Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2742752811
Éditeur : Actes Sud (2004)


Note moyenne : 3/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Irène vit en étroite dépendance avec le mensonge. Toute à sa fascination pour ses constructions imaginaires, elle se fait passer pour une autre et vole ainsi une presque enfant : une adolescente mentalement handicapée pour laquelle el... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

Critiques, analyses et avis (2)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 05 mars 2013

    Petitebijou
    A ce jour, j'ai lu tous les romans « pour adultes » de Guillaume le Touze, et quelques-unes de ses œuvres pour la jeunesse. le dernier roman « adulte », « Attraction », date de 2005. Huit années bien longues pour moi (je confesse avoir même contacté dernièrement les Editions Actes Sud pour savoir si une nouveauté allait bientôt paraître…), car je me suis attachée à la voix si singulière de cet auteur français qui ne ressemble à aucun autre, ni dans son écriture, ni dans son personnage d'auteur, car il est sans doute l'un des écrivains les moins médiatiques qui soit. Si vous voulez connaître Guillaume le Touze, lisez ses livres. Point.
    J'ai choisi de parler d'« Attraction », car, outre le fait d'être le dernier opus de l'écrivain, il prolonge le fil de soie débuté avec « Comme tu as changé » en 1992. Comme tous les auteurs précieux et talentueux, Guillaume le Touze construit une œuvre sous la forme de « Thème et variations ». Les intrigues, les personnages, les époques, sont différentes, mais une mystérieuse familiarité dessine une sorte d'arbre généalogique dont les racines sont visibles et dont chaque livre est une branche qui ne demande qu'à engendrer d'autres branches.
    Ce que j'aime par-dessus tout, dans cette œuvre particulière, est le fait qu'elle m'entraîne dans des mondes qui me sont souvent étrangers. En effet, comme dans « Attraction », les personnages engendrés par l'auteur sont souvent des marginaux. Ils portent en eux un monde qui n'obéit pas aux lois policées de la société. Lâchons le mot : ils sont différents. Cette sentence a été décrétée par leurs pairs, les condamnant à un exil intérieur dont ils ne peuvent échapper qu'au travers de miracles : miracle de rencontres, humaines, artistiques. Un tel est orphelin en mal de père, un autre homosexuel rejeté, celle-ci est une attardée mentale, celle-là une femme en mal d'enfant. Des maux assez banals, ou pour le moins courants, si ce n'est que chez Guillaume le Touze chaque être porte en lui une soif d'absolu qui le rend ombrageux, rétif, indiscipliné, exigeant… On a envie de les aimer ces êtres blessés, on les aime, mais on ne sait comment les apprivoiser. Ils ne sont pas sympathiques au premier abord, et j'aime ce refus de racolage facile auprès du lecteur. J'ai toujours peiné à la lecture d'un roman de l'auteur, parce que je ne comprends jamais tout à fait ce qu'il me raconte, que les personnages m'échappent. Mais c'est précisément parce que je ne comprends pas mais que je sais qu'arrivant au bout de ma lecture j'aurai fait un chemin dans l'inconnu et que mon horizon se sera élargi, que je m'accroche aux pages et que je tiens à rester du voyage. La route tracée par l'auteur est constituée de phrases à la beauté âpre, sensuelles, captives, une beauté adolescente et insolente qui se refuse tout en vous allumant… On se surprend à fermer les yeux, suspendre son souffle, laisser la musique s'écouler et le suave poison se diffuser dans ses artères. C'est une littérature organique, mouvante, presque accessible mais qui se dérobe toujours un peu…
    Guillaume le Touze écrit beaucoup pour les enfants. Il y a chez lui quelque chose de pur, d'intact, que l'on retrouve au cœur et au corps de ses personnages cabossés. Les dialogues sont abrupts, violents quelquefois. Au moment où l'on s'y attend le moins, un trait d'humour vous cueille et vous rend le sourire. L'auteur aime ses personnages, il les défend, prend fait et cause pour eux.
    La nature a un rôle important. La mer, un paysage de montagne, un sentier escarpé reflètent le paysage intérieur des protagonistes. Tout se gagne, exige un effort, un dépassement de soi. le désir surprend les corps par la vision volée d'un espace de peau dans l'abandon du sommeil, un parfum de sueur âcre qui vous prend aux tripes. Rien n'est familier à ses êtres à la mémoire morcelée, tout est neuf et premier.
    Si vous aimez une fin confortable aux histoires, vous ressentirez une frustration. Mais, au fond, le thème de l'apprentissage de la frustration est sans doute le thème fédérateur chez Guillaume le Touze. Qui dit frustration, dit choix, qui dit choix, dit renoncement.
    Grandir, semble nous dire l'auteur, est laisser en permanence une porte ouverte à l'inconnu qui peut bouleverser et emporter tout sur son passage. Vivre, c'est laisser la fenêtre ouverte même en plein hiver, pour renouveler l'oxygène. Ecrire, c'est porter un rêve comme un cerf-volant au-dessus de sa tête, dans le ciel aussi bleu que celui de la couverture d' « Attraction », cette part de nous-même insoumise aux lois de la gravité, sauvage et rebelle, notre plus beau trésor.


    Lien : http://parures-de-petitebijou.overblog.com/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par igaluck, le 10 mars 2013

    igaluck
    Le résumé du quatrième de couverture ne rend pas justice au livre. On s'attend à une histoire assez sage et on se retrouve spectateur de scènes crues où l'indécence des corps frôle la spontanéité amorale.
    « La réalité est une question de point de vue. » (149)
    Effectivement… et il y a du flottement !
    Irène entre dans une relation dans laquelle on ne peut « compter sur aucune forme de convenance », ce qui lui permet d'errer à sa guise entre fantasme et modelage de la réalité, jusqu'à entraîner avec elle son compagnon. La frontière s'efface. On ne sait plus ce qui est du récit et ce qui est de l'extrapolation.

    Lien : http://versautrechose.fr/blog2/?p=1360
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la critique

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Petitebijou, le 27 avril 2011

    Irène lui prend la main et la serre fort, mais dans son dos, elle entend des sanglots. Martine s'est effondrée dans un fauteuil et elle s'excuse déjà de se laisser aller comme ça. Irène se place derrière Sidonie et la serre dans ses bras. Elles ne font plus qu'un seul corps sans qu'un seul mot soit échangé entre elles. Depuis qu'Irène est entrée dans la pièce, tout est revenu, la moindre nuance dans le regard de Sidonie a un sens qu'elle seule peut percevoir. La jeune fille a enfin trouvé quelque chose qui lui donne indéniablement un ascendant sur sa mère. Elle peut triompher, sa victoire est éclatante. Ses yeux recèlent une violence tranquille et déterminée, elle est enfin légitime dans cette maison.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par igaluck, le 22 février 2013

    Mon monde intérieur est la scène d'un théâtre où les acteurs sont un peu trop fardés, leur jeu mélodramatique est certes outré, mais je les aime parce qu'ils font preuve de conviction. Au rythme des entrées et des sorties, des deus ex machina, ils se démènent pour donner corps à leurs personnages et les rendre plus vrais que nature. (136)

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par igaluck, le 22 février 2013

    Très vite, la jeune-fille découvre avec ravissement, au contact de ce couple de vieux et de leurs voisins du même âge, la liberté de ne rien faire, de regarder s'égrainer le temps avec la jubilation propre à ceux qui savent capter toutes les nuances d'enchaînements d'un instant à l'autre. (106)

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par igaluck, le 22 février 2013

    La nostalgie, cette façon de pleurnicher sur le passé sous prétexte qu'on a tout simplement eu le privilège de vieillir quand d'autres sont morts avant d'obtenir ce luxe, met Irène en colère. (48)

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

> voir toutes (1)

Video de Guillaume Le Touze

>Ajouter une vidéo

Guillaume le Touze : Comme tu as changé
Olivier BARROT présente le livre de Guillaume LE TOUZE "Comme tu as changé" (aux éditions de l'Olivier) : il raconte l'histoire du livre et donne son appréciation sur le style de l'écrivain.








Sur Amazon
à partir de :
9,00 € (neuf)
1,69 € (occasion)

   

Faire découvrir Attraction par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz

    Un nom, un roman

    Sorel ( Julien )

    •   De l'amour
    •   Vanina Vanini
    •   Le rouge et le noir
    •   La chartreuse de Parme

    10 questions - 30 lecteurs ont répondu