Autofiction mythomane, ou autofiction tout court, "Quelque chose de l’ordre de l’espèce" parle du père et de sa haine, de son héritage, de sa folie, de son meurtre et des survivants. Un texte aussi saisissant que poétique.
Entre auto-fiction, monologue théâtral et poésie, Guillaume Lebrun nous parle « du père et de sa haine, de son héritage et de sa folie, de son meurtre et de ses survivants ». Peut-on survivre à un père brutal, paranoïaque et antisémite qui décide, un soir, de mettre toute sa famille dans la voiture pour aller écraser un Juif ? le texte se lit comme un exorcisme à la langue heurtée, violente, déstructurée, cherchant à cracher l'indicible, à hurler sa prise de liberté face à l'événement traumatique. Trois parties permettent au fils et à la mère de régler leurs comptes et de découvrir leur impossibilité à pardonner une vie meurtrie, nourrie de haine. On peut ne pas toujours être convaincu par la langue, parfois bancale, qui ne trouve pas toujours sa place entre le trop-de-trash et le trop-de-sophistication : mais il y a là une énergie noire, folle, énorme, qui fascine.