ISBN : 2752904134
Éditeur : Phébus (2009)


Note moyenne : 2.85/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres

La narratrice grandit dans une atmosphère lourde de non-dits, dans une maison écrasée par le silence, dont les murs de pierre suintent le mystère… Son père n’est qu’une ombre solitaire. Pourquoi celui qu'elle appe... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    Marie-Yvonne, jeune fille des années 50, grandit dans un petit village du Finistère, entouré de sa famille. Sa mère devient peu à peu sourde, sa grand-mère Mélie s'occupe de Jeanne, sa grande soeur souffrant d'un mal inconnu et son père, menuisier, se mure dans le silence.
    Issue d'une grossesse tardive non souhaitée, Marie-Yvonne baigne depuis toujours dans une atmosphère de deuil et de mort. Elle porte les prénoms d'ancêtres mortes.
    «Par tradition, il me donna le prénom composé de sa soeur asthmatique, morte en crise beaucoup trop tôt en laissant trois jeunes orphelines. C'était aussi le prénom de sa tante, la soeur de Tad, qui n'avait vécu que quelques années. «Marie-Yvonne», avait écrit l'employée. Enfin, puisqu'il fallait un second prénom, celui de la fille de ma marraine, Nicole, fit l'affaire. Asphyxiée par une fuite de gaz, elle s'était éteinte à six ans.»
    La maison jouxte le cimetière et elle n'hésite pas à s'y promener, attirée malgré elle par la mort ; les décès rythment la vie du village et les portraits des défunts fleurissent les murs.
    «Je retrouvais le cadre immense, le visage grandeur nature, le garçonnet de papier. le rayon de son regard me fixait alors. J'étais debout sur une chaise, au même niveau que lui mais à bonne distance. Il m'envoûtait, je cherchais son mystère et restais sans réponse devant le pâle sourire, les yeux clairs habités d'une douce mélancolie. Sa trop grande gravité, qui ne correspondait pas à l'enfant espiègle qu'il avait été, me laissait penser qu'il pressentait son destin.»
    Alors que Jeanne est sujette à des accès de cris et de rage, sa soeur est au contraire enfermée dans le silence et le mutisme du menuisier qui ne lui accorde que peu de mots.
    Ses relations familiales sont constitués de non-dits et Marie-Yvonne doit rassembler année après année les indices, les bribes de conversation qui lui permettront de mettre à jour un secret sous-jacent qu'elle ressent malgré elle.
    Ce beau roman, empreint tout du long d'une forte mélancolie, est loin d'être léger.
    L'auteur nous offre surement une part autobiographique de son histoire. L'ambiance de village breton, baignant dans les traditions ,ainsi que la rudesse de la vie d'une famille modeste est parfaitement rendue.
    On suit une jeune fille dans sa quête personnelle, une quête d'amour aussi qui n'est jamais nommé.
    "J'étais la fille du Menuisier, je le savais. Jeanne, malgré sa folie, était plus normale que moi, côté filiation. Elle le nommait. Pas moi. Nous n'avions pas de mots l'un pour l'autre. Notre lien était un long fil continu que personne ne pouvait voir. Aucun mot ne s'y accrochait comme le font les notes sur une portée. Nous-mêmes en étions ignorants, seulement soupçonneux de sa présence tenace."
    Son envie de percer le silence qui règne entre son père et elle même est emblématique des difficultés de communication entre un père et sa fille. le père n'est jamais nommé que "le menuisier", le toucher est proscrit entre eux et cette mise à distance révèle bien leur peur à aller l'un vers l'autre.
    L'écriture est superbe, très poétique et plonge le lecteur, par petites touches,dans le moi intime de cette jeune fille.
    Malgré un thème très touchant, je dois pourtant dire que je n'ai pas été emportée par cette lecture.
    Le texte est très bien écrit, l'atmosphère est envoutante pourtant je m'en suis vite lassée... le récit n'avance pas (et pourtant je suis adepte de la littérature et du cinéma asiatique où il ne se passe rien ;) )
    et j'ai été assez déçue par la révélation du secret de famille : tout ça pour ça...
    Peut-être que le saucissonage de ma lecture y a été pour quelque chose mais je ne me retrouve pas dans le concert d'éloges lu ici et ailleurs sur ce roman... Bref une rencontre râtée...

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-peine-du-menuisier-..
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    • Livres 2.00/5
    Par saphoo, le 12 mai 2010

    saphoo
    Comme le titre, je peine à définir mon ressenti, je suis prise entre deux eaux, d'un côté j'ai apprécié le style et de l'autre j'ai réellement peiné durant la lecture.
    Cette ambiance constante morbide, ce froid entre le père et la fille, cette vie silencieuse, cette douleur et déchirure, ce mot qui revient trop souvent “mort” m'a littéralement glacé les os.
    J'avais abandonné le livre aux environs de la page 70 …pendant quelques jours.
    Puis j'ai lu quelques avis de la blogosphère, et là je me suis dit : “quel enthousiasme !” aurais-je vraiment loupé une œuvre magistrale ? je lis : magistral, bouleversant, émouvant etc... alors je me pose autant plus la question ????? sceptique pourtant mais mon courage me permit de reprendre la lecture , je traîne sans réel plaisir, hormis mon amour pour la Bretagne, et le style qui est fort heureusement de grande qualité.
    Doucement, j'ai commencé à accepter ce climat pesant, tendu, de cette famille, les non-dits qui flottent comme une douleur éternelle, la psychologie relationnelle –père-fille'- m'a intéressée mais sans plus.
    Un roman qui s'étire en longueur pour au final peu de débats, il me restera quoi de ce livre : un souvenir de Bretagne, une relation difficile voire inexistante d'un père pour sa fille.
    J'apprends que vers la fin, un soupçon de cause à effet ! Des disparus prématurément qui auraient instauré ce climat… ou je n'ai rien compris au roman, ou cela ne m'intéresse pas de lire un livre entier pour ne pas avoir la révélation et la cause réelle du problème. Je suis restée en interrogation en refermant le livre, tant de pages pour au final ne pas obtenir le cœur du sujet. On tourne, on s'approche, doucement vraiment doucement puis frustration on ne sait pas vraiment le pourquoi du comment.
    Ou sans doute la raison exposée ne me semble pas crédible , pourquoi cette petite fille n'a pas fait l'effort d'approcher son père ou ce père n'a pas su apprivoiser sa fille. A cette question je serai bien incapable de vous répondre réellement sans compromettre la vérité qui doit se trouver dans ce livre. Sans doute aussi j'aurais dû me contenter de lire ce roman comme un témoignage, un récit autobiographique, je ne sais pas du tout encore là ce n'est pas net dans mon esprit, serais-je trop exigeante dans mes lectures.
    Je reste sceptique ou bien je suis complètement hermétique à ce genre d'histoire, j'ai du louper le coche sur ce coup là. Toutefois, j'ai fini le livre, car l'écriture est belle et la Bretagne, que dire de plus la Bretagne m'enchante donc j'ai craqué pour elle.
    Mon avis ne remet pas du tout en cause la qualité de ce roman, simplement c'est mon ressenti personnel, ne voyez aucunement un avis négatif, car j'aurais aimé comprendre plus clairement cette relation difficile, j'aurais souhaité que tout s'éclaire comme par enchantement, et si un lecteur veut bien m'offrir sa lanterne je l'accepte volontiers, car je me suis perdue en chemin, tout simplement, dans les ténèbres de ces pages pourtant fort bien écrites. L'alchimie : écriture + histoire n' a pas opéré cette fois ci. J'en suis navrée. J'attendrais le prochain livre de cette auteure voilà tout pour me régaler pleinement de sa plume.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/05/07/17821556.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 02 avril 2010

    claracambry
    L'auteure Marie le Gall nous raconte son enfance dans les années 1950 et 1960. Une enfance partagée dans le Brest d'après-guerre et le « penn-ti », la maison pour les vacances. Marie n'était pas une enfant désirée. Comme on disait elle était un « un accident » survenu trop tard, son père avait déjà 52 ans et sa mère avait 44 ans à sa naissance. Sa sœur, Jeanne, de 19 ans son aînée est différente, une « innocente » car on ne nommait pas l'handicap ou la folie. Son père, qu'elle nomme le Menuisier travaille à l'arsenal. Un homme peu causant, un brin taciturne et distant. Sa mère, comme beaucoup de femmes, a les nerfs fragiles, la grand-mère Mélie qui porte en continu le deuil, vit avec eux. Cette grand-mère est la mémoire de tous ces gens de la famille que Marie n'a pas connu.
    Une enfance et une famille où les morts ont leur place. Elle aime se promener au cimetière avec sa grand-mère, et dans la maison on vit avec les morts. Il y la photo de René-Paul, le fils de la grand-mère emporté à cinq ans par la maladie, celle du grand-père. Les adultes de la famille ont l'habitude de parler Breton entre eux, Marie essaie de deviner, de comprendre des mots ici et là. Enfant solitaire ayant peu de distractions, Marie est confrontée et vit avec le silence. Ce silence qui arrive dans les conversations et qui remplace les mots, ou celui qui fait office de réponse. Pourquoi le Menuisier ne lui parle pas ? Est-ce que parce qu'elle ressemble physiquement à sa grand-mère paternelle ?
    Arrivée à l'âge adulte, Marie le Gall aura besoin de savoir ce qui se cache derrière tous ces non-dits, le silence du Menuisier à son égard, et ces regards fuyants car elle en porte en elle l'histoire de sa famille.
    La suite sur : http://fibromaman.blogspot.com/2010/04/marie-le-gall-la-peine-du-menuisier.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/04/marie-le-gall-la-peine-du-men..
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    • Livres 4.00/5
    Par wakinasimba, le 13 février 2010

    wakinasimba
    Son père est une ombre solitaire, sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit dans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions. mais on est taiseux dans le Finistère.
    Livrée à ses doutes et à ses intuitions, elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance, mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité.
    Mon avis :
    un roman sur l'échec d'une relation père-fille, sur le "silence étourdissant" qui accompagne la peine du père.
    Dans ce livre, d'abord l'histoire de la fille arrivée par hasard 19 ans après sa soeur folle et un petit frère décédé. Et le silence du père, toujours.
    Puis, dans le dernier quart du livre, l'explication sur le silence du père et ses yeux tristes.
    J'ai été sensible à la peine du père et à la douleur muette de sa fille.


    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2010/02/02/16472293.html#comm..
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    • Livres 4.00/5
    Par tessgeffroy, le 13 avril 2010

    tessgeffroy
    j'ai beaucoup aime ce livre, il nous tiens, comme un policier, en haleine jusqu'à la fin sans aucune sensation de répétitions.
    inutile de dire aussi qu'il est très attractif de lire un livre qui nous renvoi a des coins que l'on connait.....
    bref a lire absolument !
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Chloé Brendlé pour le Magazine Littéraire

    Dans le Finistère, une petite fille rêve d'être « faiseuse d'anges ». Autour d'elle, les gens meurent souvent. Les vieux, mais aussi les enfants, ceux qui ont un nom et ceux qui n'en ont pas. Élevée au milieu de... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par MissAlfie, le 08 avril 2012

    Le pâté de campagne était appelé ainsi pour marquer la différence avec le pâté Hénaff, une institution en conserve qui était de tous les repas, y compris et surtout du petit déjeuner, et que chaque bas Breton digne de ce nom avait eu "dans son biberon" avant d'apprendre à l'étaler sur son pain et de le tremper dans son bol. Le pain, c'était une miche appelée "miche de deux". On la coupais avec énergie après l'avoir bénie en traçant un signe de croix sur la croûte et on tartinait les tranches de beurre salé. La motte, d'un jaune soleil vif et luisant, trônait au centre de la table recouverte d'un toile cirée, dans les tons beiges le plus souvent, avec des motifs, un mélange de cerises et d'oiseaux d'un goût douteux. Mais c'était pratique et pas salissant. "Un coup d'éponge !... Impeccab' ! "
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  • Par MissAlfie, le 09 avril 2012

    Il était écolo quand on ne parlait pas encore d'écologie. D'une voix tranquille et déterminée, il dit un jour avoir voté René Dumon à la présidentille. Exceptionnellement il y avait du monde dans la cuisine, des voisins. On se tut. A l'écoute de ceux que l'on appelait pas encore les Verts et dans sa conscience de paysan, il pressentait les problèmes à venir, les désastres qui mettraient en péril l'équilibre du monde. Je levais la tête et je le regardais pour la première fois.
    Pour la première fois aussi, je fus fière de lui.
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  • Par hema6, le 11 avril 2011

    J'entendais parfois les mots syndicats ou "FO". Je les associais sans chercher à en savoir davantage. Je ne sais pas si le Menuisier faisait la grève pour gagner plus de sous. Ce terme n'avait pour moi plus qu'une seule signification. C'était le souvenir de la chaleur douce de la crique de Rostiviec cachée sous les branches des chênes, la brulure du sable gris, les coquillages écrasés et l'odeur de la vase brune à marée basse. "Bourgeois", "patronat" et "prolétariat" n'appartenaient pas à notre vocabulaire. Il y avait seulement les "gros" et les "petits". Je les retrouverais beaucoup plus tard en lisant Zola et son monde de "gras" et de "maigres". L'idée d'inégalité existait et je la comprenais, mais l'abominable notion d'envie n'avait jamais effleuré ces esprits.
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  • Par hema6, le 11 avril 2011

    La photographie est toute puissante, elle nous rend prisonniers. La photographie ne reproduit pas l'instant, elle le vole. On ne lui échappe pas, elle prend la vie. Elle est la vérité de ce qui a été, et qui est encore sous nos yeux, comme si nous faisions partie intégrante de cet espace clos, comme si nous étions là, nous aussi, fixés sur le papier glacé, immobiles, en compagnie muette de celui, de celle que nous regardons dans le calme le plus absolu.
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  • Par hema6, le 11 avril 2011

    Il y avait une lassitude, une tristesse vague et douce dans cette chevelure qui se laissait faire, fatiguée d'avoir été chaque jour d'une existence entière prisonnière d'une coiffe, sagement lissée et maintenue. C'était la même lassitude qu'exprimaient ses yeux délavés , ses yeux de pluie qui s'éclairaient et devenaient tendres quand ils me dévisageaient, ses yeux si clairs à la pupille noire comme une petite pierre au fond d'un ruisseau.
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5 questions posées à Marie Le Gall, à l'occasion de la sortie de son livre La peine du menuisier (Phébus).








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