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> Isabelle Maillet (Traducteur)

ISBN : 2743609222
Éditeur : Payot et Rivages (2002)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 344 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une nuit, la psychiatre Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu'elle croit lié à l'une de ses patientes. Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans mention de l'expéditeur, elle prend peur et demande de l'aide à Patrick Kenzie et Angela Genn... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par belette2911, le 07 août 2013

    belette2911
    C'est avec fébrilité que j'ai enfilé ma tenue de détective privé et que je me suis attachée à suivre les pas de Patrick Kenzie et Angela Genaro, bien déterminée à découvrir ce qui se tramait dans ce livre qui, d'après un certain Babelien, était tellement bien qu'il en a fait son avatar.
    P. Kenzie : Vous êtes bien sûre de vouloir nous suivre, madame la Belette ?
    Moi : Bien sûr ! Je vais mettre en application les principes du Maître à tous, Sherlock Holmes, et résoudre votre affaire.
    Kenzie : Heu, vous savez, nous ne sommes pas chez un quelconque auteur de polar à deux balles, ici. Nous sommes chez Lehane, tout de même.
    Moi : Et alors ? Je vais suivre toutes les pistes et mettre le doigt sur LE détail qui me fera résoudre cette affaire fissa.
    Kenzie : Et vous êtes assez naïve pour penser que le Grand Lehane va laisser traîner un détail énorme, une piste tellement facile à suivre que Rantanplan y arriverait ou une affaire tellement bête et téléphonée que même Nabilla arriverait à la résoudre ? Non, mais allo, quoi ? Suivez-nous, mais ne croyez pas que vous allez solutionner aussi vite et facilement les méandres de notre créateur...
    Moi (toute fière) : Hé, j'avais compris bien avant vous à quoi avait pu servir le fa... (No spoil !)
    Kenzie : Chut ! Ok, sur ce coup là, vous marquez des points, mais pour le nom du coupable, vous repasserez !
    Moi (bougonne) : Gruummmblll. Vous y avez pensé, vous ? Hein ? Non.
    Voilà, c'est armée de ma loupe que j'ai suivi les pas de nos deux détectives qui ont repris le collier et se sont retrouvé "engagés" par une certaine Diandra Warren car elle a été menacée par téléphone et a reçu une photo de son fils Jason par courrier.
    Et c'est partit pour une filature ! Là, j'ai jouée les voyeuse en compagnie d'Angie, Jason étant un chaud lapin affligé d'un sexe de la taille d'un python... et ses trois petites amies aiment lui tutoyer la clarinette pythonesque.
    Quelques temps après ces filatures et ces fellations, le meurtre d'une connaissance à nos détectives va les impliquer directement dans une enquête des plus sordides.
    Y'auraiti pas un sérial killer qui officierait dans le coin ? La jouant à la Jésus-Christ en raison de quelques crucifixions...
    Toujours plus complexe qu'il n'y paraît, Lehane sait vous dérouter, vous surprendre et vous faire rire avec les réparties de Kenzie et l'humour trash de Bubba.
    Et si oui, j'ai bien découvert une chose avant eux, pour le reste, je me suis ramassée !
    Non, on ne devine pas chez Lehane ! J'avais mon suspect, j'y croyais dur comme fer et bien, j'ai repris mes billes et j'ai opté pour un autre, qui s'est révélé un tout aussi mauvais choix. Raté ! Lehane aime surprendre.
    Les moments entre Kenzie et un prisonnier font froid dans le dos, pareil avec le final, manquait plus que la musique d'Ennio Morricone.
    Bien que l'on entrevoit une partie de tout l'iceberg bien avant le mot "Fin", on en a pour son argent parce que le final est long, rempli de suspense, de questions, de rebondissements, de balles dans tous les sens.
    Bref, comme les produits Durex©, Lehane fait durer le plaisir et le multiplie, nous collant quelques torgnoles au passage, pour se terminer dans un orgasme littéraire.
    Voilà pourquoi, entre autre, j'aime cet auteur. Pour les surprises qu'il réserve à ses lecteurs, pour les enquêtes qui nous mènent là où on ne s'y attend pas, pour les frissons, pour la profondeur de ses personnages, pour les questions qu'il soulève dans notre tête, pour le climat du livre (Boston, on est en plein dedans, et pas les beaux quartiers), pour son style d'écriture des plus agréable à lire, pour l'humour qu'il mélange à son noir, ou son noir mélangé d'humour.
    Si le livre était un café, il serait noir de chez noir, additionné de sucre (humour). Mais croyez-moi, on ne verrait pas le clocher de l'église au fond de sa tasse ! (1) Même pas les célèbres piques de l'Hôtel de Ville de Bruxelles ! Non, il faisait très sombre...
    Lehane, une valeur sûre dans le polar bien noir, un auteur qui gagne à être lu et connu. Ce livre était magistral et m'a donné bien du plaisir. Merci Jeranjou !

    (1) "Voir le clocher de l'église Untel dans le fond de sa tasse" est valable pour les cafés trop léger dont on voit le fond de la tasse.
    (1) A contrario, si on dit qu'on ne verrait pas le clocher de l'église Untel dans le fond de sa tasse, c'est que le café est tellement noir que même le sucre n'ose pas aller dedans.


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/4-romans-policiers-contemporai..
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    • Livres 5.00/5
    Par jeranjou, le 10 janvier 2013

    jeranjou
    "Ténèbres, prenez-moi la main", quel titre et quel livre surtout!
    Après avoir lu « Un dernier verre après la guerre », comment ne pas résister à ce titre et à cette couverture, si envoutants? Entre jaune et noir...
    A vrai dire, j'en ai même fait mon logo d'accueil !
    Pour les chanceux qui ne l'ont pas lu, c'est le deuxième épisode du duo favori de Lehane, Kenzie et Gennaro, mis à mal par un serial killer. Si vous êtes un (ou une) adepte des polars, comme je l'ai dit dans ma critique du premier tome, il y a un avant et un après Lehane. Beaucoup de romans vous paraitront très fades par la suite, sachant qu'ils sont pourtant primés à tel palmarès X ou prix littéraire Y. Certains lecteurs en savent quelquechose avec l'affaire Harry Quebert !
    Dans "Ténèbres, prenez-moi la main", Diandra Warren fait appel aux services de Pat et Angie car elle a été menacée par téléphone et a reçu une photo de son fils Jason par courrier. Quelque temps après, le meurtre d'une connaissance Kara Rider va les impliquer plus encore dans une enquête des plus sordides.
    Lehane va alors nous prendre par la main, souvent à reculons, vers un monde des plus glauques, inconnus pour la plupart d'entre nous (heureusement !). le monde de l'enfance, de l'adolescence difficile, du passage à la vie d'adulte est également traité de façon tragique. La violence, sous toutes ses formes est également abordée et le lecteur ne peut pas rester insensible à la fin ce roman plutôt traumatisant.
    Par moments, on a l'impression d'être à la place des deux protagonistes, d'être pétrifié par la peur, l'inconnu, l'atrocité et quasiment de jouer sa vie à tout instant.
    Bref, un grand polar, bouleversant et drôle à la fois, noir et marquant pour longtemps. Dennis Lehane écrit peu comparativement à d'autres mais touche dans le mille presque qu'à chaque fois, excepté Moonlight Mile peut-être.
    J'arrête là et vous souhaite une lecture des plus passionnantes en compagnie du maitre.
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    • Livres 3.00/5
    Par Junie, le 23 août 2013

    Junie
    Pourquoi je préfère les polars anglais aux polars américains:
    le héros américain est un beau gosse qui plait aux gonzesses
    le héros anglais mène son enquête sans se soucier de son apparence ni de son sex-appeal
    le héros américain se sert toujours de son flingue
    le héros anglais le laisse dans la boite à gants
    le héros américain prend des cuites
    le héros anglais apprécie une pinte ou un verre de bourgogne
    le héros américain traque des serial killers
    le héros anglais soupçonne tout le monde, même les vieilles dames
    le héros américain a de gros sabots
    le héros anglais met des mocassins
    le héros américain trouve le coupable quand il vient frapper à sa porte pour le zigouiller
    le héros anglais identifie le coupable par ses puissantes déductions
    le héros américain évolue dans la jungle urbaine
    le héros anglais sillonne les banlieues pavillonnaires et les les landes désolées du Yorkshire
    le héros américain fréquente des stéréotypes: la grosse brute, le milliardaire, l'avocat véreux, la vamp, le flic sympa, l'ancien du viet-nam....
    le héros anglais navigue dans tous les milieux, du paumé à l'aristo, du chômeur au trader, de la ménagère à la call-girl...
    le héros américain lance des vannes
    le héros anglais fait de l'humour un art martial
    Cette critique vous permettra de distinguer quel est votre héros préféré et si vous devez lire "Ténèbres, prenez-moi la main".
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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 22 mars 2014

    Marple
    Aaahhhh ! J'ai deviné plein de choses en avance dans ce 2ème tome des aventures de Kenzie et Gennaro... et ça m'a un (tout petit) peu gâché le plaisir... alors que je me gardais précieusement cette lecture sous le coude depuis des mois, me réjouissant de retrouver les détectives du clocher de Boston.
    Un méchant assez facile à identifier et parfois quelques grosses ficelles donc, mais aussi beaucoup de positif, car Lehane a un vrai talent pour se renouveler et s'inventer : rien de commun ici avec Un dernier verre avant la guerre, sauf évidemment les deux héros, Boston et ce style incroyable...
    Ici, l'histoire tourne autour d'un harcèlement photographique, de crucifixions et autres éviscérations, et aussi de l'enfance de Kenzie et Gennaro... La situation personnelle des deux héros a changé également, Kenzie est très amoureux de Grace et Gennaro presque divorcée. Cela dit, leur relation amicalo-ambigüe demeure, de même que leur volonté de lutter contre le mal avec des méthodes (et des alliés) parfois à la limite (de la légalité, de la morale, de tout... n'est-ce pas Bubba et M. Pine ?)
    Globalement, c'est très sombre, très violent et assez désespéré... pourtant, on se prend souvent à sourire et même parfois à s'attendrir. Il n'y a donc vraiment pas grand chose à redire... sauf le dénouement qui ne m'a pas du tout surprise. Va falloir que je me console bientôt avec le tome 3 !
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    • Livres 5.00/5
    Par loreleirocks, le 14 février 2013

    loreleirocks
    Dennis Lehane prend encore un peu plus d'altitude après l'excellent premier Kenzie & Gennaro, Un dernier verre avant la guerre. Ou sans doute s'enfonce-t-il plus loin dans les ténèbres du roman noir.
    Avec l'ouverture par la fin, lourde de désespoir et de solitude, Lehane enclenche sans attendre une tension qui ne cesse de s'intensifier jusqu'à devenir violence, comme une force précipitant Pat Kenzie, Angie Gennaro et bien d'autres, (et vous surtout !), au fil de drames innommables et incompréhensibles et vers un dénouement mais pas forcément un exutoire pour toute cette tension et cette violence. Et les nuances de Kenzie se multiplie encore et toujours, ni noires, ni blanches, Angie toujours à ses côtés.
    Je ressort lessivée de cette spirale d'impuissance, de peur et de désespoir qui semble noyer Angie et Pat. Mais me voilà à nouveau complètement envoûtée par Dennis Lehane et le talent avec lequel il tisse les vies et les sentiments de ses personnages. Toujours ce portrait de la vie du quartier qui se dégrade depuis longtemps, encore et toujours, sans signe de ralentissement futur. le crime local, la mafia. Quelques références au monde qui perd la boule, à la violence sans logique ou raison, à l'instant où tout bascule et à la folie...
    C'est presque un plaisir de lire les souvenirs oubliés, ou éclipsés par les actes de la vie d'adulte, de Pat, Angie, Phil et Bubba. Mais ces atmosphères plus ou moins heureuses (ou pas) de leur enfance et certains évènements extraordinaires ou anodins pour un enfant prennent un tout autre sens des années plus tard. Les cartes de la vie semblant timidement, enfin, se montrer en faveur de Pat & Angie, avant de tout reprendre. Et l'énergie et l'humour du désespoir... derniers réflexes de survie.
    Un polar exceptionnel et noir, toujours, après lequel on se demande ce que l'on va bien pouvoir trouver à l'étage inférieur, dans le tome suivant...
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 26 juin 2012

    [...] ... Le propriétaire du bar connaissait mon père et, dix minutes plus tard, celui-ci entrait au Bulldog où Phil et moi, assis au comptoir, buvions nos sodas au gingembre en prétendant que c'était du whiskey.

    Mon père ne se comportait pas toujours comme une brute. Il avait ses bons jours et, pour quelque obscure raison, celui-là faisait partie des meilleurs. Il ne me reprocha pas d'avoir traîné dehors après l'heure du dîner, alors que j'avais reçu une bonne raclée pour ce même crime la semaine précédente. Généralement indifférent envers mes copains, il alla jusqu'à ébouriffer les cheveux de Phil, nous payer plusieurs autres sodas plus deux énormes sandwiches au corned-beef, et nous restâmes au bar avec lui un bon moment, alors que la nuit tombait de l'autre côté de la porte, à notre gauche, et que la salle se remplissait peu à peu.

    Quand je lui racontai d'une voix tremblante ce qui s'était passé [= les deux jeunes garçons ont mis en déroute deux clowns inquiétants qui tentaient de les convaincre de monter dans leur camionnette], son expression refléta une bienveillance et une gentillesse inconnues jusque là, et il me dévisagea d'un air tendrement inquiet, repoussa d'un doigt épais mais doux quelques mèches humides collées à mon front, puis essuya avec une serviette les miettes de sandwich au coin de mes lèvres.

    - "Rude journée pour vous deux, hein ?" conclut-il.

    Il émit un sifflement et adressa un sourire à Phil, qui le lui renvoya largement.

    Le sourire paternel, si rare, constituait une source d'émerveillement.

    - "Je voulais pas casser le pare-brise", dis-je. "Je t'assure, Pa.

    - C'est pas grave.

    - T'es pas en colère ?"

    Mon père fit non de la tête.

    - "Je ...

    - Tu t'en es très bien sorti, Patrick. Vraiment très bien", murmura-t-il.

    M'ayant attiré contre sa large poitrine, il m'embrassa sur la joue et aplatit mon épi de sa paume.

    - "Je suis fier de toi."

    Ce fut la seule fois où j'entendis ces mots dans la bouche de mon père. ... [...]
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  • Par belette2911, le 05 août 2013

    Le mercredi, Jason sortit du lit de Jade, puis tous deux se rendirent dans un bar appelé le Harper's Ferry, où ils retrouvèrent Gabrielle. Jade resta attablée pendant que Jason et Gabrielle allaient faire un petit tour dans la BMW de Gabrielle pour une séance bucco-génitaux à laquelle j'eus le triste privilège d'assister.

    À peine étaient-ils revenus que Gabrielle et Jade filaient aux toilettes pour, me raconta Angie, s'échanger quelques joyeuses comparaisons.
    - Grosse comme un python, paraît-il, me confia Angie.
    - C'est pas la taille qui est impor...
    - À force de te le répéter, Patrick, tu finiras peut-être par y croire un jour.
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  • Par marina53, le 11 septembre 2012

    On ne peut pas sauver les gens, en particulier ceux qui ne demandent pas à être sauvés. Chacun va sa vie en multipliant les embardées, les accrochages, les accidents, et la plupart du temps, les affronte seul.

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  • Par belette2911, le 05 août 2013

    [...] Grace me clouait contre le mur et m'embrassait à pleine bouche. De sa main gauche, elle m'agrippa la nuque; la droite explorait déjà mon corps comme un petit animal affamé.

    Je suis plutôt du genre porté sur la chose, mais si je n'avais pas arrêté de fumer depuis des années, Grace m'aurait envoyé directement aux soins intensifs.
    - Apparemment, la dame a décidé de diriger les opérations, ce soir.
    - La dame, chuchota-t-elle en me mordillant l'épaule sans retenue excessive, a tellement le feu au cul qu'il va falloir sortir la lance d'incendie.
    - Je le répète, le gentleman que je suis ne demande qu'à rendre service.
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  • Par marina53, le 20 juillet 2012

    Je sais que la société nous incite à parler des drames que nous vivons, à en discuter avec des amis ou des inconnus compétents, et c'est peut-être réellement efficace. Mais je reste persuadé qu'on a tendance à trop en dire dans cette même société, qu'on attribue à la parole des vertus qui lui font souvent défaut, et qu'à force, on ne se rend plus compte de l'état de complaisance morbide dans lequel elle nous plonge forcément.
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