Tehanu est la suite de Terremer, le célèbre cycle d'Ursula Le Guin, qui comporte également les Contes de Terremer (publiés dans la même collection) et Le Vent d'ailleurs (à paraître dans la même collection). Tenar, devenue guérisseuse et sorcière, accepte la responsabil... > voir plus
Ursula le Guin livre avec Tehanu la suite de terremer mais son récit s'évade encore plus loin des plages fréquentées par la Fantasy actuelle pour emprunter les contours sinueux de l'expression philosophique.
Une fillette est mutilée, violée, brûlée vive et abandonnée, presque morte. Tenar recueille l'enfant qui restera chaude, elle la soigne longtemps, elle la croit perdue mais l'enfant devra vivre avec son visage brûlé sur sa moitié, vivre avec un moignon en guise de main, vivre avec un oeil plongé définitivement dans les limbes. Voilà simplement ce que nous conte Ursula le Guin : la place de tous les maux dans une société humaine. Qu'abandonne-t-on au feu lorsque une fillette est ainsi traîtée ? Et que tisonne-t-on dans les braises à son réveil ? Comment se remettre ? Comment vivre avec la honte de porter le vice des autres sur son visage ?
Le livre est une mîne d'intérrogations précises, il renseigne sur la condition féminine comme jamais aucun bouquin de Fantasy ne l'a fait ni ne le fera jamais. Epoustouflant.
(le) monde où elle avait choisi de vivre : un monde composé non de rois et de reines, de pouvoirs et de possessions sacrées, de grand art, de voyages et d’aventures, songea-t-elle (…), mais de gens humbles qui faisaient des choses aussi humbles que de se marier, élever des enfants, cultiver la terre, rapetasser et laver le linge. (Chapitre VIII, “Faucons”, p. 123).