> Jacques Papy (Traducteur)
> François Rivière (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253087793
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 97 notes) Ajouter à mes livres
Dans un château de la lointaine Styrie, au début du xixe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive. Lorsque surgit d’un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l’héroïne. Une étrange mal... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 15 février 2011

    Woland
    I - Carmilla / Green Tea / The Familiar / Mr Justice Harbottle
    Traduction : Alain Dorémieux (Carmilla) & Elisabeth Gille
    Cette édition, sortie chez Denoël en 1960, reprend quatre des enquêtes du Dr Hesselius réunies en anglais sous le titre "In a Glass Darkly" et parues pour la première fois en 1872. On notera que l'éditeur français n'a pas retenu la cinquième enquête, "The Room In The Dragon Volant", probablement parce que, sous des apparences surnaturelles, elle présentait en fait une histoire tout ce qu'il y a de plus policière.
    C'est à "Carmilla" que Denoël a réservé la première place dans ce recueil, non pas tant en raison de la longueur du texte mais parce que, au même titre que le "Dracula"de Stoker dans le genre purement romanesque, "Carmilla" est devenu une sorte de Bible pour tout amateur de littérature vampirique. Et puis, on l'oublie facilement, "Carmilla" est un texte profondément révélateur de la sexualité des Victoriens.
    En effet, la nouvelle traite à la fois du vampirisme et du lesbianisme, forme de différence sexuelle envers laquelle les sociétés dites patriarcales ont toujours montré plus d'indulgence qu'envers l'amour entre hommes. Comme on le sait, le vampire, qui se nourrit en principe de toutes les proies qu'il rencontre, femmes et hommes, est en général tenu pour bisexuel. On ne le clame pas sur les toits - et surtout pas les auteurs du XIXème siècle - mais enfin, c'est acquis. Dans "Dracula", la chose est élégamment implicite, Bram Stoker préférant ne pas s'appesantir sur les démêlés de Jonathan Harker avec le comte, et encore moins sur le traitement que celui-ci réserve à l'équipage exclusivement masculin du "Demeter." Dans "Carmilla", Sheridan le Fanu, bien à l'abri derrière le bouclier d'un saphisme aristocratique mais pourtant bien présent, va plus loin que son compatriote et nous dit tout tranquillement que la vampire ne s'intéresse qu'aux femmes. Paraît-elle dans un bal, elle ne voit que les jeunes filles les plus jolies, jusqu'au moment où elle fixe son choix.
    A l'époque, il fallait oser et le grand succès de "Carmilla", sur l'instant et jusqu'à nos jours - même si son "père" a connu, ce me semble, une petite période de "purgatoire" littéraire - tient à ce renforcement et du caractère sexuel du vampirisme, et de sa qualité de tabou, qualité qu'il partage ici avec l'homosexualité. Et le récit continue à nous fasciner, comme il fascinait les Victoriens, parce que, en dépit de la fin morale qui est la sienne, il prône le refus des conventions, surtout sur le plan sexuel. Le Fanu a la subtilité (la ruse ?) de nous rappeler que renoncer aux tabous, c'est immanquablement prendre des risques auxquels on peut succomber. Mais il prend bien garde de faire suivre cet édifiant rappel d'une interrogation narquoise : ceux qui ne succombent pas, ceux qui, finalement, sont "sauvés", leur sort est-il, somme toute, si agréable que cela ? Retournée à sa pureté native, la jeune narratrice n'en gardera pas moins, toujours, la nostalgie de son "amie" Carmilla ...
    Pour toutes ces raisons, "Carmilla", comme tant d'autres oeuvres de l'époque ("Dracula", déjà cité mais aussi "Le Cas Etrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde", ou encore "Le Portrait de Dorian Gray") est bien plus qu'une simple nouvelle d'épouvante, menée de main de maître par un Irlandais qui possédait un sens aigu du macabre. On peut y voir au choix un texte anarchiste, ou féministe avant la lettre, ou subtilement érotique et décadent - et les plus primaires y verront sans doute un texte salace qui promet cependant plus qu'il ne tient.Ces différents niveaux de lecture ainsi que l'art de "faiseur d'épouvantes" de Sheridan le Fanu ont contribué à faire de "Carmilla" ce qu'il restera à jamais : un archétype, une référence, un Incontournable. (A suivre ...)
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Delaetitia, le 04 février 2009

    Delaetitia
    Publié en 1872, Carmilla est l'un des premiers écrits fondateurs de la littérature vampirique. Ayant inspirée quelques décennies plus tôt, le fameux Dracula à Bram Stoker, cette novella est à ce jour la plus célèbre des œuvres de Joseph S. Le Fanu, même si, force est de constater que son héroïne n'a pas eu la renommée que l'on connaît au comte sanguinaire de Valachie. Pour accompagner cette œuvre, François Rivière - Romancier et journaliste littéraire - propose une longue préface sur la vie de l'auteur, ses textes et sur la naissance d'un genre à la fois romantique et macabre.
    C'est donc dans la lointaine et brumeuse Styrie - l'Autriche - que l'auteur irlandais choisit de poser son intrigue. Véritable roman gothique, Carmilla regorge de symboles à l'instar du château de style médiéval plongé dans une atmosphère des plus lugubres, de la jeune fille naïve qui devient la victime toute désignée d'une redoutable créature et, enfin, d'apparitions multiples de phénomènes surnaturels. Même si le doute n'est plus permis quant à l'identité de la belle invitée, il faut reconnaître que le suspense est remarquablement entretenu de bout en bout. Bien que souffrant de certaines incohérences que le traducteur attribut à l'état mental de Le Fanu qui, à l'époque où il écrivit Carmilla - peu après le décès de sa femme - était perpétuellement hanté par d'horribles cauchemars susceptibles d'altérer ses facultés raisonnantes, ce court récit se lit avec un plaisir certain et ce, grâce à une galerie de personnages singuliers.
    Laura, la narratrice, toute aussi touchante qu'agaçante dans sa grande naïveté, est une proie de choix pour un prédateur assoiffé de sang et de caresses. Carmilla est une créature énigmatique, à la fois charnelle et languide, malfaisante et vulnérable. Elle incarne tous les interdits. Sheridan le Fanu défit son époque en suggèrant, avec finesse et sensualité, le début d'une relation volontairement ambigüe entre ses deux héroïnes. Au final, Carmilla est un incontournable du genre qui se déguste un peu trop rapidement du fait de sa brièveté, mais qui, sans aucun doute, charmera tout lecteur en quête des origines du mythe du vampire.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 15 février 2011

    Woland
    II - Après une nouvelle de la qualité et de la complexité de "Carmilla", le lecteur trouvera peut-être décevantes les trois autres enquêtes du Dr Hesselius. Toutes trois, à des degrés divers, sont des variations fantastiques sur l'idée de justice immanente, céleste ou infernale.
    "Thé Vert" nous conte les malheurs du révérend Jennings, pasteur convaincu de la noblesse de sa charge et érudit pourvu d'une bibliothèque de soixante-mille livres. S'est-il justement plongé trop souvent et trop longtemps dans certains ouvrages qu'un ecclésiastique ne saurait consulter sans se renier un peu (il ne s'agit ici pas d'ouvrages sataniques mais tout simplement de livres scientifiques) ? Toujours est-il que, quand débute la nouvelle, le pasteur est sujet, depuis quelque temps, à des sortes de crises durant lesquelles il paraît voir ce que les autres ne voient pas. le pire survient quand il célèbre l'office ...
    Avec "Le Familier", il n'y a par contre aucune ambiguïté. Dès le début - ou presque - le lecteur comprend que le héros au destin tragique, le capitaine Barton, a accompli une très mauvaise action alors qu'il se trouvait encore aux colonies. Cette action - sur laquelle nous ne glanerons quelques maigres indices qu'à la dernière page du texte - explique en partie comment il se retrouve poursuivi, dans les rues de Londres, la nuit, par des pas fantômes ...
    "Mr Justice Harbottle" est l'histoire classique du juge cruel et débauché qui finit par comparaître devant une espèce de tribunal de spectres, les esprits de ceux-là même qu'il a fait pendre dans un passé plus ou moins lointain. Parmi eux, l'époux de sa gouvernante-maîtresse ...
    On ne peut qu'admirer l'art subtil avec lequel Sheridan le Fanu met tout cela en scène, créant peu à peu une atmosphère étouffante, inquiétante à souhait, et réservant toujours, non sans ironie, à son lecteur sceptique, la possibilité d'une explication logique. Ainsi, dans le cas du juge Harbottle, serait-on en droit de penser que les douleurs intolérables suscitées par sa goutte l'ont finalement poussé au suicide. "Un si mauvais caractère, une si forte personnalité, se suicider pour cette raison ?" protesteront certains. "Ah ! mais la goutte, c'est épouvantable !" répondront les autres.
    L'inconditionnel de Sheridan le Fanu, lui, dira tout simplement : "Le Tribunal des Spectres l'avait condamné à mourir le dix mars et il est mort pendu, le dix mars." C'est une explication qui en vaut une autre et, après tout, bien que macabre, n'est-elle pas la plus poétique ? ... ;o)
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par dbacquet, le 22 octobre 2011

    dbacquet
    Carmilla a deux visages, celui d'une belle jeune fille quelque peu étrange et languide, et celui d'un monstre sanguinaire qui pour survivre doit se nourrir du sang de ses victimes, qu'elle peut abattre brutalement ou séduire, surtout si ce sont des jeunes filles innocentes, avec perversité et patience, en se les attachant jusqu'au sacrifice. Il y a donc dans ce conte gothique à l'imagerie classique, avec ses châteaux et ses revenants, ses ruines et ses labyrinthes, ses rêves aux pouvoirs étonnants, et son atmosphère de profonde mélancolie, une étonnante sensualité qui aujourd'hui encore continue de fasciner.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par gflorens84, le 11 mars 2012

    gflorens84
    Légèrement antérieur au Dracula de Stoker, plus court, plus concis, plus poétique aussi. Je confesse l'avoir préféré à son grand frère : Carmilla me semble plus complexe, plus difficile à cerner, à décrypter qu'un Dracula qui m'apparaissait dans le roman comme le mal absolu dénué d'un quelconque sentiment (sans doute y suis-je passé à côté à l'époque...).
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 15 février 2011

    [...] ... J'ai dit que de nombreuses choses me plaisaient en [Carmilla].

    D'autres m'étaient moins agréables.

    Mais je dois d'abord la décrire. Elle était plus grande que la plupart des femmes, mince, et d'une grâce étonnante. Malgré la langueur - l'extrême langueur - de ses gestes, rien ne laissait supposer qu'elle fût malade. Elle avait un teint éclatant, des traits pleins de finesse, de grands yeux étincelants et sombres, des cheveux magnifiques. Jamais je n'en avais eu d'aussi épais, d'aussi longs, lorsqu'ils se déroulaient sur ses épaules. Combien de fois les ai-je retenus dans mes mains, m'émerveillant de leur poids ! Ils étaient délicieusement soyeux, et d'un brun chaud avec des reflets dorés. Auprès d'elle dans sa chambre, tandis qu'étendue sur une chaise longue, elle me parlait de sa voix basse et douce, j'aimais les dénouer en les emmêlant de mes doigts, puis les natter, les enrouler, les lisser, et jouer avec eux.

    Pourtant, comme je viens de le dire, certains traits de son caractère me déplaisaient. Le premier soir, elle avait su me gagner par sa franchise ; depuis, je lui reprochais sa répugnance à parler d'elle-même et de tout ce qui avait trait à sa vie. J'aurais plutôt dû respecter la recommandation faite à mon père par la dame en noir [l'inconnue d'un certain âge qui a confié Carmilla au père de la narratrice], mais la curiosité est une passion dévorante. Quel mal y avait-il à me révéler ce que je désirais si ardemment savoir ? N'avait-elle pas confiance en moi, lorsque je lui jurais de ne divulguer à personne ce qu'elle pourrait me dire ?

    Mais avec une obstination qui semblait au-delà de son âge, elle persistait dans son refus à me fournir la moindre lueur. Tout ce qu'elle m'apprit se résumait à quelques faits vagues. Elle s'appelait Carmilla, sa famille était de très ancienne noblesse, , elle habitait du côté de l'ouest. Mais elle ne mentionna ni son nom de famille, ni ses quartiers de noblesse, ni le nom de son domaine, ni même celui du pays où elle vivait. ... [...]
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  • Par Woland, le 15 février 2011

    [...] ... Le juge [Harbottle] était âgé, à l'époque, de quelque 67 ans. Il avait le visage gros, violacé, le nez proéminent, la bouche sévère et brutale. Mon père, qui était alors très jeune, crut n'avoir jamais vue physionomie plus redoutable : la forme et les rides du front trahissaient en effet la puissance intellectuelle ; la voix forte, dure, prêtait une efficacité plus grande au sarcasme qui était son arme habituelle à la Cour.

    Ce vieux gentleman avait la réputation d'être l'homme le plus mauvais de l'Angleterre. Même à la Cour, il manifestait parfois son dédain de l'opinion. Il influait, disait-on, sur l'issue des procès, au mépris des conseils, des ordres et même de la volonté des jurés, grâce à un mélange de cajoleries, de violences, de duperies, qui parvenaient à confondre et à vaincre toute velléité de résistance. Il ne s'était jamais réellement compromis ... Il avait bien trop d'adresse pour cela. On ne l'en considérait pas moins comme un juge dangereux et sans scrupules. Mais cette réputation ne le troublait guère ; les partenaires qu'il choisissait pour charmer ses heures de loisir s'en souciaient aussi peu que lui. ... [...]
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  • Par Woland, le 15 février 2011

    [...] ... - "Il était là et la méchanceté qui couvait auparavant sous son apparence abattue, se manifestait plus activement. A cette exception près, il n'avait changé en rien. Sa nouvelle énergie apparaissait dans ses gestes et dans ses regards : bientôt, elle prit d'autres aspects.

    Comprenez-moi bien : pendant quelque temps, le changement ne fut perceptible qu'à sa vivacité plus grande et à son air de menace ; on eût dit qu'il concoctait constamment quelque plan atroce. Comme avant, ses yeux ne me quittaient pas.

    - Est-il ici présent ? " demand[a le Dr Hesselius].

    - "Non. Il est absent depuis quinze jours exactement. Il lui est déjà arrivé de m'abandonner pendant près de deux mois, ou même trois. Son absence excède toujours une quinzaine, ne fût-ce que de vingt-quatre heures. Quinze jours s'étant déjà écoulés depuis que je l'ai vu pour la dernière fois, il peut revenir incessamment.

    - Son retour s'accompagne-t-il de quelque manifestation particulière ?

    - Non. Il se contente d'être là. Soudain, je lève les yeux, ou je tourne la tête, du fauteuil où je suis assis à lire quelque ouvrage, et je le vois à sa place habituelle ; il y reste pendant le laps de temps qui lui est alloué. Jamais je n'en ai tant dit, tant précisé à personne." ... [...]
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  • Par Couperine, le 21 février 2011

    Les mots sont impuissants à décrire mon trouble. Bien entendu, j'avais, comme tout le monde, quelques notions des "illusions spectrales", pour reprendre les termes dont vous, médecins, vous vous servez pour désigner ces phénomènes. J'examinai ma situation et regardai mon malheur en face.
    "J'avais lu que ces affections étaient, tantôt provisoires, tantôt obstinées. Mes lectures m'avaient appris l'existence de certains cas où l'apparition, d'abord inoffensive, se transformait, peu à peu, en quelque chose de sinistre et d'insupportable, qui finissait par user les nerfs de la victime. Debout sur cette route de campagne, seul avec mon bestial compagnon, je tentai de me réconforter en me répétant ces mots: "Il s'agit simplement d'une maladie, d'une affection physique bien connue, aussi distincte que la petite vérole ou les névralgies. Les médecins sont tous d'accord là-dessus. La philosophie le démontre. Je ne dois pas agir en imbécile. J'ai veillé jusqu'à des heures trop tardives, je digère mal. Mais ce n'est qu'un symptôme de dyspepsie nerveuse et, avec l'aide de Dieu, je serai bientôt guéri." Le croyais-je moi-même ? Non, je n'en pensais pas un mot, pas plus que n'y ont jamais cru les misérables êtres victimes de cette captivité satanique. En dépit de mes convictions, et même de mon savoir, je m'efforçais simplement de m'inspirer un faux courage.
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  • Par Woland, le 15 février 2011

    [...] ... Minuit avait sonné depuis longtemps quand Mr Barton prit congé et partit pour sa promenade solitaire. Il venait de pénétrer sur la route déserte, bordée de chaque côté par de petits murs inachevés qui indiquaient le tracé de la future rangée de maisons ; les rayons de la lune perçaient à travers le brouillard, et cette lumière imparfaite rendait encore plus lugubre la route sur laquelle il cheminait ; il y régnait ce profond silence auquel je trouve une qualité indéfinissablement excitante et qui faisait paraître le bruit de ses pas plus fort et plus distinct que nature.

    Au bout d'un moment, il entendit soudain d'autres bruits de pas qui se maintenaient, eût-on dit, à distance constante derrière lui.

    Il n'est jamais agréable de se sentir suivi, surtout dans un lieu si désert. Or, cette impression s'affirma si vigoureusement dans l'esprit du capitaine Barton qu'il se retourna pour faire face à son poursuivant. Mais bien que le clair de lune suffît à révéler tous les objets de la route, il n'y distingua aucune forme, humaine ou animale. ... [...]
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