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ISBN : 2752904134
Éditeur : Phébus (2009)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 49 notes)
Résumé :

La narratrice grandit dans une atmosphère lourde de non-dits, dans une maison écrasée par le silence, dont les murs de pierre suintent le mystère… Son père n’est qu’une ombre solitaire. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions, mais on est taiseux dans le Finistère. Des années l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
sylire
sylire04 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
La narratrice est née sur le tard dans une famille où elle n'était pas la bienvenue. Nous sommes en Bretagne dans les années 50. Entourée d'une soeur souffrant d'un handicap mental, d'une mère triste et d'un père peu causant (surtout avec elle), son enfance est d'une monotonie à mourir. La seule personne un peu gaie qu'elle côtoie est sa grand-mère Mélie. Pour s'occuper, Marie s'évade par les livres, regarde inlassablement une photo accrochée au mur : celle d'un jeune enfant, le frère de sa mère, mort alors qu'il était enfant. La mort l'obsède, notamment celle des enfants. L'hiver elle vit à Brest, son père travaille à l'arsenal. L'été, elle le passe dans un « penn-ti »(petite maison), non loin de la mer. Un endroit qu'elle aime, mais que ses parents sont contraints de vendre alors qu'elle a neuf ans. Elle travaille bien à l'école, son père est fier d'elle, bien que le manifestant peu.
Ce livre relate les souvenirs d'enfance de la narratrice. J'y ai retrouvé bon nombre de souvenirs similaires aux miens. Plus jeune qu'elle d'une petite décennie, j'ai grandi également dans le Finistère. Pas une fois je n'ai eu à regarder la traduction des mots bretons qui se glissent dans le texte. Bien que ne parlant pas le breton, je les connais, je les ai entendu dans mon enfance. Mais il serait bien réducteur de limiter ce livre à un recueil de souvenirs car c'est bien plus que cela. Marie relate avec pudeur et douleur la longue enquête familiale qui l'a conduite à la découverte des lourds secrets du « Menuisier » (elle ne le nomme qu'ainsi). Cette quête fut difficile mais elle était vitale. Marie sentait inconsciemment qu'elle portait en elle le poids d'un passé qui, malgré elle, influençait ses choix de vie. Il lui fallait connaître l'histoire de sa famille.

Les regrets, exprimés ou sous-entendus, rendent le récit profondément émouvant. Marie s'en veut de n'avoir rien tenté pour aller vers son père, refusant même de répondre aux tentatives de rapprochement qu'il manifestait vers la fin de sa vie. Il n'a peut-être pas su qu'elle l'aimait, ça la rend inconsolable. C'est une lecture prenante et très éprouvante. L'écriture est d'une grande finesse, les mots d'une justesse incroyable. C'est un très beau livre dans lequel bon nombre d'entre nous se retrouveront. Ne sommes-nous pas tous plus ou moins marqués par notre passé familial ?
Un récit bouleversant.

Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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saphoo
saphoo12 mai 2010
  • Livres 2.00/5
Comme le titre, je peine à définir mon ressenti, je suis prise entre deux eaux, d'un côté j'ai apprécié le style et de l'autre j'ai réellement peiné durant la lecture.
Cette ambiance constante morbide, ce froid entre le père et la fille, cette vie silencieuse, cette douleur et déchirure, ce mot qui revient trop souvent “mort” m'a littéralement glacé les os.
J'avais abandonné le livre aux environs de la page 70 …pendant quelques jours.
Puis j'ai lu quelques avis de la blogosphère, et là je me suis dit : “quel enthousiasme !” aurais-je vraiment loupé une oeuvre magistrale ? je lis : magistral, bouleversant, émouvant etc... alors je me pose autant plus la question ????? sceptique pourtant mais mon courage me permit de reprendre la lecture , je traîne sans réel plaisir, hormis mon amour pour la Bretagne, et le style qui est fort heureusement de grande qualité.
Doucement, j'ai commencé à accepter ce climat pesant, tendu, de cette famille, les non-dits qui flottent comme une douleur éternelle, la psychologie relationnelle –père-fille'- m'a intéressée mais sans plus.
Un roman qui s'étire en longueur pour au final peu de débats, il me restera quoi de ce livre : un souvenir de Bretagne, une relation difficile voire inexistante d'un père pour sa fille.
J'apprends que vers la fin, un soupçon de cause à effet ! Des disparus prématurément qui auraient instauré ce climat… ou je n'ai rien compris au roman, ou cela ne m'intéresse pas de lire un livre entier pour ne pas avoir la révélation et la cause réelle du problème. Je suis restée en interrogation en refermant le livre, tant de pages pour au final ne pas obtenir le coeur du sujet. On tourne, on s'approche, doucement vraiment doucement puis frustration on ne sait pas vraiment le pourquoi du comment.
Ou sans doute la raison exposée ne me semble pas crédible , pourquoi cette petite fille n'a pas fait l'effort d'approcher son père ou ce père n'a pas su apprivoiser sa fille. A cette question je serai bien incapable de vous répondre réellement sans compromettre la vérité qui doit se trouver dans ce livre. Sans doute aussi j'aurais dû me contenter de lire ce roman comme un témoignage, un récit autobiographique, je ne sais pas du tout encore là ce n'est pas net dans mon esprit, serais-je trop exigeante dans mes lectures.
Je reste sceptique ou bien je suis complètement hermétique à ce genre d'histoire, j'ai du louper le coche sur ce coup là. Toutefois, j'ai fini le livre, car l'écriture est belle et la Bretagne, que dire de plus la Bretagne m'enchante donc j'ai craqué pour elle.
Mon avis ne remet pas du tout en cause la qualité de ce roman, simplement c'est mon ressenti personnel, ne voyez aucunement un avis négatif, car j'aurais aimé comprendre plus clairement cette relation difficile, j'aurais souhaité que tout s'éclaire comme par enchantement, et si un lecteur veut bien m'offrir sa lanterne je l'accepte volontiers, car je me suis perdue en chemin, tout simplement, dans les ténèbres de ces pages pourtant fort bien écrites. L'alchimie : écriture + histoire n' a pas opéré cette fois ci. J'en suis navrée. J'attendrais le prochain livre de cette auteure voilà tout pour me régaler pleinement de sa plume.

Lien : http://lesmotsdepascale.cana..
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chocobogirl
chocobogirl05 avril 2011
  • Livres 2.00/5
Marie-Yvonne, jeune fille des années 50, grandit dans un petit village du Finistère, entouré de sa famille. Sa mère devient peu à peu sourde, sa grand-mère Mélie s'occupe de Jeanne, sa grande soeur souffrant d'un mal inconnu et son père, menuisier, se mure dans le silence.
Issue d'une grossesse tardive non souhaitée, Marie-Yvonne baigne depuis toujours dans une atmosphère de deuil et de mort. Elle porte les prénoms d'ancêtres mortes.
«Par tradition, il me donna le prénom composé de sa soeur asthmatique, morte en crise beaucoup trop tôt en laissant trois jeunes orphelines. C'était aussi le prénom de sa tante, la soeur de Tad, qui n'avait vécu que quelques années. «Marie-Yvonne», avait écrit l'employée. Enfin, puisqu'il fallait un second prénom, celui de la fille de ma marraine, Nicole, fit l'affaire. Asphyxiée par une fuite de gaz, elle s'était éteinte à six ans.»
La maison jouxte le cimetière et elle n'hésite pas à s'y promener, attirée malgré elle par la mort ; les décès rythment la vie du village et les portraits des défunts fleurissent les murs.
«Je retrouvais le cadre immense, le visage grandeur nature, le garçonnet de papier. le rayon de son regard me fixait alors. J'étais debout sur une chaise, au même niveau que lui mais à bonne distance. Il m'envoûtait, je cherchais son mystère et restais sans réponse devant le pâle sourire, les yeux clairs habités d'une douce mélancolie. Sa trop grande gravité, qui ne correspondait pas à l'enfant espiègle qu'il avait été, me laissait penser qu'il pressentait son destin.»
Alors que Jeanne est sujette à des accès de cris et de rage, sa soeur est au contraire enfermée dans le silence et le mutisme du menuisier qui ne lui accorde que peu de mots.
Ses relations familiales sont constitués de non-dits et Marie-Yvonne doit rassembler année après année les indices, les bribes de conversation qui lui permettront de mettre à jour un secret sous-jacent qu'elle ressent malgré elle.
Ce beau roman, empreint tout du long d'une forte mélancolie, est loin d'être léger.
L'auteur nous offre surement une part autobiographique de son histoire. L'ambiance de village breton, baignant dans les traditions ,ainsi que la rudesse de la vie d'une famille modeste est parfaitement rendue.
On suit une jeune fille dans sa quête personnelle, une quête d'amour aussi qui n'est jamais nommé.
"J'étais la fille du Menuisier, je le savais. Jeanne, malgré sa folie, était plus normale que moi, côté filiation. Elle le nommait. Pas moi. Nous n'avions pas de mots l'un pour l'autre. Notre lien était un long fil continu que personne ne pouvait voir. Aucun mot ne s'y accrochait comme le font les notes sur une portée. Nous-mêmes en étions ignorants, seulement soupçonneux de sa présence tenace."
Son envie de percer le silence qui règne entre son père et elle même est emblématique des difficultés de communication entre un père et sa fille. le père n'est jamais nommé que "le menuisier", le toucher est proscrit entre eux et cette mise à distance révèle bien leur peur à aller l'un vers l'autre.
L'écriture est superbe, très poétique et plonge le lecteur, par petites touches,dans le moi intime de cette jeune fille.
Malgré un thème très touchant, je dois pourtant dire que je n'ai pas été emportée par cette lecture.
Le texte est très bien écrit, l'atmosphère est envoutante pourtant je m'en suis vite lassée... le récit n'avance pas (et pourtant je suis adepte de la littérature et du cinéma asiatique où il ne se passe rien ;) )
et j'ai été assez déçue par la révélation du secret de famille : tout ça pour ça...
Peut-être que le saucissonage de ma lecture y a été pour quelque chose mais je ne me retrouve pas dans le concert d'éloges lu ici et ailleurs sur ce roman... Bref une rencontre râtée...
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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LydieetsesLivres
LydieetsesLivres06 décembre 2013
  • Livres 2.00/5
Marie Yvonne n'est pas un bébé désiré, elle est arrivée tardivement dans une famille qui ne l'attendait pas. Quand elle nait, son père a déjà cinquante deux ans et sa soeur, Jeanne, 18. Jeanne qui déficiente mentalement même si aucun mot n'est donné sur son état. Dans la famille, on compte également Louise, la mère et Mélie la grand-mère.
Marie, alors qu'elle est encore très jeune, se découvre une famille particulière, un père présent mais inexistant, qu'elle n'ose nommer papa et qu'elle appelle le Menuisier, une mère et une grand mère silencieuse. Elle est certaine que ce silence cache un grand et lourd secret. Elle grandit dans une maison remplie de photo de défunts, elle parcourt et admire les cimetières et pourtant pour satisfaire le Menuisier, elle travaille dans à l'école.
Par convenance familiale, elle devient elle aussi taciturne, elle ne laisse échapper aucune émotion, elle n'ose poser aucune question. Elle est pourtant obsédée par le silence et laisse trainer ses oreilles afin de découvrir ce que cache cette morosité.
L'ambiance de ce roman est très lourde, très noire, la mort rode à chaque page. Marie le Gall a une écriture délicate et sensible, nous sommes dans le Finistère dans années 1950, le roman est parsemé de mots bretons (un glossaire existe pour les non initiés). J'ai trouvé ce roman élégant mais cependant un peu trop long, rapidement j'ai eu l'impression de tourner en rond. Cette sensation est accentuée par le fait que ce roman est constitué d'un seul et long chapitre qui semble interminable.
Un roman qui nous plonge dans la Bretagne des années 1950, des personnages et des paysages typiques à ouvrir uniquement si vous voyez la vie en rose.
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myriampele
myriampele29 août 2012
  • Livres 2.00/5
Il s'agit bien sûr d'un de ces nombreux romans qui évoquent les non-dits, les lourdeurs, les secrets de famille. c'est plein de mystère et de silence... mais en fin de compte on s'ennuie un peu. Qui est ce père? qui est cette fille? On a quelquefois envie de rugir, d'exploser!
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Citations & extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
MissAlfieMissAlfie08 avril 2012
Le pâté de campagne était appelé ainsi pour marquer la différence avec le pâté Hénaff, une institution en conserve qui était de tous les repas, y compris et surtout du petit déjeuner, et que chaque bas Breton digne de ce nom avait eu "dans son biberon" avant d'apprendre à l'étaler sur son pain et de le tremper dans son bol. Le pain, c'était une miche appelée "miche de deux". On la coupais avec énergie après l'avoir bénie en traçant un signe de croix sur la croûte et on tartinait les tranches de beurre salé. La motte, d'un jaune soleil vif et luisant, trônait au centre de la table recouverte d'un toile cirée, dans les tons beiges le plus souvent, avec des motifs, un mélange de cerises et d'oiseaux d'un goût douteux. Mais c'était pratique et pas salissant. "Un coup d'éponge !... Impeccab' ! "
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MissAlfieMissAlfie09 avril 2012
Il était écolo quand on ne parlait pas encore d'écologie. D'une voix tranquille et déterminée, il dit un jour avoir voté René Dumon à la présidentille. Exceptionnellement il y avait du monde dans la cuisine, des voisins. On se tut. A l'écoute de ceux que l'on appelait pas encore les Verts et dans sa conscience de paysan, il pressentait les problèmes à venir, les désastres qui mettraient en péril l'équilibre du monde. Je levais la tête et je le regardais pour la première fois.
Pour la première fois aussi, je fus fière de lui.
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hema6hema611 avril 2011
J'entendais parfois les mots syndicats ou "FO". Je les associais sans chercher à en savoir davantage. Je ne sais pas si le Menuisier faisait la grève pour gagner plus de sous. Ce terme n'avait pour moi plus qu'une seule signification. C'était le souvenir de la chaleur douce de la crique de Rostiviec cachée sous les branches des chênes, la brulure du sable gris, les coquillages écrasés et l'odeur de la vase brune à marée basse. "Bourgeois", "patronat" et "prolétariat" n'appartenaient pas à notre vocabulaire. Il y avait seulement les "gros" et les "petits". Je les retrouverais beaucoup plus tard en lisant Zola et son monde de "gras" et de "maigres". L'idée d'inégalité existait et je la comprenais, mais l'abominable notion d'envie n'avait jamais effleuré ces esprits.
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MissAlfieMissAlfie08 avril 2012
A la TSF, le journaliste disait Sir Winston Chruchill en prononçant "sœur". Je savais bien dans quel cas on employait "sœur" : sœur Isabelle, sœur Philomène... Or je ne comprenais pas pourquoi on disait "sœur" pour un homme. En me forçant un peu, j'arrivais à faire du ministre une religieuse. Après tout, il vivait dans un autre pays, un pays où les hommes pouvaient peut-être devenir bonnes sœurs.
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hema6hema611 avril 2011
La photographie est toute puissante, elle nous rend prisonniers. La photographie ne reproduit pas l'instant, elle le vole. On ne lui échappe pas, elle prend la vie. Elle est la vérité de ce qui a été, et qui est encore sous nos yeux, comme si nous faisions partie intégrante de cet espace clos, comme si nous étions là, nous aussi, fixés sur le papier glacé, immobiles, en compagnie muette de celui, de celle que nous regardons dans le calme le plus absolu.
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5 questions posées à Marie Le Gall, à l'occasion de la sortie de son livre La peine du menuisier (Phébus).
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