> Isabelle Maillet (Traducteur)

ISBN : 2743612819
Éditeur : Rivages (2004)


Note moyenne : 4.26/5 (sur 183 notes) Ajouter à mes livres
East Buckingham, non loin de Boston, abrite le quartier des locataires, les Flats et celui de petits propriétaires, le Point. Aux Flats, l'avenir des habitants se résume aux allocations chômage de fin de mois. Au Point, on espère se faire une petite ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par steppe, le 16 janvier 2012

    steppe
    En tant que fan inconditionnelle (ou presque) de Clint Eastwood réalisateur, et au vu des nombreuses critiques plutôt élogieuses de Dennis Lehanne, j'étais très curieuse de lire ce roman.
    L'un de mes films préférés d'Eastwood, sans doute le plus poignant... N'allais-je pas être déçue,frustrée, en lisant le livre, d'en connaître déjà le dénouement ? En même temps, mon envie de découvrir Lehane m'a décidée à franchir le pas...
    Et voici l'exemple parfait de l'adaptation réussie... le livre est complexe, subtil et riche de portraits détaillés et émouvants... L'intrigue est habilement menée et chaque personnage se livre sous la plume de Dennis Lehane, sans retenue mais pourtant avec pudeur. Contradictoire,me direz-vous ? A première vue oui, et c'est là où réside tout le talent de l'auteur. Il
    fouille, dissèque, agace les blessures de ses personnages jusqu'à en tirer toute leur essence.
    Contre leur gré parfois. Chacun d'eux est mis au supplice de la révélation de soi. Dans le meilleur comme dans le pire. Ils évoluent sous nos yeux et se dissolvent au gré des évènements dramatiques auxquels ils participent ou dont ils sont juste témoins. Mais chacun est traité avec la même attention. Malgré leur réticence à se livrer, Dennis Lehane parvient à en extraire toute la profondeur et la richesse.... Des héros ordinaires en demi-teinte, personne n'est tout noir ni tout blanc. le doute domine tout le récit,qu'il s'agisse de l'intrigue ou de l'homme.
    Quand au propos, à la façon dont Lehane mène l'histoire, un seul mot me vient à l'esprit : maestria!!!
    Du début à la fin, on sent une boule d'angoisse d'abord puis d'émotions pures s'emparer de nous.
    On compatit, on manque parfois de souffle face à la détresse des personnages.
    Alors, le bilan adaptation? le film pour moi a complètement réussi à transmettre tout cela.
    La profondeur est la même. On s'y perd, on s'y engloutit, on s'enlise tout en prenant partie...
    Clint Eastwood a réussi un pari difficile grâce à un casting parfait. de Sean Penn à Kevin Bacon en passant par Tim Robbins, sans oublier la sublime
    Marcia Gay Harden, l'interprétation est au premier rang dans cette réussite...
    Et connaître le dénouement, au final, ne m'a pas gênée plus que ça tant le livre et le film sont complémentaires.
    Deux talents hors du commun au service d'une histoire édifiante....
    Ainsi donc, pour moi, c'est parti, alors que j'ai vu tous les films d'Eastwood et que je n'ai plus à me convaincre de son talent, je découvre Dennis Lehane en lisant actuellement "Ténèbres, prenez-moi la main". Moins enthousiaste pour l'instant après avoir lu plus de la moitié. Moins d'empathie envers les personnages... Une écriture moins fine....
    Mais c'est une autre histoire....
    A suivre donc....
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par EmmanuelleT, le 29 janvier 2012

    EmmanuelleT
    J'avais vu le film à sa sortie, je ne connaissais pas encore Dennis Lehane. Restait dans ma mémoire cette impression de découpage extrême dans le montage, et la performance de Sean Penn. C'était très californien, du meilleur californien, et c'était Clint Eastwood, qui est devenu l'un des plus grands réalisateurs actuels.
    Trois garçons, dont l'un, Dave, est enlevé par des pédophiles sous les yeux des deux autres. Une génération plus tard, un flic (Sean), un voyou (Jimmy, interprété par Sean Penn), et un perdant indiscutable : Dave, dont la fêlure et la vulnérabilité du survivant, inquiétante aux yeux des autres y compris de sa femme (Marcia Gay Harden, très forte pour interpréter un personnage qui aurait pu tourner facilement à la caricature). Adulte, il est joué de manière impressionnante par Tim Robbins. Leurs existences se croisent à nouveau, à l'occasion du meurtre de la fille de l'un d'entre eux, dans lequel ils sont impliqués chacun à leur manière.
    – de quoi s'agirait-il alors ? D'une sorte de vaste machination diabolique pour se venger de Jimmy Marcus en éliminant sa fille ? Parce qu'on joue dans un film, maintenant ?
    Sean partit d'un petit rire.
    – Si c'était le cas, vous verriez qui dans votre rôle, sergent ?
    Avant de répondre, celui-ci [interprété par Laurence Fishburne, toujours solide et charmant du fait même de sa sincérité... et de ses jolies dents] aspira son soda avec la paille jusqu'à atteindre la glace au fond de son gobelet.
    – J'y ai beaucoup réfléchi, figurez-vous. Si on résout cette affaire, Superflic, ils pourraient en tirer un film génial. Un truc dans le genre ” le fantôme de New York “, pourquoi pas ? Et nous, on serait là, sur grand écran. J'imagine que Brian Denehhy serait prêt à tout pour décrocher mon rôle.
    Ça, c'est pour le clin d'oeil… le livre est plein d'humour, même appartenant au registre du roman noir.
    Se laisser imprégner par une lecture donne une certaine coloration à votre esprit, à votre psychisme, durant les jours de la lecture. Dont il reste ensuite une fine couche quelque part, des fragments infimes saupoudrés en vous. La nuit, c'est plus évident encore. Dans le cas d'une écriture aussi minutieuse que celle de Dennis Lehane, qui explore toutes les dimensions de l'événement qu'il retrace (qu'il trace !), la prégnance est puissante. le scénario du film n'est pas de Lehane, mais il est extrêmement fidèle au roman, dans lequel on a pu puiser décors, dialogues, personnages dont la complexité est moins explicite (leurs pensées, leur vécu, leurs contradictions, magnifiques dans le roman) et servie par des acteurs justes dans leurs émotions. La structure narrative très rigoureuse est répercutée avec talent : ce morcellement si californien de l'événement en différents récits reprenant le même moment, vécu à des endroits et par des personnages différents.
    Rien n'est inventé donc, pas même la forme et la couleur de la robe portée par la morte, dans le film qui est d'une fidélité tranquille au récit. Eastwood n'a pas besoin de se départir de cette manière du roman pour créer son film. Avec de belles inventions cinématographiques : un montage très talentueux ; cette inscription interrompue, dans le béton frais du trottoir, des noms des trois enfants ; ou encore le mouvement de Dave, monté dans une auto fatale pour la seconde fois dans sa vie, jetant un regard derrière lui aussi long que le long plan sur l'auto s'éloignant.
    C'est la fille de l'un des garçons qui ont assisté à son enlèvement sans se faire enlever eux-mêmes, que Dave est supposée avoir massacrée. Ce n'est pas un hasard. C'est ce que Lehane suggère durant les 600 pages du roman. C'est un livre sur la culpabilité de chacun des personnages après un traumatisme. Ils la vivent différemment, et elle se transforme chez la plupart en soupçon, ce soupçon qui pèse sur ceux qui ont été abusés dans leur enfance, comme s'ils ne pouvaient que répéter ce geste. Un soupçon gravissime qui en vient à peser sur la vie d'une victime. Avant même ce meurtre qui les réunit à nouveau, la vie de Dave n'était-elle pas déjà entachée par ce soupçon, y compris à ses propres yeux ?
    Il est clair que le livre est plus engagé que le film, à travers notamment un discours sur l'urbanité : les interrogations sur une ville qui exclut par le biais de la gentrification des quartiers ne cessent de revenir (si l'on en croit les photos actuelles du quartier sur GoogleMap, quelques noms ont changé comme Penitentiary Park, mais l'aspect des rues n'est pas si embourgeoisé que cela ; par contre, le café sur la Mystic River semble remplacé par un énorme centre commercial…), pour finir sur l'entrée en politique de Jimmy, qui se profile à la fin comme la conclusion troublante à une histoire semée de meurtres.
    Lire et regarder le film inspiré du livre durant les mêmes journées peut, avec une écriture comme celle de Dennis Lehane, tourner à l'obsession, boucher tous vos horizons. Je m'endors avec Persuasion, de Jane Austen, à mes côtés, afin de conjurer un peu cet américanisme qui colore mon psychisme, cette lourdeur des faits, leur fatalité, cette violence du monde – contrebalancée dans mon sommeil par l'aspect aérien et ciselé, de dentelle, féminin, psychologique, de ce que j'imagine de l'écriture d'Austen que je ne connais pas encore.

    Lien : http://SousLePommier.net
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    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 31 octobre 2011

    johaylex
    Voici un roman dont j'avais lu les 100 première pages, puis jeté dans un recoin de ma bibliothèque pour me protéger du malaise qu'il avait fait naître en moi.
    Puis deux années sont passées et sa couverture bleu ciel de nuit continuait de me narguer ("Le bruit et la fureur" de Faulkner m'avait fait le même effet), alors j'ai pris mon courage au moment où celui-ci s'enorgueillissait d'optimisme et j'ai réouvert "Mystic River"...
    Il ne s'agit pas d'un roman policier à proprement parler, le meurtre ne sert qu'à la catharsis des traumatismes du passé: vie assassinée contre vie interrompue.
    Dans cette confrontation du souvenir de la violence et de la violence présente, éclatent en gerbes noires les non-dits qui ont obturé l'enfance des trois anciens amis.
    Grand.
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    • Livres 5.00/5
    Par grisette, le 10 juin 2010

    grisette
    j'ai adoré ce livre, je ne connaissais rien de l'histoire et rien sur l' auteur . c'est une belle surprise...
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    • Livres 4.00/5
    Par yo, le 16 avril 2008

    yo
    Au milieu des années 70, trois gamins des quartiers populaires jouent dans la rue. Ils s'amusent et traînent ensemble, mais ont chacun un caractère bien particulier : Sean, élevé dans le quartier le plus huppé, est (déjà) très légaliste, alors que Jimmy, qui vient des quartiers délaissés, est une tête brulée. Quant à Dave, il suit Jimmy, car il ne sait pas trop que faire d'autre, mais il passe souvent inaperçu. Ils mènent donc leur vie d'enfant jusqu'à Dave soit enlevé, devant ses amis, et retrouvé quatre jours plus tard. Dave est vivant, mais il ne sera plus le même. Les trois enfants se perdent de vue mais gardent contact, jusqu'à ce que, 25 ans plus tard, la fille de Jimmy soit assassinée : Sean est responsable de l'enquête, et Dave essaie de soutenir son beau-frère.

    Ce roman noir, écrit par Dennis Lehane, trouve sa place dans la série des romans noirs américains : un passé trouble, des gangs qui s'occupent du quartier (Jimmy, et les Savage, les frères de sa femme), de la vengeance, une ambiance noire. Mais le plus de ce roman est de faire part des déchirures des protagonistes, notamment du désarroi de Jimmy lorsqu'il réalise petit à petit que la disparition de sa fille est anormale, et que le fait de retrouver sa voiture abandonnée dans la rue est un signe inquiétant.
    La suite ici : http://livres-et-cin.over-blog.com/article-15375280.html
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Citations et extraits

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  • Par Morriszapp, le 11 août 2009

    Pour certains d’entre eux, supposa Dave, ce serait le seul match de l’année auquel ils assisteraient. Ils étaient venus avec femme et enfants, ils avaient quitté leur domicile californien en début de soirée, l’arrière du break chargé de glacières pour le pique-nique sur le parking, en emportant les cinq places à trente dollars qui, si elles ne leur garantissaient pas de bien voir, leur permettraient néanmoins de coiffer des casquettes à vingt-cinq dollars la tête de leurs gosses, de s’offrir des mauvais hamburgers à six dollars et des hot-dogs à quatre dollars cinquante, du Pepsi coupé d’eau et des esquimaux poisseux qui couleraient dans les poils sur leurs poignets. Ils étaient venus faire l’expérience de l’euphorie, se sentir élevés, Dave le savait, transportés hors de leur existence par le rare spectacle de la victoire. Raison pour laquelle les arènes et les stades de base-ball évoquaient toujours des cathédrales vibrant de lumière, de prières chuchotées et des battements de quarante mille cœurs unis pour le même espoir collectif.
    Gagnez pour moi, les gars. Gagnez pour mes gosses. Gagnez pour mon mariage, afin que je puisse rapporter votre triomphe dans la voiture avec moi, et m’en imprégner avec ma famille, pendant qu’on retourne à nos petites vies sans gloire.
    Gagnez pour moi. Gagnez. Gagnez. Gagnez.
    Mais lorsque l’équipe perdait, ce grand espoir collectif s’effondrait, et toute illusion de solidarité avec les autres paroissiens se dissipait en même temps. Votre équipe vous avait trahi, vous rappelant ainsi qu’en général, chaque fois que vous tentiez quelque chose, vous perdiez aussi. Que vos rêves finissaient toujours par se briser. Alors, vous demeuriez assis là, parmi les débris d’emballages en cellophane, les restes de pop-corn et les gobelets détrempés, à contempler de nouveau le naufrage de votre existence, confronté à la perspective d’une longue marche sinistre dans un long parking sinistre parmi des hordes d’étrangers aussi ivres que furieux, en comp
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  • Par iarsenea, le 06 juin 2010

    I love you. I love you so much. I love you, in truth, more than I loved your mother, more than I love your sisters, more than I love Annabeth, so help me God. And I love them deeply, but I love you most because when I came back from prison and sat with you in the kitchen, we were the last two people on earth. Forgotten and unwanted. And we were both so afraid and confused and so utterly fucking forlorn. But we rose from that, didn't we ? We built our lives into something good enough so that one day we weren't afraid, we weren't forlorn. And I couldn't have done that without you. I couldn't have. I am not that strong.
    You would have grown into a beautiful woman. A beautiful wife, maybe. A miracle of a mother. You were my friend, Katie. You saw my fear, and you didn't run. I love you more than life. And missing you will be my cancer. It will kill me.
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  • Par steppe, le 16 janvier 2012

    On devine parfois la vérité au plus profond de son âme, et nulle part ailleurs. On la devine parfois confusément, au-delà de toute logique, et on a en général raison quand elle est de celles qu'on ne veut pas affronter, qu'on n'est pas sûr de pouvoir affronter. Alors, on tente de l'ignorer, on va consulter un psychiatre ou on passe de longues heures dans les bars à s'abrutir devant les écrans de télévision - tout pour essayer d'échapper à ces vérités trop dures, trop laides, que l'âme a identifié bien avant l'esprit.
    Et Jimmy eut soudain l'impression que cette certitude lui plantait des clous à travers ses chaussures pour l'immobiliser alors qu'il n'avait qu'une envie : fuir, courir le plus vite possible....
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  • Par toto, le 21 décembre 2007

    Mais depuis l'enfance, Dave souffrait de crises d'insomnie. Elles pouvaient se manifester après des mois et des mois de sommeil paisible, et il se retrouvait soudain dans cet état d'agitation et de nervosité typique de ceux qui ne parviennent jamais à s'endormir complètement. Au bout de quelques jours, il commençait à avoir des visions, surtout des souris, qui filaient sur le plancher ou les bureaux, parfois aussi de grosses mouches noires voltigeant dans les recoins des pièces. De minuscules boules de lumière explosaient à l'improviste devant ses yeux. Les gens devenaient flous. Alors le Petit Garçon débouchait à la lisière de la forêt, franchissait le seuil du rêve et pénétrait dans le monde réel. En général Dave parvenait à le contôler, mais il arrivait que le Petit Garçon lui fasse peur. Le Petit Garçon lui hurlait dans les oreilles. Le Petit Garçon avait une façon bien à lui d'éclater de rire aux moments les plus inopportuns. Le Petit Garçon menaçait de révéler son visage sournois à travers le masque qui recouvrait d'ordinaire celui de Dave et de se montrer aux gens de l'autre côté.
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  • Par patouche, le 11 mars 2011

    Brendan Harris aimait Katie Marcus comme un fou,il l'aimait comme au cinema,avec l'impresssion qu'un orchestre symphonique lui faisait bouillonner le sang et lui emplissait les oreilles .
    Il l'aimait quand il allait se coucher , il l'aimait toute la journée, à chaque seconde.Brendan Harris aurait aimé Katie Marcus grosse et laide.
    Il l'aurait aimée avec une peau grêlée, une épaisse moustache au -dessus de la levre et pas de seins.Il l'aurait aimée édentée.Il l'aurait aimée chauve.
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