> Isabelle Maillet (Traducteur)

ISBN : 2743619368
Éditeur : Rivages (2009)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres
L'Amérique se remet difficilement des soubresauts de la Première Guerre mondiale.
De retour d'Europe, les soldats entendent retrouver leurs emplois, souvent occupés par des Noirs en leur absence. L'économie est ébranlée, le pays s'est endetté et l'inflation fait ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 11 juillet 2010

    caro64
    UN PAYS A L'AUBE est un roman à part dans l'oeuvre de Dennis Lehane. L'auteur aborde le genre de la fresque historique, mais toujours située à Boston, ville dont il fait depuis toujours le théâtre de ses intrigues.
    Avec ce nouveau roman, Dennis Lehane projette son lecteur dans une Amérique d'après guerre (1914-1918) en pleine reconstruction économique et sociale. le contexte politique y est particulièrement tendu. Les Etats-Unis baignent en plein capitalisme et le racisme est toujours d'actualité. La peur du communisme s'accroît et on assiste à une sorte de pré maccarthisme ou de pré chasse aux sorcières. L'auteur décrit une Amérique restrictive plongée dans la peur et la paranoïa. Une Amérique en proie aux manipulations et aux pires vermines. Une Amérique tendue, prête à imploser à tout moment . Mais il dresse aussi le portrait d'une nation remplie d'espoir et d'humanité.
    En choisissant de raconter l'histoire de la ville de Boston au début du vingtième siècle, l'auteur s'intéresse à tous les sujets difficiles de l'époque au travers des yeux de trois personnages principaux tous différents mais dont la destinée va les rassembler. Danny est un policier et représente une sorte de héros pour son temps. Sympathique, courageux et honnête, il n'hésite pas à prendre la défense de n'importe quel homme quelque soit sa couleur de peau ou ses convictions politiques. Il est continuellement rongé par le doute et les remords, ce qui en fait malgré tout un homme sensible et parfois fragile. Luther Laurence est un homme noir victime de l'écrasante puissance raciste qui domine le pays. Il se retrouve embarqué malgré lui dans des combines désastreuses grâce auxquelles il rencontrera Danny et Babe Ruth, le plus grand joueur de base-ball de l'époque.
    Avec ce pavé de 760 pages, Dennis Lehane nous livre une véritable fresque historique majestueuse par sa clarté, sa justesse, sa noirceur et sa capacité à nous tenir en haleine tout au long du récit. Il réalise un prodigieux et remarquable travail d'écriture dans lequel il mélange espoir et désespoir. L'auteur prouve une nouvelle fois qu'il est un écrivain talentueux en associant une intrigue policière à un roman riche en éléments historiques. Un roman passionnant, à lire !
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 19 janvier 2011

    litolff
    Formidable, époustouflant, passionnant : je viens de terminer « Un pays à l'aube » et je reste soufflée, indécise quant à me lancer dans un nouveau livre…
    Cette extraordinaire fresque s'appuie sur un fait historique méconnu, la première grève de la police à Boston en 1919, douze mois qui se sont écoulés entre la fin de 1ère guerre mondiale et le début de la Prohibition.
    La guerre se termine. Secouée par le chômage, l'inflation et des conditions de vie difficiles, l'Amérique moderne est en train de se construire sur des inégalités sociales insupportables et une misère criante. La population noire, toujours stigmatisée, connait une ségrégation sévère contre laquelle le mouvement naissant des droits civiques peine à lutter. Les « boys » rentrent au pays et s'apprêtent à reprendre les postes occupés par les noirs pendant la guerre.
    Boston. Les habitants sont décimés par la grippe espagnole ; attisé par la misère sociale, le syndicalisme reprend de la vigueur, malgré une répression brutale. Les activistes opposés au libéralisme posent des bombes en semant la terreur partout et organisent des attentats, les idées « subversives » ont traversé l'Atlantique !
    C'est dans ce contexte de cocotte-minute que se déroulent les destins croisés de Babe Ruth, personnage ayant réellement existé, et reconnu aux États-Unis comme le plus grand joueur de baseball de tous les temps, témoin immobile des mutations de son pays dans le roman, et de deux personnages principaux fictifs.
    D'un coté, Danny Coughlin, flic d'origine irlandaise chargé d'infiltrer les cellules terroristes ; c'est un esprit libre et progressiste qui se cherche, en butte au clan familial, et amoureux de Nora, une belle irlandaise à la forte personnalité ; de l'autre Luther Laurence, un jeune homme noir engagé au service des Coughlin. Embarqué malgré lui dans des histoires crapuleuses qui l'ont obligé à fuir sa ville, son travail et sa famille, il arrive à Boston.
    Dennis Lehanne brosse brillamment un portrait de l'Amérique au moment charnière où celle-ci va basculer dans la modernité. Dans un récit foisonnant où la petite histoire nourrit la grande et l'éclaire, il jongle avec l'histoire du syndicalisme, la diabolisation de l'étranger, la ségrégation envers la communauté noire, la lutte des classes et la manipulation politique ; il dépeint aussi bien la rudesse des conflits sociaux que le melting-pot américain, la ville de Boston et ses quartiers claniques et analyse avec finesse les sentiments qui animent Danny, son père et Nora, la force des préjugés, ou la singularité de l'animal humain, capable de bonté comme de la plus intolérable cruauté… on y retrouve également de grandes figures comme le Président Wilson, Calvin Coolidge ou John Edgar Hoover.
    De la littérature qui prend aux tripes, questionne, cultive, fait grandir le lecteur.
    Un chef d'œuvre épique qui évoque forcément « Autant en emporte le vent » et les « Raisins de la colère » ou « Gangs of New York » au cinéma : j'attends avec impatience l'adaptation cinématographique !
    PS il ne faut en aucun cas se laisser décourager par la description ( longue !) du match de base-ball sur lequel s'ouvre le roman : forcément, les américains, ça les passionne, nous moins... !
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 13 juillet 2011

    Thyuig
    Dennis Lehane nous livre sa somme sur l'Amérique. Pas n'importe quelle somme et surtout pas n'importe quelle Amérique. Boston à la fin de la première guerre mondiale, les troupes américaines rentrent au pays et quelque part, l'ordre des choses a été modifié en Europe, il faudra compter avec cette nouvelle force, à l'ouest de l'Atlantique.
    Alors Dennis Lehane s'empare du sujet du BPD, la police de Boston, pour rendre compte des difficultés de celle-ci, d'abord à combattre la nouvelle vermine rouge et noire, communistes et anarchistes s'échouant en nombre sur la côte est des Etats-Unis, mais aussi dans les rang même de cette police qui traîte mal ses hommes, les payent largement au-dessous du seuil de pauvreté, et ne veut surtout pas entendre que ces choses-là peuvent changer.
    Pourtant tout change, tout va changer. Nous suivons trois personnages, d'abord Babe Ruth, grand joueur de Base-ball mais intégralement spectateur du monde qui l'entoure, incapable d'analyse ou de recul : la société change, ok. Ensuite Danny Coughlin, agent du BDP et grand commanditaire du changement dans cette même police. Personnage droit dans ses bottes, athlétique, intelligent, le type que tout le monde veut aimer, le héros hollywoodien façon peplum. Nous suivons enfin Luther Laurence, jeune Noir qui tente de s'en sortir dans un monde encore plus difficile pour lui que pour les autres. Là aussi il s'agit du parfait personnage qui même si d'abord attiré par le côté trouble de la société par désenchantement, aura vite fait de retrouver le bon cap.
    Et malgré toutes ces ficelles, Dennis Lehane réussit à donner corps à son récit, à sauter d'un léger pas de côté au-delà des clichés (même si Scorsese est immédiatement convoqué à l'annonce du personnage du lieutenant Mckenna, parfaite incarnation du flic pourri aux bras longs).
    C'est un bouquin alletant, précis, très loin de la désinvolture de ses autres romans mettant en scéne les hyper-caricaturaux Patrick Kenzie et Angela Gennaro, Dennis Lehane marque ici les esprits avec un roman fort et juste, sans concession. Manquerait seulement et pour pleinement me satisfaire une écriture plus personnelle, des personnages moins lisses...mais...mais, voilà tout de même un très bon bouquin.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Clochette44, le 09 mars 2011

    Clochette44
    Un pays à l'aube
    Editions Rivages
    Boston, aux Etats-Unis. C'est la fin de la première guerre mondiale, et les soldats américains rentrent au pays, bien décidés à récupérer
    leur travail occupés par les ouvriers noirs. Mais malgré la révolution industrielle qui vient d'avoir lieu, et le retour triomphant des soldats, le pays va mal, et la misère s'est installée un peu partout, et est au bord de l'explosion.

    L'histoire de ce roman est concentrée autour de 3 personnages principaux qui vont mettre un peu de temps à se rencontrer, le temps de mettre en place le contexte historique, et les parcours personnels de chacun :
    - Babe Ruth, célèbre joueur de base-ball américain, va faire la connaissance de Luther Lawrence au cours d'un match épique et improvisé que
    ni l'un ni l'autre n'oublieront. Babe Ruth est peut-être un grand joueur mais est resté un gamin un peu naïf, qui assiste en spectateur aux événements qui secoueront Boston.
    - Luther Lawrence, un jeune noir, a toujours vécu au service des hommes blancs. Après le retour des soldats, il se rend à Tulsa, en Oklaoma,
    ville reconnue pour l'importance de sa communauté noire, avec sa compagneenceinte, afin de connaître des jours meilleurs et essayer de se faire uneplace au soleil. Malheureusement, la pègre et le racket dispensés par des noirs auront raison de lui, et pour sauver sa peau, il va devoir laisser femme et enfant dans l'Ouest, et tenter une nouvelle fois, de rebâtir sa vie. Il part donc pour Boston, où il va faire la connaissance de Danny Coughlin, deuxième personnage principal de ce roman, en intégrant la domesticité dans sa famille.

    - Danny Coughlin est issu de l'immigration massive d'irlandais au 18èmesiècle. Son père est un personnage très influent au sein de la police
    bostonienne, et celui-ci aimerait vivement que son fils aîné suive les mêmes traces que lui. Mais Danny, un rebelle, en marge de sa famille, à choisi d'être un policier sur le terrain. Il se rend bien compte que les conditions de travail de ces hommes censés assurer la sécurité des citoyens, est plus que précaire. Leur salaire stagnent et ils ne peuvent ainsi faire face à l'inflation, ils travaillent dans des locaux insalubres 80 heures par semaine. Tous espèrent pouvoir profiter de la grève des policiers de Montréal, pour, à leur tour, se mettre e grève et améliorer leurs conditions de travail auprès de la municipalité et de l'état. Cette grève va malheureusement tourner au drame, faisant plusieurs centaines de morts, pour finalement aucun gagnant, mais que des perdants.
    Cette histoire s'étale sur 12 mois, au cours desquels on va assister à la montée en puissance des syndicats, soutenus par les anarchistes et bolcheviks de tout poil, et à l'éclatement d'une société, qui sous prétexte, de posséder la plus grande partie des biens, prétend pouvoir faire ravaler leur fierté à des hommes fiers de leur profession, et imposer sa volonté.
    « Un pays à l'aube » est donc une grande fresque historique et sociale, très bien documentée avec des scènes d'émeutes d'un réalisme violent, la description de la communauté italienne ayant pignon sur rue, l'arrivée massive des russes qui sont en train de faire leur propre révolution, l'opposition entre les hautes sphères de la société et les petites gens qui veulent également pouvoir vivre dignement, et les premières manifestations de soutien pour la population noire. Il est, par ailleurs, émaillé de petites touches de romantisme qui « attendrissent » la violence des affrontements.
    Bref, un grand grand roman, qui m'a touché, en pensant que toute évolution n'est possible qu'en laissant des gens sur le bas-côté, et que
    je vous encourage vivement à lire, si vous souhaitez en connaître un peu plus sur la difficulté d'un pays d'entrer dans une nouvelle ère.
    Ne vous laissez pas arrêter par le nombre de pages, je vous assure que ça se lit tout seul ! Il est d'ailleurs responsable de quelques
    nuits sans sommeil !
    Une interrogation, quand même, d'avoir collé ce roman, dans la catégorie « Thriller » de chez Rivages !!!
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    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 07 décembre 2011

    oops
    États-Unis 1918, la Première Guerre mondiale prend fin et une nouvelle ère se dessine. Danny Coughlin est blanc, descendant d'une famille irlandaise, il est policier comme son père. La prohibition, les révoltes de travailleurs, une épidémie de grippe espagnole, des attentats, le travail de flic est mis à rude épreuve. Sans compter les inégalités sociales et le racisme qui engrangent un climat permanent de tension. le pays est en crise, la vie est devenue trop chère et les salaires ne suivent pas, même les flics songent à faire grève. Ses chefs lui demandent d'infiltrer les milieux anarchistes et communistes afin de connaître Tous leurs projets pour qu'ils puissent anticiper leur lutte. Luther Laurence est noir, lors du retour des soldats blancs, il est licencié de l'usine qui l'emploie à Columbus. Forcé de s'expatrier pour trouver du boulot, il s'installe avec Lila à Tulsa en Oklahoma, un des rares états où les noirs peuvent avoir un travail décent. le jeu, l'alcool, la drogue, L'Argent facile entraînent rapidement Luther dans une sale histoire qui le contraint à fuir l'état. Il se retrouve à Boston où il se fait embaucher au service des Coughlin comme homme de maison. Une amitié sincère se crée entre Danny et Luther, chacun dans leurs luttes, leur destin va se trouver scellés à jamais. L'auteur signe ici une grande fresque historique et sociale digne de Zola. Il faut une certaine persévérance pour affronter cette part de l'histoire de l'Amérique en presque huit cents pages. le tout est très dense, foisonnant de personnages emblématiques, décrivant un contexte intense où les injustices poussent malgré tout le lecteur à poursuivre afin de trouver une issue positive qui heureusement arrive par le côté romanesque.

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 03 septembre 2010

    Danny, Nora et Luthar jouaient aux cartes sur un vieux drap étalé entre deux cheminées sur le toit de l’immeuble de Salem Street. Il était tard, ils étaient tous les trois recrus de fatigue – Luther avait apporté avec lui l’odeur des parcs à bestiaux, Nora celle de l’usine – et pourtant ils avaient choisi de s’installer là-haut avec deux bouteilles de vin et un jeu de cartes car il n’y avait pas beaucoup d’endroits où un Noir et un Blanc pouvaient se montrer ensemble, et où une femme pouvait se joindre à eux pour boire trop de vin. Lorsqu’ils étaient tous les trois réunis ainsi, Danny avait l’impression de remporter une victoire sur le monde.
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  • Par caro64, le 11 juillet 2010

    - T'as jamais remarqué que quand ils ont besoin de nous ils parlent de "devoir", mais que quand on a besoin d'eux ils parlent de "budget" ?
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  • Par Heureuse, le 27 octobre 2010

    -Vous connaissez la différence principale entre les hommes et les dieux?
    - Non monsieur
    - C'est que les dieux ne se prennent pas pour des hommes.
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  • Par oops, le 24 novembre 2011

    Vous les Américains, vous avez toujours le mot « liberté »à la bouche, mais moi je ne vois que des esclaves qui se croient libres.
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  • Par litolff, le 11 janvier 2011

    C'étaient les problèmes d'emploi qui avaient tout déclenché, il le savait, les ouvriers blancs ayant peu à peu acquis la certitude que s'ils étaient pauvres, c'était la faute des ouvriers noirs qui les dépouillaient de leur travail et de la nourriture sur leurs tables. Alors ils avaient déferlé sur cette partie de la ville - des groupes d'hommes blancs, de femmes blanches et d'enfants blancs -, et ils s'en étaient tout d'abord pris aux hommes de couleur, qu'ils avaient abattus, lynchés, brûlés vifs ou encore traînés dans dans la Cahokia River avant de les bombarder de cailloux quand ils essayaient de regagner la rive - une mission qu'ils avaient confiée pour l'essentiel aux plus jeunes. Les Blanches avaient fait sortir de force les Noires des tramways pour les lapider ou les attaquer à coups de couteau, et lorsque la Garde nationale avait enfin daigné se montrer, elle s'était contentée de rester en retrait pour assister au spectacle.
    Une représentation donnée le 2 juillet 1917.
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