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Critiques sur Carmilla (18)


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  • Par dbacquet le 22/10/2011


    Carmilla a deux visages, celui d'une belle jeune fille quelque peu étrange et languide, et celui d'un monstre sanguinaire qui pour survivre doit se nourrir du sang de ses victimes, qu'elle peut abattre brutalement ou séduire, surtout si ce sont des jeunes filles innocentes, avec perversité et patience, en se les attachant jusqu'au sacrifice. Il y a donc dans ce conte gothique à l'imagerie classique, avec ses châteaux et ses revenants, ses ruines et ses labyrinthes, ses rêves aux pouvoirs étonnants, et son atmosphère de profonde mélancolie, une étonnante sensualité qui aujourd'hui encore continue de fasciner.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Delaetitia le 04/02/2009


    Publié en 1872, Carmilla est l'un des premiers écrits fondateurs de la littérature vampirique. Ayant inspirée quelques décennies plus tôt, le fameux Dracula à Bram Stoker, cette novella est à ce jour la plus célèbre des œuvres de Joseph S. Le Fanu, même si, force est de constater que son héroïne n'a pas eu la renommée que l'on connaît au comte sanguinaire de Valachie. Pour accompagner cette œuvre, François Rivière - Romancier et journaliste littéraire - propose une longue préface sur la vie de l'auteur, ses textes et sur la naissance d'un genre à la fois romantique et macabre.

    C'est donc dans la lointaine et brumeuse Styrie - l'Autriche - que l'auteur irlandais choisit de poser son intrigue. Véritable roman gothique, Carmilla regorge de symboles à l'instar du château de style médiéval plongé dans une atmosphère des plus lugubres, de la jeune fille naïve qui devient la victime toute désignée d'une redoutable créature et, enfin, d'apparitions multiples de phénomènes surnaturels. Même si le doute n'est plus permis quant à l'identité de la belle invitée, il faut reconnaître que le suspense est remarquablement entretenu de bout en bout. Bien que souffrant de certaines incohérences que le traducteur attribut à l'état mental de Le Fanu qui, à l'époque où il écrivit Carmilla - peu après le décès de sa femme - était perpétuellement hanté par d'horribles cauchemars susceptibles d'altérer ses facultés raisonnantes, ce court récit se lit avec un plaisir certain et ce, grâce à une galerie de personnages singuliers.

    Laura, la narratrice, toute aussi touchante qu'agaçante dans sa grande naïveté, est une proie de choix pour un prédateur assoiffé de sang et de caresses. Carmilla est une créature énigmatique, à la fois charnelle et languide, malfaisante et vulnérable. Elle incarne tous les interdits. Sheridan le Fanu défit son époque en suggèrant, avec finesse et sensualité, le début d'une relation volontairement ambigüe entre ses deux héroïnes. Au final, Carmilla est un incontournable du genre qui se déguste un peu trop rapidement du fait de sa brièveté, mais qui, sans aucun doute, charmera tout lecteur en quête des origines du mythe du vampire.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Woland le 15/02/2011


    II - Après une nouvelle de la qualité et de la complexité de "Carmilla", le lecteur trouvera peut-être décevantes les trois autres enquêtes du Dr Hesselius. Toutes trois, à des degrés divers, sont des variations fantastiques sur l'idée de justice immanente, céleste ou infernale.

    "Thé Vert" nous conte les malheurs du révérend Jennings, pasteur convaincu de la noblesse de sa charge et érudit pourvu d'une bibliothèque de soixante-mille livres. S'est-il justement plongé trop souvent et trop longtemps dans certains ouvrages qu'un ecclésiastique ne saurait consulter sans se renier un peu (il ne s'agit ici pas d'ouvrages sataniques mais tout simplement de livres scientifiques) ? Toujours est-il que, quand débute la nouvelle, le pasteur est sujet, depuis quelque temps, à des sortes de crises durant lesquelles il paraît voir ce que les autres ne voient pas. le pire survient quand il célèbre l'office ...

    Avec "Le Familier", il n'y a par contre aucune ambiguïté. Dès le début - ou presque - le lecteur comprend que le héros au destin tragique, le capitaine Barton, a accompli une très mauvaise action alors qu'il se trouvait encore aux colonies. Cette action - sur laquelle nous ne glanerons quelques maigres indices qu'à la dernière page du texte - explique en partie comment il se retrouve poursuivi, dans les rues de Londres, la nuit, par des pas fantômes ...

    "Mr Justice Harbottle" est l'histoire classique du juge cruel et débauché qui finit par comparaître devant une espèce de tribunal de spectres, les esprits de ceux-là même qu'il a fait pendre dans un passé plus ou moins lointain. Parmi eux, l'époux de sa gouvernante-maîtresse ...

    On ne peut qu'admirer l'art subtil avec lequel Sheridan le Fanu met tout cela en scène, créant peu à peu une atmosphère étouffante, inquiétante à souhait, et réservant toujours, non sans ironie, à son lecteur sceptique, la possibilité d'une explication logique. Ainsi, dans le cas du juge Harbottle, serait-on en droit de penser que les douleurs intolérables suscitées par sa goutte l'ont finalement poussé au suicide. "Un si mauvais caractère, une si forte personnalité, se suicider pour cette raison ?" protesteront certains. "Ah ! mais la goutte, c'est épouvantable !" répondront les autres.

    L'inconditionnel de Sheridan le Fanu, lui, dira tout simplement : "Le Tribunal des Spectres l'avait condamné à mourir le dix mars et il est mort pendu, le dix mars." C'est une explication qui en vaut une autre et, après tout, bien que macabre, n'est-elle pas la plus poétique ? ... ;o)

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Marguerite87 le 19/10/2011


    Carmilla est pour moi une petite déception, mais dire que je n'ai pas du tout aimé cette lecture serait un gros mensonge. C'est seulement que j'avais de grandes attentes car on m'avait dit que le texte de le fanu était un des piliers de la littérature vampirique. Il faut avouer que je ne croyais pas au départ que Carmilla était presque une nouvelle. Il ne fait que 123 pages ! Partant de là, je n'ai pas eu la longue histoire étoffée à laquelle je m'attendais mais je suis très contente de connaitre la vampire culte et sa pauvre victime Laura. J'ai découvert une histoire étonnante pour l'époque agrémentée d'une atmosphère gothique mystérieuse. Avec une dose de sensualité et des interventions des personnages ecclésiastiques, je ne doute pas qu'il ait suscité une certaine controverse. Il est à lire ne serait-ce que pour connaitre une ancêtre de nos nombreux vampires actuels !

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Pojo le 08/06/2011


    Bon premier livre sur les vampires (1871), on est très vite plongé dans l'ambiance.
    Dommage qu'il ne soit pas plus long (134p) et détaillé!

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Woland le 15/02/2011


    I - Carmilla / Green Tea / The Familiar / Mr Justice Harbottle
    Traduction : Alain Dorémieux (Carmilla) & Elisabeth Gille

    Cette édition, sortie chez Denoël en 1960, reprend quatre des enquêtes du Dr Hesselius réunies en anglais sous le titre "In a Glass Darkly" et parues pour la première fois en 1872. On notera que l'éditeur français n'a pas retenu la cinquième enquête, "The Room In The Dragon Volant", probablement parce que, sous des apparences surnaturelles, elle présentait en fait une histoire tout ce qu'il y a de plus policière.

    C'est à "Carmilla" que Denoël a réservé la première place dans ce recueil, non pas tant en raison de la longueur du texte mais parce que, au même titre que le "Dracula"de Stoker dans le genre purement romanesque, "Carmilla" est devenu une sorte de Bible pour tout amateur de littérature vampirique. Et puis, on l'oublie facilement, "Carmilla" est un texte profondément révélateur de la sexualité des Victoriens.

    En effet, la nouvelle traite à la fois du vampirisme et du lesbianisme, forme de différence sexuelle envers laquelle les sociétés dites patriarcales ont toujours montré plus d'indulgence qu'envers l'amour entre hommes. Comme on le sait, le vampire, qui se nourrit en principe de toutes les proies qu'il rencontre, femmes et hommes, est en général tenu pour bisexuel. On ne le clame pas sur les toits - et surtout pas les auteurs du XIXème siècle - mais enfin, c'est acquis. Dans "Dracula", la chose est élégamment implicite, Bram Stoker préférant ne pas s'appesantir sur les démêlés de Jonathan Harker avec le comte, et encore moins sur le traitement que celui-ci réserve à l'équipage exclusivement masculin du "Demeter." Dans "Carmilla", Sheridan le Fanu, bien à l'abri derrière le bouclier d'un saphisme aristocratique mais pourtant bien présent, va plus loin que son compatriote et nous dit tout tranquillement que la vampire ne s'intéresse qu'aux femmes. Paraît-elle dans un bal, elle ne voit que les jeunes filles les plus jolies, jusqu'au moment où elle fixe son choix.

    A l'époque, il fallait oser et le grand succès de "Carmilla", sur l'instant et jusqu'à nos jours - même si son "père" a connu, ce me semble, une petite période de "purgatoire" littéraire - tient à ce renforcement et du caractère sexuel du vampirisme, et de sa qualité de tabou, qualité qu'il partage ici avec l'homosexualité. Et le récit continue à nous fasciner, comme il fascinait les Victoriens, parce que, en dépit de la fin morale qui est la sienne, il prône le refus des conventions, surtout sur le plan sexuel. Le Fanu a la subtilité (la ruse ?) de nous rappeler que renoncer aux tabous, c'est immanquablement prendre des risques auxquels on peut succomber. Mais il prend bien garde de faire suivre cet édifiant rappel d'une interrogation narquoise : ceux qui ne succombent pas, ceux qui, finalement, sont "sauvés", leur sort est-il, somme toute, si agréable que cela ? Retournée à sa pureté native, la jeune narratrice n'en gardera pas moins, toujours, la nostalgie de son "amie" Carmilla ...

    Pour toutes ces raisons, "Carmilla", comme tant d'autres oeuvres de l'époque ("Dracula", déjà cité mais aussi "Le Cas Etrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde", ou encore "Le Portrait de Dorian Gray") est bien plus qu'une simple nouvelle d'épouvante, menée de main de maître par un Irlandais qui possédait un sens aigu du macabre. On peut y voir au choix un texte anarchiste, ou féministe avant la lettre, ou subtilement érotique et décadent - et les plus primaires y verront sans doute un texte salace qui promet cependant plus qu'il ne tient.Ces différents niveaux de lecture ainsi que l'art de "faiseur d'épouvantes" de Sheridan le Fanu ont contribué à faire de "Carmilla" ce qu'il restera à jamais : un archétype, une référence, un Incontournable. (A suivre ...)

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Couperine le 21/02/2011


    Ce recueil de nouvelles contient: Carmilla, Thé Vert, le Familier et Mr Justice Harbottle. La traduction est faite par Elisabeth Gille et Alain Dorémieux.

    Je me suis arrêtée sur une nouvelle que je ne connaissais pas et dont le titre m'intriguait: Thé Vert.

    Thé vert dépeint les malheurs du révérend Jennings, qui est poursuivi, sans aucune raison apparente, par un mauvais esprit, un singe noir. Pour son malheur, personne d'autre ne voit la présence terrible qui le hante, et surtout pas le docteur Hesselius, à qui il se confie. Ce dernier pense que Jennings abuse du thé, ce qui serait une explication qui se veut rationnelle et, somme toute, rassurante pour lui. La fin sera surprenante mais je ne peux en dire plus pour ne rien dévoiler.

    Bizarrement, et bien que l'histoire soit radicalement différente, cette nouvelle m'a fait penser au Horla de Maupassant. On retrouve les angoisses d'un homme tourmenté. Si, dans Maupassant, la folie semble être au cœur de ce tourment, dans Thé Vert, on pourra y voir quelque chose en rapport avec la religion. Ce singe noir ne représenterait-il pas le diable ou les vices ? La narration, l'invisibilité, la domination du « spectre » sont communes aux deux auteurs. Bref, les éléments fantastiques les rapprochent.

    Le style n'a pas vieilli. La lecture en est plutôt agréable. Je vous conseille cette nouvelle qui vous permettra d'admirer le style de ce maître du fantastique.


    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,le-fanu-sheridan,12..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par mazuay le 30/11/2010


    Si quand on vous parle de vampires vous imaginez Tom Cruise (dans l'adaptation cinématographique d'Entretien avec un vampire d'Anne Rice) ou Gary Oldman (dans l'adaptation de Dracula de Bram Stoker par Coppola), il vous manque une vision, une image de tout ce que peut être le Vampire. Il vous faut donc absolument lire ce roman.

    Ici, Le Fanu nous présente un vampire érotique, sensuel, et pourtant si jeune (enfin, d'aspect extérieur hein). Pour vous donner une idée de l'ambiance du roman : toutes les critiques parlent de saphisme à propos de Carmilla...


    Lien : http://question-sf.over-blog.com/article-23770260.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par marial73 le 05/10/2011


    L'ancêtre des récits de vampires, au charme suranné mais très agréable

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par belledenuit11 le 14/01/2011


    Cela faisait un petit moment que je voulais lire ce bouquin qui met en avant une femme vampire et en même temps je redoutais cette lecture, craignant que le style ne m'ennuie comme j'avais pu le ressentir avec "Dracula" de Bram Stocker.

    Après l'avoir lu, en une journée je tiens à le préciser, je dois bien avouer que "Carmilla" m'a bien plu.

    Tout d'abord, l'ouvrage possède les mêmes ingrédients que le fameux "Dracula" mais en plus court. Point ici d'histoire sur 600 pages qui traîne en longueur au risque de me voir pointer du nez. L'auteur va à l'essentiel en 134 pages et c'était parfait pour moi. Je n'en attendais pas plus ni moins...

    La suite sur mon blog...


    Lien : http://boulimielivresque.blogspot.com/2011/01/carmilla.html

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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