m'inspirait pas du tout. Mais je finis toujours par m'y mettre, un jour ou l'autre.
    Et j'ai rudement bien fait.

    Lien : http://marcanciel.over-blog.fr/article-l-homme-aux-levres-de-saphir-..
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Vidéo de Hervé Le Corre

Le prix Nouvel Obs / BibliObs du Roman noir est descerné à Hervé Le Corre pour «les Coeurs déchiquetés» (Payot/Rivages) et à l'Américain Craig Johnson pour «Little Bird» (éd. Gallmeister).








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